L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Veloma 2006

30 décembre 2006 à 19:59 |  Catégorie  Blog| Box

Cela devient un petit rituel, mais le veloma pour 2006 sera différent. J'ai beaucoup moins lorgné sur mes stats cette année, juste que la fameuse requête "parfum odyssée" sur Google, en fait "parfum Eau d'Issey" a récemment donné "parfum Tattum". Mais vous êtes grave, hein! A quelle autre faute d'orthographe doit-on incomber cela?

L'année 2006 aurait été parfaite si on n'avait pas déménagé. Ah bon? Disons que ça se saurait si l'on pouvait se targuer facilement de quitter le Sud pour le Nord, combien même la région est belle dans son ensemble. Il n'y a pas à dire, je suis une fille du soleil, des îles à fortiori, et je ne me referai pas!
Mes meilleurs souvenirs pour cette année restera bien entendu et sans équivoque, mon retour aux sources, revoir mon pays, ma famille, le partager avec Tonnum, et revenir avec des souvenirs plein la tête.

On se quitte cette année sur... Madagascar en images bien sûr (clic pour pause)! Bon réveillon et à l'année prochaine!

Gasikara
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J'ai calculé le salaire minimum malagasy

à 19:00 |  Catégorie  Madagascar| A propos

go!go! Lire l'article sur Malag@sy Miray.

De la fuite des cerveaux privilégiés: suite et fin temporelle

28 décembre 2006 à 12:02 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Précédemment, il y a eu:
Part 1: Etat des lieux: andafy n'est pas l'eldorado, va-t-on là où la vie nous mène?
Part 2: Qui rentrent, qui ne rentrent pas?
Part 3: Semblants de réponses et procrastination

Equilibre d'un couple mixte
Voici un sujet qui me tenait à coeur en 2005, et le fait d'être rentrée me ressourcer au pays en 2006 m'a permis d'avancer temporairement dans mes questions existentielles.
La jeune génération active à laquelle j'appartiens est confrontée au problème de concilier géographiquement carrière et vie privée. Sans même à avoir poussé l'exemple aux relations à distance entre l'un(e) à Madagascar et l'autre à l'étranger, l'observation est venue d'une discussion avec ma meilleure amie: "il aurait fallu qu'on ait fini nos études avant de rencontrer l' homme de notre vie, dans la ville où l'on aurait signé le CDI". Car dans le sens inverse, et pour peu qu'on ait choisi des filières intéressantes mais pas nécessairement porteuses sur le marché du travail, ce n'est pas toujours gagné, il faut parfois bousculer le destin. Par voie de double compétence certes, mais également le choix de qui suit qui.
Partie pour être une vraie carriériste, ayant décroché mon premier poste à 21 ans, promise à une rapide évolution, prête à sacrifier beaucoup pour réaliser mon rêve, j'ai néanmoins vite réalisé que la vie limitée au travail ne vaut pas grand-chose sans équilibre personnel. Equilibre d'un couple mixte.

Aussi, comme beaucoup de couples mixtes, on a déjà discuté du pays où vivre et travailler. Mais dans un contexte et environnement déjà bien plus ardus que ceux de nos parents chanceusement bien lotis (quel pléonasme!), les coups de tête ne sont pas envisageables. Ramasser le sac à dos et partir vadrouiller à la quête de l'endroit de rêve où bâtir notre hôtel, mouais... Beaucoup en parlent, mais je fonctionne beaucoup à l'intime conviction dans les décisions importantes, il semble qu'elle n'ait pas encore frappé à la porte à ce sujet.

Bégaiements
A bien y réfléchir, je n'avais pas besoin d'attendre 2006. Des faits en disaient long dès 2003... Pour des raisons trop longues à raconter, un poste m'attend (ou devrais-je parler à l'imparfait? l'histoire ne précise pas combien de temps il m'attend) dans la même entreprise où j'ai travaillé avant de poursuivre mes études en France, avec de nombreux privilèges de choix personnels. D'autant que je développerais volontiers une culture d'entreprise pour cette boîte, appartenant à un groupe multinational, leader dans son secteur, visionnaire, et soignant ses ressources humaines. Parfait portrait.

