L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Cette fibre écolo née en plongeant

28 janvier 2007 à 22:01 |  Catégorie  Passion plongée

Toujours tiré du "Pour un pacte écologique" de Nicolas Hulot, je cite:

Cela fait 30 ans environ que la crise écologique est apparue au grand jour. Il aura fallu tout ce temps, en France comme ailleurs, pour que l'information sur sa gravité se diffuse dans l'ensemble des strates de la société.

Il y a 30 ans, je n'étais pas née, pas même conçue, aussi ai-je une excuse de n'avoir pu faire partie des tout premiers à en être convaincus. Pour autant, je ne suis pas née écologiste non plus, je présume qu'on le devient. Mais tout de même rassurée de ne pas aborder le sujet à la Steevy Boulay*, ou encore de ne pas faire partie du queue de peloton actuel à rejoindre la bataille puisque ma sensibilité à la protection et la conservation de l'environnement est née avec ma découverte de la plongée sous-marine, c'est-à-dire en 1993. Et d'y avoir investi un peu de ma vie.

earth destruction
Destruction par Bratan

Aujourd'hui, tout le monde en parle, tant mieux, il était largement temps de la prise de conscience. Ne voyant pas la réelle utilité de la redondance d'étayer ici les retombées du Forum social qui s'est tenu à Nairobi la semaine dernière, auquel une quinzaine de Malagasy ont participé, ni de la réunion de près de 500 scientifiques mondiaux aujourd'hui à Paris pour traiter de la "bombe climatique", j'axe mes spots sur la plongée.

Après ce que procure la plongée, voici ce qu'elle m'inspire:
Je disais que l'on s'y sent libre, seul, sans ordre. Sa découverte passe par celle d'une sensation proche de l'apensateur. Dans l'eau, pas de lignes droites ni de géométrie, et les perspectives sont faussées.
Oui, plonger procure de pures sensations de liberté. Mais à condition de respecter les règles élémentaires simples car comme toute activité sportive, la plongée comporte des risques, et mers et océans demeurent des milieux où nous sommes étrangers. Avec donc cette satisfaction de retrouver sa place dans la nature, dans l'écosystème, qui fait de nous des êtres vivants comme les tous autres et non des Supemen outrepassant toutes les limites, ordre des choses et de la vie que ne peuvent supplanter ni la technologie toute puissante ni l'équipement moderne.

Chromodoris_lochi
Nudibranche (Chromodoris lochi)

Le monde sous-marin est vaste, riche et coloré (enfin, surtout au niveau des récifs coralliens, lorsqu'ils sont encore en bonne santé). La faune et flore offrent le spectacle d'une débauche de formes et de couleurs sans nulle autre pareille, d'une formidable diversité. Peu de choses m'épatent encore sur terre, mais sous l'eau, tout me transcende.

Madagascar_606
Satisfaction à la fin de la journée :) (Ste-Marie)

Plonger réserve des sensations hors du commun et des images inoubliables qui font rapidement prendre conscience de la fragilité des mers, de ces milieux qui servent à la fois de nourricière à la population marine et de poumons de notre planète, que l'activité anthropique entâche pourtant et détruit de jour en jour.

Et vous, écolo, pas écolo? C'est arrivé comment?

* Pseudo-chroniqueur de l'émission de Ruquier, "On a tout essayé" sur France 2, inculte, faisant de sa sottise son fonds de commerce en blablatant pitoyablement sur tous les sujets sans en maîtriser aucun, et dont les convictions ne sont jamais convaincants. Voir et l'écouter  (attention, pure perte de temps garantie)

Qui l'eût cru?!

02 octobre 2006 à 18:58 |  Catégorie  Passion plongée

Comme quoi, en cherchant bien, il y a au fond quelque chose de bien en chacun de nous! J'ai laissé passer cette info, how possible?!
Que Bush, pourtant grand pourfendeur du protocole de Kyoto, a donné son aval pour la création de la plus grande réserve naturelle marine... du monde, planète Terre! Un territoire de 360 000 km2, de l'équivalent des parcs naturels américains de Yellowstone, de Yosemite et du Grand Canyon réunis, ou encore grand comme l'Allemagne. Elle est située au nord-ouest d'Hawaï, et abritent 7000 espèces différentes, dont au moins le quart y est endémique. Abritant des récifs coralliens parfois vieux de 1000 ans, elle a même reçu le statut de "Monument national", le must américain en matière de réserves protégées. La pêche y est désormais interdite, sauf... les pêches vivrières (peu nombreuses finalement) et à des fins scientifiques.
En espérant que la conception scientifique soit différente de celle des Japonais et les baleines...

