L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Du Vita malagasy chez soi

31 janvier 2008 à 17:20 |  Catégorie  Madagascar| Culture

On pourrait penser que, tout Malagasy possède nécessairement du vita malagasy (made in Madagascar) chez soi. Certes, mais dans quelle mesure, à quelle échelle?

J'ai une mission pour 2008: aménager et décorer mon appart. Non pas que je ne l'ai jamais fait, mais cette fois-ci, j'ai carte libre sur ce dont j'ai envie. Presque étonnée que Tonnum me propose de le décorer avec une forte influence malagasy... Je suis certes fière de la richesse culturelle des arts et décos de mon pays, mais j'avoue que je n'avais pas non plus envisagé d'y faire régner une ambiance typiquement malagasy, malgré mon chauvinisme. Mais pourquoi pas?!

Expression des envies: j'aimerais bien allier batiks éclatants et photos en noir&blanc de Pierrot Men (tant qu'à faire, de véritables photographies et non des reproductions), en composant les couleurs sur cette base. Et quelques touches malagasy par-ci, par-là, n'étant pas adepte des décos fourre-tout.
Sur conseil de Lilia, en lisant désormais Deco~Design~Art avec un oeil de concernée, j'ai commencé par inventorier ce que j'avais de vita malagasy chez moi, dérivant parfois dans le hors-sujet en faisant le tour de toutes les pièces!

A feuilleter (haut débit conseillé | Version statique)

1. Cornaline: agate recherchée pour sa couleur rouge orangée. Elle avait dans les temps anciens la réputation de dissiper l’émotion et d’apaiser la colère.
2. Carte papier antemora, dont j'ai un stock inépuisable. A propos du papier antemora
3. Amponga ou djembé: davantage décoratif qu'utilisé hélas.
4. Chapeaux malagasy: en raphia. Pour homme, pour femme, qu'on préfère volontiers à la casquette. Les chapeaux chez Auzoma.
5 et 6. Batiks: le batik  est une technique très ancienne de teinture sur des pièces de tissu de coton. La partie d'étoffe non concernée par la couleur choisie, est enduite de cire. On plonge ensuite le tissu dans un récipient contenant la teinture qui va colorer toutes les parties non protégées par la cire. Après avoir enlevé cette première cire, la même opération est répètée autant de fois que de couleurs choisies jusqu'à obtention du décor souhaité. J'adore!
Voir la technique de fabrication des batiks africains
7. Galets de quartz rose: on en retrouve souvent dans les foyers malagasy, auquel on attribue souvent des bienfaits, ésotériques ou non.
8. Coupe-papier: en bois de rose ou corne de zébu. Il y a également possibilité de les commander sur mesure, et de vous faire graver votre nom dessus. Originalité assurée.
9. Cadres photos en raphia. De toutes les formes. Il ne reste plus qu'à insérer les photos
10. Coffee time avec du chocolat Robert, chocolat renommé malagasy, ici en format parfait pour le café. (Tant pis, ça fait un peu pub)
11. Aloalo: touche malagasy par excellence, malgré sa connotation funèbre. En effet, dans le sud de Madagascar (peuples des Antandroy et des Mahafaly), poteaux funéraires que l'on retrouve sur les tombeaux, les aloalo sculptés dans le bois, représentent des scènes ou des objets importants de la vie quotidienne du défunt
12. Déco en métal, fer forgé: tout un panel au marché COUM. La prochaine fois, j'en prendrai davantage, c'est sûr.
13. Sets de table et dessous de plats: en raphia, tissu, il n'y a que l'embarras du choix. Le marché COUM en regorge, de bonne qualité et finition.
14. Turtle en bois: parce que j'aime avoir au moins une tortue chez moi. Ca aurait pu être un ravinala, un baobab, un dauphin, un caméléon...
15 et 16. Etole en soie, ou lamba landy en malagasy. Cela mérite un post, la fabrication de la soie m'a toujours fascinée. Echarpes ou étoles malagasy sont un gage d'originalité lors de cérémonies de tout genre, outremer.
17. Tapis: ici ou ailleurs, il sert à la même chose. :)
18. Un mpanjaka be ny tany: ainsi s'appelle ce morceau de bois, dont j'ai oublié le nom de l'arbre. Une fois l'écorce taillée, cela donne ce morceau entrelacé et ma foi très esthétique, que l'on retrouve dans beaucoup de foyers malagasy également, servant de support d'abat-jour ou en simple bâton comme ici. Je l'ai toujours associé à un esprit protecteur mais suis curieuse de sa véritable signification...

