L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Vitrine de Madagascar à Strasbourg

05 mai 2007 à 11:33 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Du 24 mai au 16 juin 2007, la ville de Strasbourg accueillera "Vitrine de Madagascar", une manifestation culturelle destinée à faire connaître la culture et l’artisanat de qualité malgache. Exposition-vente, session de réunion et soirée festive seront au programme pour promouvoir les échanges inter-entreprises.

Organisateurs
« Vitrine de Madagascar » est organisée par le GIE (Groupement d'intérêt économique) Fanala Ezaka, en partenariat avec APAME et la fédération des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat à Madagascar, donnant ainsi une occasion aux opérateurs économiques malgaches et artistes -peintres de se faire connaître à l’étranger.
Fanala Ezaka a pour objectif de lutter contre la pauvreté à Madagascar, représentée en Alsace par une vingtaine de chefs d'entreprises et de responsables de coopératives et d'associations d'artisans occupant à Madagascar nombre de travailleurs en milieu urbain et rural. En savoir plus sur le blog de l'Apame >>
L'association Apame, pour la promotion de l'art naïf, populaire et sacré du monde (sic), entend faire connaître et diffuser des œuvres de pays en voie de développement qui possèdent souvent une richesse remarquable sur le plan artistique et culturel. En savoir plus sur ses objectifs >>

Au programme
L’objectif est de diffuser l’art et la culture en créant, à Strasbourg, un carrefour d’exposition - vente des œuvres d’art, selon les conditions prévues dans le contrat conclu avec les propriétaires des œuvres.
Egalement, des événements culturels vont être organisés afin de créer des synergies avec d’autres associations développant des actions dans la lutte contre la pauvreté, au bénéfice de la vie sociale et culturelle du pays.
Tous les secteurs vont être représentés. Textile et broderie, vannerie, articles en bois, soie, papier antemoro, ferronnerie d’art, cuir, huiles essentielles, pierres précieuses et industrielles ainsi que l’art culinaire.
Mais parallèlement à ces expositions-ventes d’artisanat malgache, une palette de la production artistique de qualité de Madagascar va être présentée à Strasbourg. Peitures, BD, Sculpture, photo des artistes malgaches seront exposés pendant la tenue des manifestations.

Le rendez-vous est noté dans l'agenda. Si autorisé, je me ferai bien un album d'arts malagasy à l'issu de cette Vitrine de Madagascar. Et d'une pierre deux coups, d' aller enfin voir le documentaire We feed the world.

Source: article du 02/04/04 de Daddy R. sur Madagascar Tribune
Bonus: Historique de la peinture malagasy

L'écriture à Madagascar

28 mars 2007 à 21:49 |  Catégorie  Madagascar| Culture

On est plus le fils de son époque que le fils de son père. (proverbe africain)
Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens. (proverbe africain)

Disons-le, je ne suis pas une passionnée d'histoire... Mais sans écrit pas d'histoire, d'où l'occasion de découvrir un site fort intéressant traitant de l'écriture à Madagascar.

Morceaux choisis:

Les premiers manuscrits
L'écriture a été connue depuis fort longtemps par l'ancienne société malgache.Les Antaimoro, installés sur la côte sud-est, notaient en caractères arabes des textes de langue malgache, sur des manuscrits d'écorce appelés sorabe (c'est-à-dire " la grande écriture "). Relativement nombreux et ayant attiré le zèle des chercheurs depuis le siècle dernier, ces sorabe ne conservent pas à proprement parler de textes littéraires : ils ont servi à transcrire des prières, des formules magiques, des généalogies, plus rarement des chroniques des événements anciens.

(...) l'écriture avait permis de noter et conserver, pour des usages privés ou limités, des témoignages irremplaçables sur l'ancienne civilisation malgache.C'est ainsi qu'il semble bien que le testament d'Andrianamponimerina ait été l'un des tout premiers textes transcrits à l'aide de l'écriture nouvellement mise au point (parallèlement à sa conservation par la mémoire des traditionnistes).Les manuscrits malgaches du XIXe siècle, relativement nombreux (mais beaucoup ont été détruits au moment de la conquête coloniale française), conservent des discours royaux, des traditions propres à une famille ( bokim-pianakaviana ou cahiers de famille), des généalogies, des comptes rendus d'événements et de voyages importants. La reine Ranavalona Ire, se soucia de faire noter l'histoire des ancêtres : elle convoqua à cet effet de savants vieillards, et l'un d'entre eux, Rabetrano, dicta ou rédigea en 1844 un manuscrit contenant des listes généalogiques qui firent autorité.Des familiers de la reine transcrivirent aussi des hain teny qui ont été retrouvés et édités par Bakoly Domenichini-Ramiaramanana ( Hainteny d'autrefois,1968).

