L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Bonne Année 2009

18 janvier 2009 à 23:10 |

En 2008, j'ai surfé, testé, appris, lu, utile, informatif, initiatique. Pour me changer les idées, pour sourire ou rire, j'ai passé un certain nombre et un nombre certain d' heures à relire les archives de la blogosphère malagasy, celles vieilles de 2, 3, 5, 7 ans et +... C'est toujours captivant de percevoir l'évolution d'un blog et de son auteur au fil des ans.

Aux heures oisives sur Facebook et autres dialogues hachés sur Twitter, j'ai préféré papillonner sur Flickr, Dailymotion ou Youtube. La photo semble être le nouvel hobby de la communauté malagasy connectée. Entendez par là la photo artistique, et non l'image "moi je" ou celle shootée dans le pénombre avec un vulgaire téléphone. Un post à venir à ce sujet.
Certains ont même lâché le poste de président d'association pour se donner pleinement à cette nouvelle passion :D. Il se reconnaîtra... :)

En 2009, j'ai commencé par l'impossible: marcher sur l'eau. 2009 sera donc l'année de tous les possibles.


Bonne Année 2009



Au diapason du fihavanana [/2008]

17 janvier 2009 à 20:39 |  Catégorie  Myself

Le dernier post de la blogosphère malagasy que j'ai lu en 2008 est celui de Kisifi, "Veloma". A la lecture du titre, je me suis dit, Veloma (Aurevoir) qui? quoi? 2008? Non, Madagascar c'est fini pour lui sur une conclusion plutôt amère, mais qu'en tant que Malagasy je comprends en me mettant à sa place. Ou à la mienne...

J'ai souri à sa définition du fihavanana qui sonne familière sans être commune:

(...)j'ai rapidement trouvé ça pénible cette manière  merina  de ne pas regarder son interlocuteur dans les yeux, de ne pas poser les questions qui fâchent, de ne jamais donner son avis, de ne jamais contester, de ne jamais râler, de choisir systématiquement le consensus le plus mou quand il faudrait trancher dans le vif au risque de mécontenter certains. Cette manière aussi de vivre pour et par sa famille élargie, en laissant le minimum de place pour le reste du monde.
Ce comportement s'appelle, plus ou moins, le fihavanana.
C'est un concept flou qui se manifeste sous différentes formes. Les réunions de famille du dimanche par exemple, où tout le monde se force à sourire à en avoir des crampes aux lèvres. Où tout le monde est censé venir, et tant pis pour ceux qui ont envie d'aller voir ailleurs. Où l'escroc de la famille, celui qui doit de l'argent à tout le monde, qui a engrossé une  cousine et vendu la voiture que son neveu lui a prêté, ne sera jamais sermonné. Où on se dépêche de chanter tous ensemble, pour se rapprocher de l'illusion rêvée d'un choeur uniforme.

Elle ne m'offusque pas, ça m'amuse même, la trouvant raisonnablement emprunte de véracité. Pour bien des raisons fondées en ce qui me concerne, le "fihavanana" résonne en écho dans le néant du vide sidéral qu'il m'évoque, soit me fait grincer les oreilles soit encore me laisse perplexe, indifférente ou de glace... Bon, j'y ajouterai bien quelques pondérations, non pas pour défendre le pilier de la culture malagasy, mais basées sur le vécu et qu'il convient de mentionner.

En effet, il m'est bien arrivé de saluer ses hautes valeurs de solidarité, d'entraide et de cohésion familiale. Comme dans de nombreuses familles, chacun son sort, il y a ceux qui réussissent avec ou sans éclat, ceux qui s'enlisent, ceux qui partent trop tôt, ceux meurtris par le destin, ceux qui font le tour du monde, et ceux qui peinent à boucler les fins de mois. Dans ces situations, l'élan de soutien et de solidarité m'apparaît on ne peut plus naturel, partager même le peu qu'on a, rendre service, tendre la main, être présent. Et je suis bien plus confiante des efforts pour le fihavanana à Madagascar que dans les pays occidentaux par exemple. Cela est d'autant mieux lorsqu'on se soutient de notre vivant, regrettant parfois qu'il faille un départ pour nous faire réaliser que nous existons les uns les autres. Prendre soin des siens, les cocooner, les défendre, les protéger.

Et puis, il peut avoir enlisement du bien-fondé du fihavanana, emmuré dans l'antagonisme qui peut exister entre culture et développement. Là, je retrouve l'exaspération possible face aux non-dits, au manque de réactions et d'actions tout court, les éternels consensus "régressionistes" au nom du fihavanana qu'on se complaît à considérer comme du pacifisme.
Et puis, et puis, il peut aussi avoir détournement et perversion de toutes ces bonnes valeurs...

Enfant, j'en en ai retenu avant tout le respect des aînés, des raiamandreny (père, mère, grand-parents, oncles, tantes, etc..),  exprimé de l'élocution au comportement, ou encore dans les us. Par exemple, je ne devais omettre le "tompoko", marque de politesse et de respect, envers chaque adulte, pour chaque "bonjour", "merci", "s'il vous plaît", "aurevoir", "pardon", etc...
J'ai bien fini par feinter la pratique en répondant tout bonnement en français à l'adolescence, qui heureusement s'ensuit de davantage de sagesse, car je reste convaincue de l'importance de cette éducation. Ceci dit, aujourd'hui, dans un contexte professionnel, associatif, ludique, ou personnel, si j'entends un Malagasy amorçant le sujet par une allusion à "en tant que raiamandreny", je me dis sans l'ombre d'un doute: "C'est mal barré..." On confond souvent âge, expériences et compétences. Et il n'existe pas nécessairement de lien entre ces 3 facteurs.