Mais nul n'est infaillible. Convoquée à un entretien pour discuter de tout cela en 2003 justement, je suis arrivée confiante, rôdée dans les questions pièges, sûre de moi en terrain connu. Un premier échange avec celui qui fût mon directeur, d'origine bretonne, avec qui j'ai toujours nombre de sujets à échanger. Puis entretien surprise avec la responsable Ressources Humaines. Brève présentation, et échanges des points communs de nos parcours, elle, a ramené son mari vazaha au pays, puis la fameuse question qui m'a fait trébucher:
"Nous réitérons notre volonté de travailler avec vous, mais tout d'abord, êtes-vous prête à rentrer?"

J'ai bégayé comme jamais, réalisant tout d'un coup qu'avec toute mon assurance, je ne m'étais pas préparée à cette question. Pas faute de ne pas l'avoir envisagée, mais parce que je n'ai toujours pas la réponse spontanée à ce jour.
"Qui ne dit mot consent", je suis loin d'être convaincue...

Pourtant privilégiée
Cerveau ou pas cerveau? Au cas où l'auto-définition s'avèrerait trop prétentieux, j'ai trouvé de tristes chiffres imparables pour de suite basculer dans le camp des ultra-privilégiés, bien qu'on soit toujours gêné de le reconnaître.
En effet, seuls deux Malagasy sur 1000 atteignent l'enseignement supérieur, et un étudiant sur deux quitte l'université au cours de sa première année. Ainsi, les licenciés universitaires forment le tiers des chômeurs de moins de 30 ans, et l'éducation ne contribue qu'à 3.8% du PIB. (source: Malango)
Effrayants comme chiffres, non? Et de me dire, oui, je fais partie de ces infimes 2‰... Voire même des 1‰ ayant survécu à la première année et achevé son parcours. Je ne peux alors qu'éprouver une reconnaissance éternelle pour mes parents pour m'avoir permise d'accéder à des études de qualité, avec la très fière conscience en plus de n'avoir jamais rien volé à l'un des miens ni pillé mon pays pour cela.

Pourtant loin
Plusieurs de ma promotion ont émis la ferme volonté de rentrer avec leurs acquis pour contribuer au développement du pays. A commencer par mes deux meilleures amies connues au lycée. L'une, ingénieur chimiste, a l'entreprenariat dans le sang, c'est de famille, et elle m'étonne toujours à chaque nouveau projet car à première vue, son idée semble saugrenue, le marché inexistant, mais elle arrive toujours à prouver le contraire, j'en suis profondément admirative. La seconde, ingénieur agronome, est rentrée la tête pleine de projets au service des paysans malagasy, et a beaucoup apporté au sein d'une ONG. Mais elle a dû renoncer à une bonne partie de son ambition altruiste et de son transfert de savoir et de technologie, en cherchant un poste avec un meilleur salaire car il faudra bien s'émanciper sans l'éternel coup de pouce des parents, mais pour une cause moins noble. Sa situation résume celle de nombre de personnes rentrées que je connais.
Tout comme ma soeur qui me relate ses périples professionnelles, le salaire proposé en signant un contrat de cadre supérieur, les conditions de travail, les attitudes, etc... dont beaucoup d'éléments appellent à la révolte.

Alors moins courageuse pour affronter cela, ou planquée derrière son équilibre géographique?
Pour rentrer, je ne devrais rien regretter. Ni ce que je laisserais derrière moi, ni la cause pour laquelle je voudrais m'investir dans mon pays, ni le salaire pour des projets que je souhaiterais réalisables où que je serais, ni cet équilibre avec peut-être la qualité de vie en plus, ni n'avoir à parler de business en parallèle de son poste pour fignoler ses fins de mois, etc, etc, etc...

En attendant, je redescends sur terre. Fin temporelle...