L'un des ensembles de manuscrits les plus remarquables est celui dit de l' ombiasy de la reine Ranavalona Ire, attribué à l'un des " devins " de la cour royale : il a été utilisé par de nombreux historiens et ethnographes, notamment par A. Grandidier. Le ministre Rainandria-mampandry, farouche opposant à la conquête française, fusillé sur ordre de Galliéni, avait compilé une Histoire de Madagascar, demeurée manuscrite ; son ouvrage sur les mœurs et coutumes malgaches, Tantara sy Fomban-drazana, édité en 1896 à Tananarive, est l'un des premiers livres publiés par un auteur malgache.

De ces manuscrits, dont le corpus s'augmente au fil des découvertes dans les archives, il convient sans doute de rapprocher l'œuvre de Raombana, l'un des jeunes gens envoyés par Radama Ier en Angleterre pour s'y former aux techniques européennes.De retour à Madagascar, il rédigea en anglais, en 1853-1854, un long texte ( Histoires, Annales et Journal,comme son éditeur, Simon Ayache, propose de l'intituler), resté lui aussi inédit jusqu'à récemment et fort curieux par l'esprit critique que son auteur manifeste souvent par rapport à la tradition.

Naissance d'une littérature moderne
C'est l'existence d'une presse en malgache, ancienne et nombreuse, qui a permis à la littérature malgache moderne de se développer.Le premier périodique, Teny soa(" la Bonne Parole "), qui, comme son nom l'indique, se consacrait à l'édification des chrétiens, commence à paraître en 1866 (il durera jusqu'en 1952). Cette publication de la London Missionary Society fait vite des émules : Ny Mpamangy (" Le Visiteur "), Mpanolotsaina (" Le Conseiller "), Ny Resaka (" Conversations "), lancé par les catholiques pour répondre au succès des publications des missions protestantes.

(...) Certains romans, comme ceux de Wast Ravelomoria, insèrent leurs récits d'amours et d'aventures dans des trames historiques assez recherchées.Car la société malgache a la passion de l'Histoire.Les lettrés du XIXe siècle avaient confié leur savoir historique à de nombreux manuscrits.Ceux du XXe siècle diffusent par la presse ou par des livres des chroniques d'histoire malgache.Ainsi Ingahibe Rainitovo, auteur de plusieurs ouvrages importants, dont Tantaran'ny Malagasy Manontolo,paru en 1930, ou bien le pasteur Rabary qui se fait, dans Ny Daty Malaza, le chroniqueur presque au jour le jour du développement du protestantisme à Madagascar. Une abondante littérature d'érudition s'est donc attachée à faire l'inventaire de la civilisation malgache, sous ses aspects historiques, sociologiques, linguistiques, philosophiques, etc.

Lire l'article en entier
Le mot pour la fin: l'histoire de l'écriture vue par les Shadoks

Le Famadihana - suite -

06 février 2007 à 12:02 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Précédemment: Introduction au Famadihana et le film documentaire Tankafatra traitant du famadihana

Première vidéo: Famadihana sur History.com
, commentée par Dr. Anthea Butler, une historienne spécialisée dans l'histoire du christianisme, de la religion afro-américaine et de la diaspora africaine.
Voir la vidéo

Une recherche rapide sur Google permet de lire plusieurs descriptions du déroulement d'un famadihana bien que les principes demeurent partout les mêmes. Mon grand regret est de ne pas encore avoir vécu un famadihana de ma famille tant paternelle que maternelle, la dernière fois qu'il a eu lieu, mes parents ont jugé que ma soeur et moi étions trop jeunes. Et je garde peu de souvenirs de l'unique famadihana auquel j'ai assisté, mais juste en tant que famille par alliance aussi je ne connaissais pas grand-monde. Cela explique peut-être pourquoi j'en garde si peu de détails.