Et il y a la perversion de la solidarité, de l'amour, de l'amitié. Trop bon, trop con. Trop naïf = entubé. Vous portez une étiquette "grosse poire très naïve" à votre insu. Dans ces situations là, les repères me dépassent quelque peu. Qui est de votre famille, qui est proche ou d'un certain degré, qui prie tous les dimanches, qui part en pélerinage annuellement, qui n'est même pas baptisée (vous), qui brasse beaucoup au nom du fihavanana? Et qui vous entube donc, oubliant sur le moment l'existence même du Décalogue...

Pourtant, la gestion de ces situations m'amuse beaucoup parce que je ne respecte alors aucune régle du fihavanana dans pareil cas. Et ça fait évoluer le fihavanana...

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Albert Einstein)

Ce qui est formidable, lorsque vous êtes trop naïf (et donc entubé bien profond), c'est vous qui êtes discrédité avec soin. Vous êtes attendu pour la leçon de moral, allez, on va dire par votre grand-mère, une personne de grande sagesse et que vous respectez profondément. Vous souriez en écoutant ce qui vous est reproché, que votre entubeur s'est empressé de lui rapporter.
Comme je lui ai alors dit: "Méfie-toi de ceux qui sont pressés de dire du mal des autres, avec ou sans tact." Bon, elle a moins compris quand j'ai ajouté: 'Méfie-toi des mails qui ne t'étaient pas destinés mais que tu reçois quand même. Plus exactement, du second expéditeur."
Une seule solution possible pour désamorcer la situation: m'excuser.
" M'excuser de quoi au juste?"
" Tu dois t'excuser parce que tu l'as offensé en tenant tête, or il est ton aîné."
" C'est formidable, je dois m'excuser alors que je me suis fait emplafonner?"
" Ben... L'erreur est humaine, il faut savoir pardonner. Mais en attendant, c'est lui l'aîné..."
"Et bien je rajoute une nouvelle régle depuis le jour de mes 18 ans: le respect mutuel. Entre adultes majeurs, sans considération de l'âge. Et je rajouterai, l'erreur est humaine, et le pardon divin. Je ne suis pas Dieu, pardi! Et ça m'arrange bien!"
Mon insolence n'est en rien une offense directe pour ma grand-mère, qui l'a bien compris d'ailleurs.

Ce qui est formidable, c'est que dans le fihavanana, on est persuadé que, mieux que les explications, le temps efface les plaies. Les jours, les semaines, les mois passent et un beau jour, on se réveille du pied droit, on s'accueille les bras ouverts, comme si de rien n'était, embrassons-nous jusqu'à la prochaine fois, enc...-nous puisque ce n'est pas la dernière fois...
Mon refus de m'abaisser à ma condition de benjamine a valu des excuses de la personne réellement en défaut, non pas auprès de ma petite personne, mais de mes parents. Mieux que rien, et ce fut un grand pas pour le fihavanana!
Ceci étant, je dois être une réincarnation d'un éléphant, je n'oublie jamais, sans pour autant nourrir de rancune (c'est trop gourmand en énergie), mais développant juste une indifférence qui ne me coûte absolument rien dans pareille situation. Ni joules, ni secondes, ni neurones.

Oh quelle surprise d'apprendre, votre billet pour vacances ensoleillées en main, que l'on vous propose de fêter votre retour chez votre entubeur...
" Euh... Non merci sans façon, faut-il quand même que je remercie l'intention et l'attention, mais sans façon vraiment ."

Oh quelle surprise de recevoir ensuite une invitation pour le mariage de sa fille. Qui n'a pas grand-chose à voir dans l'histoire, si ce n'est la réaction défensive en contribuant à vous discréditer, réflexe que je qualifierai de normal. Votre adresse a été communiquée avec soin par votre mère...
" Et je suis supposée faire quoi?"
" Venir au mariage ou lui répondre dans tous les cas."
" Pas un Joyeux Noël, ni une Bonne Année, ni un merci, ni merde avec un grand M, et je suis conviée comme une fleur..."
" Dans tous les cas, considère que tu as été invitée, donc que t'y répondes."

J'ai laissé traîner... Puis il y a eu insistance. Je ne fais jamais rien par devoir, je m'y refuse obstinément. Cela me permet de rester en cohérence envers moi-même. Même si plus tard, un de mes actes me semble surprenant, j'ai ainsi la certitude de croire qu'au temps t, mes actes et paroles sont ceux qui me correspondent le plus. Non au fihavanana-schyzophrène!

Noël passé, ne me souvenant pas si j'avais déjà fait une BA en 2008, j'ai donné suite. Avec l'assurance que mon message a été sincère, tel que je le pensais au moment précis donc, que le faire-part vita malagasy est très joli, et quoi de plus que de souhaiter à de nouveaux mariés un bonheur durable.

Mais je n'appelle pas ça du fihavanana... Hmmm... Du réseau social?

CCA, C'est Ca l'Afrique

06 décembre 2008 à 15:50 |  Catégorie  Blog| Box

Tagguée (quel terme barbare) par Rajiosy pour participer à la chaîne lancée par Théophile Kouamouo "Pourquoi blogguer sur l'Afrique?", j'ai trouvé ma réponse: CCA.