Marc Ravalomanana réélu au premier tour pour un second mandat de 5 ans

27 décembre 2006 à 22:12 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

J'ai quelques blogs à découvrir et plusieurs posts qui me tiennent à coeur à achever avant l'aube de la nouvelle année, ça va être serré! Et celui-ci n'en fait pas partie mais à l'ordre du jour.

Comme j'ai déjà pu l'exprimer, ils sont des sujets que je préfère en images, ou encore remastérisés par les Guignols, le Canard Enchaîné ou par Vanf (chroniqueur), Elisé Ranarivelo ou Aimé Razafy (dessinateurs de presse), mais cela concerne tous les Malagasy. Que je suis.

La différence entre un journaliste et un blogger, c'est que ce dernier a la chance de pouvoir trier ses sujets. Pour les attentes sur des actualités qui méritent peut-être d'être abordées, je renvoie volontiers à la presse officielle car il faut dire que certaines nouvelles sont d'un ennui et d'une fugacité... Je ne parle pas du sujet principal que sont les élections présidentielles, mais de ces histoires qui les composent entre autre.

Regards "bloguesques" sur les élections

Attention, traitement très léger du sujet, le ton est donné en cette fin d'année...

Avant
Le déroulement des propagandes reste un sujet qui souvent me dépite au plus haut point. Selon les cultures, l'homme est capable de se rabaisser à un point pour arriver à ses fins, pour le pouvoir, pour le siège, pour le titre. (Presque) tout est permis, mains basses, trahisons, actes vains comme un coup d'état annoncé dans la presse par exemple, par le général Fidy finalement arrêté (la faute à la moto ). Prudence est mère de sûreté, assurément, il valait mieux prévenir pour mieux rater. On ne choisit pas toujours le bon registre pour faire parler de soi... Hélas.
Le souhait unanime de la population est que ces élections se déroulent dans le calme, avant, pendant et après. Parmi les 14 candidats, plusieurs sont présents juste en tant que troublions, des marionnettes dont on se demande si elles ont au moins la conscience de leurs paroles comme dans le cas de Pety Rakotoniana. En effet, je suis partagée entre désolation et colère quand, dans un contexte de nécessité où les gens se battent déjà assez pour leur lendemain, seraient revisitées les incitations tribales et au trouble par des personnes incapables d'exister autrement que dans la division.

L'opinion internationale quant à elle, qui oublie rarement de décrire l'ancienne carrière du "roi du yaourt" "de l'actuel chef d'entreprise à la tête du pays", y voyait déjà la continuité de son mandat comme dans cet article du journal Le Monde que j'ai trouvé équilibré, du regard lointain que j'y porte.

Les élections présidentielles en images

Pendant
RavalomananaMarc Ravalomanana est présenté comme le grandissime favori, reste plus qu'à faire durer le suspens. Le déroulement dans le  des élections est suivi de près par une centaine d'observateurs internationaux qui ont ainsi pu apprécier la maturité de la population malagasy en matière  d’élections démocratiques. Comprenez par là: « la conduite exemplaire » des électeurs pour avoir assumé leur responsabilité en allant voter, un constat d’une forte implication des électeurs et d’une réelle volonté de prendre part aux affaires nationales. Et que les électeurs étaient mûrs et responsables. Le scrutin s’est déroulé dans la sérénité globalement sur tout le territoire, malgré quelques imperfections qui “n’ont pas mis en cause le bon déroulement de l’élection” pour reprendre les conclusions unanimes des observateurs internationaux.
Quelques incidents à signaler toutefois tels que des urnes brûlées à Toliara ou encore un lâcher de zébus à Ambositra par des dahalo (brigands) qui a momentanément empêché l'accès au bureau de vote.
Le taux de participation est jugé satisfaisant à 61.45%.
 