30 et presque-Songes, l'exposition

07 janvier 2008 à 22:15 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Mieux vaut tard que jamais. :)

IMG_813130 et presque-Songes: exposition d'art contemporain, trandisciplinaire et international, initiée par Joël Andrianomearisoa en septembre-octobre 2007.
Une trentaine d’artistes malagasy et du monde entier ont participé à cet évènement, œuvrant dans divers domaines, (architecture, mode, installation, peinture, photographie, vidéo, danse, musique, design).

En savoir plus >>

Seules les photographies de photographies n'ont pas été autorisées, pour le reste, plaisir des yeux et des sens, avec une préférence pour le MentalKLINIK.

View slideshow

Melo Gasy ka manja

29 novembre 2007 à 12:11 |  Catégorie  Madagascar| Culture

FanaikyGros coup de coeur pour un artiste que je ne connaissais franchement pas: Fanaiky. Et plus précisément pour son premier album, autoproduit, intitulé Melo Gasy.
Melo Gasy pour dimininutif de "Melodie Malagasy", album avant tout à classer dans la rubrique jazz, aux délicieux mélanges de styles musicaux, de voix les unes aussi uniques que les autres et d'instruments divers. Un véritable voyage dans la diversité culturelle de Madagascar.

Comment ne pas être de suite très impatiente de l'écouter lorsqu'on lit sur sa pochette que Melo Gasy compte comme invités en tant que chanteurs accompagnateurs Bakomanga, Dah'Mama, Dina, Jaojoby, Dama, Olombelo Ricky, Din Rotsaka, Mikea Rakotovao, Mika sy Davis, Name Six, et en en featuring, Hajazz, Nicolas Vatomanga, Seta Ramaroson, Silo, Dama, Joro et Alexandrine?
Si ces noms ne vous disent rien, sachez qu'il y a là une exceptionnelle sélection d'artistes malagasy (sauf Alexandrine?) de référence, chacun dans leur style et genre, qu'il s'agisse de jazz, de salegy, d'hira gasy, de beko, de malesa, etc... Oui, tous réunis dans un seul album!

Quant à Fanaiky, il est à la fois auteur, compositeur, surtout connu en tant que bassiste mais également multi-instrumentaliste, et chanteur. Un artiste complet...
Pour en savoir plus: visiter le Myspace de Fanaiky où vous pourrez écouter par la même occasion le morceau "Betary" de l'album.

Photos: sur Tsenagasy

Je n'ai en effet pas entamé de démarche de demande d'autorisation pour en diffuser ici, et pour l'occasion, je voudrais contribuer à la mise en valeur du travail des artistes, et des acteurs de la culture en général. Parce qu'en trois semaines, on a le temps d'en découvrir plusieurs n'ayant pratiquement aucune visibilité sur internet, qui gagnent pourtant à être écoutés et connus, et que dire des nombreux talents qui attendent d'être découverts partout dans l'île.
Des projets visant à faire connaître et à valoriser en ligne la facette culturelle malagasy voient au fur et à mesure le jour, pour se rajouter aux thèmes déjà plus répandus que sont le tourisme et la protection de l'environnement. Dans la liste des idées, pourquoi pas une véritable boutique de vente de musique malagasy en ligne, qui existe déjà certes ou ici, mais avec une biographie et discographie de chacun des artistes, ainsi que les extraits de chaque morceau des albums afin de se faire une idée avant d'en acheter? En gratifiant réellement le travail des artistes, au mieux à leur juste valeur.