Aux discours à l'eau de rose, conventionnels, anti-conformistes, complaisants ou juste passionnés, je préfère le choc des images. Par gain de temps sûrement, une photo vaut milles discours, un film toutes les paraphrases. Et ça tombe bien, je viens justement de revoir pour la énième fois Blood Diamond, et de reprendre une de ses célèbres répliques: C'est Ca l'Afrique. De superbes paysages, des richesses naturelles, d'énormes potentiels, des hommes capables du meilleur comme du pire, des guerres civiles, des enfances brisées, des camps de réfugiés, des despotes, des batailles pour des causes justes, les armes aussi le sont selon de quel camp du Lord of War l'on se pose...
Une fois qu'on a foulé la terre d'Afrique, sous quelque facette que ce soit, on l'a dans le sang. Mes plus grandes émotions de voyage, je les ai toutes vécues là-bas.  Madagascar y compris.


Extraits "Blood Diamond"

Et pour finir sur un autre rythme, j'en profite pour réécouter une chanson qui m'est chère. La première en anglais que j'ai apprise, la première que m'ait traduite ma mère, la seule que je ne massacre pas trop sous la douche, celle apprise en classe verte à Mantasoa, me rappelant des fous rires, et celle que je chantonne souvent lorsque je voyage justement. We are the world.


We are the world - USA All for Africa

Ca me donne envie de l'interpréter avec les bloggers malagasy, et pourquoi pas en écrire une version malagasy. A produire par Andalanamusic et à diffuser sous le label Kulturel :). J'interprèterai bien le passage de Cindy Lauper! Mouarf!

N'aimant pas trop cette diffusion par tag, et adepte de la libre inspiration, je laisse juste le soin à ceux inspirés par le sujet de reprendre le flambeau: Pourquoi blogguer sur l'Afrique?

Herezo - lutte contre le Sida

01 décembre 2008 à 20:33 |  Catégorie  Audio| Vidéo

J'ai déjà eu l'occasion de présenter le spectacle musical Voajanahari, devenu un concept artistique au service des causes environnementales et sociales.

Et c'est avec plaisir que je retrouve le clip du morceau "Herezo", pour lequel j'avais eu un gros coup de coeur.
"Herezo" est adressé aux personnes porteuses du VIH et atteintes du Sida, un message de soutien, d'espoir, de sensibilisation.


Herezo - Dama, Olombelo Ricky, Albertine, Jaojoby

Ma destination préférée à Madagascar -4-

08 novembre 2008 à 00:51 |  Catégorie  Odyssée

Précédemment:
Part 1
Part 2
Part 3

Nous reprenons la route. Le soleil se couche, l'obscurité s'installe peu à peu. L'ambiance est détendue, Fred et Micka font une compétition de la blague la plus drôle. Nous traversons ainsi plusieurs villages plongés dans le noir complet, si bien que je perds alors tout repère et ne retiens plus aucun nom.

19h: la faim s'installe peu à peu avec toutes ces émotions. Nous décidons de nous arrêter à la prochaine gargote ou épicerie encore ouverte. Seulement voilà, les kilomètres défilent, et aucune adresse où stopper.
Plus de deux heures plus tard, exaspéré, Fred freine devant une petite maison elle aussi plongée dans le noir, surmontée d'un timide panneau où l'on peut lire "Hotely". Ne doutant de rien, il frappe à la porte. Quelques minutes plus tard, un homme visiblement tiré de son sommeil, emmitouflé dans une couverture, nous ouvre.
Fred: "Désolés de vous déranger à cette heure tardive, mais nous recherchons une gargote ou juste de quoi dîner ce soir. Nous avons encore une longue route. Est-ce que vous servez quelque chose à manger?"
L'hotelier, pris au dépourvu: "C'est-à-dire que normalement, oui nous pouvons servir des plats, mais nous n'avons rien cuisiné ce soir..."
Devant notre air désemparé, affamés que nous étions, il reprend:
"Ceci dit, si vous pouvez patienter, je vais réveiller ma femme et nous allons vous préparer du riz et du poulet. Mais il faut patienter, le temps qu'on vide et prépare le poulet."
Nous: "Euh, nous ne voulons pas non plus vous déranger à ce point. Même si vous nous faites juste un peu de riz, ou autre chose, sans avoir à tuer un poulet juste pour nous.."
L'hotelier: "Non, non, entrez, c'est avec plaisir, si vous êtes prêts à patienter."

J'ai trouvé cette spontanéité et hospitalité formidable. C'est alors le début d'une longue série de mémorables rencontres humaines.

L'hotelier, Mamy, nous a installé dans une pièce éclairée par une petite lampe à pétrole. Il nous sert même à boire, le temps de nous faire patienter. Nous voulons l'aider, mais il refuse énergiquement. Nous voici donc attablés, fatigués, mais heureux de ce moment de convivialité inespéré.
Une heure et demie plus tard, le dîner est servi, tout simplement délicieux d'autant que nous ne nous sommes pas attendus à un tel accueil. Nous en profitons pour discuter avec nos hôtes qui ont partagé le repas avec nous. Ils sont étonnés de nous savoir Zo et moi, voyageant ainsi loin de chez nous. Bien que nous aurions aimé traîner pour mieux apprécier ce moment, l'heure qui tourne nous oblige à prendre congés d'eux, après les avoir généreusement réglés pour le dérangement et pour leur générosité.

