L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Tsy fito lahy, tsy fito vavy fa isa masina

13 mars 2008 à 22:27 |  Catégorie  Myself

Hery trouve que je suis un brin trop sérieuse en ce moment, qui en a profité pour soulever une question métaphysique. L'équipe en est décidément à des questions fondamentales, au milieu de tout ce sérieux. :)
Cela n'est pas faux, mais cela se sentait-il tant que ça? :) Voici ma réponse, également pour Shoan, Ranjiva et Nivo:

1. me1

Là on était au boulot. Si, si... En train d'inventorier le récif corallien malagasy, et de sensibiliser les villages environnants à trouver des alternatives à la destruction de la mangrove.
J'ai toujours aimé travailler dehors plutôt que dans un bureau. Ceci dit, je n'ai jamais passé autant d'heures devant un ordinateur que maintenant...

2. me2

Durant les années lycée, on aimait beaucoup se vanner comme on dit. Moi la première. Aussi dans la rubrique l'arroseur arrosé, l'une des vannes préférées de mes amis était alors que la "voiture" qui correspondait le mieux à ma personnalité était... une Massey Fergusson. Pas tant pour le côté agricole mais pour sa taille. Jeunes et cons nous étions. Ah oui c'est vrai, c'est un pléonasme!
Aussi, quand j'ai vu cette Massey Fergusson sur la plage (cherchez l'erreur), je n'ai pas hésité à me faire photographier et de le dédicacer tout spécialement à mes joyeux lurons d'amis. La vue est belle de là-haut. :)

3. me3

L'unique surnom que j'ai eu: zazavavin-drano ou fille de l'eau. Que vous pouvez aussi traduire à loisir par... sirène. :)


4. champi

Mon attachement à ma culture et à mon identité n'est pas discutable, tout juste avéré. Cependant, je dois dire que je fais partie de ceux qui ne croient pas à l'une des valeurs fondamentales malagasy: le fihavanana. Que je perçois dans bien des cas davantage comme la plus belle robe de l'hypocrisie, un sport où il faut mieux tendre la main pour mieux se faire couper le bras...
Ceci dit, je suis très fière du sens de l'hospitalité malagasy, pour l'avoir vécu, jusqu'au finfond de la Grande Ile.

5. la_grotte

Un de mes endroits préférés à Madagascar est "La grotte", dans le Sud-Ouest, sur la route du village de St-Augustin, près de Toliara. J'avais intitulé cette photo "Entre ciel et terre". Un de ces joyaux de la nature où eau douce et eau de mer se mélangent, donnant ces couleurs turquoises uniques, ce dans une magnifique grotte semi-ouverte.
Dommage, je crois que son accès a depuis été "privatisé", avec des infrastructures qui ont du coup enlevé tout le charme au naturel.

6. 181

Ca consiste à dévoiler des secrets déjà? Hmmm... Je rejoins le non-sens d'appeler cela des secrets. Aussi en voici un:
je suis de ceux que vous pensez connaître; vous n'avez pas vraiment tort ni tout à fait raison.

7. IMG_8564

Qui a dit que je vois les choses en grand? ;) Juste que j'aime appuyer à tout-va sur mon appareil photo, ça m'amuse de sortir une scène de son contexte.

Vitaaaa! Reste plus qu'à deviner où je suis sur certaines de ces photos.


Asociabilité assumée

08 décembre 2007 à 23:10 |  Catégorie  Myself

Dans la vie, on ne peut dire que je sois un exemple de sociabilité universelle. Loin s'en faut. Et je n'ai aucune envie de changer. C'est sûrement la raison pour laquelle je me permets de rester dubitative devant ce qui serait la sincérité de ceux qui se disent amis de tout le monde. Je suis de ceux qui sont plutôt convaincus que l'alchimie de l'amitié demeure le plus complexe de tous les types de rapport, l'amitié étant une valeur, un idéal, une conception qui m'est chère, si bien qu'il m'ait difficile de la considérer comme banalisée.
D'autant plus compliquée qu'il faille réussir chaque stade, comme de les rencontrer, d'avoir des affinités et atomes crochus, des sujets d'échanges, de vivre des moments de connivence et de soutien, d'accepter qu'on s'apprécie avec nos différences, de savoir qu'on ne partage pas pour autant systématiquement tous les avis sur tout, tout autant de détails pour construire une relation saine, sincère et droite.
Je peux prétendre aujourd'hui compter très certainement bien moins d'amis que les sociables universels, mais fière de n'avoir jamais été déçue ni trahie par mes convictions avec ces quelques-un(e)s, certaines vieilles d'une dizaine, d'une quinzaine d'années.

Dans la vie, je ne suis pas une inconditionnelle de rencontrer des Malagasy là où je vis, là où je m'installe. Ca étonne régulièrement, mais en déménageant l'an dernier, j'ai mis plus de 4 mois avant d'aller à la rencontre de mes compatriotes, et cette année, en deux mois, je n'en ai pas encore croisé.
Il faut dire je suis quelque peu vaccinée des rapports entre Malagasy outremer. Pour cause d'incompréhension récurrente avec nombre d'entre eux et sûrement réciproque, dira-t-on.
Tout cela parce qu'en arrivant à Bordeaux, je savais que j'y connaissais quelques compatriotes, que je n'avais pas tardé à revoir. Des anciens du même bahut (étrange, on en rencontre toujours où qu'on soit), des copains connus lors de passe-temps à Madagascar, de la famille ou des connaissances d'anciens collègues, etc... Le monde est toujours petit entre Malagasy.
J'ai été plutôt bien accueillie, mais constatant de suite que ces personnes connues d'une manière ou d'une autre, étaient réparties en clan, en bande. Me voici donc invitée à dîner avec la bande A, à aller à la plage avec le clan B, à se faire une toile avec la bande C, etc... Sans que j'aie partagé des moments avec bande A, clan B et bande C réunis. Enfin si, en soirée gasy, à se regarder comme des chiens de faïence. Ils se connaissent bien entendu, mais ne se jettent pas particulièrement des fleurs entre eux, plutôt des ragots, pour des raisons qui souvent me dépassent. Et bien entendu, j'ai droit à des questions d'incompréhension des uns et des autres de ce que je peux bien faire avec les autres uns ou les autres autres. Mais tant que je n'étais pas étiquetée, et que j'avais envie de partager des moments, mes choix ne regardaient que moi, j'ai horreur d'avoir des comptes à rendre.

