L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Ma destination préférée à Madagascar -4-

08 novembre 2008 à 00:51 |  Catégorie  Odyssée

Précédemment:
Part 1
Part 2
Part 3

Nous reprenons la route. Le soleil se couche, l'obscurité s'installe peu à peu. L'ambiance est détendue, Fred et Micka font une compétition de la blague la plus drôle. Nous traversons ainsi plusieurs villages plongés dans le noir complet, si bien que je perds alors tout repère et ne retiens plus aucun nom.

19h: la faim s'installe peu à peu avec toutes ces émotions. Nous décidons de nous arrêter à la prochaine gargote ou épicerie encore ouverte. Seulement voilà, les kilomètres défilent, et aucune adresse où stopper.
Plus de deux heures plus tard, exaspéré, Fred freine devant une petite maison elle aussi plongée dans le noir, surmontée d'un timide panneau où l'on peut lire "Hotely". Ne doutant de rien, il frappe à la porte. Quelques minutes plus tard, un homme visiblement tiré de son sommeil, emmitouflé dans une couverture, nous ouvre.
Fred: "Désolés de vous déranger à cette heure tardive, mais nous recherchons une gargote ou juste de quoi dîner ce soir. Nous avons encore une longue route. Est-ce que vous servez quelque chose à manger?"
L'hotelier, pris au dépourvu: "C'est-à-dire que normalement, oui nous pouvons servir des plats, mais nous n'avons rien cuisiné ce soir..."
Devant notre air désemparé, affamés que nous étions, il reprend:
"Ceci dit, si vous pouvez patienter, je vais réveiller ma femme et nous allons vous préparer du riz et du poulet. Mais il faut patienter, le temps qu'on vide et prépare le poulet."
Nous: "Euh, nous ne voulons pas non plus vous déranger à ce point. Même si vous nous faites juste un peu de riz, ou autre chose, sans avoir à tuer un poulet juste pour nous.."
L'hotelier: "Non, non, entrez, c'est avec plaisir, si vous êtes prêts à patienter."

J'ai trouvé cette spontanéité et hospitalité formidable. C'est alors le début d'une longue série de mémorables rencontres humaines.

L'hotelier, Mamy, nous a installé dans une pièce éclairée par une petite lampe à pétrole. Il nous sert même à boire, le temps de nous faire patienter. Nous voulons l'aider, mais il refuse énergiquement. Nous voici donc attablés, fatigués, mais heureux de ce moment de convivialité inespéré.
Une heure et demie plus tard, le dîner est servi, tout simplement délicieux d'autant que nous ne nous sommes pas attendus à un tel accueil. Nous en profitons pour discuter avec nos hôtes qui ont partagé le repas avec nous. Ils sont étonnés de nous savoir Zo et moi, voyageant ainsi loin de chez nous. Bien que nous aurions aimé traîner pour mieux apprécier ce moment, l'heure qui tourne nous oblige à prendre congés d'eux, après les avoir généreusement réglés pour le dérangement et pour leur générosité.

Et nous nous enfonçons dans la nuit noire. Entre la digestion et la fatigue qui s'accumule de plus en plus, je ne réagis plus vraiment aux blagues des deux compères, qui soit dit en passant, deviennent de plus en plus salaces au fur et à mesure que l'heure avance. Après tout, il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre. :) Mais pourquoi donc l'audace devient-elle proportionnelle à l'obscurité? :) Le voyage a fini dans un silence complet, Fred s'est mis à accélerer, dangereusement par moment, le ras-le bol s' est généralisé.

Nous sommes attendus chez le météorologue et sa famille à Morombe. La magie des relations à la malagasy, ni Zo no moi ne les connaissons, juste qu'ils ont été recommandés par des connaissances de connaissances. Nous les avons prévenus de notre arrivée par radio. Nous ne pouvons pas nous tromper, il n'y en a qu'un seul dans cette bourgade, où Fred et Micka connaissent tout le monde et réciproquement.

1h du matin: Nous arrivons à Morombe, enfin. Mais ce n'est pas encore ma destination finale. :) Nous passons devant la propriété de Fred, avant de prendre un sentier à gauche. 800m plus tard, nous nous arrêtons devant une maison encore éclairée, au milieu d'un grand terrain dégagé. Nous remercions vivement Fred de nous avoir emmenées jusqu'ici, et prenons congés. Nous sommes amenés à nous revoir dans les jours suivants, Morombe est minuscule.
En entendant la voiture, Jean, le météorologue, sort pour nous accueillir.
"Tonga soa! Nous savions que vous alliez arrivées tard. Tonga soa, entrez donc!"
Zo et moi sommes dans une telle crasse que nous faisons attention en entrant dans le salon où sa femme, Sahondra, nous reçoit tout aussi chaleureusement. Même leurs enfants, Mirana et Rado, 8 ans et 12 ans, ne dorment pas encore, surexcités par notre arrivée.

Quel plaisir de nous poser enfin, après cette journée de 16h de périple. Encore une fois, nous sommes formidablement accueillis, j'ai l'impression de retrouver de la famille que je n'ai pas vu de longue date, alors que je ne les connaissais absolument pas avant cette rencontre.  Encore une fois, je bénis l'hospitalité malagasy... Et quelle hospitalité! Au fin fond de Madagascar, nous voici dans une maison plutôt coquette. Le salon aux murs roses est douillet, au confort qui n'a rien à envier aux chaumières citadines: canapé confortable dans lequel nous hésitons à nous installer vu notre état, la télé, une chaîne hifi qui est en train de passer un cd de techno à 1h du matin- tout simplement énorme! -, de jolis portraits au mur.
Nous leur racontons nos aventures de la journée, tandis qu'ils s'exclament de notre audace de voyager seules ainsi, vers l'inconnu. Puis Sahondra nous propose de nous doucher, proposition accueillie avec grand soulagement. Mais ni Zo, ni moi n'avons plus le courage d'attendre que l'eau soit chauffée, nous allons la prendre froide, glaciale si nécessaire!