Et nous nous enfonçons dans la nuit noire. Entre la digestion et la fatigue qui s'accumule de plus en plus, je ne réagis plus vraiment aux blagues des deux compères, qui soit dit en passant, deviennent de plus en plus salaces au fur et à mesure que l'heure avance. Après tout, il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre. :) Mais pourquoi donc l'audace devient-elle proportionnelle à l'obscurité? :) Le voyage a fini dans un silence complet, Fred s'est mis à accélerer, dangereusement par moment, le ras-le bol s' est généralisé.

Nous sommes attendus chez le météorologue et sa famille à Morombe. La magie des relations à la malagasy, ni Zo no moi ne les connaissons, juste qu'ils ont été recommandés par des connaissances de connaissances. Nous les avons prévenus de notre arrivée par radio. Nous ne pouvons pas nous tromper, il n'y en a qu'un seul dans cette bourgade, où Fred et Micka connaissent tout le monde et réciproquement.

1h du matin: Nous arrivons à Morombe, enfin. Mais ce n'est pas encore ma destination finale. :) Nous passons devant la propriété de Fred, avant de prendre un sentier à gauche. 800m plus tard, nous nous arrêtons devant une maison encore éclairée, au milieu d'un grand terrain dégagé. Nous remercions vivement Fred de nous avoir emmenées jusqu'ici, et prenons congés. Nous sommes amenés à nous revoir dans les jours suivants, Morombe est minuscule.
En entendant la voiture, Jean, le météorologue, sort pour nous accueillir.
"Tonga soa! Nous savions que vous alliez arrivées tard. Tonga soa, entrez donc!"
Zo et moi sommes dans une telle crasse que nous faisons attention en entrant dans le salon où sa femme, Sahondra, nous reçoit tout aussi chaleureusement. Même leurs enfants, Mirana et Rado, 8 ans et 12 ans, ne dorment pas encore, surexcités par notre arrivée.

Quel plaisir de nous poser enfin, après cette journée de 16h de périple. Encore une fois, nous sommes formidablement accueillis, j'ai l'impression de retrouver de la famille que je n'ai pas vu de longue date, alors que je ne les connaissais absolument pas avant cette rencontre.  Encore une fois, je bénis l'hospitalité malagasy... Et quelle hospitalité! Au fin fond de Madagascar, nous voici dans une maison plutôt coquette. Le salon aux murs roses est douillet, au confort qui n'a rien à envier aux chaumières citadines: canapé confortable dans lequel nous hésitons à nous installer vu notre état, la télé, une chaîne hifi qui est en train de passer un cd de techno à 1h du matin- tout simplement énorme! -, de jolis portraits au mur.
Nous leur racontons nos aventures de la journée, tandis qu'ils s'exclament de notre audace de voyager seules ainsi, vers l'inconnu. Puis Sahondra nous propose de nous doucher, proposition accueillie avec grand soulagement. Mais ni Zo, ni moi n'avons plus le courage d'attendre que l'eau soit chauffée, nous allons la prendre froide, glaciale si nécessaire!

Jean est allé remplir plusieurs seaux d'eau, grâce au puits situé juste derrière la maison. Je cherche alors du regard la salle d'eau, qui sera en fait dans la cuisine. Celle-ci est vaste, et dans un coin légèrement en pente, se trouve un orifice par où s'écoule l'eau. Voici le coin douche. Je l'avais déjà prise dans des endroits improbables ou incongrus, mais je découvrais la salle d'eau dans la cuisine. Toujours est-il qu'elle a été divine, je refais peau neuve en me débarrassant de cette épaisse couche de poussière mêlée à la sueur. Mes habits de la journée ainsi que mes tongs sont littéralement rouges. Passés du bleu et du vert, au rouge.

Et quand enfin je ressors de là, je crois rêver ou terrassée par la fatigue, je n'en crois pas mes yeux en voyant le lit qui nous est destiné: un grand lit pour Zo et moi, avec des oreillers moelleux, des draps et des couvertures propres. Nous nous étions préparées à tout, en emmenant notre tente et nos duvets, mais quelle agréable surprise que de dormir alors dans un lit plus que confortable dans le sud de la Grande Ile.

Jean nous explique ce que nous devons encore organiser au petit matin, pour notre ultime étape vers la destination tant rêvée. Puis nous sombrons dans un sommeil mérité, sourire aux lèvres, enchantées par un tel accueil.

A suivre: part 5

Sary iray isan'andro

03 octobre 2008 à 01:09 |  Catégorie  Une photo par jour

On sème, semons les uns les autres :)

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Bonne graine, demain est un autre jour.

Le blog n'est pas aux placards, il se réveille. :)

Mode: vacances, Option: déconnectée

25 août 2008 à 19:48 |  Catégorie  Odyssée

Réaction à chaud de retour de vacances en mode totalement déconnectée... Par déconnectée, entendez par là que j'ai eu la bonne idée d'oublier mon mobile, et que je ne me suis pas foulée pour trouver une connexion Internet gratuite. Mais je suis bien restée sur la planète Terre, en milieu non isolé de toute technologie.

Disons que le sentiment est mitigé. D'une part, j'ai eu un bon aperçu des préoccupations d'un entrepreneur qui n'arrive pas à totalement se déconnecter de ses activités lorsqu'il est en vacances. Cqfd: on réfléchit à ce qui a été fait, on réfléchit à ce qui va se faire, on reste ouvert aux opportunités, même en mode vacances. A ce détail de taille près qu'il n'y a pas de capital personnel en jeu. D'autre part, malgré ce qui ressemblait un peu à un sevrage durant les premières 48h, un peu de vacances pour la technologie n'entraîne pas mort d'homme, on a bien connu cette situation auparavant, et bien qu'on se demande a posteriori comment, on l'a bien vécu.

