J'ai le blues du Sud-Ouest -1-
12 mai 2008 à 13:02 |
Odyssée
Au début, je pensais au Sud-Ouest... de la France. A vrai dire, titre que je pense chaque mois...
Une semaine de soleil et un thermomètre dépassant les 20°C au zénith, ô miracle, j'ose enfin croire que le printemps s'est enfin installé!
Je me souviendrai toujours de mon premier hiver en France, suivi de mon premier printemps. Cette effusion d'énergie et cet effeuillage vestimentaire dès les premiers jours cléments et ensoleillés m'amusaient beaucoup. Je trouvais que les gens étaient de vrais lézards, captant de toutes leurs cellules le moindre rayon de soleil, n'importe où, n'importe quand.
Il faut dire que l'année précédente, je travaillais dans un cadre insulaire où le soleil brillait quasiment toute l'année, où l'hiver on se contentait d'un pull car il faisait...18°C en soirée.
Tout le monde se mettait à se sourire dans la rue, les conversations avec des inconnu(e)s se faisaient plus nombreuses et plus spontanées. C'était du moins l'impression que j'avais. Mais j'aimais bien cette bonne humeur contagieuse.
Dans le Nord-Est, le printemps s'est fait prier cette année, comme l'été a brillé par son absence l'an dernier. Mais c'est drôle, il ne me fait pas le même effet. Déjà, dans Nord-Est, il y a Nord... Inutile de préciser les différences d'habitudes entre Nord et Sud. Mais nous continuons à les découvrir à nos frais, nous n'en sommes qu'à notre deuxième année finalement.
Prenons le cas de ma ville, enfin de la ville où j'habite. Les terrasses se font rares. Ou plus précisément, elles existent, pas si rares que ça, mais... sur le trottoir, au bord d'une avenue passante; ou à l'ombre face à la rue toujours; ou lorsqu'enfin bien placée, avec juste une dizaine de places alors qu'il y a au moins 5 fois plus de demandes. Pourtant ma ville possède du charme, - une citadelle vieille de 700 ans ne peut avoir que du charme -, et des places à fort potentiel pour faire régner une ambiance conviviale et détendue. On l'aura compris, les terrasses au milieu d'une jolie place à l'ombre de parasols,où l'on peut siroter ou flâner par temps ensoleillé, ce n'est pas vraiment le style de ma ville. Ni même de la région, à vrai dire.
Au printemps, fais ce qu'il te plaît
mais avant tout un régime. C'était déjà vrai avant, sans avoir à acheter tous ces magazines vantant telle ou telle formule miracle. C'est encore plus vrai dans le Nord-Est! Plus de sept mois d'hiver, où l'on respirait lorsqu'il faisait 0°C, comparé aux -10°C de certaines semaines. On tâche de garder une hygiène de vie pour ne pas s'empiffrer, enfermés entre 4 murs, mais le très long hiver passe et la balance trépasse haut perchée. Heureusement que je suis un véritable yoyo, prenant aussi facilement que je peux perdre, rentrant toujours dans ma taille 36, été comme hiver. Désolée, le but n'était pas d'énerver :) Mais j'imagine combien cela ne doit pas être évident pour les jeunes filles nées ici, je n'aimerais pas être à leur place...
Il n'y a aucun doute, je suis une fille du Sud, mieux, j'ai le "gène insularité" et le "phénotype tropical" dans le patrimoine génétique, celui-là même qui coule dans mes veines!
Au printemps, les sens s'éveillent
Mon préféré reste l'ouïe, car commencent les festivals de musique. Comme c'est le cas en ce long week-end avec le FIMU (Festival International de Musique Universitaire), accueillant des musiciens d'une trentaine de pays. J'aime la foule, dans un contexte festif. Plusieurs scènes sont répartis partout dans la ville, en extérieur comme en intérieur. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les styles. L'ambiance est franchement sympa, le son est bon, le tout durant 3 jours. Un avant-goût des Eurockéennes de Belfort en Juillet prochain. Idéal pour voir et écouter en un week-end et en un même lieu, Moby (dont j'écoute le dernier album quotidiennement et dont je lis le blog, ce qui lui donne une dimension si accessible), Massive Attack, Ben Harper, et j'en passe.
Mais la piqûre rappelle que nous sommes dans le Nord... Est. Je trouve les gens plus passifs, la notion de festivité est davantage introvertie. Pas de contagion de bonne humeur. Il faut aussi dire que je prends matière à comparaison la Fête du Vin à Bordeaux, pire, les ferias du Sud-Ouest... de la France. Que celui qui a vécu/étudié en France et qui n'a pas goûté aux ferias du pays basque (français/espagnol), n'a pas connu ce qu'est véritablement faire la fête. :) dixit Tattum.
Ferias de Mont-de-Marsan, de Bayonne, de Dax, de Saint-Jean de Luz, de Pampelune, et bien sûr les inoubliables et uniques Fête de la Sorcière. Ca donne le blues en ces beaux jours remplis de notes et de sons...
Jusqu'à écouter le concert d'OPS (Original Positive Sound, reggae rules!) au FIMU. Puis celui du groupe malagasy que je ne connaissais pas du tout, que j'ai d'abord raté sur la brochure de programmation, m'attendant à lire un nom de groupe malagasy: Médicis.
J'ai préféré ces deux concerts, non pas par chauvinisme pour le second, mais objectivement pour avoir mis une sacrée ambiance (changeant de certaines ambiances de salon en plein festival), de bons sons savamment dosés, et le feu aux spectateurs!
Maintenant, j'ai le blues du Sud-Ouest... de Madagascar.
à suivre
Nouvel album photos
17 février 2008 à 00:11 |
Odyssée
Mieux que la caravane qui passe ou plutôt vaut tard que jamais, un nouvel album photos est désormais disponible: Voyage à Madagascar (2007).

Cliquer sur la photo pour voir l'album en diaporama
Tonga soa aty Madagasikara
17 octobre 2007 à 15:29 |
Odyssée
ou Bienvenue à Madagascar.
Je suis plongée depuis quelques jours dans mon élément, non pas la mer cette fois, mais dans mon pays natal. Je dois reconnaître qu'il n'existe nul plaisir comparable que de rentrer chez soi... Pour les vacances... :D Non, qu'on ne s'y trompe, comme on dit en malagasy, mamy ny mody (il est bon de rentrer), et qu'il ne me viendrait pas à l'esprit d'échanger la terre de mes ancêtres pour une autre. Si classée puisse-t-elle être. :)
Toujours est-il qu'en quelques jours, la question de rentrer, ou pas, n' a pas été omise de m'être posée, à laquelle je réponds, avec le sourire, je suis en vacances. :)
Je dois admettre qu'il fait chaud au coeur de rentrer à un intervalle d'un an (et quelques mois) et non de 3 ans comme l'an passé, où j'ai été vexée de ressentir un certain dépaysement. Cette fois, ma gestion du temps en 2007, qui n'est pas finie, est lamentable certes (d'ailleurs, penser à demander un training spécial), mais je n'ai pas vu le temps défiler, ce qui en soi, relève plutôt d'un bon signe. C'est comme si je relève la tête après quelques crawls. Appréciant bien entendu les aménagements effectués lors des Jeux des Iles.
Et me voici plongée dans le quotidien d'Antananarivo, ma ville. C'est avec calme que je prends le volant, me réhabituant à la circulation, bondée de taxi-be bien polluants, de piétons sur la voie ne disposant pas de trottoirs envahis par les marchands (il faut bien qu'ils marchent quelque part), et toujours la même remarque: j'en perds mon code de la route. Echangée avec une cousine ne vivant par ailleurs pas à Madagascar, ici on considère que tu connais le sens de la circulation et les petites et surtout grandes exceptions du code de la route international. Pourquoi se fier aux panneaux, soit déteints soit supposés être à leur place mais disparus tout de même?! Alors on suit la foule, et par chance, ma bonne tête (c'est moi qui l'affirme) et mon hésitation/incompréhension peut inspirer qu'on me laisse le passage.
C'est avec la même résignation que je découvre par moi-même les joies du délestage et de la coupure d'eau, et j'en profite pour lancer un grand merci au professionalisme de la Jirama. Eh oui, délestage n'est pas une situation passée, dans le 5è arrondissement d'Antananarivo (et sûrement ailleurs), nous le vivons tous les soirs à partir de 19h, et pour une durée indéterminée et varible. Quant à l'eau, sa coupure potentielle sans aucune explication motive à se lever de bonne heure, il paraît qu'avant 7h du matin, on a de la chance d'en avoir, les jours où ça coupe.
L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, gnark!gnark!gnark hein!
Pas plus tard que la semaine dernière, plusieurs centaines de foyers ont fait les frais d'une surtension de la Jirama, ayant endommagé (explosé, enflammé, etc...) les appareils électroménagers des habitants, par chez moi et quartiers environnants.
Cela fait partie du quotidien, et j'aime la vivre telle que. Tout comme me régaler de plats malagasy, à commencer par les mofo gasy et ramanonaka au Trano Manga à Analamahitsy, oui je suis fidèle à moi-même, mais les mofo gasy n'ont pas autant éveillé mes sens cette fois, bizarre...
De faire ma curieuse dans la bibliothèque de mon père, et chauvine que je suis, de tomber sur un livre intitulé "Malgaches et malgachitudes", dont j'ai feuilleté les premières pages portant sur l'historique et l'explication des fady qui caractérisent la culture malagasy. Mon nouveau livre de chevet.
De discuter, de tout et du blog, conduisant à obtenir différents contacts susceptibles de partager des infos et supports pour une diffusion par le blogging, notamment sur la culture malagasy. Et d'apprendre avec surprise de la bouche d'une proche en charge du financement de projets sur divers thèmes, dont de disposer des équipements informatiques avec connexion internet qui finalement, n'intéressent pas tant que ça la population locale. Ah bon?? Partie en quête pour comprendre... :) D'ici là, Antananarivo miblaogy 4.0 pour bloggueurs and co et non-bloggueurs juste amateurs de la communication.