Jean est allé remplir plusieurs seaux d'eau, grâce au puits situé juste derrière la maison. Je cherche alors du regard la salle d'eau, qui sera en fait dans la cuisine. Celle-ci est vaste, et dans un coin légèrement en pente, se trouve un orifice par où s'écoule l'eau. Voici le coin douche. Je l'avais déjà prise dans des endroits improbables ou incongrus, mais je découvrais la salle d'eau dans la cuisine. Toujours est-il qu'elle a été divine, je refais peau neuve en me débarrassant de cette épaisse couche de poussière mêlée à la sueur. Mes habits de la journée ainsi que mes tongs sont littéralement rouges. Passés du bleu et du vert, au rouge.

Et quand enfin je ressors de là, je crois rêver ou terrassée par la fatigue, je n'en crois pas mes yeux en voyant le lit qui nous est destiné: un grand lit pour Zo et moi, avec des oreillers moelleux, des draps et des couvertures propres. Nous nous étions préparées à tout, en emmenant notre tente et nos duvets, mais quelle agréable surprise que de dormir alors dans un lit plus que confortable dans le sud de la Grande Ile.

Jean nous explique ce que nous devons encore organiser au petit matin, pour notre ultime étape vers la destination tant rêvée. Puis nous sombrons dans un sommeil mérité, sourire aux lèvres, enchantées par un tel accueil.

A suivre: part 5



Mode: vacances, Option: déconnectée

25 août 2008 à 19:48 |  Catégorie  Odyssée

Réaction à chaud de retour de vacances en mode totalement déconnectée... Par déconnectée, entendez par là que j'ai eu la bonne idée d'oublier mon mobile, et que je ne me suis pas foulée pour trouver une connexion Internet gratuite. Mais je suis bien restée sur la planète Terre, en milieu non isolé de toute technologie.

Disons que le sentiment est mitigé. D'une part, j'ai eu un bon aperçu des préoccupations d'un entrepreneur qui n'arrive pas à totalement se déconnecter de ses activités lorsqu'il est en vacances. Cqfd: on réfléchit à ce qui a été fait, on réfléchit à ce qui va se faire, on reste ouvert aux opportunités, même en mode vacances. A ce détail de taille près qu'il n'y a pas de capital personnel en jeu. D'autre part, malgré ce qui ressemblait un peu à un sevrage durant les premières 48h, un peu de vacances pour la technologie n'entraîne pas mort d'homme, on a bien connu cette situation auparavant, et bien qu'on se demande a posteriori comment, on l'a bien vécu.

Lors d'une "descente" dans un centre commercial pour faire nos courses, je passe devant un café équipé du wifi. J'hésite un instant pour revenir avec mon laptop dans la journée. Je vois alors les 2 seuls clients, littéralement scotchés à leur écran, tellement accaparés qu'ils tâtonnent pour saisir leur tasse du bout des doigts et avalent leur café machinalement, pour se reconcentrer aussitôt sur leur occupation. Et de me dire "c'est à ça que je ressemble quand je surfe? C'est plutôt pathétique à voir..." Certains y verront l'art du multitasking, mouarf, d'autres l'addiction quitte à surfer n'importe où, n'importe comment, mais eux savouraient sûrement.
Conclusion: va pour Mode: vacances, Option: déconnectée.
Cela m'a toutefois permis de réaliser pourquoi Internet m'apparaît comme important: pour rester en contact avec les miens au pays. Le reste est secondaire...

HomoSatire

Sinon, la vie est belle, le ciel souvent bleu, les vacanciers joliment bronzés et les retrouvailles marines tellement sacrées.
Ah, il y a aussi les perpétuels bouchons avec son lot d'amabilités bien fleuries, à se demander pourquoi les régions naturellement bénies et authentiques sont autant prisées par autant de touristes... Ne pourrait-on pas en bénéficier en comité restreint et donc privilégié?
Je plains ceux qui subissent déjà les embouteillages à l'année, pour se rendre au travail, en allant faire ses courses, en rentrant des soirées festives, et qui les retrouvent même en vacances, à l'aller comme au retour, et durant le séjour tant qu'à faire! Voilà pourquoi la destination Madagascar est un luxe: sorti d'Antananarivo, vous ne connaîtrez pas cela. A vous l'espace, la liberté, l'intimité, voire la solitude. Et pourvu que ça dure!

On essaie alors l'option vacances sur l'eau. Vogue, bateau, vogue... Adieu les queue leu leu la la la lèreee, et vive le vent, vive le vent, vive le vent d'été!
Mais c'était oublié qu'après avoir pavané dans sa voiture pour être vu, l'Homo sapiens XXIemesis doit aussi pavaner avec son bateau. "C'est moi qui en ai une grosseeee", "Et t'as bien vu mon yacht, regarde donc bien mon yacht. Et ma bedaine avec, pour le plaisir des yeux", "En veux-tu, en voilà, n'oublies pas les lunettes de soleil surtout, sinon l'éclat risque de t'aveugler", etc, etc...
Et c'était oublié qu'aujourd'hui, on pratique les sports nautiques non pas pour s'amuser mais... pour être vu, bien sûr! Donc le ski nautique qui vous passe à 3m pour être certain que vous avez bien ancré en mémoire son portrait, et les remous qui s'ensuivent qui risquent de faire chavirer votre table d'apéros, sacré ô sacré, ça ne rend pas très aimable.

Mais par-delà le pathétisme du civisme de l'Homo sapiens IRLifiensis, guère mieux que celui du connectesiensis d'ailleurs, on fait totale abstraction de ceux qui s'étranglent pour attirer votre attention, ou qui ressentent le besoin de cracher pour mieux se donner de la voix et donc de l'existence, et ma foi, on profite autant que possible du moment présent.