Après
RavalomananaLes premiers résultats sont suivis sur le site du Ministère de l'Intérieur et de la Réforme Administrative (MIRA), qui donnent une avance à Marc Ravalomanana ainsi qu'une large victoire sur Antananarivo avec 78% des voix.
S'ensuit une situation politique quelque peu délétère avec la recherche active du général Fidy à l'origine du coup d'état raté donc, dont "la tête est tout de même mis une prime est prévue à 100 millions d'Ariary pour tout info aidant à sa capture" (7700€ 38 000€) , de Pety Rakotoniaina pour entrave au bon déroulement des élections ainsi que des perquisitions chez Zafy Albert et Alain Ramaroson pour atteinte à la sûreté de l'état et arrestations suite aux troubles relevées durant les élections.
A J+7, les résultats, toujours non-officiels, sont connus, avec Marc Ravalomanana en tête avec 54.80% des voix, suivi de Lahiniriko avec 11.86% et Roland Ratsiraka avec 10.09%.

Tout cela pour dire que l'ensemble des requêtes et contestations déposées par les candidats auprès de la HCC ont été rejetées, et que la victoire de Marc Ravalomanana au premier tour a été officiellement proclamée par la Haute Cour Constitutionnelle le 23 décembre. Et le président réélu d'être félicité par Jacques Chirac (tiens, premier cette fois?), Hu Jintao, et Manuel Barroso.

Edit: Lire la lettre de félicitations de Jacques Chirac

Résultats officiels

Noël en Alsace

22 décembre 2006 à 23:29 |  Catégorie  Ailleurs

joyeux noël

Tour du guide fraîchement débarquée sur Vita sary.
Et de retenir une phrase lue quelque part qui m'a beaucoup plu, et qui croyez-moi, prend tout son sens:

Qu'est ce que la photo si ce n'est un point de vue en dehors de son contexte ?

Edit du 26/12: La visite des marchés de Noël d'Alsace s'est achevée par ceux de Strasbourg a posteriori de ce post. Pour avis personnel, mes trois favoris sont ceux de:
- Strasbourg et Kaysersberg en 1ers ex-aequo: la première a les moyens proportionnels à sa taille et son envergure, où j'ai par ailleurs visité la plus belle cathédrale jamais vue, tandis que dans la seconde, ville bien plus petite, on a retrouvé la vraie magie de Noël, ambiance chaleureuse et authentique, frénésie mercantile non obligatoire, le plaisir des yeux pouvait suffir.
- et Colmar en 3ème.

Noël à Madagascar

21 décembre 2006 à 22:03 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Aujourd'hui a lieu l'orgasme mondial synchronisé lancé par deux militants pacifistes qui appellent hommes et femmes du monde, à avoir des relations sexuelles le jour du solstice d'hiver. Encore un des excès du web 2.0 version communautaire? Le seul fait d'en parler nourrit la source, je sais, aussi concluons: "Faites l'amour pas la guerre", 365 universels jours par an.

Car à Noël, le fihavanana, défini par Monseigneur Claude Rolland, évêque d'Antsirabe, «comme le sens de la fraternité universelle et l'acceptation d'enrichissements par le contact entre individus, entre tribus, entre peuples » est de mise. Le fihavanana c'est plus généralement le sens de la famille, l'affectivité, la cordialité, l'entente, une relation harmonieuse, selon le point de vue où l’on se place.

Un ami qui a la chance d'être à Madagascar et qui m'envie pour un Noël tout en blanc (bien que ce ne soit pas gagné encore) m'écrit:

J'aimerais te décrire l'ambiance de Noël au pays. Depuis le 9 décembre, il fait beau en attendant l'arrivée du cyclone dénommé Bondo. C'est une façon assez pessimiste de voir les festivités de cette fin 2006 (...).

Les jouets se vendent moins bien que les décorations de Noël, d'ailleurs même les marchands ambulants aux situations irrégulières vendent guirlandes et étoiles brillantes chromées. Les autres jeunes marchands se trimbalent avec des sapins artificiels qui se négocient entre 80000 fmg (16 000 Ariary soit 6€) à 300000 Fmg (60 000 Ar soit 23€); (là c'est un peu ma façon de voir ce qui se passe économiquement)

Durant les périodes de fête de fin d'année, on remarque toujours la présence des fruits rouges comme le letchi ou les pêches mais il y existe aussi les autres fruits comme les abricot et les mangues. Au mois de décembre, les oies de la région d'Alaotra-Mangoro (Ambatondrazaka) sont acheminées dans la capitale parce qu'une fête de fin d'année sans oies (ou dindes ou poulet) c'est comme la fête de Thanksgiving américain sans la traditionelle dinde.