Ma destination préférée à Madagascar - part 3 -
24 août 2007 à 22:09 |
Odyssée
La maison grouille de monde de tous âges, devant la porte
d'entrée, affairé dans la cuisine, ou encore prostré devant la télévision.
Le contraste est saisissant entre ce village au fin fond de Madagascar, à priori non équipé de réseau d'eau courante ni d'électricité, et cette antenne parabolique, symbole de l'ouverture sur le monde, effaçant toute notion de distance. Mais tout compte fait, l'ensemble de l'équipement fonctionne probablement au gaz et groupe électrogène, je n'ai guère vu de poteau aux alentours. Et les villageois semblent avoir accès libre aux fauteuils autour de la télé.
Les hommes, Fred, Micka et Ahmed rejoints par 3 autres, discutent dans un coin, au hasard de chiffres, de sous et de business. Avant de s'y installer, l'hôte de maison nous fait comprendre qu'il nous invite à rester déjeûner, le faisant comprendre d'un claquement de doigts en direction de la cuisine.
Au milieu de ce brouhaha, Zo et moi ne savons pas trop où
nous mettre. Nous nous asseyons tout d'abord avec les spectateurs, concentrés
sur un sitcom. Puis rapidement lassées, nous nous dirigeons spontanément vers
la cuisine, visible depuis le séjour, seul lieu où nous trouvons des femmes.
Quatre exactement. Habillées traditionnellement à l'indienne (vêtues du chalouar kamiz ?) et souriantes,
elles s'affairent, chacune préparant plusieurs mets qui donnent envie. Nous
sommes frappées par le nombre de plats pourtant déjà prêts, conservés sur une
table. Nous leur proposons de les aider, mais les gênant visiblement plus
qu'autre chose, elles nous font comprendre que la place des "invités"
était dans le salon et nulle part ailleurs.
Une heure plus tard, un véritable banquet est dressé dans le
coin salle à manger. Les hommes se lèvent alors et s'installent autour de la
table. Les femmes quant à elles, se sont éclipsées. On saisit aussitôt qu'hommes et femmes ne déjeûneront pas ensemble.
Zo: " Tu penses que les femmes vont manger ailleurs?"
Moi:
" Si c'est comme au Kenya, hommes et femmes mangent séparement
lorsqu'il y a des invités. Mais s'il y a discrimination outrageante, je te
préviens, je sors."
Au même moment, Ahmed nous invite à prendre place parmi eux...
En
fait, j'ai alors compris pourquoi il y a eu autant à manger, et tous
aussi délicieux les uns que les autres d'ailleurs: les hommes
assouvissent d'abord leur satiété, les femmes ensuite. Je dois
reconnaître que la notion d'égalité des sexes soutenue dans l'éducation
par mes parents me convient davantage. Ayant un père qui fait
naturellement la vaisselle, la cuisine ou même de la lessive au même
titre que tout le monde, je ne me ferai jamais au machisme
à la fainéantise sous excuse avec pour adjectif ironique "fort". Je
conçois toutefois les règles liées aux différentes cultures, cette
séparation hommes-femmes m'ayant été expliquée au Kenya en l'occurence,
ne m'avait guère choquée.
Toujours est-il que ça a été un pur festin.
Après
le repas, nous nous retrouvons à digérer devant la télé, la salle ayant
été désertée par la plupart des villageois. Fred, Micka et Ahmed se
sont éclipsés.
Une émission banale à prendre avec légèreté, qui nous
fait tout de même rire par moment, Zo et moi. Je réalise alors que les
autres hommes avec qui nous venons de déjeûner rient en échos à nos
réactions. D'un regard entendu et complice avec Zo - rare moment avec
elle -, nous les testons, nous mettant à sourire, pouffer ou rire sans
raison, et cela marche! Regarder la télé est une chose, comprendre ce
que l'on regarde, une autre. Echaudées par le principe que les femmes
doivent manger une fois les hommes repus, Zo et moi nous sommes données
à coeur joie! On appellera cela... la revanche de femmes. :)
Mais à force, nous avons réellement fini mortes de rire.

De Toliara à Manoy (cliquer pour agrandir)
15h.
Il est l'heure de repartir après avoir remercié Ahmed et les cordons
bleus. La piste n'est guère en meilleur état, devenant de plus en plus
sabloneuse, mais les baobabs se font plus nombreux. L'ambiance est
détendue, à rire des péripéties et frasques de Fred et Micka.
Nous
passons le village d'Antanimieva . Approchant du village d'après,
Befandriana (là où il y a beaucoup de lits), Fred nous propose de faire
une halte à Manoy en bifurquant une fois à Befandriana justement.,
"pour prendre un bon bain".
Moi: "comment ça un bain?"
Fred: "Il
y a une source à Manoy, et les villageois ont fait une installation
permettant d'acheminer l'eau. Il y a un endroit où l'on peut profiter
de cette source, pour s'y baigner."
Nous: "ben pourquoi pas alors."
Nous sommes accueillis par les enfants du village, tout sourire, nous interpellant de partout. Ils semblent reconnaître Fred et Micka, mais aiment nous appeler "vazaha, vazaha!", qui rappelons-le, signifie étranger avant tout.
D'aussi
loin que je me souvienne, Manoy est un village, perdu au fin fond de la
Grande Ile, mais charmant. La source était captée que pour les gens puissent
venir puiser facilement, ainsi qu'irriguer leurs cultures
insoupçonnées.
Le soleil est sur le chemin d'aller se coucher, couleurs idéales pour
les photos. Ma première envie a été d'acheter une bouteille de coca,
que l'on peut trouver partout à Madagascar, tout comme la bière locale
THB. Je suis littéralement rouge, rouge comme la terre de mon pays, de
la tête aux pieds. Littéralement recouverte de poussière, on ne
reconnaît plus vraiment les couleurs de mon tee-shirt, short ni même de
mes tongues. Je me cale ainsi sur la calandre du 4x4, ma bouteille de coca à la main, face au soleil couchant. fred me photographie ainsi sur le vif, je n'ai pas eu l'occasion de voir la photo, mais cela aurait fait une belle pub pour "Coca-Cola made in Gasikara"! :)
Puis l'air de rien, Fred et Micka se mettent à se déshabiller devant nous, à l'aise, et de courir, nus comme des vers dans leur "piscine naturelle".
Eux: " vous venez? L'eau est excellente, et ça fait du bien après ce trajet!"
Nous, d'un air entendu - encore un rare moment - : "Euh... Non, ça ira comme ça."
Nous nous voyons difficilement nous déshabiller avec la même désinvolture, et ne comptons pas non plus chercher nos maillots de bain... Pendant qu'ils faisaient leurs zouaves, Zo se repose dans la voiture, pour ma part, je pars discuter avec des enfants curieux de savoir où nous nous rendons.
Les hommes reviennent, le soleil se couche, et il nous reste encore quelques heures de route.

A Manoy (cliquer pour agrandir)
Ma destination préférée à Madagascar... - part 2 -
02 août 2007 à 19:42 |
Odyssée
Précedemment: Ma destination préférée à Madagascar: Part 1
Rendez-vous pris un beau jour ensoleillé, à never, neuf
heures et demie.
9H30. Le taxi s’arrête devant l’adresse indiquée. Sur le bas-côté à droite, un 4x4 garé, il y a fort à parier que c’est la voiture de Fred, notre hôte, et fils du propriétaire des rares hôtels dans cette région de Madagascar où l’on se rend.
On s’approche de la maison, et de la porte d’entrée
juste protégée d’un simple rideau. Zo et moi voyons plusieurs hommes
affairés à compter des liasses de billets. D’un air très méfiant, voire
soupçonneux, un homme que je suppute être Fred nous interpelle :
« C’est vous la fille des Dr Rabe ? »
« Oui »
« Attendez-nous dans la voiture en face, on arrive »,
d’un ton presque péremptoire comme je déteste tant !
La voiture est ouverte, coffre compris. Nous nous délestons
de nos affaires, chacune équipée d’un sac à dos rempli de bouteilles d’eau
de réserve et bricoles diverses, d’un sac de voyage avec affaires de plongée pour ma part, ainsi qu’une
tente commune. Code vestimentaire très détendue, en short et tee-shirt, en
tongues et lunettes de soleil de rigueur.
Et d’attendre...
Sur conseil et initiative de notre couple d‘amis docteurs, ils m’ont en effet fait passer pour leur fille, ce sera plus simple selon eux. Ils ont beau être les médecins attitrés de toute la famille de Fred, il faut croire que ces derniers n’ont jamais vu leur vraie fille car on n’avait aucun point physique commun !
Nous prévoyons de rester 4 jours sur place, 6 jours avec les trajets, ayant finalement très peu d’information. Pas d’eau ? C’est pas possible, des villages y vivent, ils ont nécessairement de l’eau, ne serait-ce que pour la cuisson. Quel budget ? Au-cune idée ! Juste que j’ai davantage écouté mon intime conviction plutôt que le scepticisme de mes parents. Mais ce que j’ai prévu doit suffir, comptant sur la débrouillardise. Zo a également fait marcher le très efficace réseau malagasy, et nous avons pu entrer en contact avec une connaissance ultra-lointaine si bien qu’inconnue, Jean, un météorologue basé dans l’unique bourgade la plus proche de ma destination de rêve. Il accepte de nous héberger le moment venu, lors de nos transitions. Pour le reste du temps, nous sommes équipées de matériel de camping, car je craignais d’avoir un budget limité pour des nuits en hôtel, sans avoir aucune idée où nous planterons notre tente.