Si l'invitation pour parcourir toute la côte Ouest de Madagascar en bateau tient toujours, je garde le projet en mémoire. :)

Le sentiment du fait d'avoir été déconnectée est mitigé, avec le nombre d'appels manqués, de messages sur le répondeur, des excuses que je dois faire, des mails qu'on ne compte plus... Heureusement que j'ai mis en place une armée de filtres, ce qui me permet de les lire et d'y répondre par ordre de priorité, voire pour certains de les supprimer directement.
Ah, j'ai oublié
les quelques 1200 posts à lire dans mon agrégateur...

MAJ: Mode: reprise, dur, dur, Option: connectée, Etat: zen. Après tout, rien ne sert de courir, il faut partir à point.

J'ai le blues du Sud-Ouest -2-

16 juillet 2008 à 23:50 |  Catégorie  Odyssée

J'ai le blues du Sud-Ouest -1-

cette fois de Madagascar.
Il m'est peut-être plus facile d'y penser maintenant... Maintenant que je sais, que je me suis avisée à retourner cet été dans le Sud-Ouest (de la France). Avec un billet aller-retour... L'envie d' un aller simple n'a pas disparu, mais bras dessous, bras dessus, nous irons et reviendrons. Dit-elle, sagement... C'est déjà une bonne chose d'affronter ses tentations avec sagesse, pardi! Rome est partie remise, très certainement en hors saison. L'Italie, c'est une autre grande histoire d'amour. :)

En attendant, je me fais douleur en ce moment, à regarder des reportages sur la Polynésie, les îles Fidji, et, et... sur les Vezo d' Anakao. Pour se changer les idées, on est allé voir un cinéma en plein air sur la plage... au bord du lac de Malsaucy. Histoire de retrouver un cadre idyllique, ce qui était le cas, de nuit, au clair de la lune. A ce détail près qu'en mi-juillet à 22h30, nous étions frigorifiés, pourtant déjà emmitouflés dans nos polaires...


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Au clair de la lune
Du côté de Toliara, je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j'ai dû mettre un pull léger en hiver austral. Mais pour ceux habitués aux 30°C à 35°C le reste de l'année, lorsque la température chute à 19°C-20°C, ils dorment avec de grosses couvertures d'un côté, tandis qu'il m'est arrivé de mettre le ventilateur de l'autre.
Aussi se poser sur la plage en pleine nuit n'était pas aussi crispant. Au contraire, ça reste même un de mes moments préférés. Enfin, pas à Toliara même, mais que ce soit plus au Nord à partir de Madiorano, ou plus au Sud du côté de Saint-Augustin.
Qu'on soit en famille ou entre amis, j'aime m'isoler sur la plage, de préférence par lune montante ou pleine, au son des clapotis. Je ne saurais pas vraiment dire à quoi je peux bien penser à ce moment précis, mais c'est une sorte de retrouvaille avec moi-même. Il est aussi agréable de faire le vide et rester des heures ainsi. A tel point que j'en perds toute notion de temps. J'ai bien raté quelques dîners pour cette raison, mais mon entourage sait qu'il n'est pas nécessaire de m'attendre, je suis suffisamment loin pour ne pas entendre lorsqu'on m'appelle.

Pêcheur d'Andrevo

A Andrevo, nous privilégions ce moment pour la pause digestive du soir, entre amis. Si au début, tout le monde discute gaiement, le décor finit par s'imposer et au fur et à mesure que la lune monte, on finit par se taire. Qu'il est bon ce silence collectif...  Deux heures après, quelqu'un le brise d'une fois rauque, et de nous mettre à raconter des blagues, les aventures et anecdotes les plus originales qui nous soient arrivées, la honte de dans notre vie, etc... Parfois, certains s'écartent un peu du groupe, ces moments sont propices aux confidences entre amis. C'est particulier comme le cadre nocturne délie les langues, que l'on discute boulot, avenir, des relations de couple et du reste. Que l'on soit dans le Sud-Ouest de Madagascar ou d'ailleurs...

Par lune descendante, on apprécie davantage le ballet de lampions des pêcheurs nocturnes sur l'eau. Tant de fois j'aurais aimé monter à bord de l'une de leur pirogue, mais impossible de convaincre quelqu'un d'autre à me suivre. Y aller seule ne me semblait pas indiquer...
Je ne connais donc la pêche nocture à la palangrotte qu'en théorie, je devine de loin la pose et dépose des nasses tandis qu'elles sont éclairées pour mieux attirer les crustacés et les poissons, tandis que d'autres profitent de la marée nocture pour collecter des holothuries (concombres de mer) et les bivalves. Mais bizarrement, j'ai toujours raté le retour de ces pêcheurs Vezo, à 3h du matin généralement, heure où je dois être plongée dans mes rêves.

Au vert à Ambohimavelona
Ambohimavelona se trouve sur la route des 7 lacs aux environs de Toliara.

IMG_8610La première fois qu'on m'y amenée, je pensais à un mirage. Un coin de biodiversité surprenante, j'aurais difficilement imaginé un décor de verdure et de rizières au milieu du bush sec voire aride autour de Toliara. Dans cette vallée, la terre y est fertile, des paysans sont affairés dans leur champs, les zébus sont à l'oeuvre, on aurait dit Ampefy, à ce détail près qu'à Ambohimavelona, les rizières sont bordées de cocotiers, avec des bananeraies non loin. Tout simplement magnifique!
Cette zone agricole très productive approvisionne la ville de Toliara en produits maraîchers et vivriers.
Lorsque j'étais dans cette partie de la Grande Ile, nous y allions certains dimanches, pour un déjeûner champêtre ou chez les soeurs (qui nous invitaient à chaque fois qu'on se retrouvait nez à nez avec elles) avant de piquer une tête dans un torrent ou dans une source.