Famadihana - TARIKA SAMMY -

Je me souviens juste que c'était festif, de la bonne humeur dans l'air et rien de lugubre, des hira gasy pour l'ambiance musicale, le vary be menaka (riz accompagné et arrosé de viandes bien grasses), que seuls les hommes avaient le droit d'entrer dans le tombeau, que les lamba landy, linceuls ici en soie brute qui recouvrent les ancêtres, étaient magnifiques, qu'il était fady (interdit) de les poser à même le sol, qu'ils ont profité du soleil pendant que l'on déjeûnait, que les Zanadrazana (descendants des ancêtres exhumés lors du famadihana) ont en profiter pour réexpliquer leur généalogie aux plus jeunes, puis  ont fait sept fois le tour du tombeau en portant les razana  avant de les replacer dans le tombeau. Mais les famadihana comportent chacun leurs détails rituels.

Aussi, plutôt que de râcler mes fonds de souvenirs perdus, il apparaît plus intéressant de lire:
>>Le famadihana, fondements et origines et le déroulement d'un famadihana sur Koloina
>>Retrouvailles avec les morts par fstadelmann
>>Famadihana (la valise de Marthe), une fiction-essai de Jean-Charles Blanc
>>Un excellent aperçu des rites malagasy sur Madasite

Seconde vidéo: Madagascar festival, un famadihana sur les Hautes-Terres, à Sahomby, un village situé à une soixantaine de kilomètres d'Antananarivo, filmant les familles en liesse après avoir changé les linceuls, avant de remettre les défunts dans le tombeau familial.

Lire l'article associé à la vidéo, faisant cas de Mr. Rabeatoandro, un professeur d'anglais malagasy, se questionnant sur le bien-fondé du famadihana en tant que chrétien, opinion respectée par sa famille qui elle, n'entend pas délaissé cette tradition du retournement des morts chère aux Malagasy.
J'ai été un peu surprise mais très intéressée par ce point de vue, car au-delà des contraintes financières qui conduisent à une baisse des fréquences des famadihana et dans le respect des croyances de chacun, en tant que Malagasy, je ne me verrai pas renoncer à cette coutume.
Sur Tranofalafa, on s'est déjà posé la question de la nécessité du Famadihana. Ne perdrions-nous pas un pilier de notre culture en renonçant au famadihana?

Archives numériques

13 décembre 2006 à 23:04 |  Catégorie  Madagascar| Culture

En fouinant dans la bibliothèque de mes parents, je suis tombée sur de vieilles pellicules. La curiosité me prend de les faire tirer et quelle surprise de me retrouver avec des photos d'antan, en l'état, garanties "photoshop-free".
D'où viennent-elles, qui les a prises, quand et comment, tant de questions qui demeurent sans réponses. En attendant, en voici, à feuilleter comme un livre:

            

Et de profiter de découvrir ces trésors iconographiques malagasy.

Ny foko sy ny fonao

08 décembre 2006 à 12:20 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Il est un thème que j'aime particulièrement, et en malagasy uniquement: ny vintana sy ny anjara (la chance et le destin). Il est prévu avec Sandy, d'écrire sur ce sujet lorsque le temps nous accordera un semblant de répit. Et de combler le manque de post en malagasy dans ce blog. En attendant, j'ai trouvé ce poème inspirant:

NY FOKO SY NY FONAO

Mazava tsy azo takonana
Tsy ravan’izay fialonana
Tsy taitran’izay maso vao
Raha ny foko sy ny fonao.

Ny Avo no efa
nanambatra,
Natao hiaraka ho
sambatra,
Natao hiaraka
hiangola,
Hitobaka harena sy
vola.

Ny Anjara no efa nametra
Hibaiko ny zava-drehetra
Ary hitondra ity tany ity
Haneho ilay tena fitia.

Ny Lahatra no efa
voatendry
Handrafitra soratra
hendry,
Hampitombo ireo
voninahitra
Hitsimoka tahaka ny
ahitra.

Ny Vintana no efa voambara
Hitetika ny soa sy ny tsara,
Hivatsy izay hoe hafaliana,
Notadiavina sy mba nofidina.