Je me souviens dans les années 80 un film-clip du groupe Ny Nanahary dirigé  par feu  "Mamy Nanahary" qui parlait de  l'esprit de Noël à la  malgache. Ce  film est diffusé une fois sur deux ans en moyenne sur la chaîne nationale et il a marqué le noël de beaucoup de malgaches ayant des postes téléviseurs. Une de leurs chansons me rendait systématiquement nostalgique : "Ny noelinay ry zareo, ao an-trano bongo mangingina, tsy mba loaka vorontsiloza fa sosoa miampy kitoza... tomany ry zoky, tomany fa kamboty" .

Ce qui marque Noël aussi ce sont les différents films que les différentes chaînes de télévision locales diffusent. Ils parlent souvent du Noël occidental avec des noël tout blanc de neige (mon envie de voir un noël tout blanc provient sûrement de là!) depuis des années on revoit les films de Macaulay Culkin (Maman j'ai raté l'avion) ou encore Super Noël et autre Mon père Noël.

L'ambiance dans la ville est assez festive. Les marchands investissent les trottoirs des quartiers de Behoririka, Analakely, etc les kiosque et autres stands de photo ont envahis le trottoir de l'avenue de l'indépendance. On y voit des chevaux à louer, des manèges, les tourniquets, d'autres jeux de hasards et diverses animations qui frisent l'ambiance des kermesses. Tu as déjà pu connaître cela sûrement et cela n'a pas beaucoup changé. Tu imagines une fête avec des chevaux de bois et tu remplaces les chevaux de bois par des petits trains ou encore des deux cheveaux miniatures style kart.

Je viens de monter ma crèche et je me rends compte que c'est plus petit que ce que j'imaginais dans mes souvenirs d'enfance.(...) C'est magique, c'est féérique si je peux m'exprimer ainsi.

Je confirme, rien ne me plaît autant que de lire quelqu'un au pays... Et voilà, la nostalgie s'installe, présente tous les ans à la même période.

L'an dernier, je vous ai confié que je croyais au Père Noël. Lova a réveillé de vieux souvenirs avec son post sur Adeste Fideles, un cantique mondialement connu,  "Avia ary mino" en malagasy.
S'il ne fallait se rendre au temple qu'une seule fois par an, le culte de Noël était immanquable avant le repas de famille déjà évoqué l'an dernier. Branle-bas au réveil, il faut faire vite pour arriver suffisamment tôt, le culte commence à 9h. Plus facile à dire qu'à faire, c'est la queue et la course dans la salle de bains, brushing obligatoire pour les filles, des coups de fer si on a omis de repasser les habits la veille, le cirage des chaussures, etc... Puis lorsque tout est enfin disponible, on se pare de nos beaux et impeccables habits, s'endimancher prend alors tout son sens. Un peu de parfum dans le cou et sur les poignets pour la touche finale, on a fière allure pour rendre grâce à Dieu... On n'oublie ni le recueil de psaumes (un terme précis?) ni les bonbons, parade efficace pour rester tranquille jusqu'à la fin du culte, et la montre a déjà trop tourné.

Je possède une culture religieuse très fragile, contrairement à l'ensemble des Malagasy, mais il me semble que la femme et la famille suit l'église ou le temple de son mari/père, valable également plus tard, pour le tombeau familial. Aussi, bien que mon arrière-grand-père maternel fut l'un des fondateurs du temple de Faravohitra, la famille de mon père prie à Ambon-ampamarinana à Andohalo, tous deux inaugurés entre 1867 et 1870, appelés les temples du souvenir ( dédiés aux martyrs), avec celui d' Ambatonakanga et d'Ambohipotsy, construits en pierre, les fameux trano vato, comme on les dénomme jusqu'à nos jours.