Pour plus d'infos:
Hawaiian Marine Reserve To Be World's Largest
Bush Deserves Credit for New National Monument

La biodiversité marine malgache

19 juillet 2006 à 23:04 |  Catégorie  Passion plongée

Je rebondis sur le lien de Barijaona sur la biodiversité biologique de Madagascar, pour me pencher sur la facette marine de la Grande Ile.
Récemment a été mené un Programme d'Evaluation Rapide (PER) de la biodiversité marine, dans la partie Nord-Est de l'île, coordonné par la Conservation Internationale (CI). Le PER a permis d'évaluer l'état de santé des espèces marines, de mesurer les ressources halieutiques disponibles, ainsi que de communiquer pour la conservation communautaire de l'ensemble de ces ressources. Ces premiers travaux permettent ainsi de déterminer les zones prioritaires de protection, d'aider les projets de développement sur le littoral, pour l'ultime et non des moindres but de conscientiser les autorités en place ainsi que les villageois, qui demeurent les principaux acteurs.

Les études ont montré que le milieu marin de la côte Nord-Est de Madagascar se porte plutôt bien, devant son salut à une mer difficile, des courants forts omniprésents et des fosses marines proches. Les espèces y sont abondantes, tandis que le prélèvement par la pêche y semble raisonné et sélectif.
Sainte-MarieJ'avais noté qu'à l'Est, en l'occurence à Sainte-Marie, les récifs coralliens y sont moins diversifiés qu'au Nord de l'ïle, du fait de la houle ainsi que la température de l'océan, ce que semble confirmer le PER; par contre ils sont en meilleur état, pouvant atteindre 18m de circonférence (ça doit être tout simplement génial d'y butiner des yeux!) et 5m de longueur.
Ainsi, outre les tortues marines et les dauphins:
> 80 espèces de coraux en moyenne ont été indentifiées sur chaque site pour une couverture de plus de 80% (soit un bon score)
> 411 espèces de poissons, - dont 70 espèces de poissons commerciables -, ont été observées avec un nombre moyen de 65 à 95 par site.

Grâce à ce PER, la CI entend mettre en place rapidement et délimiter ainsi les aires protégées marines, concernant essentiellement la biodiversité des récifs coralliens. Avant qu'elles ne soient envahies et vouées à l'exploitation par messieurs les grands investisseurs toujours plus soucieux du chiffre d'affaires d'entrée que du reste...
Pour l'heure, on ne compte que deux parcs marins à Madagascar: Nosy Mangabe (Masoala) et Nosy Antafana (Mananara-Nord). Nosy Tanikely est davantage une réserve marine où chasse et pêche sont interdites. Quatre autres sites sont proposés: le grand récif de Toliara jusqu'ici classé "réserve de biosphère", un label international déterminé par l'Unesco, en remontant jusqu'au jardin bleu des archipels autour de Nosy-Be, Belo-sur-mer (note: à faire), Nosira (?) et Sahamalaza au sein des Iles Radama au Nord-Ouest (ma-gni-fiques!).

Le prochain post sur le sujet portera sur les récifs coralliens. En attendant, il n'est pas exclu de refaire un tour du côté des spots de plongée de la Grande Ile (Nord/Sud et à l'Est).

Le mot de la fin: Déclaration de Madagascar, publiée lors du Global Symposium 2006 de la CI à Madagascar, mettant l'accent sur la nécessité d'agir pour cette biodiversité, à laquelle a participé probablement le plus globe-trotter des bloggers gasy d'entre nous dont j'envie le métier!

Edité le 25/07: Les coraux malgaches résistent au blanchissement, jusqu'à quand?

Plongée dans le Nord de Madagascar

21 octobre 2005 à 13:05 |  Catégorie  Passion plongée

Comment ne pas faire référence au berceau de ma passion, puisque c'est dans le nord de l'île que j'ai découvert la plongée sous-marine. Difficile de bénéficier d'aussi beaux récifs pour découvrir ce sport!