Ny taona no mbola
hifanesy
Hampiainga mbola
handresy;
Fa ny foko sy ny
fonao
Dia najoro tsy
hifandao

Fredy JAOFERA

Akon' ny tany et le spectacle musical Voajanahari

01 décembre 2006 à 12:32 |  Catégorie  Madagascar| Culture

La semaine sera musicale, vous êtes prévenus! Dans mon souci de ne pas me concentrer sur moi, ma personne, mon nombril, c'est toujours avec plaisir que je présente autrui, porteur de projets innovants ou originaux, en tout cas, qui m'emballent!

L'association Akon'ny tany
L'association AKON'NY TANY ou "écho de la terre" a pour but de porter et développer sur la scène du Monde des projets socio-culturels en lien direct avec Madagascar . Ils véhiculent ainsi leurs convictions par une approche artistique en privilégiant les échanges entre les peuples.

Le spectacle musical Voajanahari
affiche_voajanahariLe concept VOAJANAHARI a été initié par Dama (leader du groupe mythique Mahaleo), Olombelo Ricky (mystique chanteur/percussionniste), et Hajazz (guitariste d'exception), trois grandes figures de la musique malgache. Ils abordent dans leurs chants des thèmes relatifs à la conservation de l'environnement et des richesses naturelles, le choc des cultures, la Sacralité, l'Amour et bien entendu Madagascar.
Pour ceux qui ne connaissent pas, leur musique est enrichie par 3 styles d'évolution personnnelle: le folksong de Dama, la fusion de Olombelo Ricky et le Vakojazz de Hajazz. Cette rencontre symbolise une biodiversité qui chante pourtant à l'unisson.
Par ailleurs, les chorégraphies de la Cie HAINGO ponctuent les moments forts de la représentation. Elles associent une interprétation corporelle de la danse contemporaine aux gestuels issus du terroir malgache.

VOAJANAHARI s'inscrit dans la conviction des 3 artistes quant à la nécessité de sauvegarder les richesses naturelles de Madagascar, dont les valeurs culturelles. Ils partagent les mêmes convictions sur la nécessité de ne pas perdre ses racines et sa culture, tout en ayant un engagement écologique sur l'avenir de notre Terre. Enfin, on se mobilise, chacun avec nos moyens et nos ressources.
En concert à Toulouse le 18 novembre (oui, c'est passé!), à Montpellier le 06 décembre, et à Paris le 09 décembre. Pour en savoir plus.

A voir :
- Voajanahari: kesako
- Tsy miraharaha (clip)
- Mananilatany (clip)
- Herezo (clip) (magnifique)
- Projet Makira

Le fanorona, jeu national malgache

14 novembre 2006 à 18:14 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Une petite seconde de chauvinisme: les échecs c'est bien, mais le fanorona, c'est mieux! Voilà pour la seconde...

Le fanorona (prononcé fanouroun' ) est le jeu traditionnel malgache par excellence. Pratiqué à l'origine sur les Hautes-Terres, il est devenu peu à peu un jeu national très apprécié.Fanorona - Tableau de Andriambelo Clark
Selon la légende (euh.. je n'ai pas trouvé laquelle), les Malgaches doivent aux premiers habitants de l'île, les Vazimba, l'existence du fanorona qu'ils auraient baptisé "Fandrao maty paika ", ou stratégie contre l'impasse". Il aurait même été qualifié de "soratr'Andriamanitra" ou "écriture de Dieu" par Andriamanelo.
La plupart des souverains Merina étaient de grands joueurs de fanorona et l'on retrouve des jeux taillés à même le rocher sur la plupart des Rova situés sur les collines aux environs d'Antananarivo. On peut citer, le fanorona de Mananjara (29 Km), le fanorona d'Alasora (5 Km) qui est un des plus anciens (XVIe siècle), le fanorona d'Ambohimanambola (8 Km), le fanorona d'Ambatosambatra (12 Km), le fanorona d'Ambohimanga (18 Km), et le fanorona d'Ambohimalaza (12 Km).
Par ailleurs, il n'est pas rare de voir de nos jours des joueurs, à Antaninarenina, Ambohijatovo ou Mahamasina (quartiers d'Antananarivo).

fanorona0 Le jeu de fanorona demande de l'agilité intellectuelle, réflexion et tactique. De plus, la philosophie qu'il inspire est une véritable école de la vie. Tous les chemins sont possibles et la victoire s'acquiert par la recherche perpétuelle d'une issue ou d'un moyen. Le fanorona est pratiqué sur un lakapanorona (arène de jeu), ou tracé sur un fafana (planchette) par deux joueurs disposant chacun de vingt- deux vato (pions) se distinguant en deux couleurs ou formes différentes.
L'enjeu ou l'attention des joueurs est stimulée par le vela, sorte de punition infligée au perdant.