Une pensée pour Oscar
Je garde des milliers de souvenirs du Sud de Madagascar, et les futurs souvenirs sont programmés. Mais de ces fois où j'ai avalé de la poussière, marché dans les mangroves, étudié le récif corallien dans ses moindres détails, déterminé mon coin préféré dans mon pays, au gré de la touche pause sur les souvenirs, je garde celui d' Oscar. C'est ainsi qu'on avait baptisé un énorme mérou, occupant permanent de la Grotte de Sarodrano.
Cette Grotte est un de mes autres coins de prédilection, où des résurgences d'eau douce et eau de mer se mêlent pour décliner une palette de couleurs turquoises uniques. Cet endroit est dit fady, pour y nager en paix quand bon nous semblait, nous avons demandé l'autorisation aurpès du village, mais combien de fois avons-nous vu des touristes débarquer le temps d'un après-midi sans précaution aucune. Et aux dernières nouvelles, le fady est devenu commercial, puisque l'accès à la grotte est devenue payante. Ce que je peux comprendre, afin de préserver ce cadre si original et unique, c'est davantage le côté aménagement qui me laisse dubitative. Je suis contre le fait d'adapter un cadre pour l'homme, donc contre ces hôtels qui justifient leur implantation pour permettre à leurs clients de profiter de la nature. Une nature qui n'a plus rien à voir avec celle originelle, puisque de toute manière là où l'homme passe, tout trépasse...

la_grotte

Pour revenir à Oscar, la grotte présentait vraisemblablement un milieu suffisamment propice pour qu'il puisse y grandir jusqu'au point de ne plus pouvoir en ressortir. A moins qu'il n'ait été introduit sciemment...
En effet, il y a quelques mois, un lecteur de ce blog m'a écrit pour confirmer y avoir vu un énorme mérou lors de ses récentes vacances à Madagascar. Mais ce n'est pas Oscar, puisqu'on l'a malheureusement retrouvé mort un jour, pour une raison inconnue. Nous étions venus nager la veille, Oscar était bien portant, en revenant le lendemain à 9h du matin, sa carcasse avait été lâchement jetée en contrebas de la grotte... L'odeur était déjà insoutenable, mais il avait fallu faire le ménage.
Depuis, il a donc été remplacé, mais le biotope naturel d'un mérou n'est pas celui avec de l'eau douce, aussi je me demande si sa présence dans cette grotte n'a pas une signification précise.
Je penserai à le demander aux villageois de Sarodrano à l'occasion... Cela me fera un prétexte de plus. :)

Shooting for the fun of it

05 juillet 2008 à 12:35 |  Catégorie  Odyssée

Photos prises lors du Marathon Photo Numérique Fnac 2008 - Belfort

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Enseignes de caractère, caractères d'enseigne - pris au mot :) -

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Belfort fantastique - le thème un peu bidon, comment comprendre "fantastique"? -

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La vie en rose - sans commentaire, guyz, sans commentaire... -
  NB: C'est Tonnum qui a pris la photo ^-^

Voir le reste des photos

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Photo envoyée pour le concours photo de
l'Office du tourisme à Genève (Suisse)

Shooter pour découvrir

07 juin 2008 à 00:58 |  Catégorie  Odyssée

J'aurais aussi pu intituler ce post "Shooter pour oublier"... Qu'au mois de Juin dans l'hémisphère Nord, il arrive qu'on renfile le manteau... On y est et ce n'est que le début....

Demain, je vais me changer les idées de cette pluie froide persistante à rester schotchée devant un écran, en participant au Marathon photo numérique de la Fnac dans ma ville. Et aussitôt, je me suis dit qu'organiser une initiative similaire à Madagascar devrait être très intéressant. Et que je voudrais être là!

marathon_fnac

Le Marathon photo numérique de la Fnac? C'est parcourir sa ville par équipe de 2 avec son propre équipement, et illustrer les thèmes dévoilés au fur et à mesure par le jury. Il faut donc aimer marcher et d'un, et prendre des photos de deux. Le jury , composé de professionnels de la photographie, de partenaires et de personnalités locales, récompense les meilleurs clichés de la journée. Mais le nôtre va mettre une semaine pour délibérer...
Au jackpot cette année pour le lauréat: un Canon EOS 400D.

Pour la petite histoire, le tout premier marathon a été organisé à Bordeaux en 2003. Eh oui, encore elle! :) Et non ce n'était pas à Paris (d'ailleurs, on entend souvent "Bordeaux, dans l'ombre de Paris..."). Depuis, une trentaine de villes se sont jointes à l'initiative.

Il est certain que j'y participe pour m'amuser avant tout, certaines équipes sont massivement équipées, ce qui ne sera pas mon cas. Il s'agit de mon premier concours photo, advienne que pourra, du plaisir avant tout. Même sous la pluie...
Participer est pour ma part l'occasion de mieux connaître la ville où je vis depuis moins d'un an. Il fait tellement froid et le printemps tellement inexistant qu'en dehors des festivals et sorties dans les mêmes adresses, j'ai encore beaucoup à découvrir. Alors comme pour me mettre dans le bain, j'en profite pour ressortir mes photos de ma chère ville natale. Et de me dire, je l'aime, ma ville...

Voir l'album statique
Marathon photo numérique de la Fnac

J'ai le blues du Sud-Ouest -1-

12 mai 2008 à 13:02 |  Catégorie  Odyssée

Au début, je pensais au Sud-Ouest... de la France. A vrai dire, titre que je pense chaque mois...
Une semaine de soleil et un thermomètre dépassant les 20°C au zénith, ô miracle, j'ose enfin croire que le printemps s'est enfin installé!
Je me souviendrai toujours de mon premier hiver en France, suivi de mon premier printemps. Cette effusion d'énergie et cet effeuillage vestimentaire dès les premiers jours cléments et ensoleillés m'amusaient beaucoup. Je trouvais que les gens étaient de vrais lézards, captant de toutes leurs cellules le moindre rayon de soleil, n'importe où, n'importe quand.
Il faut dire que l'année précédente, je travaillais dans un cadre insulaire où le soleil brillait quasiment toute l'année, où l'hiver on se contentait d'un pull car il faisait...18°C en soirée.
Tout le monde se mettait à se sourire dans la rue, les conversations avec des inconnu(e)s se faisaient plus nombreuses et plus spontanées. C'était du moins l'impression que j'avais. Mais j'aimais bien cette bonne humeur contagieuse.