Fred arrive enfin, accompagné d’un autre homme. D’autres
affaires sont chargées, et nous voici prêts à partir.
Eux : « Fred, Micka »
Nous : « Zo, Tattum »
Fred, tout en disposant une enveloppe laissant entrevoir une
liasse importante de billets : « Vous êtes prêtes ? »
Nous : « Sans problème »
Fred à moi : « Tes parents vont bien ? »
Moi : « oui, ils passent le bonjour à tout le monde, notamment à ton
père »
Fred : « Cool. Quand ils m’ont demandé si on pouvait emmener
quelqu’un, j’ai accepté uniquement parce que vous êtes deux filles.
S’il y avait un homme, ça aurait été mort. »
Ok, sympa comme entrée en matière, il doit avoir un diplôme en " faire connaissance et détendre l’atmosphère "…
Zo : « Pas grave, vous serez nos gardes du corps ! »
Elle aurait mieux fait de se taire, sa réponse n’a fait qu’accroître le froid, chacun ne sachant trop sur quel ton prendre quoi, le tout étant dit fort, trop sérieusement.
Et moi de me préparer à la politique de la cruche : il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre ! Cela va s’avérer très utile !
10H00. Nous quittons Toliara. Dans un premier temps, Fred me parle beaucoup, pas en tant que Tattum, mais en tant que «
fille des Dr Rabe », ignorant superbement Zo, comme si elle était une
fantôme, et Micka tout aussi silencieux. Il a vite fallu détendre
l’ambiance, qui devenait écrasante. Par un coup de baguette après avoir bien ramé,
tout le monde se met enfin à dialoguer, une demi-heure de route plus tard. Fred et Micka sont meilleurs amis dans la vie, ils se connaissent depuis la tendre enfance. Ils doivent tous deux avoir la trentaine, pas beaucoup plus. Et ils semblent avoir une multitude d’anecdotes à raconter, une fois les anges passés. Ils sont tout fiers de nous raconter qu’ils ont déjà fait ce trajet jusqu'à chez Jean en 4h…au lieu du double que j'avais estimé !
Moi : « Euh, on n’est pas pressé sinon aujourd’hui hein… »
Micka : « t’inquiètes ! On va tout de même vous laisser profiter du voyage ! »
Nous prenons la piste longeant la côte au départ de Toliara, direction au Nord. Nous traversons dans un premier temps des villages connus; tel Ifaty que, disons-le, je ne me résoudrai pas à apprécier, me rébutant notamment de par sa fréquentation, Madiorano, un petit havre discret où j'ai goûté du poisson au coco plutôt particulier, Andrevo, où nous aimons descendre entre amis malgré les fantômes. Puis au-delà d’Andrevo, c’est l’inconnu.
Nous avons le choix entre continuer à longer la côte ou entrer davantage dans les terres. Zo et moi aurions bien opté pour le long du littoral afin de profiter du cadre, cependant la piste ne semble pas conseiller pour la saison. Fred, au volant, décide ainsi de passer par Ankililoaka. Nous aurons alors droit à un véritable cours pratique de 4x4, bien que dans la mesure du possible, j'ose espérer n'avoir jamais à conduire dans de telles conditions, plutôt me faire emmener me conviendrait parfaitement! Ainsi, tour à tour, et peut-être pas dans le bon ordre (excusez ma mémoire visuelle), nous traversons des sables mouvants, - à travers en seconde et non en première paraît-il -, la piste qui s'est tellement creusée qu'on a fini par s'enfoncer, et se retrouver entre deux murs de part et d'autre de la voie au plus profond du creux, - sensation très particulière -, ou encore des plans d'eau à proximité de rizières en croisant les doigts de ne pas rester coincés au beau milieu de ce canal sorti de nulle part. Quand nous n' avalons pas la poussière à pleine bouffée... l'Ile Rouge prend alors tout son sens et sa robe!
Nous passons Ankililoaka, où si ma mémoire est bonne, se tient hebdomadairement un marché bloquant toute la route. Ce jour-là, nous avons de la chance, la voie est libre. Fred propose alors qu'on s'arrête un instant chez un de ses amis à Ampasikibo, à une vingtaine de kilomètres toujours plus au Nord.
Nous arrivons ainsi devant une propriété perdue au beau milieu de la brousse environnante. Une grande maison blanche au milieu d'une cour, et des personnes affairées un peu partout. Nous nous garons dans la cour, Fred attrape alors son enveloppe remplie de liasses de billets et reprend son air ultra méfiant. Zo et moi reconnaissons de suite l'architecture, les hôtes sont des karana, des Malagasy d'origine indo-pakistanaise.
Ahmed, qui semble être le maître de maison sort et accueille Fred les bras ouverts et tout sourire.
Moi : D'après toi, est-ce Fred qu'il accueille ainsi ou l'enveloppe qu'il porte?
Zo : En tout cas, vu comment ça le rend méfiant voire agressif, il y a sûrement de quoi accueillir avec un sourire béant!
Nos rires attirent alors l'attention d'Ahmed.
Ahmed: akory ly, bonjour (dans la région de Toliara)! mandroso, entrez!
Nous entrons et allons passer des moments mémorables.
Suite: Part 3
Ma destination préférée à Madagascar... - part 1 -
30 juillet 2007 à 22:25 |
Odyssée
Cela faisait bien longtemps que je n'ai pas abordé ma rubrique Odyssée. Après mon périple à Isalo, voici un nouveau serial blogging qui va compter plusieurs posts bien répartis, sur ma destination préférée dans ma Grande Ile.
Si vous pensiez le savoir, alors vous n'aviez pas vraiment tort ni tout à fait raison. ![]()
Mais
vous êtes prévenus, je ne citerai ma destination préférée que dans le
dernier épisode, et je remercierai d'avance ceux qui devineront au fur
et à mesure de jouer le jeu jusqu'au bout.
Le comment
Cette destination, je l'ai rêvée, rêve d'adolescente mûrie par la
patience de qui sait attendre, je l'ai méritée comme aucune autre, et je l'ai vécue; en tant que Malagasy,
en tant que passionnée du milieu marin, façon Madagascar naturellement,
l'aventure AZ (comprendre: l'aventure avec un grand A, de A à Z
). J'ai longtemps hésité avant de publier ce sujet, n'ayant pu garder beaucoup de photos de ce voyage qui m'est cher, les pellicules n'ayant pu résisté à une trop longue exposition au soleil, du temps où le numérique tout terrain n'existait pas encore. Mais une destination qui me tient à coeur, qu'on aimerait protéger jalousement. Alors autant en garder une trace écrite...
Soyons concise. Ce rêve est né d'une carte postale:
Carte postale de Madagascar - Photo: Gilles Gauthier
Au dos, j'y lis le lieu où ce cliché a été pris, mais le nom ne me dit rien, sans même pouvoir situer ce paradis au Nord, au Sud, à l'Est ou à l'Ouest. Où que cela puisse être, je connaîtrai un jour...
Qui n'ai-je pas saoûlé à l'époque de mes 20 ans, à demander si quelqu'un connaissait?
Certes, j'aurais pu me contenter de prendre une carte de Madagascar, mais une personne au moins finirait bien par m'en parler.
Chose qui se produit enfin grâce à un collègue de ma mère que j'appellerai Fidy, qui a décidé de parcourir toute l'Ile Rouge pour trouver la femme de sa vie. Fort original n'est-ce pas? Il a dépensé son temps libre et son argent pour cette noble quête, à tel point qu'il connaît tous les tréfonds de son pays, jusqu'aux coins les plus insoupçonnés.
Fidy en est justement revenu et j'ai enfin pu placer ma destination de rêve sur une carte. Ce qu'il me décrit n'annonce alors pas un voyage aisé: piste ardue, destination lointaine et loin de toute ville, sans eau potable ni électricité, voire pas d'eau en bouteille, mais peuple chaleureux et un cadre magnifique.
Plusieurs détails qui n'ont pas réellement aidé pour rassurer mes parents, mais je me suis sentie sereine et prête.
Le quand
L'opportunité s'est présentée grâce au même couple d'amis docteurs dans le Sud de l'Ile qui nous a déjà fait profiter de son réseau pour le voyage à Isalo. Le fils du propriétaire de l'unique hôtel s'y trouvant s'apprête à faire le voyage depuis Toliara (dans le Sud-Ouest) et accepte de nous emmener.
Nous? Quelle a d'abord été ma joie de l'annoncer à mes deux compagnons de voyage et ex-colocataires! Puis de désenchanter l'espace d'une seconde, car Lanto, avec qui j'ai fait l'Isalo, ne peut venir. Je vais donc me retrouver seule avec Zo, avec qui il faut le dire, j'ai beaucoup moins de complicité ou d'affinité, voire des divergences de mentalité et de points de vue. Cela ne nous a pas empêché de cohabiter sous un même toit car le trio forme alors un équilibre, mais je n'ai jamais voyagé seule en sa compagnie et la seule idée a laissé quelques secondes d'angoisse.
Zo a une fâcheuse tendance à vouloir tout imiter, ou à prouver on ne sait trop quoi, telle une ombre qui cherche en même temps à vous dépasser. Je n'ai jamais compris d'où cela peut venir, mais ce troublant mimétisme tout en revendiquant une certaine compétition m'a stressée à bien des égards pour cause de ras-le-bol!
Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir communiqué que je n'ai rien à prouver, si ce n'est de vivre mes 20 ans et mes rêves, avec une pure soif de liberté et strictement rien d'autre.
Mais je ne compte pas renoncer à mon rêve pour autant, je l'ai trop attendu pour hésiter maintenant, Lanto ne pouvant venir, et nos hommes trop absorbés à des occupations bassement matérielles... Voyager? Mais il y a mieux à faire! (
private joke)
Une dernière question réciproque entre Zo et moi:
- "Es-tu sûre et prête de vouloir le faire?"