Tiré de l'excellent livre de J.et S. Chauvicourt (si vous avez l'occasion de vous le procurer, je vous le conseille vivement):

Le fanorona est une discipline qui prépare les jeunes à la vie en développant chez eux une certaine forme de jugement, de raisonnement. Ils apprennent par exemple, que la règle du jeu ne consiste pas à prendre le plus grand nombre de pions adverses mais à marquer et à éliminer les éléments importants et dangereux.

Cela revient à me faire penser aux conseils que l'on nous donne pour le CV. On m'a toujours précisé que la mention ou rubrique "Divers" ou "Centres d'intérêt" n'est jamais anodine bien qu'elle soit lue secondairement, donc à rédiger tout aussi soigneusement que le reste. Nos activités ou affinités ludiques et sportives nous définissent, nous classent, c'est ainsi. Et je suis bien d'accord. Après, on est ce qu'on est, chacun s'assume!

Il existe trois types de fanorona.
Savez-vous en jouer? Oui. Non? Et pourtant si
, tout le monde, à au moins l'un d'entre eux.

Le fanorona telo
Il est également appelé le fanorom-bazaha, à trois lignes introduit à Madagascar.

fanorona-telo

Chaque joueur possède 3 pions. Le jeu consiste à placer les trois pions en ligne droite, soit un côté du carré, soit sur une ligne médiane, soit sur une diagonale.
Les joueurs placent tour à tour un pion sur la position de leur choix jusqu'à ce que tous les pions soient disposés sur le jeu.
Si aucun des joueurs n'a pu mettre ses 3 pions en ligne droite à l'ouverture, la partie se poursuit. Il n'est pas permis de sauter par-desus une place voisine pour occuper une place éloignée, les pions sont déplacés alternativement sur une position voisine vide.
Alors? Qui n'a jamais joué au jeu du morpion? Mais, fanoron-telo, ça sonne mieux tout de même!

Le fanoron-dimy
ou fanorona à 5 lignes. Il correspond à la description du premier fanorona mis au point par Andriantompokoindrindra (fils aîné de Ralambo).

fanoron-dimy

Chaque joueur a 12 pions. C'est le jeu des débutants.
Les règles du jeu du fanoron-dimy sont les mêmes que celles du fanoron-tsivy.

Le fanoron-tsivy
ou fanorona à 9 lignes. C'est le véritable jeu malgache. De forme rectangulaire, sa longueur est le double de sa largeur.

fanoron--_tsivy

Chaque joueur dispose de 22 pions donc.

Lire les règles du jeu du fanoron-tsivy
Jouer au fanoron-tsivy: en malagasy | english

Hmm? Une petite partie un de ces 4?
J'ai appris à Tonnum pas plus tard que le week-end dernier à jouer au katro, il ne reste plus que le fanorona maintenant!

2006, l'année Dox

08 novembre 2006 à 11:24 |  Catégorie  Madagascar| Culture

AMINA_BATSOLAOn le lit un peu partout dans le milieu malgache, 2006 est l'année Dox, une initiative de ses héritiers pour lui rendre hommage à juste titre ainsi que pour promouvoir ses oeuvres auprès du grand public.
Depuis avril 2006, diverses activités et actions culturelles se sont multipliées: concerts, conférences, lectures, cd, etc... Voir le calendrier de l'année DOX 2006.
La prochaine en date est la représentation d'une de ses pièces théâtrales "Amina Batsola" (j'ai un copine qui s'appelle ainsi, je ne le comprends que maintenant! ) , à Paris le 11 Novembre.