Nosy-Be
Nosy-Be apparaît comme un endroit idéal pour s'initier, d'autant qu'il est facile d'en profiter en apnée, à marée basse. L'île aux parfums est également un haut lieu de rendez-vous de plongeurs internationaux.
En général, nul besoin de plonger profond (moins de 25 m) pour admirer une multitude de coraux et de poissons très colorés. La meilleure période est la saison sèche, d'avril à décembre, lorsque l'eau est la plus claire. A proximité des villes ou d'activités anthropiques, la visibilité est moyenne en raison des lavages de terrains (rouge) lors des pluies, mais aussi du fait de la richesse en plancton.
Nosy-Be comprend un archipel constitué d'îles et ilôts, idéal pour des croisières plongées et chacun y trouvera son style: des bancs, des tombants qui descendent jusqu'à 50 mètres environ de profondeur, des parois rocheuses notamment aux Nosy Mitsio.
On y rencontre la faune de l'Océan Indien qui fait également la réputation des sites de plongée comme les Maldives, du poisson-clown au requin-baleine (inoffensif) à la tortue marine, et bien sûr des coraux très divers. Plusieurs clubs de plongée y sont installés, proposant des sorties à la journée ou des séances de formation reconnue internationalement (PADI, NAUI, CMAS).

Nosy TanikelyNosy Tanikely (Petite Ile): située à 6 miles de Nosy-Be
Niveau : Baptêmes, tous niveaux
Profondeur : entre 1,50 et 20 mètres
Espèces rencontrées : poissons clown, poissons perroquets, langoustes, murènes, poissons ange et papillons,  raies à points bleus et tortues marines.
Elle est assimilée à une réserve sous-marine, où la chasse et la pêche sont interdites. C'est l'endroit idéal pour faire un baptême de plongée, où de magnifiques fonds coralliens s'offrent à vous. Une petite colonie de tortues peu farouches a élu domicile autour, certaines viennent nager autour de vous parfois, mais il faut les laisser tranquille. C'est d'une grâce!

raie mantaManta Point, au bord du tombant de l’entrée à 7 milles de Nosy Be
Niveau : accessible aux plongeurs de niveau I
Profondeur : entre 18 et 20 mètres
Ce site de plongée est un plateau de sable parsemé de patates de corail riches en couleurs.
Espèces rencontrées : les raies manta et les raies mobula  évoluent entre deux eaux et planent au dessus des plongeurs dans le courant pour filtrer le plancton. Les requins-baleines peuvent également être aperçus. Le long du tombant, passent quelques requins, de gros mérous, etc...

Nosy IranjaNosy Iranja, un endroit magnifique situé près du canal du Mozambique à 13 miles de Nosy Be, mais entâché d'un hôtel qui n'a pas lieu d'y être au nom du respect de la nature et de la faune.(sujet d'un post à venir)
Niveau : accessible aux plongeurs de niveau I
Profondeur : 15 à 25 mètres
Le tombant de Nosy-Iranja est situé en fin du plateau continental. La pente, plus ou moins raide, constituée de coraux durs, abrite toute la faune habituelle de l’Océan Indien, mais aussi les pélagiques venus du large ou des grandes profondeurs.
Espèces rencontrées : thons, raies manta, requins gris et à pointes blanches (zen!), napoléons. Baleines et requins baleines fréquentent ce site en septembre, octobre et novembre.

Nosy MitsioNosy Mitsio: Banc du Petit Castor, à 8 miles de l'archipel des Mitsio
Niveau : accessible aux plongeurs de niveau I
Profondeur : entre 9 et 16 mètres sur le plateau pour les niveaux I, 30-40 mètres sur le tombant (niveau II)
Les plongées se font sur le tombant extérieur. Le plateau est tapissé de tables de corail magnifiques. Le tombant descend jusqu’à 60 mètres de profondeur et cache des cavités et des crevasses parmi les gorgones géantes.
Espèces rencontrées : Requins gris et pointes blanches, mérous, grosses loches, platax, perroquets à bosse, carangues, bancs de licornes et de fusillers.

Autres très beaux sites (source):
L'épave Zaïda, à 2 miles d’Ambatoloaka, Nosy Be. Site accessible aux plongeurs de niveau II. Un ancien chalutier en bois de 20 mètres a été coulé volontairement sur une zone sablonneuse. Une faune assez impressionnante a très vite colonisé ce récif artificiel.  Exposé à la  marée,  le courant y est souvent assez fort, la faune y est donc encore plus dense.