Jusqu'au jour où l'inévitable arriva. Je refuse une invitation du clan B, ayant déjà prévu un programme avec la bande M. Leur conclusion, à laquelle je m'attendais un jour ou l'autre à vrai dire, tombe vite: "si tu n'es pas avec nous, tu es contre nous." Et si ça ne venait pas de l'un, l'autre l'aurait pensé également.
Ah bon? Il faut savoir que je partage rarissimement l'intégralité des avis et actions, même avec des gens avec qui je m'entends très bien, rien ni personne ne me contraindra à faire fi de mon indépendance ni de mon libre-arbitre.  Dépassée par une mentalité aussi lamentable, disons les choses comme elles sont, j'ai coupé les ponts avec A, B, C, etc... D'une soixantaine de connaissances, il ne me restait plus que 5 Malagasy qui  sont devenus des amis, étant beaucoup moins patriotiquement grégaires, s'en foutant autant que moi de la vie des autres, partageant des moments simples lorsque la vie nous le permettait, sans jamais avoir de compte à rendre.

Dans le virtuel, on ne peut dire que je sois un exemple de sociabilité universelle. Parce que la vague Facebook me gonfle! Voilà, ça c'est dit. J'y ai créé mon compte l'an dernier car j'avais un référent qui pointait régulièrement vers ce blog. Déjà, je n'ai pas aimé le fait de devoir s'inscrire pour pouvoir y naviguer. Puis plus rien pendant plusieurs mois. Jusqu'à recevoir au fur et à mesure des invitations et des messages pour devenir amie, pour rejoindre un groupe, pour déconner avec une de ces centaines d'applications. Non, je ne dis pas que c'est désagréable de savoir que des gens pensent à vous, au contraire, juste que de nature, je ne suis déjà pas très sociable, alors dans le virtuel, je n'ai aucune patience pour surfer et passer des heures sur Facebook, à la seule fin de me rassurer que je ne suis pas seule au monde.

Déjà, je dis aurevoir à l'anonymat, pour s'entendre dire "Ah je me doutais que c'était toi!" à la rencontre d'Antananarivo Miblaogy. N'est-ce pas Mia? :) Bon je n'y ai jamais cru, à l'anonymat, encore une fois, le monde est toujours trop petit à Madagascar.
Pourtant je suis loin de jouer le jeu, vu que je m'y suis inscrite sous pseudo. Aussi lorsque je reçois une requête de confirmation sur comment on est devenu ami(e)s sur Facebook, je corrige ceux qui n'ont pas fait le rapprochement que, non, on ne s'est pas connu via le site ou via un ami commun, mais parce qu'on a été à l'école (primaire, secondaire) ensemble. Je vous dis, on en rencontre toujours, où qu'on soit.
Mais la vraie bête noire, ce sont les chaînes de message. Déjà par email, je déteste ça et ne joue jamais le jeu au risque que ceux qui pensent à moi ne se sentent pas aimés ou appréciés en retour.  Là, ça me gonfle encore plus,
ces messages plus ou moins débiles juste bon pour perdre son temps, enfin, sauf les chaînes qui m'offrent une pensée ou de la bière :) .

D'où le titre: asociable, et je l'assume. Car, comme d'habitude, je suis de ceux que vous pensez connaître. Vous n'avez pas vraiment tort. Ni tout à fait raison.
Si ça vous parle tant mieux. Sinon, tant pis. Mais dans tous les cas: mais qu'est-ce qu'on s'en fout, n'est ce pas?!

Je parle ma langue maternelle

26 octobre 2007 à 22:14 |  Catégorie  Myself

qu'on se le dise...

Parler malagasy à longueur de journée fait partie de mes plaisirs simples et essentiels lorsque je suis chez moi. Bon, je ne peux prétendre hoe miteny gasy rano iray (parler intégralement en malagasy), mes phrases restant régulièrement ponctuées de mots français ou anglais, mais je fais l'effort de les utiliser le moins possible.

Lorsque je rentre dans un magasin, je parle malagasy, lorsque je m'adresse à une personne que je ne connais pas, je parle malagasy. Bon, lorsque je parle à mes amis, le vary amin'anana (mélange des langues) réapparaît vite, en vieille mauvaise habitude dira-t-on.

Aussi, j'ai du mal à saisir pourquoi, alors que je commence en malagasy, d'autant que j'aime ça, l'on me répond parfois en français... Je ne pense pourtant pas avoir un accent susceptible de justifier d'en perdre la langue, hormis les rrrr que je n'arrive décidement pas à rouler.

Rentrant dans une boutique: "manao ahoana ô"
Dans le cas où le ou la vendeur(se) répond, car ici on outrepasse souvent les formules d'égard pour aller droit au but comme l'illustre Ikalakely, et pour peu qu'il/elle soit d'origine chinoise ou karana (indo-pakistanais), il/elle vous répond par un "bonjour"... Une fois, deux fois, pour finir par ne plus être un hasard fortuit.

Et comme si ça ne suffisait pas, je me rends dans un bureau de notre compagnie aérienne nationale. Comme d'habitude, je salue, expose l'objet de ma venue en malagasy. Et l'on me répond en français. Je poursuis en malagasy, en faisant exprès de ne parler QUE malagasy. Elle me répond toujours QU'en français, d'un air naturel et souriant. Je continue, ainsi de suite durant au moins six échanges. En partant, curieuse de voir sa réaction, j'achève par un "Merci bien". J'ai eu droit au célèbre  sourire malagasy emplie de sympathie, accompagné d'un "de rien, je vous en prie".

Rien à redire sur l'amabilité, mais j'ai pas compris... Je n'ai pourtant pas dégainé mon appareil photo, seul détail qui trahirait que je suis en vacances, j'ai recouvert 90% de mes mélanocytes en seulement trois jours avec le soleil qui tape, et assure ne pas avoir renouvelé ma garde-robe de la tête aux pieds 48h avant de prendre l'avion. Aucun besoin de montrer où je vais ou d'où je viens. Comme qui dirait, on s'en fout ;) .