Melo Gasy de Fanaiky, un album franchement excellentissime, ce soir au Bus.

Madajazzcar 2007

03 octobre 2007 à 21:03 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Il est presque effrayant comme le temps est passé à une de ces vitesses entre Madajazzcar 2006 et celui qui se tient actuellement.

Et comme s'il ne suffit pas de trépigner d'impatience de rentrer dans ma chère île, il me faut cependant vivre avec l'amertume de rater la 18è édition de Madajazzcar, qui se déroule cette année du 01 octobre au 13 octobre.

Autre ironie du sort: l'ouverture a eu lieu avec celle qu'on surnomme l'organiste aux pieds nus, en la personne de Rhoda Scott, qui n'a été ni plus ni moins que mon premier concert de jazz. Je dois dire qu'à l'époque, j'accompagnais surtout mes parents, à un âge où le style du jazz dépassait plus qu'autre chose. Aussi, le poster dédicacé de Rhoda Scott a été, à l'époque toujours, remplacé par celui de Michaël Jackson. Il faut bien que jeunesse se passe... :)

MDJ_4

Au programme cette année (cliquer pour agrandir):

Programme Madajazzcar 2007  Programme Madajazzcar 2007

Bon Madajazzcar 2007!

Le festival de musique Angaredona bat son plein

13 septembre 2007 à 21:49 |  Catégorie  Madagascar| Culture

rajeryActuellement, se tient la quatrième édition du festival  Angaredona, le rendez-vous annuel des musiques vivantes à Madagascar, initié par Rajery, notre joueur de valiha national.
Angaredona entend faire valoir la culture musicale malagasy dans son essence même, et sert également de tremplin pour les artistes.
Selon Rajery: 
« c’est une plate-forme pour revaloriser ces talents et leur offrir une visibilité en vue d’exporter leur production ».
Angaredona facilite cette rencontre entre les artistes et les potentiels producteurs.
« Les populations en quête d’authenticité sont les principales cibles d’Angaredona… »
Il s’agit de spectacle et d’éducation artistique pour une sensibilisation en faveur de la culture musicale malagasy.

Salala, Remanindry, Tambours Gasy

Les artistes à l'affiche cette année: deux formations traditionnelles du Sud, “Salala”, “Remanindry” et d'Antananarivo “Tambours Gasy”.

angaredonaReprésentatives de plusieurs générations de musiciens traditionnels, ces trois formations ont eu l'honneur de donner le coup d'envoi au festival qui se tient du 7 au 16 septembre dans différents endroits de la capitale.
* Salala s’est imposé dans la musique a capella, fortement inspirée du beko, ce chant cérémonial très populaire dans le Sud chez les ethnies Antandroy, Masikoro et Bara. Véritable ambassadeur de l'a capella dans les années 80, Salala voit en Angaredona un moyen pour revenir au premier plan de la musique folklorique malgache.
* Remanindry figure également dans la riche liste à découvrir des artistes du Sud. Se produisant seul, Remanindry est à la fois chanteur, violoniste et danseur de talent, qui s'inspire du beko antandroy.
* Quant à Tambours Gasy, le groupe de percussionistes créé par Rainitelo, on peut dire que c'est la révélation par excellence d'Angaredona depuis la première édition de 2004 à Mahajanga. Au cours de ces dernières années, les Tambours Gasy se trouvent parmi les rares formations de musique traditionnelle à être sollicitées de partout, y compris dans les festivals de jazz et les manifestations dédiées à la musique urbaine.