Nosy SakatiaCorail Noir, au Nord-Ouest de Nosy Sakatia
Site de plongée récemment découvert. La descente dans le bleu se termine sur une petite cathédrale rocheuse de 5 m de hauteur,  posée sur le sable où l'on s'extasie devant des colonies  de corail noir, étonnantes par leur taille (jusqu'à 1,5 m de hauteur). On y découvrira également des proliférations impressionnantes de tubastrées arborescentes et de nombreuses autres espèces coralliennes. N'achetez pas de corail noir, il s’agit d’une espèce en voie de disparition, de plus en plus rare à des profondeurs inférieures à 50 m. Si vous êtes sollicités par des revendeurs sur les plages de Nosy Be, sachez que les échantillons qu'ils proposent ne sont pas du véritable corail noir, mais une autre espèce d'antipathaires (famille du corail noir) appelée "cirripathe" ou "corail fil de fer"!

La Grotte au large de l’île de Sakatia à environ 7 miles de Nosy Be
Il s’agit de deux rochers sur un fond de sable entre 18 et 26 mètres de profondeur. Les grottes abritent une grande variété de poissons. A proximité, un plateau à environ 15 mètres de profondeur offre un large échantillon de coraux durs et mous.

Le banc du chameau à l’Ouest de Nosy Be à 7 miles d’Ambatoloaka Nosy-Be
Ce banc est formé de deux plateaux riches en corail dur (cornes de Cerf, porites, oculines, madraces, corail étoilé, corail Starlette, corail-cerveau, agarices, corail noir) et en corail mou telles que les gorgones arborescentes et à éventail et les éponges. Le premier plateau est à une profondeur maximale d’environ 23 mètres et remonte jusqu’à 18 mètres et le second se trouve entre 18 et 14 mètres de profondeur.

Nosy KivingyLe Pain de Sucre (Nosy Kivingy) à 16 milles de Nosy Be, entre Nosy Be et Nosy Iranja
Piton rocheux de 109 mètres de haut, offrant aux plongeurs deux aspects. La partie sud, paroi abrupte descendant à 18 mètres, incrustée de coquillages (grosses huîtres à charnières), d’éponges  et de coraux mous. Poissons cochers, chirurgiens et barracudas  fréquentent souvent ce côté. En s’écartant du mur, on rencontre de temps en temps, dans le courant des requins à pointes noires. Les faces ouest et nord, moins profondes et plus ensoleillées offrent un jardin fabuleux, colonisé par le corail. Toute la faune corallienne y est présente : fusiliers, demoiselles, chirurgiens, nasons, gaterins…

Nosy RadamaGreg Wall aux Iles Radama, au large d’Antany Mora
Plateau à 13 mètres de profondeur où l’on rencontre souvent de très grosses danseuses espagnoles, puis tombant raide descendant jusqu'à 80 mètres. A 35 mètres de profondeur, se trouve l'entrée de la grotte, tuyau d’une quinzaine de mètres de long  où une torche est indispensable car l'obscurité totale y règne. On peut y observer des éponges décolorées,  des lutjans, des crevettes, des cigales de mer. La sortie de la grotte se fait à 38 mètres côté nord, face à un piton rocheux situé à 20 mètres de la paroi. Celui-ci  planté par 80 mètres  de fond et remontant jusqu’à 26 mètres est couvert de gorgones géantes, d’éponges, de corail noir et laisse le plongeur  bouche bée !
Plongée accessible aux niveaux 1 car le spectacle dans la zone des 20 mètres est tout aussi beau !

Des sites de plongée restent méconnus du côté d'Antsiranana (Diégo-Suarez), notamment à la mer d'émeraude, à la sortie de la baie de Diégo.

--------------------------
Plongée dans le Sud
1 mile nautique= 1.8520 km

Pour le sourire d'une raie

25 août 2005 à 23:53 |  Catégorie  Passion plongée

Peut-être pas le plus original, mais le rêve de tout plongeur: nager, planer avec une raie manta, et mériter son sourire de Joconde!

               raie

Elle a son rituel de la journée, nage en eaux peu profondes à ses heures. Avec une grâce infinie, elle balance ses ailes dans l'eau tiède. Une fois qu'elle vous a adopté, que la confiance réciproque se soit installée, elle cherche le contact à sa manière, vous enveloppe en douceur, la peau de son ventre est lisse.