Lors d'une "descente" dans un centre commercial pour faire nos courses, je passe devant un café équipé du wifi. J'hésite un instant pour revenir avec mon laptop dans la journée. Je vois alors les 2 seuls clients, littéralement scotchés à leur écran, tellement accaparés qu'ils tâtonnent pour saisir leur tasse du bout des doigts et avalent leur café machinalement, pour se reconcentrer aussitôt sur leur occupation. Et de me dire "c'est à ça que je ressemble quand je surfe? C'est plutôt pathétique à voir..." Certains y verront l'art du multitasking, mouarf, d'autres l'addiction quitte à surfer n'importe où, n'importe comment, mais eux savouraient sûrement.
Conclusion: va pour Mode: vacances, Option: déconnectée.
Cela m'a toutefois permis de réaliser pourquoi Internet m'apparaît comme important: pour rester en contact avec les miens au pays. Le reste est secondaire...

HomoSatire

Sinon, la vie est belle, le ciel souvent bleu, les vacanciers joliment bronzés et les retrouvailles marines tellement sacrées.
Ah, il y a aussi les perpétuels bouchons avec son lot d'amabilités bien fleuries, à se demander pourquoi les régions naturellement bénies et authentiques sont autant prisées par autant de touristes... Ne pourrait-on pas en bénéficier en comité restreint et donc privilégié?
Je plains ceux qui subissent déjà les embouteillages à l'année, pour se rendre au travail, en allant faire ses courses, en rentrant des soirées festives, et qui les retrouvent même en vacances, à l'aller comme au retour, et durant le séjour tant qu'à faire! Voilà pourquoi la destination Madagascar est un luxe: sorti d'Antananarivo, vous ne connaîtrez pas cela. A vous l'espace, la liberté, l'intimité, voire la solitude. Et pourvu que ça dure!

On essaie alors l'option vacances sur l'eau. Vogue, bateau, vogue... Adieu les queue leu leu la la la lèreee, et vive le vent, vive le vent, vive le vent d'été!
Mais c'était oublié qu'après avoir pavané dans sa voiture pour être vu, l'Homo sapiens XXIemesis doit aussi pavaner avec son bateau. "C'est moi qui en ai une grosseeee", "Et t'as bien vu mon yacht, regarde donc bien mon yacht. Et ma bedaine avec, pour le plaisir des yeux", "En veux-tu, en voilà, n'oublies pas les lunettes de soleil surtout, sinon l'éclat risque de t'aveugler", etc, etc...
Et c'était oublié qu'aujourd'hui, on pratique les sports nautiques non pas pour s'amuser mais... pour être vu, bien sûr! Donc le ski nautique qui vous passe à 3m pour être certain que vous avez bien ancré en mémoire son portrait, et les remous qui s'ensuivent qui risquent de faire chavirer votre table d'apéros, sacré ô sacré, ça ne rend pas très aimable.

Mais par-delà le pathétisme du civisme de l'Homo sapiens IRLifiensis, guère mieux que celui du connectesiensis d'ailleurs, on fait totale abstraction de ceux qui s'étranglent pour attirer votre attention, ou qui ressentent le besoin de cracher pour mieux se donner de la voix et donc de l'existence, et ma foi, on profite autant que possible du moment présent.

Si l'invitation pour parcourir toute la côte Ouest de Madagascar en bateau tient toujours, je garde le projet en mémoire. :)

Le sentiment du fait d'avoir été déconnectée est mitigé, avec le nombre d'appels manqués, de messages sur le répondeur, des excuses que je dois faire, des mails qu'on ne compte plus... Heureusement que j'ai mis en place une armée de filtres, ce qui me permet de les lire et d'y répondre par ordre de priorité, voire pour certains de les supprimer directement.
Ah, j'ai oublié
les quelques 1200 posts à lire dans mon agrégateur...

MAJ: Mode: reprise, dur, dur, Option: connectée, Etat: zen. Après tout, rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Festivals d'ailleurs et de Madagascar

05 août 2008 à 22:51 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Ailleurs

Il faut reconnaître une chose: du côté du globe où je suis, les mois de Mai à Août sont idéaux pour les amoureux de la musique. On est vraiment gâté par les concerts, les festivals et autres manifestations culturelles, qu'il vente ou qu'il pleuve et accessoirement, qu'il fasse beau.

Dernièrement, j'ai ainsi pu apprécier les sons du groupe malagasy Médicis, un pur moment de musique traditionnelle du Sud de Madagascar, sur fond d'accordéon, au FIMU; de Tiken Jah Fakoly au festival Rencontres et Racines, un beau concert distillant son lot de messages d'espoir, cet artiste est un grand personnage; de K.O.L.O, à la Fête de la Musique à Genève. J'ai enfin assisté au concert dynamisant de ce groupe de rockers suisse dont le chanteur est malgache, après avoir lu Tomavana de maintes fois à leur sujet!  :)

- K.O.L.O en photos -

Et le pompon, voir Ben Harper, the Offspring, Gnarls Barkley (j'adore leur excentricité), Moriarty (gros coup de coeur, sublime en live, on aurait aimé que ça ne finisse jamais), Cali, et tous ceux que j'ai oubliés en un seul week-end, lors des Eurockéennes de Belfort fort réussies, et, et, et, et... Moby!
Un concert excellentissime, je tenais vraiment à voir ce dernier en live, de tout près, à 3m, comme une vraie groupie...