- "Oui et toi?"
- "Oui moi aussi."
Le rendez-vous est pris à Toliara, par un beau jour ensoleillé, à never
, neuf heures et demi.
>> Next: Le départ
Nosy-Be: jadis et vécu - Part 1 -
18 septembre 2006 à 17:11 |
Odyssée
Je reprends la chronique de mes vadrouilles dans la Grande Ile, en commençant par le Nord, et plus précisément Nosy-Be. Cela s’explique entre autre par un réel engouement pour cet ilôt, une des destinations phare de Madagascar, j’ai pu noter qu’ une bonne partie des mails des lecteurs de ce blog concernent des demandes d’infos sur Nosy-Be. Pour autant, je tiens à préciser que, comme à l’habitude, je reste sur ma position de bloggueuse indépendante partageant sa connaissance du pays, n’étant pas (encore ?) une professionnelle du tourisme au quotidien, je n’ai rien à vendre. Aussi, rares sont mes moments de pub, positives ou négatives d’ailleurs, ou même de simples recommandations pour des agences de voyages, des hôtels ou encore autres professionnels.
Autre avertissement : je ne peignerai peindrai ;) pas Nosy-Be tel un guide de voyages, mais avec un point de vue davantage personnel, pour ce lieu cher en souvenirs. Mon dernier séjour remonte à 2000. Bien des choses ont sûrement changé et/ou évolué depuis.
Ceux qui connaissent en reviennent très souvent subjugués par le cadre et l’ambiance, et je souhaite à ceux qui ne connaissent pas de s’offrir un jour ce voyage. D’ailleurs, à la question de Tonnum si les fonds marins de Nosy-Be m’apparaissent plus beaux que ceux de Ste-Marie, j’ai répondu positif. « On ira à Nosy-be à l’occasion alors ? » « Oui, c’est à voir ». Voilà qui est dit pour m’assurer par avance de ne pas porter le fardeau de « briseuse de rêve » ! Car à mes yeux, Nosy-Be est un paradis perdu. Je m’explique.
Il y a une première fois à tout
J’y suis allée pour la première fois en 1992, pour passer des vacances entre amis. J’ai été surprise, littéralement happée par la beauté de cet écrin de verdure posé sur une mer d’émeraude, encore appelée L’Ile aux parfums. D’où d’ailleurs, déformation orthographique compris, le nom de cette chaîne de parfumerie... J’avais jusque là trouvé Morondava (avant d’être rongée par la mer) ou Mahambo par exemple beaux, mais on est encore une échelle au-dessus. A l’aéroport de Fascène, on est accueilli avec le sourire bien entendu, ainsi que des colliers de fleurs de frangipanier au cou. Pour autant que je sache, c’est unique à Madagascar. Puis l’odeur des ylangs-ylangs nous accompagnent sur le trajet pour Hell-Ville, centre-ville de Nosy-Be. Puis changement de décor avec les champs de canne à sucre, direction Ambatolaoka, plus précisément à Madirokely où se trouve le lieu de résidence, situé juste avant Ambatolaoka, considéré comme le lieu de villégiature très prisé des touristes.
Un cadre parfait de maison au bord de l’eau dans une baie de mer turquoise, une plage magnifique bordée de cocotiers, derrière lesquels se fondent des bungalows encore disparates ; les champs de canne à sucre, et la montagne en face pour terrains de jeu à pied ou à vélo, pour des vacances parfaites. On retrouve la magie du décor ainsi que son cachet encore préservé de l’autre côté de l’île, à Andilana.
Il s’agit également de la découverte de l’ambiance très festive, notamment dès la tombée de la nuit. A l ‘époque, existait encore l’hôtel Palm Beach, sur la route d’Andilana, le cadre répondant assez au nom évocateur. Un de nos autres lieux de jeux. On s’ y rendait à pied le long de la voie ferrée, où les trains circulaient encore entre les champs de canne à sucre et la distillerie à Dzamandzary. Mais Palm Beach était connu pour sa soirée du mercredi ainsi que sa boîte de nuit. Mineurs nous étions, accompagnés par des adultes, également.
Nosy-Be ou découverte des sorties nocturnes ! Je me rassure, aucune révélation pour ma part en assistant pour la première fois à une dispute violente entre deux prostituées qui se battaient pour un « client », ayant tourné au catch féminin et volée de bouteilles… Hormis peut-être d’en tirer des conclusions telles que la vulgarité de se donner en spectacle, ne pas faire pousser mes cheveux trop longs en cas d’accrochage non esquivé, ou encore demeurer la petite fille sage à papa et à maman ne répondant pas aux inconnus. Et aussi, que danser et faire la fête, c’est chouette ! Conclusions datant de l’âge bête.
Rebelote
Le premier séjour m’a paru tellement court qu’il ne me reste plus qu’une idée en tête : y retourner. C’est chose faite l’année d’après, en 1993, où mes parents ont choisi de nous envoyer loin des troubles du pays alors en pleine crise. Les mêmes colliers de fleurs, le même parfum des ylangs-ylangs sur la route cheveux au vent, mais Ambatolaoka et Madirokely ont entamé leur changement.
J’ai été étonnée par le nombre de constructions sorties de terre tels des champignons en l’espace d’une année. Hôtels, maisons individuels, bungalows, sans que l’ensemble ne donne le sentiment d’une concertation d’urbanisation ou encore d’harmonisation par rapport à un cadre qui mérite largement d’être préservé. Mais ce n’est que le début, passant presque inaperçu aux yeux de beaucoup. Mais pas aux miens. Par ailleurs, les gens commencent à barricader dans l’illégalité totale leurs propriétés en bord de mer, plage comprise sous prétexte de protéger leur accès à l’eau (située à 30m max) alors qu’absolument rien ne vient entraver ce confort ; les plages appartenant à l’état, relevant du domaine public maritime. Les cocotiers sous lesquels on faisait la sieste se retrouvent derrière des barrières, et ornent désormais des jardins privés auto-appropriés.
Mais le charme est encore là. C’était peut-être bien là tout le problème, celui de ne pas avoir vu venir suffisamment tôt le gâchis qui allait suivre, de ne pas avoir fait le ménage à la corruption, le ménage tout court au nom d’une valorisation réfléchie de ce patrimoine et non nombriliste pour le compte d’un seul...
Plus d’un mois pour en profiter pleinement, assouvir ce goût de trop peu de la première fois, découvrir davantage l’île, et je peux le qualifier ainsi : pour des vacances de rêve… Où tous les ingrédients sont présents : sea, sun, sports :), trips, friends, dancing, etc… L’hôtel Palm Beach est désormais fermé, mais pas la boîte de nuit annexe.
Et cette année là, je découvre ma passion pour les fonds marins, qui me conduira à la plongée sous-marine. Une fois ce monde inconnu et ses codes appropriés, je parcours mon immense jardin juste devant la maison, en masque, palmes et tuba. A marée basse, c’est suffisant. La pure sensation de liberté dans le silence du grand bleu enivre littéralement, encore et encore…
Un beau jour, alors qu’on se tenait debout devant un chantier, pourtant loin du plus beau décor que puisse offrir Nosy-Be, j’ai murmuré : « Si je dois travailler quelque part à Madagascar, ce sera à Nosy-Be »… Sans encore savoir ni la branche, ni le comment. Mais en attendant, je l’ai pensé très fort, un rêve en somme. J’ignorais alors que je prononçais ce rêve devant ce qui serait mon futur lieu de travail…
Dans un autre contexte
Les années passent, en voyant Nosy-Be muée mais je demeure captivée. Après m’être donnée les moyens de réaliser mon rêve, je débarque un jour sur l’Ile aux parfums, contrat en poche. Mais je ne me faisais pas d’illusion que ça allait être différent des vacances. Premier élément : l’arrivée. Au lieu de débarquer d’un avion commercial d’Air Mad, je respire de poser mes deux pieds sur la terre ferme après quelques poussées surdosées d’adrénaline, en compagnie de mon directeur certes, mais en rien responsable de ces effets, mais plutôt d’un pilote légèrement frapadingue qui aime faire joujou avec son quadriplace dans les nuages. Bon, en compensation, il a également eu l’extrême gentillesse de me faire visiter la côte Nord-Ouest de Madagascar, vue du ciel.
Puis je ne retrouve pas le parfum des ylangs-ylangs, ce n’est pas la saison de floraison. Et j’attaque rapidement les choses sérieuses car j’ai été parachutée sur recommendation, pardon, j’ai fait jouer mon réseau pour ce poste, et je dois ainsi faire toutes mes preuves.
Qu’importe, normal même je dirai, car je me sentais alors privilégiée. Se réveiller le matin, aller piquer une tête ou enfiler son masque et palmes pour admirer les poissons de bonne heure, petit-déjeûner et se rendre au boulot que j’adore. Et le soir, débaucher, aller prendre un verre avec ses collègues à Hell-Ville autour de guitares, à parcourir le répertoire de Mahaleo, de Rija Ramanantoanina, et autres artistes avant d’aller se coucher. Il n’y a pas à dire, cela apparaît comme un cadre idéal.
Puis il y a le quotidien qui nous saute aux yeux, de plus en plus. Nosy-Be est le lieu le plus cher de Madagascar. Tout coûte plus cher ici. Mais je ne paie alors pas de loyer, me rend au travail à pied ou en vélo, en ville avec les voitures de l’entreprise, donc à mon échelle je relativise mes dépenses. Mais cette cherté s’explique par la position insulaire de Nosy-Be, les denrées provenant d’Andampa ou d’Antsiranana, mais également par la vénalité exacerbée par le tourisme. Et l’on assiste aux méfaits de la corruption, à un manque d’urbanisation total, à une installation anarchique au possible. Il devient banal de voir une maison en dur se dresser en un mois, chrono en main. Cela profite à quelques personnes qui se frottent les mains, trompées par ce qu’ils pensent être l’ivresse du pouvoir, n’étant en fait que des sous-fifres de marionnettistes de tous horizons.