Il faut savoir qu'on n'a jamais réussi à arriver tôt à Andohalo. Toujours embourbés dans les bouchons, et toujours la même galère pour se garer. Puis c'est la descente ultra dangereuse des vieux pavés qui recouvrent les rues d'Andohalo, en talons bien entendu. Encore des places à trouver, le temple est bondé, souvent, on se sépare, les portables n'existant pas encore, le lieu de ralliement étant défini à l'avance. Comment se déroule un culte protestant?

A la sortie, tout le monde se souhaite un Joyeux Noël, Tratra ny Krismasy, enfin, surtout les membres de la famille puisque commencent les retrouvailles avec tous les oncles, tantes, cousins et cousines. Pendant que les adultes discutent, encore un moment de patience avec les bonbons, car souvent suit le déroulement du fandraisana, la communion (right?). Et il est 12h, 12h30. Plus de trois heures plus tard.

Rebelote, bouchons monstres pour repartir, et rendez-vous chez l'un des membres de la famille, souvent maternelle, pour le repas de Noël. Les souvenirs s'arrêtent là car penser aux saveurs des plats malagasy relève quelque peu du masochisme. Mais si, nous aussi, nous allons nous régaler, sans excès pour autant, et tout sera fait maison, bûche comprise!

Suite: Noël en Alsace

Blog-réalité: on vous dit tout

20 décembre 2006 à 17:52 |  Catégorie  Blog| Box

Plusieurs sujets d'analyse en cours, histoire de ne pas plonger dans un édito monotone et calquable, mais qui fermentent encore, surveillés à l'aide d' un sablier dans un univers 2D.

Vous ai-je dit que je sature quelque peu de la sauce web 2.0? Ce qui ne m'empêche de nourrir la contridiction d'aspirer à voir se développer des projets communautaires à commencer par le blog qui l'accompagne; ou d'accorder quelques instants aux tutoriaux pour pondre de beaux logos et buttons bien glassy, bien reflected, visuellement web 2.0 quoi; ou encore de profiter des outils qu'il propose, tout en commençant un sévère tri. En effet, vue la diversité et le nombre de sites et blogs en ligne, donc du quantitatif, arrive bien un moment où l'on fait le choix du qualitatif. Pourquoi subir la masse, l'avènement des agrégateurs n'excuse en rien le luxe brandi de ne lire que ce qui vaille le coup à nos yeux. La question de forme et de présentation ne prévaut guère via un lecteur RSS. Davantage la qualité d'écriture, le style, la valeur ajoutée subrepticement subjective, je l'accorde, etc... Le seul critère disqualifiant en ce qui me concerne reste de ne pouvoir lire un article entier dans mon lecteur, l'auteur signant même parfois dans son fichier XML "La suite sur le blog". Quel intérêt de proposer un fil RSS s'il s'agit de forcer le lecteur à tout de même se connecter sur ledit site pour achever sa lecture? Et hop! Tri sélectif! Pourquoi se gêner, il suffit de trouver une meilleure source d'infos, nul n'est incontournable.

Bien que Time ait décrété que la Personnalité de l'Année c'est moi (déçu(e)?), c'est toi, c'est eux, c'est vous (pas d'jaloux), il n'en reste pas moins que les influenceurs, les "papes" de la blogosphère (pour qui y croient) et autres références bien établies, soient à l'origine d'un certain nombre d'articles que nous retrouvons dans nos agrégateurs. Articles qui seront eux-mêmes relayés et disséminés par un certain nombre de bloggeurs. D'où une certaine uniformisation des lectures. Or, j'ai horreur de l'uniformisation.
Alors, comme moi, avez-vous probablement lu le déroulement de la conférence Web3 et entendu que Sam Sethi que je ne connaissais ni d'avant ni d'hier s'est fait virer? C'est bien, ça nous fait une belle jambe!
Mais je peux comprendre la vexation d'être entâché, combien même les remarques puissent être fondées, surtout venant de quelqu'un qui estime que « si vous ne bloguez pas, vous n’existez pas. Je crois qu’aujourd’hui l’identité en ligne est plus importante que l’identité réelle. ». Dixit Loïc Le Meur. Et bien, ça nous fait une autre belle jambe, la paire est complète, merci.