A Madagascar, entre autre, une stèle commémoraive sera érigée en 2007 à Andohalo et un comité restreint s'est réuni, pour décider de l'arrangement d'un album regroupant les poèmes de Dox. En effet, Des musiciens ont donné leur accord pour mettre en chanson des poésies de Dox.
A ce jour, ces interprètes sont : Samoela, Gothlieb, Babaîque, Ricky, Solo, Bessa, Tovo J'hay, Bodo, Poopy, Lola, Bekoto, Dadah, Jo Rajohnson, Njakatiana, et d'autres encore. (source)

De son vrai nom RAZAKANDRAINA JEAN VERDI SALOMON (1913 - 1978) , DOX  est l’un des plus grands écrivains - poètes malgaches contemporains. Artiste complet , il fut aussi auteur compositeur et peintre.

Biographie
doxNé le 13 janvier 1913 à Manakavaly. Très jeune, il s'intéresse tant à la peinture, la musique ainsi qu'à la poésie.
En 1931, il s'inscrit à l'Ecole des Beaux Arts, avant de s'inscrire au Collège Paul Minault sis à Ambohijatovo avaratra.
La méthode dans cette école consistait surtout à laisser les élèves acquérir librement leurs connaissances par la lecture. Des débats s'ensuivaient ensuite sous la direction de leurs professeurs. C'est ainsi que le jeune Jean Verdi, alors que son père aurait voulu le préparer à la carrière de médecin, se nourrit surtout de la lecture des œuvres des grands écrivains du passé. Il fit ainsi la découverte des auteurs français dont ses préférés furent Victor Hugo, Alfred de Musset, Baudelaire, Albert Samain.

Les activités du collège Paul Minault comprennent aussi la tenue d'un journal manuscrit par les élèves et des séances récréatives hebdomadaires pendant lesquelles ils démontrent leurs talents artistiques dans la musique, le théâtre ou la poésie. On y interpréte des scènes de théâtre, lit des textes de la littérature malgache et étrangère ou déclame des poèmes. Souvent, c'était l'occasion pour les élèves de montrer leurs propres œuvres.
C'est là que Jean Verdi peut faire écouter et publier ses premiers poèmes et reçut de ses camarades le pseudonyme de "DOX" qu'il garde toute sa vie. Sa première expérience dans la vie artistique a été de fonder une troupe de théâtre qu'il conduit à Tamatave pour y donner des représentations. Ceci déplaît à ses parents et il a dû y renoncer. Il commence cependant à se faire connaître par la publication de ses poèmes dans plusieurs journaux de la capitale ("Fandrosoana vaovao", "Ny Mpandinika", "Ny Tatsinanana", "Ny Kintan'ny Maraina"...) et se rend à Fianarantsoa pour faire éditer son premier recueil de poésies ("Ny Hirako", 1941).
Après la mort de sa femme, il quitte son emploi et se remet à écrire. Il fond, tour à tour, un joumal ("Sakaizan'ny Mpianatra") puis une imprimerie ("Imprimerie Mazava") qui n'ont connu que l'échec. ll décide alors de vivre entièrement de la littérature, étant l'un des fondateurs de "l'Union des Poètes et Ecrivains Malgaches" (U.P.E.M.) avec Régis Rajemisa-Raolison, Elie Charles Abraham ou Ener Lalandy.
Avec E.D. Andriamalala, Rado et Randja Zanamihoatra il crée également une association dénommée "Tsiry" se proposant d'aider et de conseiller les jeunes auteurs. Vivant entièrement de son art, il est un auteur très productif et en même temps un parolier très demandé, collaborant avec des compositeurs célèbres (Naly Rakotofiringa, Ramaroson Wilson ou Fredy Raoilifahanana) dont les chansons ont interprétées par des chanteurs aussi célèbres que Ossy ou Ludger Andrianjaka. Son amitié avec Fredy Raoilifahanana durera jusqu'à la fin de sa vie. Il était lui-même musicien et fut l'auteur de nombreuses compositions. D'autres compositeurs connus ont mis ses poèmes en musique : Bessa ("Isaky", interprété par le chanteur Solo), Ramaroson Wilson ("Ny Hirako"), le groupe Sorajavona, dirigé par l'un de ses fils, qui a choisi d'utiliser ce premier pseudonyme de Dox formé à partir de ses initiaux (S.R.J.V.N. pour Salomon Razakandraina Jean Verdi Naivo) et signifiant couleurs des nuages.