Maintenant que je peux faire le parallèle entre Nosy-Be et Sainte-Marie, et bien que n’ayant pas connu cette dernière quinze années auparavant, je félicite la meilleure gestion et valorisation de l’île Sainte-Marie, et on ne peut que les inciter dans cette voie.
Le jour où j’ai désenchanté, précisons-le, d’Ambatolaoka et de Madirokely, je revenais d’un week-end sur Nosy Iranja, alors l’Ile aux tortues. Alors superbe, magnifique. En débarquant devant chez moi à Madirokely, la réalité m’a sauté aux yeux : la baie est devenue sale, surpeuplée, enlaidie, gâchée.
Aussi, pour cela et des tas d'autres raisons comme lorsqu'on réalise qu’on n’est pas une carriériste pure et dure pouvant se passer d’équilibre personnel, on finit par quitter cette position de privilégiée… Sans regret, tout en se disant que la boucle n’est pas encore bouclée…
A suivre: Part 2: Nosy-Be et environs: les coins à ne pas rater
Sur l'île Sainte-Marie
23 mai 2006 à 12:03 |
Odyssée
Je reprendrai bien un peu de rêve...
Comment dire... C'était trop dur... Trop dur de rentrer de ce paradis tropical!
Nosy Boraha ou Sainte-Marie, s'étend parallèlement à la côte Est à une dizaine de kilomètres au large de Soanierao-Ivongo. L'île se déroule tout en longueur sur 60 km, et sur une largeur de 6km, cernée par une barrière de corail. Le lagon ainsi formé apparaît comme un véritable écrin azuré, propice à la plongée sous-marine. Je me retrouve ainsi dans mon élément, que demander de plus?!
Les habitants sont d'une cordialité et d'une serviabilité exemplaire. Je n'ai jamais dit autant de fois bonjour en une journée, que ce soit les hommes, les femmes ou les enfants. Ils sont très prévenants, espérons que cette spontanéité perdure avec le tourisme en plein dévelopement, et par pure sympathie,
vous hèlent pour vous conseiller les lieux à visiter, pas
nécessairement des coins hyper-touristiques, mais les bons plans de
locaux. C'est ainsi qu'un homme nous conseille vivement de davantage
nous rendre sur la côte Est de l'île, plus sauvage, et encore plus
belle et que nous n'avons pas cherché à visiter le cimetière des
Pirates, probablement le site le plus connu de Sainte-Marie. En effet,
l'histoire de Sainte-Marie fut liée à celle des pirates, dont les plus
célèbres: William Kidd l'écossais, Thomas Tew l'Américain ou encore Thomas White l'Anglais. Dès 1680, ils en avaient fait leur port d'attache et leur base pour écumer l'Océan Indien. Pour en savoir plus sur les pirates de Sainte-Marie.
L'ensemble de ses infrastructures hôtelières a préservé une certaine harmonie dans le
cadre général de ce décor tropical, ce qui en fait un des charmes de Sainte-marie. Les
hôtels sont disséminés tout au long des criques et des baies de la côte
Ouest, plus rares sur la côte Est, et sont pour la plupart des bungalows conviviaux, répondant à
l'esthétisme au naturel, profitant largement des ressources végétales
locales.
Cela me rappelle Nosy-Be dans les années début 90, qui depuis a subi des dégâts avec un littoral de plus en plus grignoté et bétonné, une urbanisation anarchique, ainsi que les effets pervers liés au tourisme à tendance de masse depuis une dizaine d'années. Espérons que Sainte-Marie s'en protège et préserve son cachet authentique, bien qu'elle soit déjà moins sauvage selon ceux qui l'ont connue auparavant. Il en va de la contribution de chacun.
Traversée de l'Océan Indien
Mes parents m'ont rejointe à Toamasina, tandis que Tonnum s'est envolé pour Sainte-Marie avec un jour d'avance, pour raison pratique. Après une agréable soirée à Toamasina, qui est devenue très calme à mon goût, - il semble loin le temps où le Boulevard Joffre était très animé en soirée (d'ailleurs, je n'ai revu aucun de mes copains d'antan) -, mais demeurant une bonne adresse pour les soupes chinoises, nous ne tardons pas, le réveil sera matinal. A 6h15, nous arrivons bien à l'agence qui va assurer notre transfert pour Sainte-Marie, d'abord en car puis en vedette. Il s 'agit d'une compagnie asez récente, et leur bateau semble fiable. La journée commence bien: on s'engueule avec les tireurs de pousse-pousse qui à l'arrivée, ne sont plus d'accord avec les prix convenus au départ. Puis on nous annonce qu'il n'y a pas de petit-déjeûner, qui devait être offert, inclus dans le tarif. Avec une pointe certaine de déformation professionnelle, j'ai du mal à comprendre que l'agent en place ce matin-là ne soit pas en mesure d'expliquer pourquoi le service n'est pas assuré comme prévu, et qu'absolument rien ne soit proposé pour y pallier. Un détail près me diriez-vous, mais à partir du moment où je paie, que ce soit un produit ou un service, je deviens une cliente tr-ès exigeante. C'est la différence que j'entends distinguer par rapport à la démerde ou à l'improvisation ou encore à l'aventure. Il ne reste plus qu'à patienter trois bonnes heures, le temps nécessaire pour se rendre à Soanierano-Ivongo où a lieu l'embarquement. Peut-être n'aurais-je pas été contrariée d'aussi bon matin, que je n'aurais pas relevé que le car qui nous y a emmené, un taxi-brousse repeint (de l'extérieur), avec les même banquettes aussi serrées et inconfortables (mais on est bien à Madagascar, j'accorde), n'avait rien de contractuel avec l'affiche de l'agence.
Enfin... Notons juste que le tarif préférentiel pour les habitants de Toamasina et de Sainte-Marie est très intéressant: 20 000Ar le transfert.
Direction Soanierano-Ivongo donc, au Nord du port, en passant par Foulpointe, une station balnéaire prisée par les Tananariviens, Mahambo qui me rappelle de bonnes vacances, et Fénérive-Est, vivant la sensation d'un pont flottant au passage, en attendant la reconstruction de celui-ci.
Au lieu d'embarquement, situé derrière le marché en effervescence de Soanierano-Ivongo, le chargement se fait assez rapidement. La vedette semble de construction récente, bien entretenue en tout cas. Nous nous installons à raison de trois par banquette, gilet de sauvetage obligatoire, le grand confort! Mes parents et moi naviguons pour la première fois sur l'Océan Indien, particulièrement calme en ce jour. La traversée dure 50 minutes.
Ambodifototra
Ambodifototra est le chef-lieu de l'île. Il s'agit d' un petit port
installé à l'entrée d'une baie de la côte Ouest. Au sud de la
bourgade, s'élève la plus ancienne église catholique malgache, datant
de 1859. On y trouve les principaux services, administratifs (banques, poste...) et touristiques (agences diverses, locations).
Nord et Est
Nous louerons d'ailleurs un scooter pour visiter la partie accessible vers le Nord de l'île, jusqu'à la baie de Lokintsy (Hôtel La Crique). Au-delà, la route est dans un tel état, très accidentée et rocailleuse, qu'on préfèrerait volontiers continuer par la voie marine... Une chouette balade au vent, à la rencontre de la population.
Nous nous risquerons également sur les pistes boueuses vers l'Est, toujours en scooter, suivant et observant de près le taxi qu'ont pris mes parents, selon qu'il s'enfonce beaucoup ou pas dans les nids de poule inondés, histoire d'éviter d'y patauger jusqu'aux genoux.
La côte Est demeure plus sauvage, avec beaucoup moins d'infrastructures, et le lagon y est vraiment magnifique. Une journée de farniente absolu en perspective, dans un cadre de rêve, à siroter l'apéro les pieds dans l'eau, à déguster de délicieux plats de fruits de mer, et à se prélasser dans une eau aussi transparente que chaude. C'est dégueulasse, hein? C'est aussi ce que je me dis en y repensant!
L'île aux Nattes
L'île aux Nattes est un ilôt exquis à une vingtaine de minutes en
pirogue au Sud de Sainte-Marie. L'eau est d'une clareté saisissante et
les panels de couleurs entre les eaux turquoises du lagon et le bleu
intense de la haute mer qui se fracasse sur la barrière récifale sont
d'une beauté fascinante.
Nous y avons essentiellement séjourné, où nous avons loué des bungalows privés. Ca fait du bien de sortir des hôtels où l'on a l'impression de vivre en sursie du pays, et de profiter maintenant d'avoir son propre rythme, d'être davantage en contact avec les habitants, et de pouvoir décider de ce que l'on va manger. L'électricité fonctionne également grâce à un groupe électrogène, toujours allumé que le soir. Nous avons le luxe de disposer d'un frigo, alimenté avec une bouteille de gaz, c'est la première fois que je vois cela.
Mais les touristes étant rares en cette saison, les vendeurs de souvenirs nous ont très rapidement repérés, et commencent leur défilé. En effet, nous faisons partie des quelques fous venus s'aventurer sur la côte Est, devant le danger et les cas (mortels pour certains) de dengue (ou chikungunya?) connus à Toamasina. Mais la preuve, en ayant pris nos précautions, moyennant trois flacons d'anti-moustiques, une boîte de spirales anti-moustique, les moustiquaires, les médicaments en prévention du paludisme, les vêtements longs en soirée, et un médicament théoriquement anti-chikungunya (si la maladie est déclarée) à base d'huile essentielle (peut-être un placebo, rassuré d'avoir un médicament à portée de main?), nous sommes toujours là, sains et saufs! Bon, la question s'est posée, "y aller ou annuler?"avec les nombreux cas de malades en mars dernier, mais je ne voulais pas tomber dans la psychose. D'ailleurs, lors des crises suite aux cas de grippe aviaire, nous avons fait partie de ceux qui ont continué à consommer du poulet: non à la psychose et à la manipulation médiatique. Pas de pure inconscience non plus, ces précautions sont de rigueur à l'année de toute manière, sans pour autant tomber dans la paranoïa.