Alors, qu'on se le dise, je parle ma langue maternelle. smile
Mais j'assume l'ironie d'avoir, encore une fois, rédigé le post... en français! laugh

Confidences d'une malgache vivant en France

06 mai 2007 à 23:06 |  Catégorie  Myself

06 Mai 2007 - 20 heures passées.

Difficile de ne pas se sentir concernée par les résultats des élections françaises, puisque bientôt, un ministère sera créé rien que pour moi dans ce pays d'accueil.
Pas de grande surprise à 20h tapantes puisque les sondages avaient déjà matraqué le partage des votes des jours à l'avance, confirmé par une rapide vérification dans l'après-midi auprès des journaux belges et suisses. Premier texto qu'on reçoit d'un ami on ne peut plus français, fidèle à un Sud-Ouest votant pour la gauche: Révolution!!

Et pas suffisamment impliquée pour m'en révolter, juste un sourire amer. Souriante, en tant que Malagasy.
On me posait la question cette semaine pour quelle raison je suis arrivée en France.
"Parce que cela s'inscrivait dans une suite logique (et non LA suite logique) de mon parcours."
"Et pourquoi pas un autre pays?"
"Je l'ai envisagé et l'envisage toujours. Je n'avais pas trop hésité pour Bordeaux, pour ici, probablement."
C'était un entretien avec le RH réputé misogyne sévère, mais dont j'ai fini par gagner l'estime au cours de l'entretien, n'ayant pas eu peur de dire haut mes opinions et réponses. Conclusion selon lui: je suis une personne entière (et tout le blabla que je passe).

Il faut qu'une porte soit fermée ou ouverte. Je dis oui ou je dis non, et non peut-être bien que oui. J'aime ou je n'aime pas, mais je ne fais pas semblant. Je fais ou je ne fais pas mais je ne me force pas. Cela m'a sûrement  toujours aidée à ne jamais douter de mes convictions. Comme celle de ne jamais chercher à forcer le destin. Ici ou ailleurs n'est pas une finalité pour moi.

Je suis arrivée en France en 2000. Pour les études comme tant d'autres. Caressant le rêve, en tant que passionnée de la mer, de travailler un jour à l' Ifremer. Dans le cours sans forcing des opportunités, rêve réalisé quelques années plus tard. J'aurais pu repartir après mon stage de fin d 'études. Mais toujours dans un déroulement naturel de la vie, je suis restée. Avec cette force d'avoir le choix, de ne pas avoir besoin de rester à tout prix. La donne est juste un peu plus compliquée aujourd'hui car il faut gérer pour deux. Mais cela ne change en rien cette volonté de ne jamais outrepasser l'amour-propre, la fierté, et selon, peut-être bientôt l'orgueil.

Candidate pour une immigration choisie?
J'ai achevé les études que je suis venue faire, unique période de ma vie où j'ai bénéficié des allocations françaises, pour le logement. Hmm... Comme la grande majorité des étudiants, je présume. Je n'ai pas à rougir de mon entrée dans la vie active à la française, m'étant même mieux sortie que des amis de promotion bien français, de souche s'il fallait incongrûment le préciser. Bâti un réseau professionnel honorable du côté du Sud-Ouest de la France, rencontré des personnes formidables qui vous jugent sur vos valeurs et compétences, s'est vu proposer trois CDI en quatre ans, le dernier était le bon et attendu, parlant approximativement le français, de préférence sans faute d'orthographe, attaches personnelles tout en bicolore et non en blanc, etc...
Mais s'il fallait remplir un dossier de candidature pour justifier cela, je ne me ferais pas chier pour un sou ne m'embêterais pas, ne me donnerais pas la peine, ne daignerais pas, ne me plierais pas en 4, ni en 2. Rien en-deça de la fierté. Parce que lorsque le vent tourne et change de cap, je ne me place jamais en contre-sens.

Alors quoi, rentrer? Hmm... Ma soeur ne me donne pas l'exemple non plus, puisque rentrée après une expérience peu appréciée en France, ayant occupé des postes intéressants mais ne correspondant toujours pas à ses attentes, elle repart de plus belle, le Fulbright en poche.
Identité nationale: unique lauréate malagasy en 2007. Ouais! Bravo sister! Ny tanindrazanay malala ô ...

Pff!! Qu'est-ce qu'il ne faut pas dire tout de même, tout ça pour 1m 60 et des poussières!
J'ai peut-être jeté mon dévolu, l'histoire nous dira où, quand et comment.

5 things you didn't know about me even if you don't give a f***

07 janvier 2007 à 18:01 |  Catégorie  Myself

which I really understand. Really.
Comme le titre ne l'indique pas, le post sera en français. J'ai décidé de garder le titre tel qu'il m'est venu la toute première fois en découvrant ce sujet. Et dans la lignée, mon premier commentaire a été: "Who cares?"

Comme mon intro ne l'indique pas, je prends ce sujet avec amusement car il est pour moi insolemment ironique (et je ne suis pas normale, j'aime ça!), moi qui ai décidé de tourner les talons face aux sujets visant à mettre en exergue son fameux ego. Remarquez, tout dépend de ce qu'on y met, dans ces 5 things... Alors, ne soyons pas buté et remplissons le quota de l'année en cours, à peine entamée oui.

Invitée par mes zamis-bloggers-je-vous-zaime Vola & Lova (on dirait une marque déposée!), je m'y soumets pour l'unique raison qu'à la lecture de leurs versions, j'ai souri ou ri, ce qui reste pour ma part les meilleures des réactions face à un post. Je me serais sentie réellement forcée donc aurais refusé s'il avait fallu en plus verser une larme pour ça. Faut pas pousser non plus!
De quoi s'agit-il? D'une chaîne de posts lancée dans la blogosphère, une super méga idée dont on se serait bien passée, et si l'envie vous prend de savoir d'où cela est parti, vous pouvez toujours faire un tour du côté de Blog Tag tree.

Il y a fort à parier que vous révéler que j'ai une aversion pour les personnes doctes, suffisantes (je me répète), prétentieuses, hautaines et assimilés ne soit réellement tripant. La suite non plus d'ailleurs, ça tombe bien. Enfin si, bonne à combler le vide sidéral qu'il y a en vous d'ignorer ces détails hautement importants de ma vénérable personne. Vous ne vous réveillerez plus jamail pareil.

1. Ma soeur née et rentrée à la maison, il paraît qu'au bout d'une semaine, j'ai demandé à mes parents quand nous comptions la ramener à l'hôpital. On m'avait préparée psychologiquement à son arrivée, mais personne ne m'avait précisé qu'elle resterait. Sans rancune, sister!