En 1971, le poète malgache DOX arriva à une période décisive de sa vie. Il décida de publier ses écritures en langue française.
Dès lors, il devint un poète d’expression française… Il n’a pas pour autant délaisser l’écriture dans sa langue maternelle, ni la musique, ni le théâtre.
C’est l’épanouissement  de l’Homme et du Poète.

Le 28 août 1975, Dox devient membre de l'Académie Malgache. Il décéde le 14 juin 1978 à Antananarivo et repose dans le caveau familial à Anjanapara, à quelques kilomètres d'Antsirabe.

Depuis sa famille s'est efforcée de faire connaître ses œuvres au public. Elle a déjà obtenu l'aide et le soutien de gens de bonne volonté. Ces efforts ont permis la publication des "Chants Capricorniens" (Centre Culturel Albert Camus, 1995) et de "Folihala" (BNI-Cl, 1996).

Dox, un illustre personnage
Cet enfant du pays est :
- Membre de l’Académie Nationale Malgache
- Vice Président de l’Académie Andrianampoinimerina à Ambohimanoro, Antananarivo
- Un des 15 Membres Fondateurs de U.P.E.M.  ( Union des Poètes et Ecrivains de Madagascar ) à Analakely, Antananarivo
- Président Fondateur du K.A.MA.MI. ( Komity Artista Malagasy Mitolona ) Comité des artistes malgaches pour le redressement de Madagascar

Ses oeuvres
Elles sont innombrables et immenses par leur qualité et la diversité des sujets traités:
Recueils
Ny Hirako (1941)
Hira Va ? (1979)
Rakimalala (1955)
Ny Fitiavany (1957)
Fahatsiarovan-tena (1958)
Telomiova (1959)
Folihala (1968)
Dindona Fitia (1973)
Chants Capricorniens (1975) est son seul recueil de poèmes en langue française ( réédité en 1995 ).

Pièces de théâtre
Amboninkazo (1945)
Apokalipsy (1957)
Amina Batsola (1958)
Mavo Handray Fanjakana (1958)
Tsimihatsaka ny Andron’Andrianampoinimerina (1960)
Savik’Ombalahy (1960)
Ny Ombalahibemaso (1960)
Andriamihaja (1961)
Rainandriamampandry (1961)
Esther (1961)
Rasalama Martiora (1961)
Ravahiny Martiora (1961)
Varavaran’ny Fahazavana (1961)
Ataon-karena inona aho (1962)
Tritriva

Traductions en langue malgache
Il a traduit en langue malgache des classiques français comme Racine et Corneille.
Ilay Andriana – Le Cid de Pierre Corneille
Ny Avelo’ny vady lalaina sa ny Ain’ny menaky ny aina – Andromaque de Jean Racine Horace de Pierre Corneille
Polyeucte de Pierre Corneille
Romeo sy Juliette de William Shakespeare
Oeuvres de la littérature étrangère réécrits : "Itomanio ry Fireneko" (Cry, the beloved country, d'Alan Paton)

Source: Tribune Madagascar, édition 13/01/2003

Voir des photos lors des activités culturelles
Lire des poèmes (il en existe peu sur le net): Dox par lui-même, sur ce forum (sans titres!),  Raha tsy miady

Pour étendre le sujet, autres articles intéressants:
L'écriture à Madagascar
Interview du président du cercle des poètes malgaches Sandatra
Les poètes de Madagaslam

Tankafatra, le film documentaire

10 octobre 2006 à 16:43 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Cela fait longtemps qu'un film sur la culture malgache ne m'ait autant emballée.
Tankafatra est un documentaire réalisé par Hery A. Rasolo, qu'il décrit comme permettant de découvrir Madagascar hors des sentiers battus. Comprenons bien entendu par là hors lémuriens, faune et flore en l'occurence! Ce n'est pas un mal, car la première richesse de la Grande Ile demeure son peuple et sa culture.

L'histoire?
TankafatraRakotomanga, alias "Rapiedidy", paysan de "TANKAFATRA"(ou "La ville où l'on a laissé un message"), s'était toujours étonné de la main mise du christianisme sur les terres de ses Ancêtres.
Il profite de la venue du réalisateur Rasolo pour montrer à ses compatriotes ainsi qu' aux Amis-au-delà-des-mers, un aperçu de la vie des paysans de l'Imerina.
Il nous décrit dans ce film le "famadihana", ou le renouvellement de linceul des morts, et nous fait découvrir tous les us et coutumes durant la préparation et l'éxécution de ce rite, avec un regard anthropologique exceptionnel.