277Dans le Nord-Est, le printemps s'est fait prier cette année, comme l'été a brillé par son absence l'an dernier. Mais c'est drôle, il ne me fait pas le même effet. Déjà, dans Nord-Est, il y a Nord... Inutile de préciser les différences d'habitudes entre Nord et Sud. Mais nous continuons à les découvrir à nos frais, nous n'en sommes qu'à notre deuxième année finalement.
Prenons le cas de ma ville, enfin de la ville où j'habite. Les terrasses se font rares. Ou plus précisément, elles existent, pas si rares que ça, mais... sur le trottoir, au bord d'une avenue passante; ou à l'ombre face à la rue toujours; ou lorsqu'enfin bien placée, avec juste une dizaine de places alors qu'il y a au moins 5 fois plus de demandes. Pourtant ma ville possède du charme, - une citadelle vieille de 700 ans ne peut avoir que du charme -, et des places à fort potentiel pour faire régner une ambiance conviviale et détendue. On l'aura compris, les terrasses au milieu d'une jolie place à l'ombre de parasols,où l'on peut siroter ou flâner par temps ensoleillé, ce n'est pas vraiment le style de ma ville. Ni même de la région, à vrai dire.

Au printemps, fais ce qu'il te plaît
mais avant tout un régime. C'était déjà vrai avant, sans avoir à acheter tous ces magazines vantant telle ou telle formule miracle. C'est encore plus vrai dans le Nord-Est! Plus de sept mois d'hiver, où l'on respirait lorsqu'il faisait 0°C, comparé aux -10°C de certaines semaines. On tâche de garder une hygiène de vie pour ne pas s'empiffrer, enfermés entre 4 murs, mais le très long hiver passe et la balance trépasse haut perchée. Heureusement que je suis un véritable yoyo, prenant aussi facilement que je peux perdre, rentrant toujours dans ma taille 36, été comme hiver. Désolée, le but n'était pas d'énerver :) Mais j'imagine combien cela ne doit pas être évident pour les jeunes filles nées ici, je n'aimerais pas être à leur place...

Il n'y a aucun doute, je suis une fille du Sud, mieux, j'ai le "gène insularité" et le "phénotype tropical" dans le patrimoine génétique, celui-là même qui coule dans mes veines!

Au printemps, les sens s'éveillent
240Mon préféré reste l'ouïe, car commencent les festivals de musique. Comme c'est le cas en ce long week-end avec le FIMU (Festival International de Musique Universitaire), accueillant des musiciens d'une trentaine de pays. J'aime la foule, dans un contexte festif. Plusieurs scènes sont répartis partout dans la ville, en extérieur comme en intérieur. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les styles. L'ambiance est franchement sympa, le son est bon, le tout durant 3 jours. Un avant-goût des Eurockéennes de Belfort en Juillet prochain. Idéal pour voir et écouter en un week-end et en un même lieu, Moby (dont j'écoute le dernier album quotidiennement et dont je lis le blog, ce qui lui donne une dimension si accessible), Massive Attack, Ben Harper, et j'en passe.
Mais la piqûre rappelle que nous sommes dans le Nord... Est. Je trouve les gens plus passifs, la notion de festivité est davantage introvertie. Pas de contagion de bonne humeur. Il faut aussi dire que je prends matière à comparaison la Fête du Vin à Bordeaux, pire, les ferias du Sud-Ouest... de la France. Que celui qui a vécu/étudié en France et qui n'a pas goûté aux ferias du pays basque (français/espagnol), n'a pas connu ce qu'est véritablement faire la fête. :) dixit Tattum.
Ferias de Mont-de-Marsan, de Bayonne, de Dax, de Saint-Jean de Luz, de Pampelune, et bien sûr les inoubliables et uniques Fête de la Sorcière. Ca donne le blues en ces beaux jours remplis de notes et de sons...

145Jusqu'à écouter le concert d'OPS (Original Positive Sound, reggae rules!) au FIMU. Puis celui du groupe malagasy que je ne connaissais pas du tout, que j'ai d'abord raté sur la brochure de programmation, m'attendant à lire un nom de groupe malagasy: Médicis.
J'ai préféré ces deux concerts, non pas par chauvinisme pour le second, mais objectivement pour avoir mis une sacrée ambiance (changeant de certaines ambiances de salon en plein festival), de bons sons savamment dosés, et le feu aux spectateurs!
Maintenant, j'ai le blues du Sud-Ouest... de Madagascar.

à suivre

Nouvel album photos

17 février 2008 à 00:11 |  Catégorie  Odyssée

Mieux que la caravane qui passe ou plutôt vaut tard que jamais, un nouvel album photos est désormais disponible: Voyage à Madagascar (2007).

Voyage Madagascar 2007
Cliquer sur la photo pour voir l'album en diaporama

Tonga soa aty Madagasikara

17 octobre 2007 à 15:29 |  Catégorie  Odyssée

ou Bienvenue à Madagascar.

Je suis plongée depuis quelques jours dans mon élément, non pas la mer cette fois, mais dans mon pays natal. Je dois reconnaître qu'il n'existe nul plaisir comparable que de rentrer chez soi... Pour les vacances... :D Non, qu'on ne s'y trompe, comme on dit en malagasy, mamy ny mody (il est bon de rentrer), et qu'il ne me viendrait pas à l'esprit d'échanger la terre de mes ancêtres pour une autre. Si classée puisse-t-elle être. :)
Toujours est-il qu'en quelques jours, la question de rentrer, ou pas, n' a pas été omise de m'être posée, à laquelle je réponds, avec le sourire, je suis en vacances. :)

Je dois admettre qu'il fait chaud au coeur de rentrer à un intervalle d'un an (et quelques mois) et non de 3 ans comme l'an passé, où j'ai été vexée de ressentir un certain dépaysement. Cette fois, ma gestion du temps en 2007, qui n'est pas finie, est lamentable certes (d'ailleurs, penser à demander un training spécial), mais je n'ai pas vu le temps défiler, ce qui en soi, relève plutôt d'un bon signe. C'est comme si je relève la tête après quelques crawls. Appréciant bien entendu les aménagements effectués lors des Jeux des Iles.