2. Pré-ado, j'étais un véritable garçon manqué, casse-cou et tête brûlée de surcroît. En EPS, j'étais toujours dans l'équipe des garçons, je trouvais les filles trop molles. Aaah! Ca vient peut-être de là! Ceci dit, une fois que mes snies ont commencé à pousser, mes hanches de se galber, ma voix de mûrir de sensualité, je ne pouvais plus continuer ma supercherie, et ai décidé de remettre mon potentiel de féminité à flot qui se porte bien à ce jour.

3. Ado, j'ai porté durant des années un appareil dentaire. Le cauchemar des baisers! Le fameux sourire malagasy y trouvait une autre explication. Attention, je suis armée! En même temps, ça rend imbattable. Et bada lela!

4. Mon expérience professionnelle la plus originale? DJ-ette. En discutant avec un gars qui se rendait à un entretien, selon lui, c'est une activité d'homme, les femmes n'y ont pas leur place et que de toute manière, je n'en étais pas capable. J'ai relevé le défi de ses réfléxions machistes, avec une connaissance purement théorique du mix et de la table de mixage du fait de mon entourage. Sous l'oeil tout aussi goguenard du proprio de la boîte, j'ai effectué mon premier mix, la faute au hasard que ça ait marché, et j'ai été Dj-ette durant 8 week-ends avant de poser ma démission. Cap, toujours!

5. Enfin, dans la rubrique "Fort utile", mon bureau virtuel:

desk

Allez, ce post aura au moins le mérite d'éclairer à sa manière mon auto-portrait déjà bien déjanté.

Et je suis sympa, car j'ai rajouté une clause libératrice générale à la chaîne! Mais la porte reste ouverte pour volontaires éventuels (Iko, Aiky, Rija, Shadow, Nj, Elodieriana, Lilia, Dadee...) tout en supputant que cela ne correspondra pas nécessairement avec vos lignes directrices. ;)

Que fait-on, une fois de retour dans sa ville natale?

17 octobre 2006 à 12:47 |  Catégorie  Myself

Un petit retour en arrière... Pour la bonne cause.
Que faites-vous de beau lorsque vous rentrez dans votre ville natale? Personnellement, j'ai toujours l'impression que le temps passe très vite lorsque j'y suis.
Aussi, on profite de sa famille, nucléaire déjà et étendue version concentrée. D'ailleurs, souvent, le premier week-end qui suit l'arrivée est réservé à la réunion familiale. Pendant longtemps, une table était réservée pour les "djeun's", entre cousins et cousines, tous âges confondus (de 9 à 25 ans). Trois ans après mon dernier retour au pays, des cousins et cousines se sont mariés, sont devenus parents, la majorité travaille, et il n'y a plus de table spécial djeun's. Discussions d'adultes, échanges d'adultes, et considération d'adulte. Hmm, ça me plaît assez. Ambiance détendue.

On découvre le nouveau visage, enfin le visage amélioré de sa ville natale. De nouveaux bâtiments sont sortis de terre, des centres commerciaux ont poussé par-ci, par-là. On découvre les voies rapides et le by-pass, qui n'ont rien d'extraordinaire dans d'autres pays, mais à Madagascar, c'est une première. Tout un tas de choses qui nous font bien peser qu'on a été absent, ne serait-ce que quelque temps... Et puis, il y a tout ce qui n'a pas mué depuis des dizaines d'années, la nécessité semble au contraire marquer davantage de visages.

En trois ans, la monnaie a changé, le Fmg devenu l'Ar (ariary 1Fmg = 5Ar) et l'impensable est arrivé: en rentrant tous les ans ou deux ans au maximum, on ne sent pas trop dépasser par les prix des choses, on n'est pas pris pour un touriste d'andafy qui ignore la valeur dite normale d'un produit. Et paf! Changement de monnaie aidant, je me retrouve assez déboussolée, les commerçants s'exprimant encore souvent en Fmg tandis que tous les affichages se font bien en Ariary, et zéro idée sur le taux d'inflation depuis. D'où, grave question existentielle à l'épicerie du coin, à demander un paquet de 18 Petits Beurres (biscuits malgaches), et le regard étonné du vendeur à ma question: "combien ça coûte?" Quelques secondes de silence, que je n'ai pas su interpréter, puis il me donne un prix. Im-po-ssible de savoir s'il ne vient pas de surenchérir face à mon ignorance. Vexant, très vexant. Mais je saurai par la suite que j'ai eu une mauvaise pensée pour ce monsieur, et que je ne m'étais pas trompée, ni dans la monnaie, ni dans la valeur.

On en profite pour se remettre donc à flots dans cet océan d'ignorance, d'autant que j'aspire à ma propre évaluation du SMIC dans cette ville (faudra ressortir des cours d'économie, non?). Mais ça ne marche pas toujours. Je déclenche l'hilarité de ma soeur et d'une vendeuse lorsque je me trompe déjà de monnaie, je pensais que la vendeuse s'exprimait en Ariay, et de m'exclamer lorsque cette dernière corrige que le prix était en Fmg, donc 5 fois moins cher que je croyais. Bon là, on a légèrement honte, pô pô, pô, po, po... Il s'agissait en fait d'une reproduction de chaussures affichées à 100€ en moyenne en France, et là, elles étaient proposées à l'équivalent de... 5€ ! Je me doute d'un facteur égal pour la moindre qualité, à quelque chose près...

Bien entendu, on s'empiffre se délecte de toutes ces bonnes choses qui nous ont tant manqué. A savoir les uniques mofo gasy, ramanonaka et cie, THB et Bonbon Anglais, ravitoto, zébu, voanjobory, jusqu'à faire exploser la conscience de la balance. Quant à la balance elle-même, ça se discute.

On lit un maximum, les journaux, les magazines qu'on découvre (et ils sont nombreux). On s'informe sur la culture, musique, vidéos, tout en cherchant la commande des copains restés outremer. J'ai enfin compris le format des VCD (Merci à mon beau-frère de m'avoir éclairée après tant d'années. Divx, je connais, mais le format du VCD ne me parlait pas!) que l'on retrouve partout, qu'il s'agisse de films, clips ou que sais-je encore.