Sa bouche mime le plaisir à s'y méprendre, bien que nul ne sache ce qu'elle ressent, jusqu'à décrocher le sourire célèbre de la raie. Ce qui ressemble à ses yeux sont en réalité ses branchies.

              raie

Journée mondiale de l'Océan

08 juin 2005 à 23:17 |  Catégorie  Passion plongée

Comme toutes les journées, non pas que les actions sont effectives uniquement à cette date, l'effort est continu, mais le message est largement diffusé pour la mobilisation: le 08 juin pour la journée de l'Océan.
Non, l'océan n'est pas inépuisable! 60% de la population mondiale vit dans une frange côtière large de 60km, c'est dire! Mais les habitants ne la prennent pas suffisamment en compte. Et la mer subit les excès des hommes : pollutions, épuisement des ressources, appauvrissement de la biodiversité compromettant l’équilibre fragile de l’écosystème marin et par là, l’avenir des futures générations. L’Océan ne s’est jamais autant dégradé que ces 5 dernières années.
                               Passeport de Citoyen de l'Océan 
Le Réseau Océan Mondial, incluant Aquariums, Centre de Sciences, Musées, Associations et Institutions d’éducation à l’environnement marin, s’engage à célébrer activement cette journée sur les 5 continents. Partant du principe que «Pour l’avenir de la planète bleue, chacun de nos gestes compte», la Journée Mondiale de l’Océan sera l’occasion pour tous les organismes participants au Réseau, de lancer le «Passeport de Citoyen de l’Océan». A la fois porteur de droits et de devoir, j'en veux bien un! Pour en savoir plus sur ce passeport.

                                  Site de l'Ocean Project.

Plongée dans le Sud

06 juin 2005 à 23:10 |  Catégorie  Passion plongée

Madagascar compte 1000 à 1500 km de récifs coralliens, peu importants et encore mal connus sur la côte Est, ils sont mieux développées sur la côte Ouest de Madagascar. Ils jouent un rôle important sur l’activité économique de la population littorale. « Le récif corallien est le trésor des Vezo » : une phrase de Rabesandratana, une grande figure de l’ océanographie malgache, à qui je profite de rendre hommage ici (au couple), de véritables "encyclopédies", je suis fière de les avoir connus.

RécifLe Grand récif de Toliara, un récif barrière de 18 km de long et entre 1km et 2,9 km de large, constitue la troisième plus grande barrière corallienne au monde après celles de l'Australie et du Bélize. (true?)

Avec près de 6000 kms de côtes, Madagascar abrite ainsi son lot de sites de plongée à découvrir. Et à moins de pouvoir s'offrir le luxe d'une croisière (davantage proposé dans le Nord), des spots côtiers, plus classiques, offrent tout de même un spectacle intéressant qui peut se transformer rapidement en aventure, passionnante de préférence.

Des centres de plongée équipés offrent des prestations de qualité aux normes internationales. On y retrouve toutes les grandes fédérations et associations qui essayent de gérer la plongée dans le monde (PADI, NAUI).

TulearConseil : ne pas plonger dans Tuléar-ville même ! Mais vous le déduirez de vous-mêmes sur place !
Sinon, les hauts lieux de la virée sous-marine dans le coin sont essentiellement Ifaty, Mangily, Anakao, Nosy-Ve, mais également Itampolo au Sud et Andavadoaka au Nord.

IFATY
Ifaty est particulièrement connu, mais personnellement, je n’en ferai pas la pub. Déjà, j’ai eu du mal à trouver la plage, on est arrivé à la marée haute, l’eau, pas vraiment limpide, venait lécher les limites des hôtels. Quand la mer se retire enfin, on ne peut pas dire que la plage soit particulièrement belle. Et les fonds sont très dégradés par la pêche. Alors quand on a loué un lakana, une pirogue, pour plonger dans des piscines naturelles plus au large, on ne pouvait pas deviner qu’à cela allait s’ajouter une folle mésaventure. On devait être à 2 km du rivage max, le vent se levait, je commençais à peine à plonger vraiment, on cherchait un spot sympa, où on pouvait voir une vie sous-marine digne de ce nom. Mais on doit rentrer. Nos guides Vezo, en voulant mettre la voile, ont eu la super idée de retourner l’embarcation. Panique sous bord à tribord, les autres s’en sortent rapidement, quant à moi, je m’enchevêtre dans la voile qui coule, et m’en débats (n'aime pas faire simple!).
La plongée, ça a aussi son lot de surprises, il faut vider la seule bouteille d’eau car il faut écoper. Et ton chapeau aussi, tiens ! Quelques brassées plus tard, on remonte à bord. Et là, je fais mon caca nerveux, je veux qu’on récupère le matériel, et j’insiste. Un des pêcheurs rame alors sur 2 ou 3 longueurs et plonge. Il devait avoir une dizaine de mètres de profondeur. Il revient peu après, avec le matériel, rien ne manquait, et il n’a plongé qu’une seule fois… Fort le gars, mais tellement fort que cela nous a rendues suspicieuses…
Ceci étant, les deux principaux spots de plongée sont dans les passes nord et sud de la barrière de corail. Vous y trouverez des requins de récif, des pointes blanches, des taupes, des raies pastenague, des Napoléon, des carangues, et des gros vicelards puants aussi.