De cette même phrase, le journal 20 Minutes appelle au débat: le blog ou la mort? . Bon j'espère bien qu'il existe une alternative entre. Mon avis? Si mon opinion devait se conclure sur une pareille bêtise, j'arrêterais de blogguer illico. De même, si je devais écrire pour comptabiliser le nombre de commentaires engendrés à chaque publication. Mais de la part d'une personne dont le blog a fait sa renommée, sans lequel on ignorerait jusqu'à son existence, dont l'ego n'aurait plus d'essence, on va dire qu'on saisit la motivation. Mais je suis loin de la partager.
Quel bloggeur ne s'est pas déjà demandé pourquoi il bloggue? Je ne fais pas dans l'originalité d'avoir donc déjà consacré un post à ce sujet. Je ne m'écarterai pas de ma première version, croyez-le ou pas, en fait cela m'est égal, mais être citée par des guides et magazines représente certes une satisfaction, mais non un leitmotiv. On a beau dire mais, je bloggue pour ma petite personne, parce que moi aussi j'aime mon pays, et pour autant que je sache, en parallèle des multitudes de sites web s'y consacrant, cette odyssée malgache demeure la première du genre. Touristiquement vôtre, avec des relents de blog-réalité.

Eh non, je doute que le blogging m'ait transformée ni m'ait apporté de réel développement personnel, peut-être ceux et celles qui me connaissent de longue date pourraient en témoigner. La sécurité sociale devait déjà se préoccuper de ma santé avant cette fièvre numérique.
Mais je lui dois d'avoir élargi mes connaissances sur mon propre pays, de rencontrer une multitude de personnes les unes plus intéressantes que d'autres, de me rassurer que je peux établir des relations d'entente avec mes compatriotes au féminin, d'entretenir ma culture générale, et de me conforter dans mes relations humaines. Ayant une vie réelle équilibrée, j'existe et ne ressens aucun besoin de le prouver à qui mieux mieux, aussi je n'attends pas grand-chose d'une bulle spéculative en ligne. Si ce n'est de vivre au temps présent avec les moyens qu'il propose.

Pourquoi ai-je le sentiment que ceux qui prônent leur identité en ligne sont surtout avides pour leur ego, prêchant leur écho mais pathétiquement vides dans leur envers? Voire même infoutus d'exister dans la vraie vie, dans de réels rapports sociaux, avec pertinence au temps t.

Alors, les paris sont ouverts: identité réelle ou identité en ligne?

Profession: tailleur de pierres

19 décembre 2006 à 14:19 |  Catégorie  Madagascar| A propos

L'artisanat, c'est la première entreprise de France, comme a la coutume de dire leur slogan. Elle bat souvent campagne pour attirer des personnes potentielles, souffrant de son image de travail manuel, mais même la dextérité a besoin du cerveau. Ces métiers ne nécessitent pas de longues études supérieures certes, mais on a l'assurance de trouver un emploi. Dans ce cas précis par exemple:

Trouver un emploi n’est pas un souci pour les tailleurs de pierre. Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, ils ont l’embarras du choix. (Source: Orientation & Formation)

carrièreA Madagascar non plus, ils n'ont pas grande difficulté à se faire embaucher, et sans restriction d'âge. Mais leurs conditions diffèrent et m'ont particulièrement frappée.
Qui sont-ils? La plupart du temps, des familles entières, ne possédant aucune terre à cultiver, ayant à peu près tout essayé pour s'en sortir, souffrant de la misère au jour J. Soit, de nombreux Malagasy deviennent tailleurs de pierre.
Aussi, en ai-je vu profiter du moindre m3 de granit pour en tailler, parfois bien loin de véritables filons d'exploitation, tout juste au bord de la route, comme à Ste-Marie. Il faut dire qu'il ne faut pas grand-chose pour devenir un tailleur de pierres à Madagascar, un pic et une masse suffisent, qui sont même fournis par l'employeur lorsqu'il s'agit d'une véritable carrière (de pierres).

