AMINA_BATSOLAOn le lit un peu partout dans le milieu malgache, 2006 est l'année Dox, une initiative de ses héritiers pour lui rendre hommage à juste titre ainsi que pour promouvoir ses oeuvres auprès du grand public.
Depuis avril 2006, diverses activités et actions culturelles se sont multipliées: concerts, conférences, lectures, cd, etc... Voir le calendrier de l'année DOX 2006.
La prochaine en date est la représentation d'une de ses pièces théâtrales "Amina Batsola" (j'ai un copine qui s'appelle ainsi, je ne le comprends que maintenant! ) , à Paris le 11 Novembre.

A Madagascar, entre autre, une stèle commémoraive sera érigée en 2007 à Andohalo et un comité restreint s'est réuni, pour décider de l'arrangement d'un album regroupant les poèmes de Dox. En effet, Des musiciens ont donné leur accord pour mettre en chanson des poésies de Dox.
A ce jour, ces interprètes sont : Samoela, Gothlieb, Babaîque, Ricky, Solo, Bessa, Tovo J'hay, Bodo, Poopy, Lola, Bekoto, Dadah, Jo Rajohnson, Njakatiana, et d'autres encore. (source)

De son vrai nom RAZAKANDRAINA JEAN VERDI SALOMON (1913 - 1978) , DOX  est l’un des plus grands écrivains - poètes malgaches contemporains. Artiste complet , il fut aussi auteur compositeur et peintre.

Biographie
doxNé le 13 janvier 1913 à Manakavaly. Très jeune, il s'intéresse tant à la peinture, la musique ainsi qu'à la poésie.
En 1931, il s'inscrit à l'Ecole des Beaux Arts, avant de s'inscrire au Collège Paul Minault sis à Ambohijatovo avaratra.
La méthode dans cette école consistait surtout à laisser les élèves acquérir librement leurs connaissances par la lecture. Des débats s'ensuivaient ensuite sous la direction de leurs professeurs. C'est ainsi que le jeune Jean Verdi, alors que son père aurait voulu le préparer à la carrière de médecin, se nourrit surtout de la lecture des œuvres des grands écrivains du passé. Il fit ainsi la découverte des auteurs français dont ses préférés furent Victor Hugo, Alfred de Musset, Baudelaire, Albert Samain.

Les activités du collège Paul Minault comprennent aussi la tenue d'un journal manuscrit par les élèves et des séances récréatives hebdomadaires pendant lesquelles ils démontrent leurs talents artistiques dans la musique, le théâtre ou la poésie. On y interpréte des scènes de théâtre, lit des textes de la littérature malgache et étrangère ou déclame des poèmes. Souvent, c'était l'occasion pour les élèves de montrer leurs propres œuvres.
C'est là que Jean Verdi peut faire écouter et publier ses premiers poèmes et reçut de ses camarades le pseudonyme de "DOX" qu'il garde toute sa vie. Sa première expérience dans la vie artistique a été de fonder une troupe de théâtre qu'il conduit à Tamatave pour y donner des représentations. Ceci déplaît à ses parents et il a dû y renoncer. Il commence cependant à se faire connaître par la publication de ses poèmes dans plusieurs journaux de la capitale ("Fandrosoana vaovao", "Ny Mpandinika", "Ny Tatsinanana", "Ny Kintan'ny Maraina"...) et se rend à Fianarantsoa pour faire éditer son premier recueil de poésies ("Ny Hirako", 1941).
Après la mort de sa femme, il quitte son emploi et se remet à écrire. Il fond, tour à tour, un joumal ("Sakaizan'ny Mpianatra") puis une imprimerie ("Imprimerie Mazava") qui n'ont connu que l'échec. ll décide alors de vivre entièrement de la littérature, étant l'un des fondateurs de "l'Union des Poètes et Ecrivains Malgaches" (U.P.E.M.) avec Régis Rajemisa-Raolison, Elie Charles Abraham ou Ener Lalandy.
Avec E.D. Andriamalala, Rado et Randja Zanamihoatra il crée également une association dénommée "Tsiry" se proposant d'aider et de conseiller les jeunes auteurs. Vivant entièrement de son art, il est un auteur très productif et en même temps un parolier très demandé, collaborant avec des compositeurs célèbres (Naly Rakotofiringa, Ramaroson Wilson ou Fredy Raoilifahanana) dont les chansons ont interprétées par des chanteurs aussi célèbres que Ossy ou Ludger Andrianjaka. Son amitié avec Fredy Raoilifahanana durera jusqu'à la fin de sa vie. Il était lui-même musicien et fut l'auteur de nombreuses compositions. D'autres compositeurs connus ont mis ses poèmes en musique : Bessa ("Isaky", interprété par le chanteur Solo), Ramaroson Wilson ("Ny Hirako"), le groupe Sorajavona, dirigé par l'un de ses fils, qui a choisi d'utiliser ce premier pseudonyme de Dox formé à partir de ses initiaux (S.R.J.V.N. pour Salomon Razakandraina Jean Verdi Naivo) et signifiant couleurs des nuages.