Un formidable cocktail musical à consommer sans modération. Un conseil: si vous êtes musicien, faites-vous des amis qui sont ingénieurs ou techniciens-son suisses. Certes, ils disposent d'un budget qui aide beaucoup, mais je n'ai jamais entendu pareille qualité de son de toute ma vie. Quelque soit la scène et le style de musique. L'apothéose a été à la scène non pas jazz (trop occupée à discuter avec Tomavana), mais à la scène reggae. J'ai découvert ce qu'est un vrai son cristallin, la perfection dans toute son expression... Un simple do-ré-mi-fa-sol aurait suffi pour faire frissonner, quelle sensation dès les premières notes...Du bonheur à l'état pur...

A Madagascar

Et de me demander ce qu'il en est à Madagascar en matière de festival. Pas de jaloux, demandez le programme 2008, non exhaustif mais il faut un début à tout.

Asaramanitra
Mois: Mars
Lieu: Antananarivo
Célébration du nouvel an malagasy, ancienne date de la fête nationale du temps de la royauté. C'est pourquoi aujourd'hui, on se souhaite un bon Asaramanitra le 26 Juin, fête de l'Indépendance. Il s'agit de festivités culturelles durant lesquelles on remercie le Dieu Créateur, mais qui a tendance à se perdre sans la mobilisation de défendeurs et gardiens de la culture malagasy.

Alahamady be
Mois: Avril
Lieu: Antananarivo
Célébration du nouvel an malagasy, établi par un autre groupe d'héritiers des traditions malagasy. Mais combien y a-t-il donc de nouvels ans à Madagascar? :) Trois, avec celui du calendrier grégorien...

Lire un article illustré sur l'Alahamady be.
Le concept Alahamady be vu par VANF.

Festival of wildlife
Mois: Avril
Lieu: Parc national d'Andasibe-Mantadia et Anjajavy
La 5é édition de ce festival s'est tenu à Madagascar en Avril 2008. Ce Festival est un voyage unique qui rassemble les clients et les experts aux compétences spécifiques de la vie sauvage, et profiter ainsi d'un itinéraire pour observer la biodiversité malagasy, des ateliers, des présentations et des discussions concernant la faune. La collaboration avec des associations et groupes de conservation locaux ont porté leurs fruits.
Dire que je devais vraiment être très occupée pour avoir raté cette information. Je l'étais... Mais aussi de réaliser en dix minutes de recherche que ce festival n'a été relaté par aucun quotidien malagasy. Corrigez-moi si je me trompe...

En savoir plus

Santabary

Mois: Avril/Mai
Lieu: région d'Antananarivo ou encore de Mahajanga
Célébration de la première récolte de riz. Elle a été remise au goût du jour en 2002 après 31 ans d'"oubli". Mais vu la difficulté à trouver un article de cette année sur ce sujet, a-t-elle déjà été remise au grenier?

Donia
Mois: Mai
Lieu: Nosy-Be
Sans nul doute le festival le plus célèbre de Madagascar. Cinq jours de liesse avec son carnaval d'ouverture, Des animations sportives, sociales et culturelles en journée, et des concerts aux sons des artistes de l'Océan Indien.

Site officiel et site de Nosy-Be

Fanompoambe
Mois: juillet
Lieu: Mahajanga
Cérémonie de bain des reliques royales des Sakalava du Boina, célébrée durant quatre jours. Les reliques des 4 frères Andriamisara, souverains du royaume du Boina, sont constituées de leurs mâchoire et vertèbre. Lors de la cérémonie haute en couleur truffée d'obligations rituelles dont la moindre n'est pas celle de toujours pénétrer du pied droit dans l'enceinte sacrée, elles sont baignées dans le sang d'un taureau et portées 7 fois autour de leur "zombabe" avant d'y être de nouveau fermées. Le problème est que leur garde est depuis toujours revendiquée par deux clans aussi légitimes l'un que l'autre, mais ceci est une autre histoire, en passe de devenir une petite tradition dans la grande ... (source)

Festival Lampagno
Mois: Août
Lieu: Mandritsara, région SOFIA
Initié par l’association Lampogno Madagascar, le festival a comme objectif principal la sauvegarde de la culture. Sa première édition aura lieu du 28 au 31 août prochains. Ce festival se veut être une fenêtre ouverte sur la culture tsimihety, et entend s’inscrire dans la durée, pour la promotion de la richesse et de la diversité ainsi que pour la sauvegarde de la culture de la région Sofia.

En savoir plus

Rebeke
Mois: Août
Lieu: Tsihombe (Fort-Dauphin)
Troisième édition de ce festival organisé par l'association Voro-Kodohodo. Cette manifestation se veut être un moment d'échanges et de rencontres pour la valorisation, la préservation et la meilleure connaissance des terroirs, notamment du Sud de Madagascar. Au programme durant trois jours: cultures, agriculture, artisanat, expositions, jeux et concours, spectacles, concerts.

Site officiel

ZagnahariBe
Mois: Août
Lieu: Ile Sainte-Marie
Zagnaharibe 2008 sera la 7 ème édition du Festival des Baleines de l'Ile Sainte-Marie. Ce Festival aura lieu du jeudi 21 au dimanche 24 août 2OO8, avec en plus du passage des baleines, diverses représentations dont le but est de promouvoir les richesses de l'Ile Sainte-Marie culturelles, touristiques et environnementales.