carrière de pierres

Mada_135Aussi, n'étais-je pas étonnée de voir se multiplier à Antananarivo les enceintes de murs en pierre, que ce soit de nombreuses propriétés privées ou de bâtiments urbains, remplaçant les tamboho traditionnellement en briques. Les utilisations sont innombrables: mur de soutènement, terrasses, j'ai même noté de magnifiques piliers massifs bordés le portail d'une villa sur la route d'Ambohimanga, bancs, marches, pavés, etc...
Les novices et ceux qui manquent de talent taillent les moellons ainsi que des pièces diverses jusqu'au gravier. Tandis que les véritables artisans préparent de réels ornements.

Moellons Graviers

Ce sont surtout les conditions de travail qui m'ont vraiment frappée. Des familles entières donc, dont des enfants en bas âge, sans traitement de faveur aucun, si ce n'est peut-être la taille des masses ou des bouchardes. Sans protection bien entendu (là, je fais mon discours de Malagasy européannisée, je l'assume), à se demander comment ils font pour éviter toute projection, sous un soleil de plomb, et parfois sans boire ni manger, faute de pouvoir si l'employeur ne le propose pas... Employeur qui souvent, propriétaire du terrain, occupe un autre poste, bien loti tant qu'à faire, absent toute la journée, loin de ces préoccupations.

tailleurs_de_pierresNon, je ne suis pas éprise d'un soudain altruisme (je l'ai toujours été, voyons), ni frappée de démagogie et l'on peut dire qu'au delà de l'adage "Il n'y a point de sot métier", dans la Grande Ile, tailleur de pierres apparaît bien comme un métier ingrat des pauvres (euphémisme?), des nécessiteux, qu'importe le terme, seule leur situation parle explicitement; juste que j'ai eu l'occasion d'assister à ces scènes, sans pour autant me vanter de m'être déplacée loin pour cela, une proximité géographique peut suffir.
En effet, à Madagascar, les noms ont pour la plupart du temps une signification, qu'il s'agisse du nom de famille ou encore celui des quartiers. Il n'est donc point étonnant de rencontrer des carrières de granit dans des quartiers au nom de prédiction comme Ambatobe (Gros rochers) ou Ambatomaro (où il y a beaucoup de pierres/roches). Voir sur Wikimapia.

Et les prix sont intéressants sur place! C'est bien peut-être le seul avantage... Pour celui qui se trouve de l'autre côté du miroir.

Bug avec mes liens

15 décembre 2006 à 17:21 |  Catégorie  Blog| Box

En préparant la blogroll de Malag@sy Miray, le blog collectif, je me suis rendue compte que plusieurs liens manquent dans ma section Blaogy gasy. Idem dans ma partie administratrice, c'est vide, seul le lien "modifier" me permet de me rassurer que je n'ai effacé personne. Car je n'ai pas remodulé ma blogroll depuis longtemps, si ce n'est pour rajouter des liens, et y ai prêté peu d'attention ces derniers temps, avec l'avènement des fils RSS.
Je cherche la solution, milles excuses pour ce désagrément.

Archives numériques

13 décembre 2006 à 23:04 |  Catégorie  Madagascar| Culture

En fouinant dans la bibliothèque de mes parents, je suis tombée sur de vieilles pellicules. La curiosité me prend de les faire tirer et quelle surprise de me retrouver avec des photos d'antan, en l'état, garanties "photoshop-free".
D'où viennent-elles, qui les a prises, quand et comment, tant de questions qui demeurent sans réponses. En attendant, en voici, à feuilleter comme un livre:

            

Et de profiter de découvrir ces trésors iconographiques malagasy.

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