On appelle ses vieux amis, enfin, ses amis de longue date plutôt pour leur annoncer qu'on est de passage (mais la question ne se pose même pas à vrai dire), et que ça sera avec plaisir qu'on se revoit, et échanger ce qu'on est devenu depuis 3 ans déjà. Je sais, ça ne pourrait être "que" 3 ans, d'autant que plusieurs d'entre eux ne sont rentrés que depuis une ou deux années, maintenant, beaucoup de choses ont changé depuis. Ca demeure un plaisir unique de se retrouver ainsi. On prend le temps de raconter son bout de vie et de prendre des nouvelles de tout un chacun.
Certes, le net apporte sa part d'information, de voir untel dans telle galerie photo, de lire un article et de reconnaître un nom et son titre actuel, ou de chatter par personne interposée, etc... Mais rien ne vaut le contact de proximité (je n'allais pas dire physique, ce n'est pas automatique!) et visuel. Eh oui, je ne souffre pas tant d'un problème de sociabilité, mais davantage de manque (absolu) de complaisance... Heureusement que l'once de diplomatie qui coule quelque part dans mes veines me sauve bien des fois. Alors revoir ses amis, qui souvent nous ressemblent sur bien des points, fait le plus grand bien. Et on oublie l'espace d'un moment de pur chauvinisme, les amis qui nous entourent toute l'année, là-bas, au loin.

On sort pas mal, tantôt entraînée par les ami(e)s dans les coins en vogue ou à voir de la ville et rencontrer ainsi d'autres copains perdus de vue, tantôt par curiosité de découvrir ce qui a changé à Antananarivo. Et revivre les joies du taxi-be.
J'ai été agréablement surprise que les gens n'oublient pas, moi, mon visage. Au premier regard, on se reconnaît, on s'exclame, on a vraiment l'air heureux de se revoir (et c'est sincère), mais à aucun moment, je n'aurais pas juste pu être absente de la ville et non du pays. Il est évident à leurs yeux que je suis de passage. "Alors, t'es là depuis quand ?" "Tu restes un moment avec nous j'espère?" "Tu repars quand sinon " Ainsi de nombreuses fois.
Pourtant, je pourrais être en train de travailler à Nosy-Be. Et je n'étais pas "blanche" de manière à être reconnue comme une gasy d'andafy car je revenais de la côte. Mais le monde est petit dans la ville des milles où (presque) tout se sait...
On me propose de venir à la soirée des Léos (Lions Club Junior on va dire): "Euh non merci, ce n'est pas ma tasse de thé ce genre de mondanité" bien que je ne remette pas en cause leurs actions n'est ce pas . Par contre, invitée pour faire la connaissance de la JCI (Jeune Chambre Internationale) d'Antananarivo, et assister à leurs réunions de la semaine, j'ai accepté de suite.

Et le temps est déjà passé trop vite, on rejoue le film à l'envers: courses pour les voan-dalana, derniers repas avec toute la famille, et on se retrouve dans le même aéroport.

Version "voyage initiatique"

01 août 2006 à 20:36 |  Catégorie  Myself

Peut-on parler de Madagascar face touristique sans considérer la face réalité dite pauvreté ?
Et croyons-nous ne pas l’occulter ou savons-nous réellement ce qu’il en est ?

Mon pays au quotidien, je croyais bien le connaître, campée sur ce que je mettais sur le compte de la lucidité. Ma vie après le bac aurait dû, aurait pu poursuivre sa trajectoire, dossiers d’inscription jaune, orange, ou bleu soigneusement remplis et envoyés. Je ne l’avais même pas envisagée autrement. Mes parents, si. La décision tombe, le bac en poche, euphorie dans l’air et inscription assurée : je dois rester une année, afin de mieux connaître mon pays avant d’aller vadrouiller de par le monde. Le sacre. Enfin non, la gifle !

Mon petit monde s’effondre, moi qui étais persuadée d’avoir toujours eu les pieds sur terre, ainsi qu’une réalité de la vie à peu près correcte... Je pensais avoir fait (hum! basiquement) mes preuves : je savais faire cuire du riz depuis mes 11 ans (donc me nourrir, c’est dire !), je pouvais garder la maison un week-end ou plus lorsque mes parents étaient en déplacement (donc autonome et pas dévastatrice), j’avais parcouru une bonne partie de mon pays lors des vacances scolaires (donc insulaire avertie), j’avais déjà voyagé à l’étranger (donc étendu mes horizons et repères) et pouvais rester seule des journées entières dans un pays où je balbutiais à peine la langue pendant que mes parents travaillaient (donc me débrouiller). Qu’à cela ne tienne…

Que faire durant cette année ? De ma promotion, nous n’étions que quatre à être restés sur place cette année-là : une qui allait accoucher, une qui voulait faire une année sabbatique en parcourant les parcs nationaux de Madagascar, un qui ne pensait qu’à continuer à faire la fête au soleil des tropiques, et moi...
Première constatation : sortie de ma bulle dorée, j’ignorais quoi faire, où m’inscrire, les filières qui existaient à part médecine, droit, économie, etc… Et à priori, une année sabbatique n’était pas concevable pour ma conscience.

Mes autres amis proches étudiaient tous dans un institut en administration d’entreprises (je sais, je résume :) ), domaine qui ne m’intéressait pas. Il me restait la fac, dans une filière où on n’y est généralement pas par hasard ou pour glander, la mort dans l’âme, avec mon océan de préjugés sur la méthode universitaire façon bourrage de crâne.
Ca commence bien : je dois m’inscrire au guichet des étrangers. A la question « ma carte d’identité nationalité ne prévaut-elle pas sur la nationalité de mon baccalauréat ? », la femme au guichet me répond par un regard mi-vide, mi-dépité. J’en essuie une profonde vexation.
Nous sommes trois à patienter au guichet des étrangers : une malgache dans la même situation, que je reconnais de visu pour l’avoir rencontrée dans les salles d’examen, avec qui j’échange spontanément, entre soulagement et ralliement ; et un kenyan qui ne parle pas un mot de français, tout heureux du bien que je garde de son pays.