Site officiel

Tanambe Midôla
Mois: Août
Lieu: Toamasina
Festival et manifestation culturelle de la région du Betsimisaraka animée surtout par des jeunes avec l'appui des opérateurs économiques de la ville et des autres villes périphériques de Toamasina.

Angaredona
Mois: en septembre/octobre
Lieu: Antananarivo
Le festival des musiques vivantes de Madagascar a historiquement été inventé par RAJERY sous l’impulsion des membres actifs de l’association culturelle Akombaliha, secondés par Valimad Production. Il entend promouvoir la diversité musicale de Madagascar.

Site officiel

Talango Harea
Mois: Septembre/Octobre
Lieu: Ambovombe (du côté de Fort-Dauphin)
Cinquième édition de ce festival qui incarne avant tout la culture antandroy, mais il ne s’y arrête pas. Talango Harea a accueilli les différentes cultures musicales malgaches.
"Talango Harea" signifie "au summum de la richesse" dans le dialecte local. Financé par le ministère de la culture et du tourisme, il offre à Ambovombe et dans les villages environnants divers concerts gratuits à toute la population.

Madajazzcar
Mois: Octobre
Lieu: Antananarivo
Ce festival international mettant le jazz à l'honneur donc, est devenu un rendez-vous musical et culturel incontournable pour tout amateur de jazz, s'étoffant d'année en année.

Site officiel

Jerijery
Mois: Novembre
Lieu: Vavatenina, du côté de Toamasina
Manifestation culturelle, sportive et artistique de la région d’Analanjirofo qui se veut promotrice de la ville de Vavantenina.

Lire l'article sur l'édition 2007

Fitampoha
Mois: tous les 5 ans, dont en 2008
Lieu: Belo sur Tsiribihina
La fête du fitampoha Sakalava consiste aussi à manifester leur attachement à ses traditions et surtout à leur roi.
La cérémonie du " fitampoha "dure une semaine, sauf les jours fady :les lundi et mercredi.
Elle est marquée, en plus du bain des reliques royales, par des chants, des danses folkloriques et des sacrifices des zébus. (source)

Egalement

Tsanga-tsaigny
Mois: octobre - tous les 5 ans -
Lieu: Ambilobe
Le Tsanga Tsaigny, ou la levée du drapeau, est un rite traditionnel célébré dans le Nord de Madagascar, lors d'un grand rassemblement de solidarité et de Fihavanana de la communauté Antakarana. Le Tsanga Tsaigny, comme toutes les célébrations traditionnelles, obéit à des rites bien précis. Les notables et la famille royale décident de sa date, particulièrement si le mât préparé et transporté est rompu. Le fanion de la République sera hissé à côté de celui du royaume d'Antakarana. Une grande circoncision collective clôturera les festivités.

Les festivals organisés par les grandes compagnies comme:
la STAR THB : voir le programme
Telma : Fête de la musique à Antananarivo - lire l'article -

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Ce post a été rédigé avec la précieuse aide de Mazavaloha de l'organisation Io Anay, qui propose des compositions artistiques, multimédias et surtout engagées, à visiter. Misaotra betsaka, "sokafy ny varavaravana, ampidiro masoandro" ;)
Et sur ce, bonnes vacances!

Sary iray isan'andro

28 juillet 2008 à 19:56 |  Catégorie  Une photo par jour

IMG_2553

- "Zébu zé plus soif"
- "A consommer avec modération alors"

Une autre idée des boucheries malagasy... Mais c'est énoooooorme!
Bon appétit bien sûr!

J'ai le blues du Sud-Ouest -2-

16 juillet 2008 à 23:50 |  Catégorie  Odyssée

J'ai le blues du Sud-Ouest -1-

cette fois de Madagascar.
Il m'est peut-être plus facile d'y penser maintenant... Maintenant que je sais, que je me suis avisée à retourner cet été dans le Sud-Ouest (de la France). Avec un billet aller-retour... L'envie d' un aller simple n'a pas disparu, mais bras dessous, bras dessus, nous irons et reviendrons. Dit-elle, sagement... C'est déjà une bonne chose d'affronter ses tentations avec sagesse, pardi! Rome est partie remise, très certainement en hors saison. L'Italie, c'est une autre grande histoire d'amour. :)

En attendant, je me fais douleur en ce moment, à regarder des reportages sur la Polynésie, les îles Fidji, et, et... sur les Vezo d' Anakao. Pour se changer les idées, on est allé voir un cinéma en plein air sur la plage... au bord du lac de Malsaucy. Histoire de retrouver un cadre idyllique, ce qui était le cas, de nuit, au clair de la lune. A ce détail près qu'en mi-juillet à 22h30, nous étions frigorifiés, pourtant déjà emmitouflés dans nos polaires...


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Au clair de la lune
Du côté de Toliara, je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j'ai dû mettre un pull léger en hiver austral. Mais pour ceux habitués aux 30°C à 35°C le reste de l'année, lorsque la température chute à 19°C-20°C, ils dorment avec de grosses couvertures d'un côté, tandis qu'il m'est arrivé de mettre le ventilateur de l'autre.
Aussi se poser sur la plage en pleine nuit n'était pas aussi crispant. Au contraire, ça reste même un de mes moments préférés. Enfin, pas à Toliara même, mais que ce soit plus au Nord à partir de Madiorano, ou plus au Sud du côté de Saint-Augustin.
Qu'on soit en famille ou entre amis, j'aime m'isoler sur la plage, de préférence par lune montante ou pleine, au son des clapotis. Je ne saurais pas vraiment dire à quoi je peux bien penser à ce moment précis, mais c'est une sorte de retrouvaille avec moi-même. Il est aussi agréable de faire le vide et rester des heures ainsi. A tel point que j'en perds toute notion de temps. J'ai bien raté quelques dîners pour cette raison, mais mon entourage sait qu'il n'est pas nécessaire de m'attendre, je suis suffisamment loin pour ne pas entendre lorsqu'on m'appelle.