Et me voici plongée dans le quotidien d'Antananarivo, ma ville. C'est avec calme que je prends le volant, me réhabituant à la circulation, bondée de taxi-be bien polluants, de piétons sur la voie ne disposant pas de trottoirs envahis par les marchands (il faut bien qu'ils marchent quelque part), et toujours la même remarque: j'en perds mon code de la route. Echangée avec une cousine ne vivant par ailleurs pas à Madagascar, ici on considère que tu connais le sens de la circulation et les petites et surtout grandes exceptions du code de la route international. Pourquoi se fier aux panneaux, soit déteints soit supposés être à leur place mais disparus tout de même?! Alors on suit la foule, et par chance, ma bonne tête (c'est moi qui l'affirme) et mon hésitation/incompréhension peut inspirer qu'on me laisse le passage.

C'est avec la même résignation que je découvre par moi-même les joies du délestage et de la coupure d'eau, et j'en profite pour lancer un grand merci au professionalisme de la Jirama. Eh oui, délestage n'est pas une situation passée, dans le 5è arrondissement d'Antananarivo (et sûrement ailleurs), nous le vivons tous les soirs à partir de 19h, et pour une durée indéterminée et varible. Quant à l'eau, sa coupure potentielle sans aucune explication motive à se lever de bonne heure, il paraît qu'avant 7h du matin, on a de la chance d'en avoir, les jours où ça coupe.
L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, gnark!gnark!gnark hein!
Pas plus tard que la semaine dernière, plusieurs centaines de foyers ont fait les frais d'une surtension de la Jirama, ayant endommagé (explosé, enflammé, etc...) les appareils électroménagers des habitants, par chez moi et quartiers environnants.

Cela fait partie du quotidien, et j'aime la vivre telle que. Tout comme me régaler de plats malagasy, à commencer par les mofo gasy et ramanonaka au Trano Manga à Analamahitsy, oui je suis fidèle à moi-même, mais les mofo gasy n'ont pas autant éveillé mes sens cette fois, bizarre...
De faire ma curieuse dans la bibliothèque de mon père, et chauvine que je suis, de tomber sur un livre intitulé "Malgaches et malgachitudes", dont j'ai feuilleté les premières pages portant sur l'historique et l'explication des fady qui caractérisent la culture malagasy. Mon nouveau livre de chevet.

De discuter, de tout et du blog, conduisant à obtenir différents contacts susceptibles de partager des infos et supports pour une diffusion par le blogging, notamment sur la culture malagasy. Et d'apprendre avec surprise de la bouche d'une proche en charge du financement de projets sur divers thèmes, dont de disposer des équipements informatiques avec connexion internet qui finalement, n'intéressent pas tant que ça la population locale. Ah bon?? Partie en quête pour comprendre... :) D'ici là, Antananarivo miblaogy 4.0 pour bloggueurs and co et non-bloggueurs juste amateurs de la communication.

Ma destination préférée à Madagascar - part 3 -

24 août 2007 à 22:09 |  Catégorie  Odyssée

Précédemment:
Part 1
Part 2


La maison grouille de monde de tous âges, devant la porte d'entrée, affairé dans la cuisine, ou encore prostré devant la télévision.

Le contraste est saisissant entre ce village au fin fond de Madagascar, à priori non équipé de réseau d'eau courante ni d'électricité, et cette antenne parabolique, symbole de l'ouverture sur le monde, effaçant toute notion de distance. Mais tout compte fait, l'ensemble de l'équipement fonctionne probablement au gaz et groupe électrogène, je n'ai guère vu de poteau aux alentours. Et les villageois semblent avoir accès libre aux fauteuils autour de la télé.

Les hommes, Fred, Micka et Ahmed rejoints par 3 autres, discutent dans un coin, au hasard de chiffres, de sous et de business. Avant de s'y installer, l'hôte de maison nous fait comprendre qu'il nous invite à rester déjeûner, le faisant comprendre d'un claquement de doigts en direction de la cuisine.

Au milieu de ce brouhaha, Zo et moi ne savons pas trop où nous mettre. Nous nous asseyons tout d'abord avec les spectateurs, concentrés sur un sitcom. Puis rapidement lassées, nous nous dirigeons spontanément vers la cuisine, visible depuis le séjour, seul lieu où nous trouvons des femmes. Quatre exactement. Habillées traditionnellement à l'indienne (vêtues du chalouar kamiz ?) et souriantes, elles s'affairent, chacune préparant plusieurs mets qui donnent envie. Nous sommes frappées par le nombre de plats pourtant déjà prêts, conservés sur une table. Nous leur proposons de les aider, mais les gênant visiblement plus qu'autre chose, elles nous font comprendre que la place des "invités" était dans le salon et nulle part ailleurs.

Une heure plus tard, un véritable banquet est dressé dans le coin salle à manger. Les hommes se lèvent alors et s'installent autour de la table. Les femmes quant à elles, se sont éclipsées. On saisit aussitôt qu'hommes et femmes ne déjeûneront pas ensemble.
Zo: " Tu penses que les femmes vont manger ailleurs?"
Moi: " Si c'est comme au Kenya, hommes et femmes mangent séparement lorsqu'il y a des invités. Mais s'il y a discrimination outrageante, je te préviens, je sors."

Au même moment, Ahmed nous invite à prendre place parmi eux...
En fait, j'ai alors compris pourquoi il y a eu autant à manger, et tous aussi délicieux les uns que les autres d'ailleurs: les hommes assouvissent d'abord leur satiété, les femmes ensuite. Je dois reconnaître que la notion d'égalité des sexes soutenue dans l'éducation par mes parents me convient davantage. Ayant un père qui fait naturellement la vaisselle, la cuisine ou même de la lessive au même titre que tout le monde, je ne me ferai jamais au machisme à la fainéantise sous excuse avec pour adjectif ironique "fort". Je conçois toutefois les règles liées aux différentes cultures, cette séparation hommes-femmes m'ayant été expliquée au Kenya en l'occurence, ne m'avait guère choquée.
Toujours est-il que ça a été un pur festin.