ANAKAO
Par où passe le trait imaginaire du Tropique du Capricorne
Petit village de pêcheurs Vezo, niché à une quarantaine de kilomètres au sud de Tuléar, il est accessible à une heure trente par bateau. Le village reste authentique et le littoral bien conservé. Là-bas, pas d'électricité, pas d'eau potable, pas de moustique... Seulement du sable fin, des eaux limpides, les Vezo, et la plongée !

NOSY-VE
Nosy-VePetite île située tout près d'Anakao, elle n'est fréquentée que par quelques pêcheurs et par les passionnés de fonds sous-marins. L'île est ceinturée d'une barrière corallienne d'une grande beauté qui abrite un lagon peu profond (< 3 m). Tout le spectacle sous-marin y est offert, du bout des doigts. Emblématique également, dans les airs cette fois, c’est le Phaéton à queue rouge (Phaethon rubricauda), espèce distribuée largement sous les tropiques, mais dont Nosy Ve constitue le seul site de nidification de Madagascar. L'oiseau fait l'objet d'une protection traditionnelle de la part des pêcheurs Vezo.

ANDAVADOAKA
LA carte postale!Cette fois, on remonte au Nord de Tuléar. C’est également un village de pêcheurs, et c’est…magnifique! Authentique, au bout du monde, mais les villageois ont le sens de l'accueil incomparable. J’y suis allée, à cause d’une carte postale au dos de laquelle je lis : Andavadoaka. Je ne savais même pas où c’était, mais tout vient à point à qui sait attendre.
Allez, je vais lui accorder un article tout frais payé ! En attendant, un projet y est en cours à l’heure actuelle,
un programme d’éducation écologique marine et de sensibilisation, pour une meilleure gestion des ressources. Voir le projet.

Ce que procure la plongée

08 mai 2005 à 19:10 |  Catégorie  Passion plongée

en imageLa mer attire autant qu’elle angoisse. On y voit ce que l’on veut, en rapport avec ses préjugés, ses fantasmes, ses envies. Immergé, on n’est confronté qu’à soi-même. L’eau fascine. Elle abrite une vie aux formes étonnantes, énigmatiques, et donc, selon les individus, apparaît attrayante ou hostile. On s’y sent ailleurs, en apesanteur, dans les trois dimensions, que le monde terrestre ne saurait offrir. Isolé du monde, on baigne dans le silence magique du monde marin, qui procure de pures sensations de liberté...

La plongée sous-marine et l'apnée sont accessibles à tous, hommes, femmes, enfants, personnes âgées. Comme toute activité sportive, la plongée comporte des risques, mais c'est en les connaissant qu'on les évite. Outre les bases théoriques à savoir, il faut surtout un minimum de concentration, de la maîtrise de soi et beaucoup de calme. Un bon plongeur est un plongeur lent!

Les meilleurs plongeurs sont les Vezo, une des 18 ethnies malgaches. Peuples de pêcheurs nomades au départ, ils se sédentarisent de plus en plus au Sud-Ouest de Madagascar. Ils connaissent la mer comme leur poche, et plongent avec une aisance surprenante, pendant des minutes interminables, remontant parfois les oreilles et le nez en sang. Mais quelle importance, lorsqu'ils brandissent fièrement des langoustes?! C'est toute une expérience de les voir faire.
                La liberté au bout des doigts
A part les Vezo, de tous mes voyages et escapades pour l'amour de l'océan, je n'ai jamais rencontré de plongeurs gasy. Et pourtant j'aimerais! J'ai initié certains de mes proches au snorkeling (tuba et masque à la surface), mais sans plus. Des touristes venus du monde entier pour plonger dans les meilleurs spots de l'île, mais pratique qui n'intéresse donc pas les Malgaches? Si vous existez, rejoignons-nous pour former un club!