De l’université d’Antananarivo à Ankatso, je ne connais alors que les terrains de tennis et le terrain de foot où on allait parfois faire du jogging. Je découvre des locaux délabrés, l’éternel bricolage pour au moins pouvoir écrire avec une lueur blafarde, les snacks-gargotes, le monde universitaire.
Les premiers mois ont été un véritable apprentissage puis très vite la révélation que j’ai effectivement encore beaucoup à apprendre de mon pays. J’ai été tour à tour :
- solitaire, ne connaissant strictement personne, tandis que je vois les autres étudiants se reconnaître et former des petits groupes
- maladroite, bien que j’aurais pu prendre certaines réactions pour une atteinte à ma liberté, mais je ne l’ai pas pensé un seul instant. Une de mes grosses gaffes a été d’insister pour qu’on aille un jour déjeuner dans un resto « fast-food » qui me remémorait mes années lycée, situé sur la route de l’université. Je n’ai réalisé qu’au moment de l’addition que le prix d’un hamburger représente en fait la somme d’une semaine de frais de bus pour certains d’entre nous… Après cela, je les ai suivis, en essayant tous les snacks de l’université, où je ne me suis résolue à prendre que du riz cantonnais, et encore du bien huileux riz cantonnais, seul plat qui m’inspire alors. Qu’on ne venait pas m’en proposer le week-end lors des réunions de famille, j’en avais par-dessus le bol et en riais jaune !
- moins pressée, en relativisant et en laissant tomber la voiture pour prendre le mini-bus comme tout le monde. Les Malgaches sont connus pour être des lève-tôt, ce qui est le cas de certains étudiants qui habitent à deux heures de bus pour les plus chanceux, et deux heures à pied pour d’autres, de la fac…
- économe, lorsque je vois autour de moi comment les étudiants économisent au ma-xi-mum leur cahier ou leurs feuilles, usant de stratagèmes pour non-claustrophobes en 2D. Ils quadrillent voire surquadrillent leur feuille, adieu les marges car aucun mm2 n’est épargné, et écrivent le plus petit et le plus serré possible. Je me souviens qu’en cours élémentaire, mes parents me tanaient avec mon écriture en pattes de mouche, si bien que j’ai rapidement adopté une écriture ronde et épanouie. Mais là, impossible de changer mes habitudes de prise de note, sous les regards sidérés de mes voisins de me voir respecter les marges, sauter des lignes et même commencer un nouveau chapitre sur une nouvelle feuille. J’ignore comment ils font, visuellement, c’est abominable, s’il faut déjà se concentrer sur la forme avant d’en saisir le fond, je dis chapeau …
- touchée. Pour beaucoup, la vie est une lutte, un combat et souvent, demain est un autre jour… Une personne m’a particulièrement touchée. Plutôt renfermé, il n’est pas particulièrement loquace. J’ai sympathisé avec lui car ses dessins naturalistes sont tout simplement des chef-d’œuvres. Je lui arrive difficilement à l’épaule (histoire de me grandir un peu) mais j’ai aimé le voir faire, apprendre, échanger des explications sur les cours, etc… Lui n’a que les rizières en face de l’université à traverser pour rentrer. Mais il lit et révise ses cours… à la lueur du poteau électrique en face de sa maison, sous lequel il pose sa tablette le soir. Il n’y a pas d’électricité chez lui, et il ne peut se permettre de consommer trop de bougies, de toute manière pas pratique pour lire des cours quadrillés.
- et admirative, chapeau bas. Admirative pour bon nombre de personnes que j’y ai rencontrées avec d’énormes potentiels et des ambitions, que seul stopperont le manque de moyens ainsi que l’absence d’alternative de s’en sortir au mérite. J’y ai également fait la connaissance d’un génie, un vrai, garanti non OGM (bon mon pseudo humour craint là). A 21 ans, il avait son diplôme de polytechnicien, d’ingénieur agronome et il était en 5è année de math-info. Le tout avec un humour décapant et d’une simplicité exemplaire. Il refusait toutes les bourses d’études pour l’étranger qu’on lui proposait, et continuait tranquillement son étonnant parcours.

Bien sûr je voyais au quotidien les différents échelons de la nécessité à la misère en passant par la pauvreté. Bien sûr que je voyais mon pays tel quel, mais ni indifférente ni impliquée. Mais cette expérience m’a ouvert les yeux de jeune adulte ; pour la première fois, je regardais et non juste voyais, ces réalités que je supputais mais méconnaissais finalement.

Avec les moyens possibles et beaucoup de débrouillardise, cela m’a donné des ailes pour partir découvrir mon pays avec cette nouvelle sensibilité, ce qui m’a valu des rencontres et expériences, en tant que Malgache, inoubliables…
Cela m’a valu par ailleurs d’apprécier les personnes pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils ont (ou n’ont pas), chez lesquelles je retrouve deux traits de caractère, devenus mes fidèles électrons : la simplicité et l’humilité.
Je n’avais pas besoin de traverser les frontières pour ce que je peux ainsi appeler mon voyage initiatique… Merci qui ?

Ma rencontre avec Nicolas Hulot

21 mars 2006 à 18:44 |  Catégorie  Myself

Il y a quelques semaines, alors que j'étais en train de lire un de ses livres, j'apprends que Nicolas Hulot est de passage dans ma ville. Une conférence-débat était prévue pour le soir même, et je ne voulais pas rater cela.
Nicolas Hulot fait partie de ces personnes qui ont parcouru la planète sous toutes ses latitudes, une vie riche en rencontres et en émotions, en somme, enviable, un sentiment que je connais rarement. Je n'envie pas les gens en général, j'ai des rêves, et il se trouve que d'autres gens les partagent également et que certains l'ont réalisé avant moi. Mais là, je veux bien ouvrir la bonne porte pour un destin similaire... Je trouve qu'il ferait un bon ambassadeur de la planète Terre.

photo_139Le livre tout d'abord: Le syndrome du titanic. Nicolas Hulot nous y livre à coups d'exemples et de références scientifiquement fondées, le message qu'il transmet dans chacune de ses actions, un cri d'alarme en faveur de l'éco-citoyenneté et de l'écologie, si nous voulons encore sauver ce qui reste de notre planète. J'ai mis du temps pour me décider à lire un de ses livres, je ne saurais expliquer pourquoi. Dans celui-ci, je découvre:
- sa plume, un style à la fois rigoureux et imagé que j'aime beaucoup, avec un choix de citations riche et judicieux;
- l'homme qui s'exprime, un peu poète, sensible, engagé, dont se dégage la simplicité malgré le personnage médiatique qu'il est devenu;
- sa cause pour la défense de la nature et de la planète, du sommet de Johannesburg à l'école de son village, des lambris dorés de l'Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine, et ses moments de doute;
- ces personnages qui l'ont marqué comme Nelson Mandela ou Théodore Monod, etc...
Il fait également allusion à son voyage initiatique, en Afrique tout d'abord, puis plus tard au Pôle Nord, qui lui a donné ce goût pour le voyage et cette cause pour l'écologie. Et de dire:

"Chacun de nous suit un voyage initiatique pour atteindre sa propre vérité.".