Après le repas, nous nous retrouvons à digérer devant la télé, la salle ayant été désertée par la plupart des villageois. Fred, Micka et Ahmed se sont éclipsés.
Une émission banale à prendre avec légèreté, qui nous fait tout de même rire par moment, Zo et moi. Je réalise alors que les autres hommes avec qui nous venons de déjeûner rient en échos à nos réactions. D'un regard entendu et complice avec Zo - rare moment avec elle -, nous les testons, nous mettant à sourire, pouffer ou rire sans raison, et cela marche! Regarder la télé est une chose, comprendre ce que l'on regarde, une autre. Echaudées par le principe que les femmes doivent manger une fois les hommes repus, Zo et moi nous sommes données à coeur joie! On appellera cela... la revanche de femmes. :)
Mais à force, nous avons réellement fini mortes de rire.

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De Toliara à Manoy (cliquer pour agrandir)

15h. Il est l'heure de repartir après avoir remercié Ahmed et les cordons bleus. La piste n'est guère en meilleur état, devenant de plus en plus sabloneuse, mais les baobabs se font plus nombreux. L'ambiance est détendue, à rire des péripéties et frasques de Fred et Micka.
Nous passons le village d'Antanimieva . Approchant du village d'après, Befandriana (là où il y a beaucoup de lits), Fred nous propose de faire une halte à Manoy en bifurquant une fois à Befandriana justement., "pour prendre un bon bain".
Moi: "comment ça un bain?"
Fred: "Il y a une source à Manoy, et les villageois ont fait une installation permettant d'acheminer l'eau. Il y a un endroit où l'on peut profiter de cette source, pour s'y baigner."
Nous: "ben pourquoi pas alors."

Nous sommes accueillis par les enfants du village, tout sourire, nous interpellant de partout. Ils semblent reconnaître Fred et Micka, mais aiment nous appeler "vazaha, vazaha!", qui rappelons-le, signifie étranger avant tout.

D'aussi loin que je me souvienne, Manoy est un village, perdu au fin fond de la Grande Ile, mais charmant. La source était captée que pour les gens puissent venir puiser facilement, ainsi qu'irriguer  leurs cultures insoupçonnées.
Le soleil est sur le chemin d'aller se coucher, couleurs idéales pour les photos. Ma première envie a été d'acheter une bouteille de coca, que l'on peut trouver partout à Madagascar, tout comme la bière locale THB. Je suis littéralement rouge, rouge comme la terre de mon pays, de la tête aux pieds. Littéralement recouverte de poussière, on ne reconnaît plus vraiment les couleurs de mon tee-shirt, short ni même de mes tongues. Je me cale ainsi sur la calandre du 4x4, ma bouteille de coca à la main, face au soleil couchant. fred me photographie ainsi sur le vif, je n'ai pas eu l'occasion de voir la photo, mais cela aurait fait une belle pub pour "Coca-Cola made in Gasikara"! :)

Puis l'air de rien, Fred et Micka se mettent à se déshabiller devant nous, à l'aise, et de courir, nus comme des vers dans leur "piscine naturelle".
Eux: " vous venez? L'eau est excellente, et ça fait du bien après ce trajet!"
Nous, d'un air entendu - encore un rare moment - : "Euh... Non, ça ira comme ça."
Nous nous voyons difficilement nous déshabiller avec la même désinvolture, et ne comptons pas non plus chercher nos maillots de bain... Pendant qu'ils faisaient leurs zouaves, Zo se repose dans la voiture, pour ma part, je pars discuter avec des enfants curieux de savoir où nous nous rendons.

Les hommes reviennent, le soleil se couche, et il nous reste encore quelques heures de route.

Manoy

A Manoy (cliquer pour agrandir)

Suite: Arrivée à Morombe

Ma destination préférée à Madagascar... - part 2 -

02 août 2007 à 19:42 |  Catégorie  Odyssée

Précedemment: Ma destination préférée à Madagascar: Part 1

Rendez-vous pris un beau jour ensoleillé, à never, neuf heures et demie.

9H30. Le taxi s’arrête devant l’adresse indiquée. Sur le bas-côté à droite, un 4x4 garé, il y a fort à parier que c’est la voiture de Fred, notre hôte, et fils du propriétaire des rares hôtels dans cette région de Madagascar où l’on se rend.

On s’approche de la maison, et de la porte d’entrée juste protégée d’un simple rideau. Zo et moi voyons plusieurs hommes affairés à compter des liasses de billets. D’un air très méfiant, voire soupçonneux, un homme que je suppute être Fred nous interpelle :
« C’est vous la fille des Dr Rabe ? »
« Oui »
« Attendez-nous dans la voiture en face, on arrive », d’un ton presque péremptoire comme je déteste tant !

La voiture est ouverte, coffre compris. Nous nous délestons de nos affaires, chacune équipée d’un sac à dos rempli de bouteilles d’eau de réserve et bricoles diverses, d’un sac de voyage avec affaires de plongée pour ma part, ainsi qu’une tente commune. Code vestimentaire très détendue, en short et tee-shirt, en tongues et lunettes de soleil de rigueur.
Et d’attendre...

Sur conseil et initiative de notre couple d‘amis docteurs, ils m’ont en effet fait passer pour leur fille, ce sera plus simple selon eux. Ils ont beau être les médecins attitrés de toute la famille de Fred, il faut croire que ces derniers n’ont jamais vu leur vraie fille car on n’avait aucun point physique commun !