Le milieu marin

06 mai 2005 à 12:49 |  Catégorie  Passion plongée

topo, cliquer pour agrandirLes deux tiers de la surface du globe sont occupés par les océans, soit 1,37 milliards de km3. Ils représentent le plus vaste milieu biologique de la planète. L'eau, ce fluide vital qui nous constitue à plus de 70%, retourne immanquablement à l'océan. La vie est apparue il y a quelques 3 milliards d'années dans la mer littorale, et depuis s'y diversifie et s'y perpétue. (En savoir plus). Tous les groupes d’animaux y sont présents, tandis qu’un quart d’entre eux seulement a colonisé le milieu terrestre.

nectonLe milieu marin sert de thermorégulateur de l’atmosphère du fait des propriétés physiques de ses eaux (chaleur spécifique élevée et chaleur latente). La forte inertie de l’eau lui confère sa relative stabilité. En comparaison avec les milieux terrestres nettement diversifiés, le milieu marin apparaît relativement homogène; celui-ci, quelle que soit la latitude, présente toujours trois compartiments : la colonne d’eau, le substrat (dur ou meuble) et le compartiment biologique (faune et flore). Cependant, l’océan mondial, est une mosaïque d’écosystèmes particuliers et ce vaste ensemble peut être différemment subdivisé, horizontalement ou verticalement, aux plans biologique, géographique, abiotique ou biotique. C’est ainsi que tous les organismes marins n’appartiennent pas au même domaine biologique.
Les organismes animaux et végétaux vivent en pleine eau ou sur le fond. benthosLes micro-organismes flottant près de la surface constituent le plancton (zooplancton et phytoplancton). Les animaux nageurs forment le necton. Certains dépendent de la qualité physico-chimique des eaux (pelagos) et d’autres, en priorité de celle du substrat et vivant sur le fond forment le benthos; on parle d'épifaune pour les animaux vivant à la surface du sédiment, d'endofaune pour ceux vivant à l'intérieur.

L'eau de mer est remarquable par la constance de sa composition. Elle est constituée de 96,5% d'eau pure et 3,5% d'autres substances comme les sels, les gaz dissous, les substances organiques et des particules solides. L'élément le plus abondant est le chlore sous sa forme anionique chlorure. On y trouve également des éléments et oligo-éléments biologiquement très importants et participant aux équilibres et à la vie du milieu marin: sodium, magnésium, potassium, calcium, sulfate, bicarbonate, silicium, carbone, azote, etc...
Elle a de nombreuses vertus thérapeutiques qui sont de plus en plus utilisées depuis quelques décennies. Le biologiste René Quinton, devenu célèbre pour ses nombreux travaux sur l'eau de mer et ses vertus, écrivait: "Notre organisme n'est qu'un aquarium marin dans lequel baigne quelques milliards de cellules." Un adulte de poids normal n'est donc, ni plus ni moins, qu'une enveloppe cutanée remplie d'un peu plus de 40 litres d'eau, répartie sous forme de plasma sanguin, de lymphe, de liquides interstitiels, et de liquides intracellulaires, dont la composition est singulièrement proche de celle de l'eau de mer. Notre milieu intérieur n'est, en définitive, qu'une petite "mer intérieure".

Pourtant, la qualité du milieu marin est menacée parce que l’Océan, ce vaste réservoir de protéines (15% des apports), est loin d’être inépuisable et inaltérable.
A l’heure actuelle, les interventions anthropiques sont innombrables. Rejets domestiques et industriels, pêche excessive de certaines espèces, ont pour conséquence une diminution de la richesse en espèces. On prend progressivement conscience de l’agressivité de notre civilisation technique envers la nature. Mais cela suffit-il ? Les amoureux de l’océan participent à l’effort de préservation de la Terre chacun à sa manière : en faisant découvrir les beautés et les richesses sous-marines, en l’étudiant pour mieux maîtriser, ou encore en sensibilisant à l'intérêt de l’aquaculture …

« Accueil  1 
>