En 1971, le poète malgache DOX arriva à une période décisive de sa vie. Il décida de publier ses écritures en langue française.
Dès lors, il devint un poète d’expression française… Il n’a pas pour autant délaisser l’écriture dans sa langue maternelle, ni la musique, ni le théâtre.
C’est l’épanouissement  de l’Homme et du Poète.

Le 28 août 1975, Dox devient membre de l'Académie Malgache. Il décéde le 14 juin 1978 à Antananarivo et repose dans le caveau familial à Anjanapara, à quelques kilomètres d'Antsirabe.

Depuis sa famille s'est efforcée de faire connaître ses œuvres au public. Elle a déjà obtenu l'aide et le soutien de gens de bonne volonté. Ces efforts ont permis la publication des "Chants Capricorniens" (Centre Culturel Albert Camus, 1995) et de "Folihala" (BNI-Cl, 1996).

Dox, un illustre personnage
Cet enfant du pays est :
- Membre de l’Académie Nationale Malgache
- Vice Président de l’Académie Andrianampoinimerina à Ambohimanoro, Antananarivo
- Un des 15 Membres Fondateurs de U.P.E.M.  ( Union des Poètes et Ecrivains de Madagascar ) à Analakely, Antananarivo
- Président Fondateur du K.A.MA.MI. ( Komity Artista Malagasy Mitolona ) Comité des artistes malgaches pour le redressement de Madagascar

Ses oeuvres
Elles sont innombrables et immenses par leur qualité et la diversité des sujets traités:
Recueils
Ny Hirako (1941)
Hira Va ? (1979)
Rakimalala (1955)
Ny Fitiavany (1957)
Fahatsiarovan-tena (1958)
Telomiova (1959)
Folihala (1968)
Dindona Fitia (1973)
Chants Capricorniens (1975) est son seul recueil de poèmes en langue française ( réédité en 1995 ).

Pièces de théâtre
Amboninkazo (1945)
Apokalipsy (1957)
Amina Batsola (1958)
Mavo Handray Fanjakana (1958)
Tsimihatsaka ny Andron’Andrianampoinimerina (1960)
Savik’Ombalahy (1960)
Ny Ombalahibemaso (1960)
Andriamihaja (1961)
Rainandriamampandry (1961)
Esther (1961)
Rasalama Martiora (1961)
Ravahiny Martiora (1961)
Varavaran’ny Fahazavana (1961)
Ataon-karena inona aho (1962)
Tritriva

Traductions en langue malgache
Il a traduit en langue malgache des classiques français comme Racine et Corneille.
Ilay Andriana – Le Cid de Pierre Corneille
Ny Avelo’ny vady lalaina sa ny Ain’ny menaky ny aina – Andromaque de Jean Racine Horace de Pierre Corneille
Polyeucte de Pierre Corneille
Romeo sy Juliette de William Shakespeare
Oeuvres de la littérature étrangère réécrits : "Itomanio ry Fireneko" (Cry, the beloved country, d'Alan Paton)

Source: Tribune Madagascar, édition 13/01/2003

Voir des photos lors des activités culturelles
Lire des poèmes (il en existe peu sur le net): Dox par lui-même, sur ce forum (sans titres!),  Raha tsy miady

Pour étendre le sujet, autres articles intéressants:
L'écriture à Madagascar
Interview du président du cercle des poètes malgaches Sandatra
Les poètes de Madagaslam