Nous prévoyons de rester 4 jours sur place, 6 jours avec les trajets, ayant finalement très peu d’information. Pas d’eau ? C’est pas possible, des villages y vivent, ils ont nécessairement de l’eau, ne serait-ce que pour la cuisson. Quel budget ? Au-cune idée ! Juste que j’ai davantage écouté mon intime conviction plutôt que le scepticisme de mes parents. Mais ce que j’ai prévu doit suffir, comptant sur la débrouillardise. Zo a également fait marcher le très efficace réseau malagasy, et nous avons pu entrer en contact avec une connaissance ultra-lointaine si bien qu’inconnue, Jean, un météorologue basé dans l’unique bourgade la plus proche de ma destination de rêve. Il accepte de nous héberger le moment venu, lors de nos transitions. Pour le reste du temps, nous sommes équipées de matériel de camping, car je craignais d’avoir un budget limité pour des nuits en hôtel, sans avoir aucune idée où nous planterons notre tente.

Fred arrive enfin, accompagné d’un autre homme. D’autres affaires sont chargées, et nous voici prêts à partir.
Eux : « Fred, Micka »
Nous : « Zo, Tattum »
Fred, tout en disposant une enveloppe laissant entrevoir une liasse importante de billets : « Vous êtes prêtes ? »
Nous : « Sans problème »
Fred à moi : « Tes parents vont bien ? »
Moi : « oui, ils passent le bonjour à tout le monde, notamment à ton père »
Fred : « Cool. Quand ils m’ont demandé si on pouvait emmener quelqu’un, j’ai accepté uniquement parce que vous êtes deux filles. S’il y avait un homme, ça aurait été mort. »
Ok, sympa comme entrée en matière, il doit avoir un diplôme en " faire connaissance et détendre l’atmosphère "…
Zo : « Pas grave, vous serez nos gardes du corps ! »

Elle aurait mieux fait de se taire, sa réponse n’a fait qu’accroître le froid, chacun ne sachant trop sur quel ton prendre quoi, le tout étant dit fort, trop sérieusement.
Et moi de me préparer à la politique de la cruche : il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre ! Cela va s’avérer très utile !

10H00. Nous quittons Toliara. Dans un premier temps, Fred me parle beaucoup, pas en tant que Tattum, mais en tant que « fille des Dr Rabe », ignorant superbement Zo, comme si elle était une fantôme, et Micka tout aussi silencieux. Il a vite fallu détendre l’ambiance, qui devenait écrasante. Par un coup de baguette après avoir bien ramé, tout le monde se met enfin à dialoguer, une demi-heure de route plus tard. Fred et Micka sont meilleurs amis dans la vie, ils se connaissent depuis la tendre enfance. Ils doivent tous deux avoir la trentaine, pas beaucoup plus. Et ils semblent avoir une multitude d’anecdotes à raconter, une fois les anges passés. Ils sont tout fiers de nous raconter qu’ils ont déjà fait ce trajet jusqu'à chez Jean en 4h…au lieu du double que j'avais estimé !

Moi : « Euh, on n’est pas pressé sinon aujourd’hui hein… »
Micka : « t’inquiètes ! On va tout de même vous laisser profiter du voyage ! »

Toliara_Ampasikibo

Nous prenons la piste longeant la côte au départ de Toliara, direction au Nord. Nous traversons dans un premier temps des villages connus; tel Ifaty que, disons-le, je ne me résoudrai pas à apprécier, me rébutant notamment de par sa fréquentation, Madiorano, un petit havre discret où j'ai goûté du poisson au coco plutôt particulier, Andrevo, où nous aimons descendre entre amis malgré les fantômes. Puis au-delà d’Andrevo, c’est l’inconnu.
Nous avons le choix entre continuer à longer la côte ou entrer davantage dans les terres. Zo et moi aurions bien opté pour le long du littoral afin de profiter du cadre, cependant la piste ne semble pas conseiller pour la saison. Fred, au volant, décide ainsi de passer par Ankililoaka. Nous aurons alors droit à un véritable cours pratique de 4x4, bien que dans la mesure du possible, j'ose espérer n'avoir jamais à conduire dans de telles conditions, plutôt me faire emmener me conviendrait parfaitement! Ainsi, tour à tour, et peut-être pas dans le bon ordre (excusez ma mémoire visuelle), nous traversons des sables mouvants, - à travers en seconde et non en première paraît-il -, la piste qui s'est tellement creusée qu'on a fini par s'enfoncer, et se retrouver entre deux murs de part et d'autre de la voie au plus profond du creux, - sensation très particulière -, ou encore des plans d'eau à proximité de rizières en croisant les doigts de ne pas rester coincés au beau milieu de ce canal sorti de nulle part. Quand nous n' avalons pas la poussière à pleine bouffée... l'Ile Rouge prend alors tout son sens et sa robe!

Nous passons Ankililoaka, où si ma mémoire est bonne, se tient hebdomadairement un marché bloquant toute la route. Ce jour-là, nous avons de la chance, la voie est libre. Fred propose alors qu'on s'arrête un instant chez un de ses amis à Ampasikibo, à une vingtaine de kilomètres toujours plus au Nord.
Nous arrivons ainsi devant une propriété perdue au beau milieu de la brousse environnante. Une grande maison blanche au milieu d'une cour, et des personnes affairées un peu partout. Nous nous garons dans la cour, Fred attrape alors son enveloppe remplie de liasses de billets et reprend son air ultra méfiant. Zo et moi reconnaissons de suite l'architecture, les hôtes sont des karana, des Malagasy d'origine indo-pakistanaise.
Ahmed, qui semble être le maître de maison sort et accueille Fred les bras ouverts et tout sourire.

Moi : D'après toi, est-ce Fred qu'il accueille ainsi ou l'enveloppe qu'il porte?
Zo : En tout cas, vu comment ça le rend méfiant voire agressif, il y a sûrement de quoi accueillir avec un sourire béant!
Nos rires attirent alors l'attention d'Ahmed.
Ahmed: akory ly, bonjour (dans la région de Toliara)! mandroso, entrez!

Nous entrons et allons passer des moments mémorables.

Suite: Part 3

 

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