Je me suis alors posée  la question: "Est-ce que je peux en dire autant?" J'ai déjà été en Afrique, mais cela ne m'a pas fait cet effet, mon pays étant tout de même assez proche de ce continent. Je parlerai davantage d'expérience initiatique, qui m'a conduite à ouvrir les yeux, et à voyager autrement, loin du cliché Club Med à l'hôtel et en car de groupes. Probablement dans un autre post...
J'ai eu un peu plus de mal à entamer la fin du livre, tant il martèle l'état critique à l'aide d'exemples, j'ai dû saturer.

photo_163Je partage plusieurs de ses convictions, j'ai murmuré plusieurs fois "Moi aussi" tout au long du livre, notamment que nous devons être solidaires du vivant comme du futur, responsables du monde que nous allons laisser à nos enfants. Personnellement, il y a longtemps que j'ai compris que ma génération devra déjà se battre davantage pour atteindre le niveau et la qualité de vie qu'ont pu connaître nos parents. Et je fais partie de ceux qui n'aimeraient pas que leurs enfants découvrent le monde dans une bulle, à travers Internet, les musées ou les zoos uniquement, qu'une nature saine et proche ou l'eau ne devienne pas un luxe absolu...
Je partage trois valeurs avec lui: l'écologie, le développement durable et l'éthique. Vraiment pas par attitude, ou parce que c'est à la mode, ou pour faire "genre" car je trouverais bien ridicule auquel cas, mais par conviction personnelle. "Je ne suis pas né écologiste", nous dit-il," je le suis devenu."  Moi aussi. En parcourant Madagascar hors des sentiers de brousse battus (!), comment ne pas le devenir? Cela naît d'une constatation et de l'envie de protéger le beau, l'authentique, la magie de la nature.

Mais à la différence de Nicolas Hulot, j'intègre largement davantage la dimension humaine. C'est pourquoi, il n'aime pas le mot "environnement", préférant "écologie". Certes l'homme est responsable de cette dégradation, de l'accélération en deux siècles des phénomènes se produisant d'habitude sur des temps géologiques, pour ma part, j' aborde le contexte en tant qu'écosystème, soit, l'homme composant avec son environnement et dans la réciprocité des intéractions.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je rate régulièrement ses émissions Ushuaïa, de très beaux reportages je reconnais, mais selon moi, un pays n'est pas composé que des merveilles de sa nature, l'homme n'est pas que détail. C'est valable pour le reportage de l'opération Okavango pour Ushuaïa réalisé à Madagascar. On m'a offert le dvd en même temps que l'abonnement pour Ushuaïa magazine, j'ai juste eu la désagréable surprise d'apprendre que le label Ushuaïa n'appartient pas à Nicolas Hulot et ne dessert donc pas sa cause, mais à TF1! Comme j'ai renouvelé l'abonnement, je donne donc de mon argent à TF1, l'horreur! Bref, de très belles images sur la Grande Ile, mais on a presque l'impression que Madagascar n'est pas peuplé d'humains bien de chez elle... Mais le journaliste nous explique dans ce livre qu'il aspire à ne montrer que ce qu'il y a de plus beau justement, afin d' inciter les gens à s'impliquer pour conserver cela. J'ai toujours davantage d'estime pour ceux qui agissent que pour ceux qui parlent, mais là, j'avoue ne pas être convaincue par la méthode... Je cite:

Rajouter une couche de laideur à la misère ambiante n'a jamais été un bon moyen de convaincre les autres de la justesse de sa cause, et on ne progresse pas en culpabilisant les gens.

photo_159L'homme...Sa biographie. J'appelle pour me renseigner sur la conférence-débat avec Nicolas Hulot, la personne au bout du fil ne semble pas plus au courant: "ce soir, à tel lieu, à partir de 20h, sur le thème L'écologie: une spiritualité pour notre temps". Hou la! Déjà que je laisse volontiers ma place pour les colloques et autres de ce genre, le thème ne me faisait pas trépiner  d'impatience...
Mais nous y sommes allés gaiement, mon intuition m'a dit que ça n'allait pas être si ennuyant. Un buffet gratuit était prévu sur place mais nous l'ignorions. C'est si rare la gratuité non-empoisonnée de nos jours. Le public, une centaine de personnes au plus, est composé d'un peu de tout: des jeunes, des moins jeunes et des vieux, au moins, chaque génération se sent concernée. Nicolas Hulot arrive peu après, sous les applaudissements. Je me trouvais à moins de 5m de lui. Ca me fait rire de le dire, car au risque de passer pour une blasée, voir de visu une personnalité médiatique ou célèbre ne provoque pas non plus de frénésie chez moi. Si, une certaine excitation, surtout quand j'ai vu Starck, le célèbre designer, juste devant chez lui et échanger quelques mots, et là, un sentiment similaire avec Nicolas Hulot. Mais aucune effusion pour autant. Ce que j'aime chez ces deux hommes: la simplicité au naturel qu'on ne saurait jamais qualifier de fausse modestie. La simplicité qui se dégage des gens de réel talent, ou de réelle conviction, qui n'ont rien à démontrer pour qu'on le reconnaisse universellement... A l'écart de ce qu'il appelle le théâtre des apparences. J'aime beaucoup cette expression.

Dans son livre, Nicolas Hulot dit ne jamais préparer ses discours, il s'adapte à son public. C'était le cas ce soir-là. Il a finement  contourné ce qui aurait dû être le thème soporifique  de la soirée, et  s'est lancé, commençant par un mini-reportage sur l'île de Pâques, enfin, ce qu'il en reste. A l'écouter, je croyais être en train de lire des extraits de son livre. Il écrit comme il parle (mais pas comme à la télé, c'est du TF1), ou il parle comme il écrit...
Je vous passe les exemples alarmants, mais en sortant de la soirée, nous avons rejoint l'opération Défi pour la terre, pour des gestes et réflexes d'éco-citoyenneté auxquels nous croyions déjà.