Lire mon post "Introduction au famadihana" (et merci à Iko pour son commentaire, un film vaut mieux qu'un texte!)

Fiche du film
Tankafatra, le DVDEcriture, Images, Son, Réalisation: Hery A. Rasolo
Production : Hery A. Rasolo & Monique Razafinimanana
Musique générique : « Mondialisation » de Sareraka
Durée : 52mn
Format prise de vue : DV-Cam 16/9
Format de diffusion : DVD-vidéo 16/9
Le documentaire, en malgache et sous-titré, est disponible en DVD (15€). Achetez le DVD! :) Il a par ailleurs reçu le 3è prix du film documentaire international 2006.

Site: Tankafatra

Trève de bavardage postage: voir un extrait du film en malgache, sous-titré en anglais. D'autres sont disponibles depuis le site.
Tankafatra ou Madagascar authentique...

Le tentena de Dieu ou la vengeance des petits

21 septembre 2006 à 17:16 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Dans mon enfance, les contes et légendes, malgaches d’une part, mais également ceux de l’Océan Indien, figuraient parmi mes lectures préférées. J’aimais me plonger dans cet univers aux frontières de l’imaginaire avec cette pointe de moral, évidente ou non, humoristique selon. En voici un, provenant des Tsimihety, peuple au Nord de Madagascar, qui en comptent des dizaines d’autres.

Il était une fois deux tentena (1), l’un mâle et l’autre femelle, qui se lièrent d’amitié avec un sanglier. Ils avaient construit un nid où madame tentena déposa deux œufs. La pluie se mit à tomber et le sanglier demanda asile pour s’abriter.
- « notre maison est trop petite pour recevoir », s’excusèrent les oiseaux.
- Permettez seulement que j’abrite mon œil, insista le sanglier.
- Impossible, répliqua encore le tenten, à moins de détruire et le nid et nos œufs.
Alors, le sanglier en colère fit : « Groum ! » ; il détruisit le nid, brisa les œufs et il s’en alla, heureux d’être vengé de l’affront.

Les tentena ne disent rien. Que pouvaient-ils faire ? « Atody tsy miady amim-bato » (2). La sagesse voulait qu’ils se taisent.

Je crains les petits dans leur silence et leur méditation. Les deux oiseaux s’en allèrent au loin, bien loin de leur domicile. En cours de route, ils trouvèrent du riz qui jaunissait dans la plaine. On leur avait dit que les sangliers étaient friands de paddy (3). Ils ramassèrent quelques épis dorés et rebroussèrent chemin. Ils donnèrent leur trouvaille au sanglier. Celui-ci demanda où il pourrait s’en procurer. Les oiseaux le guidèrent volontiers vers la rizière.

Mais aussitôt arrivé, il fut pris au lacet (4) tendu par le maître du champ.
- Aidez-moi à sortir d’ici, demanda-t-il à ses guides.
- Souviens-toi de notre nid que tu as détruit ; de nos œufs que tu as brisés, lui répondirent les deux oiseaux. Ta force nous a contraints au silence et la gourmandise te conduit au trépas. Adieu !

Que blâme la légende ? La gourmandise, certes. Je vois aussi autres choses :
« Puissants de ce monde, faites tonner vos canons, brisez ma maison, enlevez mes cent milles hectares de pâturage ; monopolisez les ventes de porcs de ma nation ; violez nos lois ; mangez tout à votre aise… Je me cache car j’ai peur… Mais, attention, je médite dans mon silence. Je suis aussi le tentena de Dieu ! »

(1) tentena : petit oiseau de l’espèce des fauvettes "Cesticola madagascariensis "
(2) Atody tsy miady amim-bato : « les œufs n’engagent jamais la bataille contre les roches ». Proverbe très connu à Madagascar pour déconseiller certaines ambitions.
(3) paddy : riz non décortiqué
(4) lacet : nœud coulant pour attraper le gibier

Tiré de « Contes et légendes de Madagascar », rassemblés et commentés par Rabearison, Administrateur civil, éd. 1994.

« Page précédente  1  2  3  4  5   Page suivante »
>