Pêcheur d'Andrevo

A Andrevo, nous privilégions ce moment pour la pause digestive du soir, entre amis. Si au début, tout le monde discute gaiement, le décor finit par s'imposer et au fur et à mesure que la lune monte, on finit par se taire. Qu'il est bon ce silence collectif...  Deux heures après, quelqu'un le brise d'une fois rauque, et de nous mettre à raconter des blagues, les aventures et anecdotes les plus originales qui nous soient arrivées, la honte de dans notre vie, etc... Parfois, certains s'écartent un peu du groupe, ces moments sont propices aux confidences entre amis. C'est particulier comme le cadre nocturne délie les langues, que l'on discute boulot, avenir, des relations de couple et du reste. Que l'on soit dans le Sud-Ouest de Madagascar ou d'ailleurs...

Par lune descendante, on apprécie davantage le ballet de lampions des pêcheurs nocturnes sur l'eau. Tant de fois j'aurais aimé monter à bord de l'une de leur pirogue, mais impossible de convaincre quelqu'un d'autre à me suivre. Y aller seule ne me semblait pas indiquer...
Je ne connais donc la pêche nocture à la palangrotte qu'en théorie, je devine de loin la pose et dépose des nasses tandis qu'elles sont éclairées pour mieux attirer les crustacés et les poissons, tandis que d'autres profitent de la marée nocture pour collecter des holothuries (concombres de mer) et les bivalves. Mais bizarrement, j'ai toujours raté le retour de ces pêcheurs Vezo, à 3h du matin généralement, heure où je dois être plongée dans mes rêves.

Au vert à Ambohimavelona
Ambohimavelona se trouve sur la route des 7 lacs aux environs de Toliara.

IMG_8610La première fois qu'on m'y amenée, je pensais à un mirage. Un coin de biodiversité surprenante, j'aurais difficilement imaginé un décor de verdure et de rizières au milieu du bush sec voire aride autour de Toliara. Dans cette vallée, la terre y est fertile, des paysans sont affairés dans leur champs, les zébus sont à l'oeuvre, on aurait dit Ampefy, à ce détail près qu'à Ambohimavelona, les rizières sont bordées de cocotiers, avec des bananeraies non loin. Tout simplement magnifique!
Cette zone agricole très productive approvisionne la ville de Toliara en produits maraîchers et vivriers.
Lorsque j'étais dans cette partie de la Grande Ile, nous y allions certains dimanches, pour un déjeûner champêtre ou chez les soeurs (qui nous invitaient à chaque fois qu'on se retrouvait nez à nez avec elles) avant de piquer une tête dans un torrent ou dans une source.

Une pensée pour Oscar
Je garde des milliers de souvenirs du Sud de Madagascar, et les futurs souvenirs sont programmés. Mais de ces fois où j'ai avalé de la poussière, marché dans les mangroves, étudié le récif corallien dans ses moindres détails, déterminé mon coin préféré dans mon pays, au gré de la touche pause sur les souvenirs, je garde celui d' Oscar. C'est ainsi qu'on avait baptisé un énorme mérou, occupant permanent de la Grotte de Sarodrano.
Cette Grotte est un de mes autres coins de prédilection, où des résurgences d'eau douce et eau de mer se mêlent pour décliner une palette de couleurs turquoises uniques. Cet endroit est dit fady, pour y nager en paix quand bon nous semblait, nous avons demandé l'autorisation aurpès du village, mais combien de fois avons-nous vu des touristes débarquer le temps d'un après-midi sans précaution aucune. Et aux dernières nouvelles, le fady est devenu commercial, puisque l'accès à la grotte est devenue payante. Ce que je peux comprendre, afin de préserver ce cadre si original et unique, c'est davantage le côté aménagement qui me laisse dubitative. Je suis contre le fait d'adapter un cadre pour l'homme, donc contre ces hôtels qui justifient leur implantation pour permettre à leurs clients de profiter de la nature. Une nature qui n'a plus rien à voir avec celle originelle, puisque de toute manière là où l'homme passe, tout trépasse...

la_grotte

Pour revenir à Oscar, la grotte présentait vraisemblablement un milieu suffisamment propice pour qu'il puisse y grandir jusqu'au point de ne plus pouvoir en ressortir. A moins qu'il n'ait été introduit sciemment...
En effet, il y a quelques mois, un lecteur de ce blog m'a écrit pour confirmer y avoir vu un énorme mérou lors de ses récentes vacances à Madagascar. Mais ce n'est pas Oscar, puisqu'on l'a malheureusement retrouvé mort un jour, pour une raison inconnue. Nous étions venus nager la veille, Oscar était bien portant, en revenant le lendemain à 9h du matin, sa carcasse avait été lâchement jetée en contrebas de la grotte... L'odeur était déjà insoutenable, mais il avait fallu faire le ménage.
Depuis, il a donc été remplacé, mais le biotope naturel d'un mérou n'est pas celui avec de l'eau douce, aussi je me demande si sa présence dans cette grotte n'a pas une signification précise.
Je penserai à le demander aux villageois de Sarodrano à l'occasion... Cela me fera un prétexte de plus. :)

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