Côté culinaire
La vie dans ce pur cliché de carte postale est bien entendu on ne peut plus agréable. La météo a été avec nous, il pleut essentiellement la nuit ou à l'aube, le soleil et le ciel bleu assuré la journée. Impossible de faire la grasse matinée, tant le jour se lève tôt et la température vite agréable, atteignant tout de même les 28°C à midi. Un peu chaud pour un mois d'avril, mais la planète se réchauffe en toute place, en tout lieu... Avant d'aller se baigner, on part acheter le poisson. On trouve du poisson-perroquet, des demoiselles, toujours présents au niveau des récifs coralliens, des rougets également, à notre plus grande joie, parfois incomprise devant l'air blasé des Saint-Mariens qui saturent de toujours manger ces mêmes poissons. 10 000Ar (environ 4€) le kilo, pesé "à la louche", soit facilement le 1.5kg. Tandis que les perroquets sont cuisinés au coco, un pur délice, encore mieux que le poulet au coco je dirai, les rougets sont grillés, en empruntant le grill de l'hôtel d'à côté.
En accompagnement, nous découvrons le soanambo ou fruit à pain tiré de l'anglais breadfruit, dont c'est justement la saison. Se rapprochant du jacquier mais de forme ronde, le fruit de l'arbre à pain possède une texture farineuse comme la
pomme de terre et son goût rappelle celui de la patate douce. La récolte s'effectue tôt le matin avant la forte chaleur de la journée. Le fruit ne doit jamais tomber sur le sol. Nous le dégusterons frit, en fines lamelles.
C'est meilleur que des frites, d'autant qu'il n'absorbe pas l'huile comme la pomme de terre. Délicieux et en plus, davantage diététique! Nous en avons mangé quasiment tous les jours, et même de retour à la capitale, où nous en avons trouvé au marché.
Le jardin étant bordé de cocotiers,la plage en général, on décide de préparer des bonbons coco avec la femme du gardien de la propriété. Recette illustrée à venir.
Nous avons amené le reste des provisions, mais je suppose que faire les courses à Sainte-Marie doit revenir assez chère, bien que probablement moins qu'à Nosy-Be. Nous nous sommes juste approvisionnés en THB bien entendu, même mes parents en ont bu à chaque repas, et en fruits. Tonnum apprécie particulièrement les ramboutans, qu'on appelle letchis sinoa (chinois) à Madagascar, ou encore le chérimole ou "coeur de boeuf".
Nous avons par ailleurs commandé un punch au coco fait maison. La dame s'est vantée que les hôtels se ressourcent tous chez elle, mais elle a dû être bon commercial, car son punch n'a pas été buvable de la moindre goutte! Dans une vieille bouteille de pastis, ça sent davantage l'anis que le coco, et la proportion rhum-lait de coco, varie au fil des heures au frigo, passant de 50% d'alcool - 50% de lait à 80%-20% . Il a fini vidé. Dommage.
L'envers du décor
Toujours avec la femme du gardien, nous sommes allés faire de menues courses dans le village principal. Nous longeons toute la façade Ouest où poussent les hôtels, de plus en plus nombreux mais s'efforçant de préserver le cadre, suivant des sentiers entretenus. Puis au-delà du dernier hôtel, le décor change du tout au tout. Le sentier devient boueux, où traînent des ordures par endroits. Arrivés au village, les habitants nous regardent d'un oeil presque étonné de nous voir là, les touristes ne s'aventurent-ils jamais par ici? Il est certain qu'ici, on n'est plus vraiment dans la carte postale pour touristes. On retrouve des petites cases exigües, un peu les unes sur les autres. Par-ci, par là, des étals où l'on vend quelques fruits et légumes à la place des artisanats pour souvenirs. Plus loin, un homme titube tant bien que mal, il a très certainement abusé sur la bouteille de rhum. Dans une épicerie, une jeune femme achète de l'huile en fonction de ce que lui permet sa monnaie, et non au litre ou au demi-litre. Alors en voyant ces scènes, par moment de misère, je me demande tout d'un coup à qui profite la manne touristique en plein développement? Uniquement à ces investisseurs, tous étrangers? Certes une activité hôtelière doit générer des emplois, une cinquantaine pour les grandes infrastructures. Mais on n'a vraiment pas l'impression en se rendant ici, que cela profite à la population locale... A moins que celle-ci préfère unanimement vivre dans ces très modestes conditions, je me permets d'en douter...
On entend un grand brouhaha ainsi que de la musique à plein volume vers le fond du village. Par curiosité, nous allons voir. Il s'agit d' un bal-kermesse. Tandis que ma mère fait les provisions en oranges, deux petites filles s'approchent de nous, vêtues de leurs habits du dimanche, l'une en robe orange fluo et l'autre en robe blanche, adorables: "Bonjour!".
"Bonjour"
"Bonbons?", poursuivent-elles, tout sourire.
"On n'a pas de bonbons. Vous savez que ce n'est pas pour les dents les bonbons, ça les abîme".
Les touristes croyant faire plaisir à offrir des bonbons à des enfants ne font que contribuer à leurs caries dans des lieux où n'existe aucun dentiste. Car à raison de quelques bonbons multipliés par le nombre de touristes qui pervertissent leur rencontre, cela peut faire beaucoup de caries... Mais elles restent là, attendant poliment, toujours avec le sourire. Je prends alors une orange et Tonnum une autre, et nous les offrons aux deux petites filles. Sur le moment, j'ai cru que cela n'allait pas les intéresser, mais elles ont accepté avec joie. La lueur dans leurs yeux en témoignent, elles poussent même des exclamations de joie, et nous remercient grandement. Devant une telle scène, on avait brusquement l'impression de les avoir offert leur cadeau de Noël... Un moment très émouvant... Des oranges, j'allais dire ce ne sont "que" des oranges... Il reste encore beaucoup d'efforts à fournir afin de structurer le tourisme et ses enjeux, notamment lorsqu'on communique beaucoup en matière d'écotourisme et de développement durable, qui ne prendront leur sens, outre que purement marketing, que dans des réalisations de faits... Elles reviennent entourées de camarades, toutes demandeuses d'oranges! Mais il a fallu mettre le hola, on ne pouvait pas donner une orange à chaque enfant du village, d'autant que l'étal entier n'aurait pas suffi.
Côté plongée
Les spots de plongée sont nombreuses à Sainte-Marie. Voir tous les sites de plongée.
Mais ma passion étant contagieuse, Tonnum décide de m'accompagner, mais uniquement en snorkelling. Pas de bouteilles en club donc, uniquement avec notre équipement de masques, palmes et tuba. Nous nous sommes faits plaisir le long de la barrière de corail devant nos bungalows, au gré des marées. Le platier est assez abîmé, mais il demeure des rencontres sympathiques avec les poissons de coraux, toujours aussi colorés, dont de nombreux poissons-chirurgiens, et quelques bénitiers. Cela devient plus intéressant juste après la barrière récifale, mais pas toujours possible en fonction des marées.
J'ai ainsi achevé de prendre des couleurs, de bronzer pour les deux années à venir sans déteindre même nue dans la neige (!), avec autant d'heures passées dans l'eau!
Le temps du retour
Toute bonne chose a une fin. Quelque part, ce n'est pas plus mal, on appréciera ainsi que mieux encore. Un piroguier vient nous chercher aux bungalows, à 6h du matin. Il s'appelle Leva, et son plus grand rêve, c'est d'un jour prendre l'avion pour Antananarivo, et découvrir la capitale. Il rêve tellement d'avion qu'il décide de nous raccompagner jusqu'à l'aéroport, chose qu'il fait dès qu'il peut. Je ne lui ai pas parlé de mes rêves... Peut-être les aurait-il trouvés indécents? Mais de toute manière, je ne parle jamais de mes rêves. Si c'est le cas, c'est qu'il est secondaire, soit réalisé... Et combien même j'en réaliserais de ce qui me reste, pas grand monde le saura dans mon entourage...
Le temps est orageux, le ciel très chargé mais la pluie nous épargnera pour ce dernier matin sur Sainte-Marie.
Nous achetons finalement une bouteille de punch au coco, c'est la revanche pour la première bouteille ratée, et histoire de ramener un rayon de soleil local pour ma soeur.
Un dernier coucou à Leva, qui a tout de même pris l'adresse de mes parents si un jour il réalise son rêve, ce que je lui souhaite vraiment, et l'avion s'envole survolant une dernière fois l'île aux Nattes.
Le reste du séjour se fera à Antananarivo, que l'on profite tout de même de ma ville natale, jusque-là juste traversée en vitesse.
Sur le Canal des Pangalanes
18 mai 2006 à 21:37 |
Odyssée
C'est la première fois que je parcours le Canal des Pangalanes en
longueur. Il faut dire qu'avant ce voyage, je n'avais pas de réelle
idée du mode de locomotion possible pour le découvrir, où et qui
contacter, ni des tarifs. En fait, j'ignore si je l'aurais envisagé
ainsi si je n'avais pas organisé ce circuit dans mon propre pays. J'y ai jusque-là pataugé, et même appris à nager au
niveau d'Ambila-Lemaintso, puis plus tard à Manambato.
Manambato
justement. Nous quittons la route goudronnée à Brickaville pour la
piste d'environ 7km. Une piste en mauvais état, et Daddy est soulagé
qu'il ne pleuve pas, autrement, il aurait été difficile voire
impossible de monter une pente plutôt raide qui aurait été un véritable
et dangereux toboggan en cas de piste mouillée.