L'individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s'isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l'écart avec sa famille et ses amis de telle sorte que, après s'être créé une petite sociétéà son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même. (Alexis de Tocqueville)

Et en conclusion pour d'éventuelles allusions:  :)

L'utopie est la vérité de demain (Victor Hugo)

Le syndrome du titanic
La Fondation Nicolas Hulot
Le Défi pour la Terre

Le guide des blogs de Lonely Planet

10 janvier 2006 à 23:31 |  Catégorie  Myself

Guide des blogs de Lonely PlanetJ'ai eu l'agréable surprise d'apprendre la parution, puis de recevoir le Guide des Blogs de Lonely Planet, dans lequel figure "L'odyssée de Tattum" pour représenter Madagascar. Avoir été sélectionnée avec 37 autres blogs par le plus important éditeur indépendant de guides de voyage qu' est Lonely Planet, me flatte beaucoup.
Je remercie toute l'équipe de varier les moyens de promotion des destinations, pour avoir sélectionné ce blog ainsi que pour la générosité de leurs commentaires.
En intro: (...)" D'ores et déjà, la blogosphère compte quelques perles rares que nous avons sélectionnées dans ce guide. pour s'en convaincre, il suffit de surfer sur les blogs de Tattum à Madagascar, de Jérémie en Argentine ou encore de Lucie dans les Emirats arabes unis. La lecture dans ces blogs est souvent un voyage dans le voyage et produit inévitablement la rencontre avec un auteur."
J'en rougis presque! :)

Chaque site est noté à partir de 4 critères classés de 1 à 4:
E pour Editorial
M pour Mise à jour
C pour Communauté
I pour Invitation au voyage

article du Guide des Blogs de Lonely Planet

Il est vrai que j'aimerais bien passé une grande partie de mes journées à blogger, on y prend goût, mais il n'est pas du luxe de tout le monde de pouvoir en vivre!
Toutefois, grâce à ce blog, j'essaie à ma manière de présenter Madagascar, déjà en tant que Malgache, selon un point de vue assez personnelle mais j'espère juste, et contribuer à ôter les idées prépondérantes et réductrices de Madagascar, le film.  Bon, ce serait plus efficace en anglais, mais faute de disponibilité, je laisse la perspective d'un blog anglophone à qui se propose!

Esotérique, moi?

18 novembre 2005 à 19:19 |  Catégorie  Myself

J'ai été impressionnée hier par une directrice de recrutement un peu particulier. Je ne parle pas strip bien entendu, mais de ce qu'il y a de bien sérieux. Elle a dressé mon profil en quelques instants avec une méthode particulière.
Elle a pris mon CV, juste lu mon nom et prénom(s) et l'a retourné. Au dos, elle a noté nom complet et date de naissance. Et elle se lance dans la numérologie. Je savais que certains directeurs de ressources humaines la pratiquaient, peu nombreux et jamais à l'entretien... De ma date de naissance, elle dégage un premier point:"vous êtes quelqu'un d' organisé", puis continue selon une méthode que je ne connaissais pas avec mon nom entier. Et de nouveau elle dresse l'ensemble de mon profil. En quelques minutes, elle a conclu ce que j'ai mis plusieurs jours à formaliser de manière aussi précise en remplissant des tas de questionnaires et à travers des tests avec un cabinet de recrutement... Elle est où la boule de cristal??
"Vous connaissez la numérologie?"
"J'ai été initiée il y a plusieurs années, je ne pratique plus du tout depuis longtemps... Mais je suis impressionnée (et interrogative) comment mon état-civil à lui seul pourrait définir à lui seul ce que je suis, ce dont je suis capable, et à fortiori ma carrière..."
Et seulement après, elle a survolé mon CV, mais ce qu'elle venait de dégager lui suffisait positivement...

Elle n'a pas effectué d'étude graphologique par contre! Chose que j'ai faite pour ma curiosité personnelle il y a plusieurs années. Munie d'un livre de graphologie qui m'a semblé complet, je le potasse entièrement afin de décoder mon écriture, pour arriver à la conclusion suivante: "écriture conventionnelle des années 90"!! Arrgh!! Ca m'avance bien, tiens! Avec mon écriture ronde, "féminine", lettres distinctes, qui se perd à force de clavier persistant...

Dans cette lignée dite ésotérique, je me suis déjà intéressée à la sophrologie. Ce mot est associé, à tort, par certaines personnes à une notion de secte, et ça me fait bien rire. Parce que je marquerais une seconde d'intérêt pour une secte ou tout ce qui s'y rapporte, oui, à la semaine des quatre jeudis! "La sophrologie est à la fois une science qui étudie la conscience humaine et un ensemble de techniques et de méthodes à médiation corporelle." Mais je n'ai pas continué, peut-être suis-je trop jeune, ou ma vie est-elle un fleuve ne souffrant pas encore du réchauffement de la planète...

L'expérience qui m'a le plus surprise reste celui de la pratique du reïki. Je m'étais brûlée avec mon fer à repasser. Et il se trouvait que ma voisine était initiée au reïki. Voyant que j'en souffrais, elle a posé ses mains sur ma brûlure, s'est mise à se concentrer (ou méditer). Tout d'un coup, j'ai senti que ça me chauffait encore plus, comme si le fer position lin était resté collé! Puis après quelques secondes, la douleur s'est estompée, jusqu'à ce que je puisse de nouveau me frotter les mains comme si de rien n'était...
Je suis de ceux qui ont besoin de voir, comprendre pour croire, et difficilement le contraire, mais j'ai réalisé ce jour-là que le reïki, ça marche!

Par contre, je pratique depuis plusieurs années le feng shui et ne compte pas arrêter! J'ai découvert un peu par hasard cet art chinois millénaire qui consiste à aménager judicieusement son habitat et le cadre de vie dans le but de créer un lieu idéal pour favoriser la santé, le bien-être, la réussite, et finalement le bonheur.
En entrant dans certaines maisons ou appartements, qui ne s'est jamais dit qu'il y régne une atmosphère de bien-être et qu'ils nous semblent accueillants alors que d'autres lieux nous indisposent sans explication logique...
"Le Feng Shui est à l'environnement ce que l'acupuncture est au corps" (Van Minh). Alors que l'acupuncture chinoise s'occupe de faire circuler le Chi (l'Energie Cosmique) de façon optimale et bénéfique dans notre corps, le Feng Shui s'occupe de faire circuler le Chi de façon optimale et bénéfique dans notre espace vital.
Mais depuis que c'est à la mode en Occident, c'est devenu très, trop commercial, et on peut voir fleurir sur le web tout un tas d'"experts, practiciens", de sites et d'ouvrages en tout genre et dérivant parfois. Si ça vous intéresse, je peux vous conseiller des livres.

Petit jeu: se définir en un seul mot. Mon père avait lancé un jour pour me qualifier en un seul adjectif donc: ésotérique. Une petite vérification discrète dans le dico, et... Esotérique, moi?
Mais pas hermétique! Loin s'en faut!

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