L'hotel nous a
préparé un bungalow juste en bord de plage, mais nous avons dû en
changer: ils avaient allumé la lumière, toutes fenêtres ouvertes, un
bungalow devenu le lumineux Las Vegas pour moustiques et insectes en
tout genre! Le dîner nous attend également. On apprendra en fait que
l'hotel fonctionne avec un groupe électrogène allumé de 18h à 22h30, et
que par souci de logistique, on ne peut commander les plats qu'on veut,
mais un menu est proposé à chaque repas. Soit. Une soupe en entrée par
24°C toutes lucioles clignotant, ça réchauffe! Tonnum la tente, son
estomac aura moyennement apprécié.
La nuit a été courte, j'ai du mal
à dormir, entre l'odeur d'enfermé dont je suis allergique, et tout un
tas de bestioles apparemment habitués à occuper les lieux, ne se gênant
pas pour bouger, manger et que sais-je encore. Si j'avais un sac de
couchage, j'aurais été tentée de finir la nuit sur la plage! Aussi à
5h30, je suis déjà dehors, à me promener le long du lac Rasoabe. Le
ciel est très chargé, orageux, mais je profite de l'accalmie, bientôt
rejointe par Tonnum.
La
plage est quasi déserte, à l'exception d'un homme qui nettoie la plage,
et plus loin, une mère et ses deux enfants en train de faire la lessive
et vider des tilapias, côte à côte. La dernière fois que je suis venue
à Manambato, on avait campé 4 jours sur cette plage, avec le club de
trekking dont j'étais membre, séjour dont je garde de chers souvenirs.
Cette fois-ci, le lieu semble sans vie, toutes les maisons secondaires
appartenant à des familles aisées de la capitale ou de Toamasina sont
closes, et les hotels semblent vides. Enfin, à 6h du matin, ça peut
paraître normal!
On décide de faire un tour dans le village, histoire d'être en
contact avec les gens. On en profite pour acheter des paquets de
biscuits dans une épicerie. Je réalise alors que je n'ai plus aucune
idée de combien coûtent les choses actuellement, c'est très
destabilisant d'autant que je n'aurais jamais cru que ça m'arriverait.
Mais trois années d'absence suffisent de toute évidence... Je réalise
ma maladresse de demander le prix à la mine étonnée de l'épicier, qui a
mis quelques secondes pour me répondre. J'espère qu'il n'a pas gonflé
le prix, question de principe. Mais ça n'a pas été le cas, on rachètera
le même paquet à Toamasina au même prix.
Nous rentrons juste à
temps, une bonne pluie bien drue caractéristique de la côte Est éclate.
Tonnum est étonné par la force de celle-ci. Elle durera trois bonnes
heures, ce qui nous laisse le temps de petit-déjeûner, bouquiner pour
Tonnum et écrire un peu pour ma part, et de discuter avec le patron de
l'hôtel. Celui-ci nous fait part de la difficulté de la logistique en
abscence d'électricité, la flambée des carburants n'aidant pour le
fonctionnement obligatoirement limité du groupe électrogène. Une
navette doit se rendre à Brickaville deux fois par jour pour chercher
les vivres de chaque repas. Il évoque également la difficulté de la
gérance de son hôtel, étant pour lui une seconde activité, car il vit à
Antananarivo. Après plusieurs expériences infructueuses, avec des
nationaux et des vazaha, il doit tout gérer lui-même, ce qui n'est pas
chose simple à raison de quelques jours de présence par mois.
Cela
s'en ressent quelque peu dans la tenue de l'hotel. Mais il est certain
que devant le développement du tourisme et un marché qui va devenir de
plus en plus concurrentiel, la démarche de répondre à une charte
qualité de la part des hôtels semble incontournable. Moyennant encore
beaucoup d'efforts et d'aménagement, selon des sens de priorités qui
mériteraient probablement d'être revus. Vers 11h, le soleil revient,
éclatant. J'en profite pour me baigner,
Tonnum préférant continuer à lire. cet immense lac pour moi toute
seule, je m'y suis sentie bien petite!
Nous quittons Manambato pour quelques jours à Akanin'ny Nofy. La
vedette est ponctuelle. Nous avons de la chance, nous allons être les
seuls passagers avec le conducteur et un guide, pour une dizaines de
places.
Le Canal des Pangalanes
Nous quittons le lac Rasoabe et traversons le lac Rasamasay. Pour la petite histoire, le long de la côte Est se succèdent sur près
de 665 Km, une multitude de lacs et de lagunes naturelles, séparés de
l'Océan Indien par une mince frange de terre (de Tamatave au Nord, à
Farafangana au Sud). Des aménagements ont permis de lier ces cours
d'eau entre eux, et surtout de rendre cette voie navigable aux péniches
et chalands, assurant ainsi une navigation en sécurité.
Le canal des Pangalanes répond aux besoins commerciaux le long de la
côte Est, avec le transport de nombreux produits grâce aux ports
fluviaux aménagés dans la plupart des villes traversées. Réhabilité à
la fin des années 1980, le canal est navigable sur un tronçon d'un peu
plus de 430 Km, de la gare fluviale de Tamatave à celle de Mananjary.
Points kilométriques : le canal est balisé par des "PK" tous les dix kilomètres.
PK 0 Tamatave
PK 60 Akanin'Ny Nofy
PK 90 Ambila Lemaitso
PK 101 Andevoranto
PK 155 Vatomandry
PK 228 Mahanoro
PK 341 Nosy Varika
PK 433 Mananjary.
Source: Madagascar, le guide.
Le
Canal des Pangalanes est un milieu unique, reliant un chapelet de lacs,
de lagunes et de rivières. On est bien sur la côte Est, mais le décor
est d'une autre beauté, le long de cette artère liquide aux nervures
tantôt d'un vert profond, tantôt bleutées, entourée d'une végétation
luxuriante. Un miroir aquatique bordé de Pandanus, de bosquets d'
"oreilles d'éléphant" (Typhonodorum lindleyanum ou Alocasia macrorrhiza?),
et de majestueux ravinala. Nous croisons des pirogues de pêcheurs,
silencieuses comparées au boucan que fait le moteur de notre bateau, un
homme chargeant du bois sur une plate toute rouillée, et des villages
épars et isolés dans ce cadre.

Une épave également, probablement là depuis quelques dizaines d'années.
La
population vit essentiellement du commerce de produits locaux (bois,
frits et légumes, charbon de bois, etc...) ainsi que de la pêche. A
chaque rétrécissement de la voie, au passage d'un lac à une lagune, on
peut observer des passes à poissons, faites de roseaux et en bois, en
forme de V au fond desquelles se font piéger les poissons.

Akanin'ny Nofy
Après
une heure de trajet, nous arrivons sur le lac Ampitabe où se niche
Akanin'ny Nofy, qui porte bien son nom de "nid de rêve". Notre hotel se
trouve sur la presqu'île qui renferme également la réserve privée Le
Palmarium. Le bateau s'amarre au niveau d'un long ponton en bois,
l'accueil est sympathique, avec le cocktail de bienvenue. A peine
avons-nous monté les marches qui conduisent au jardin de l'hotel que
nous pouvons apercevoir un couple de Varis (Vari variegata),
vautrés à proprement parler sur leur branche. Quant au jardin, il est
magnifique, surtout baignant dans la lumière du jour descendant, avec
diverses variétés de palmiers, au milieu des ravinala toujours, de
plantes xérophytes comme les Aloe, d'orchidées, d'acacias de différents
coloris. Vraiment charmant.
Tout
comme le bungalow, la vue surplombant le lac, avec un hamac et un salon
en bambou extérieur en terrasse et un intérieur clair et spacieux. On
est charmé.
L'hotel fonctionne également au groupe électrogène, et
les repas sont à heure fixe: le déjeûner à 12h, et le dîner à 19h,
toujours avec des menus uniques. Gloups! On va faire avec, tant pis
pour la flexibilité des horaires en vacances. Les affaires posées, nous
partons dans la forêt située derrière l'hotel, faisant attention de ne
pas sortir des sentiers balisés dans ce lieu que l'on découvre juste.
C'est un avant-goût de la visite prévue en groupe.
Le petit-déjeûner a été à la fois surprenant et magique. Ne voulant
pas rester enfermés, Tonnum et moi décidons de nous installer à une
table extérieure. Nous voici bientôt approchés par un, puis deux, puis
jusqu'à une dizaine de lémuriens, perchés sur leurs branches,
attendant, on le saura plus tard, leur friandise de bananes quotidien.
Un lemur vari, un jeune encore fou fou, a décidé qu'il voulait jouer.
Premier contact de Tonnum, avec une agréable surprise lors de la
préhension des petits doigts à coussinets et une légère inquiétude vite
passée lorsque le prosimien le mordille doucement. Mais il joue, pas
d'inquiétude à avoir.
La visite a été riche et intéressante. Le
maître des lieux et non moins guide, est particulièrement fort pour
dénicher la moindre minuscule grenouille dans un milieu ombragé dans
lequel elle se confond parfaitement, pour imiter les cris de
l'Indri-indri ainsi que du sifaka pour les attirer, ou pour expliquer
la magie des plantes épiphytes (ça m'intéresse davantage), ou encore
pour trouver des orchidées rares et singulières (pléonasme?). Je fais
la connaissance d'un guide, Hery. Son fils de 4ans, adorable et très
bavard, l'accompagne avec son groupe de visiteurs, avec qui on effectue
également le tour de la réserve. A la phrase "j'ai beaucoup voyagé", je
suis toujours tentée de répondre "Je m'en fous, ça ne change rien à ma
vie", mais ça a été son intro pour un échange fort sympathique. Il
adore son métier qu'il pratique depuis maintenant dix ans, ce qui lui a
permis de faire 4 fois le tour complet de Madagascar. Le pied! Il
préfère notamment travailler avec des groupes de scientifiques, mais
garde de très bons souvenirs de chaque région, quelque soit le
contexte. Je suis loin d'avoir fait le tour de la Grande Ile, mais j'ai
apprécié échanger avec lui, sur les endroits que je connais, ce qui
nous y a marqué, comment ça a évolué depuis, etc... J'ai gardé ses
coordonnées, pour un projet de voyage que j'ai sur la côte Ouest cette
fois de l'île. Ces personnes ont toujours de précieux conseils
pratiques.
Voir l'album Faune et Flore.
On peut également se baigner dans le lac, l'eau doit faire au moins
28°C! Histoire de s'amuser, on a enfilé nos masques, palmes et tuba, à
nager après les quelques pauvres poissons autour du ponton. Le soir de
la pleine lune, j'ai voulu l'admirer, allongée sur le ponton. J'aime
beaucoup les pleines lunes, surtout au bord de l'eau ainsi. Bien que je
ne pense pas faire partie de ces personnes influencées de près par les
mouvements lunaires, c'est un spectacle que je ne rate jamais lorsque
le cadre s'y prête. Le bruit du léger clapotis de l'eau, la lumière
bleutée reflétant sur l'eau, le contraste des couleurs sombres et
claires de la lune, et la quiétude ambiante... La scène idéale pour
laisser libre cours à ses réflexions, et ses rêves... Dire que je suis
une grande rêveuse, je le suis, mes rêves m'aident à avancer; dire
qu'il faut garder les pieds sur terre, je les ai ancrés trois lieux
sous terre. Et la tête dans la lune. C'est toute l'histoire de ma vie...
Un séjour bien agréable, idéal pour se ressourcer dans un cadre paisible, et on s'adapte aux horaires fixés.
Seul bémol: n'ayez pas la bonne idée de vous retrouver les seuls
clients restants, car par souci d'économies probablement, les lumières
peuvent être allumées avec beaucoup de retard, 1h30, et on a le temps
de se repasser les idées dans le noir!
Egalement, le cafouillage par ce qu'on entend par "prix par groupe".
Mathématiquement, si on est un groupe de 10, certes formé de 3 entités,
mais le tout formant bien le groupe de 10, et que le prix de visite par
groupe est de 10 000Ar, logiquement, cela revient à 1000Ar par
personne, non? Alors j'ai dû avoir des troubles de calcul en me rendant
compte que chaque entité a été facturée de 10 000Ar... Ce n'est "que"
4€, mais la transparence, maître-mot...
Puis de nouveau sur le Canal des Pangalanes, direction Toamasina pour un trajet de 3h. Le cadre demeure aussi unique, on croise davantage de pêcheurs, divers bateaux chargés de produits prêts à être commercialisés à Toamasina, plus de villages. Ca fait du bien, ça nous a manqué durant ces quelques jours au sein du nid. Peu avant le port fluvial, suite à un affaissement au niveau d'un barrage, le canal a été comblé par le sable. On retrouve alors les scènes telles qu'elles devaient être avant les travaux d'aménagement de 1901. Tout le monde débarque, puis on dépose toutes les marchandises au niveau de la berge, pousse l'embarcation de l'autre côté de l'éboulement, ramène le chargement, et l'on remet le tout sur le bateau. Un travail de fourmis, mais obligatoire, et personne ne rechigne. C'est aussi ça, Madagascar!
Au Parc National Andasibe-Mantadia ::part 2::
16 mai 2006 à 12:26 |
Odyssée
Part 1
Au Parc National Mantadia
Le rendez-vous est pris avec Norbert au Buffet de la Gare, après le déjeuner, pour la suite de la visite au Parc Mantadia.
Daddy nous stresse un peu sur les délais, nous devons arriver le soir-même à Manambato avant la nuit noire. C'est le genre de planning que je n'aime pas dans les calendriers arrêtés lorsque je voyage, cela empêche de profiter au rythme naturel des visites. Il faudra donc faire avec cette contrainte. On récupère Norbert comme prévu, qui est allé se changer, en vélo. Quelques instants après être rentré dans la voiture, il nous annonce:
"Ca fera 10 000Ar pour cette visite"
"Comment ça? On a convenu 8000Ar."
"Oui mais ça c'était pour Andasibe, là c'est 10 000Ar."
"Mais on n'a pas convenu ça. Tu nous as bien entendu qu'on faisait et Analamazaotra et Mantadia quand tu as annoncé ton prix ce matin."
"Bon, je vous le fais à 8000Ar alors."
La parfaite situation pour m'énerver au possible. Il n'y a rien qui m'insupporte plus que de me faire arnaquer, de me prendre pour une poire. Ne me gênant plus pour prendre aucune pince, je demande de but en blanc à Daddy si la pratique est normale.
Celui-ci, gêné, me répond qu'il y a effectivement deux droits de guidage. Ce foutu guide s'est bien gardé de nous le dire. Il a le toupet de rajouter:
"Mais je me déplace pour vous faire la visite."
"Et puis quoi encore, c'est nous qui t'emmenons, dans notre voiture, tu ne vas pas me dire que ça t'épuise ou que tu paies en plus le carburant!"
Ca m'énerve, et quand je suis énervée, cela se voit, et se comprend. Gros moment de tension dans la voiture. J'envisage un instant de le planter là et de continuer seuls, ou de rebrousser chemin... Mais Tonnum voulait voir les cascades, et moi également à vrai dire.
Nous nous arrêtons au milieu de nulle part, devant un panneau indiquant le circuit Rianasoa (litt: belle cascade). Norbert essaie de détendre l'ambiance en nous présentant tout ce qu'il trouve sur son chemin. Personnellement, je ne joue plus le jeu, je n'écoute plus ses bla-bla.
A une intersection, il nous explique que la suite du circuit prend plusieurs jours de marche si l'on prend à droite, tandis qu'il existe une piscine naturelle sur la gauche, la cascade où l'on se rend. Je ne sais pas pourquoi, je ne l'ai pas cru. En vérifiant sur le site du parc, je peux lire: boucle Rianasoa: 2 à 4h. Plusieurs jours de marche qu'il disait! Je vais rester polie...
Le parcours est très agréable, notamment en traversant les torrents dans un cadre sauvage et préservé, au milieu des fougères géantes et arborescentes, des pandanus (vakoana en malgache) , etc... J'oublie ma colère en arrivant à la fameuse cascade, davantage une piscine naturelle. La chute n'est pas grande, - sur deux niveaux de 2 ou 3m au total, ave cune partie au soleil et le reste à l'ombre de la végétation luxuriante - , contrairement à ce que j'ai pu voir à Nosy-Be, mais le charme est complet. Nous sommes seuls pour profiter exclusivement de ce site. Le bruit de la chute aidant, l'appel de l'eau n'en ait que plus fort! Ca ne traine pas. Le guide s'éclipse pour nous laisser nous changer, car les maillots sont bien prévus! L'eau est d'abord fraîche puis très vite agréable. Nous entrons doucement, faisant attention aux nombreux galets qui tapissent le fond, qui devient sablonneux sous la chute, parsemé de gros rochers sur lesquels on peut s'asseoir. Le pur plaisir de profiter de la mère Nature!
En remarque
Après s'être délesté de 16000Ar pour un service qui n'a pas du tout été à la hauteur, loin s'en faut, je discute avec Daddy. Lui est donc chauffeur-guide, il n'a pas suivi de formation mais s'est forgé sur le tas. Il connaît surtout le Sud de l'île, le long de la RN7, c'est juste son deuxième voyage à Mantadia. Il existe bien une école de formation de guides professionnels, à Antananarivo, mais il ne saura m'en dire plus.
Sur le site du Parc National d'Andasibe-Mantadia (PNAM), on peut lire qu'il existe:
- 5 guides ANGAP
- 27 guides de l'Association des Guides d'Andasibe (AGA) ayant des engagements auprès du PNAM
- 13 guides privés locaux de l'Association " MITSINJO " dont 03 guides et 10 pisteurs
J'ignore si notre guide fait partie d'une de ces organisations, ou s'il nous a juste repérés et s'est auto-proclamé arnaqueur guide du jour, mais s'il est sensé être professionnel, je suis d'avis qu'il y a du recyclage à faire. Bien entendu, et ce n'est pas moi qui dirais le contraire, le tourisme doit profiter à la population locale, doit être vecteur de création d'emplois de manière durable. Mais cela doit se faire dans la transparence et dans l'intégrité. Il en va du professionalisme, de la qualité du service, soit de la satisfaction des visiteurs, clients avant tout, et donc de ce qu'ils peuvent en conclure et conseiller.
Sur le site internet toujours, que je trouve bien fourni soit dit en passant, les tarifs sont clairement définis. Mais je n'ai pas souvenir les avoir vus afficher sur place. On ne s'imagine pas toujours aller surfer avec son palm au milieu d'un parc national pour accéder à ce genre d'informations, d'où la nécessité de ces renseignements, en évidence, sur place. Logiquement, en achetant les billets d'entrée, à défaut de brochure car pouvant aller à l'encontre de l'esprit écologique (économisons nos arbres), on doit être renseigné clairement, et présenté au guide, qui doit donc être reconnu par le parc, avec qui on va effectuer la visite. Ce qui était le cas dans d'autres parcs, comme à Isalo par exemple, mais pas cette fois-ci, devant la non-réaction de l'agent face à mon regard inquisiteur lors de l' auto-présentation...
Ce qui me laisse sur une pointe de déception, pour avoir déjà visité ce parc auparavant, avec ces visites tronquées et passables, que ce soit à Andasibe ou à Mantadia. Dommage...


