Mais également Fataka, N’Sôva, Kolibera, Mika-Frank, Miatrembala, Daniel Ramaroson, Tombo Daniel, Tôty et Teta, Vahombey (excellent son dernier album), Naïnako, Dah’Mama, Rakotoasimbola Bernard, Ramilison Besigara, Voninavoko, Feo gasy, Mikea, Samoela, Lamako, Zaza Mandimby, Bakomanga, Ra-Georges, Randrianasolo R…

Analamanga Park

Après quelques mois d'activité dans la promotion de la culture et de la musique malgaches, Analamanga Park va accueillir son premier grand festival. Les organisateurs d’Angaredona 2007 ont en effet choisi son coliseum, capable d'accueillir 2000 personnes et inauguré il y a trois mois, pour offrir le bouquet final qui se déroulera les samedi 15 et dimanche 16 septembre.
Samedi, à partir de midi, tambours, trompettes et violons seront à l’honneur, avec la rencontre de deux géants du hira gasy, Rakotoasimbola Bernard et Ramilison Besigara. L’opéra paysan a toujours son public, vaillent que vaillent les modes changeantes.
Dimanche, la dernière journée, Samoëla, l'enfant terrible du modern-roots, qui aura l'honneur de clôturer Angaredona 2007.

Phare sur "Tambours Gasy"

Tambours Gasy est créé en 2000 sous l'impulsion de Tiana Ramarokoto dit RAINITELO. Il a pris sous son aile des jeunes adolescents de son quartier qui avaient arrêté l'école. Quatre ans durant, il les a initiés à la musique et formés aux percussions. Quelques-uns travaillent d'ailleurs dans son atelier car Rainitelo est aussi un fabriquant d'instruments de musique. De ses voyages dans tout Madagascar, Tambour Gasy a ramené les percussions des différentes régions.
Cet ensemble de percussions, magistralement orchestré par Rainitelo, présente un mélange de sons subtils et variés. La complicité de ses membres met en évidence une exécution soignée et une synchronisation parfaite. C'est un mariage de rythmes de tous horizons, de la musique traditionnelle malgache, du hira gasy, antsa, salegy…Un album est en cours de préparation.

Sources:
Express de Madagascar: programme du festival
Aody.mg: présentation du festival
GazetyNety: interview de Rajery, initiateur du festival
CCAC: accueille "Tambours Gasy"

Egalement:
Angaredona au BUS, club à Antananarivo: sur leur blog
Tambours Gasy sur Madanight
Myspace de Rajery
D'ailleurs, il y a tout plein d'artistes malagasy à découvrir sur Myspace, ça change des clips sur Daylimotion! :)

Transportez-moi à la Fête de la Musique...

19 juin 2007 à 19:41 |  Catégorie  Madagascar| Culture

à Antananarivo en ce juin 2007!!!

F_te_de_la_musique_2007Le programme musical du CCAC du mercredi 20 Juin m'a tout bonnement fait pâlir d'envie; ce qui est rare, car à dire vrai, il n'y a que la musique qui me fait cet effet!
Heureux chanceux veinards à ceux qui assisteront à ces concerts!

Au programme donc:

TRINITY / pop rock
Trinity aborde les vécus quotidiens des jeunes dans sa musique. Différents sujets se retrouvent ainsi entremêlés, des chagrins d’amour aux études, avec les sons des guitares électriques et le tempo de la batterie.

BIG JIMDA / rap trad
Le rappeur vient de sortir un nouvel album, « gasy karanao tooh » qui associe les sons de la musique traditionnelle malgache aux rythmes du hip hop.

SAMMY RASTAFANAHY / reggae fusion
Sammy Rastafanahy est l’une des grandes figures du Reggae à Madagascar. Sa musique mixe principalement le reggae et le salegy.

MAELA TRIO / smooth jazz
Adeptes du smooth jazz, du jazz vernaculaire et du jazz modal, le trio utilise des instruments électroniques procurant à leur musique une fraîcheur moderne.

MIKEA / world
Avec ses mélodies électriques dans lesquelles beko et blues s’entrechoquent jusqu’à la fusion, la musique du groupe Mikéa est un mélange détonnant plein d’énergie, de feeling et d’émotion.

MIKE & DAVIS / chanson trad fusion
Le duo fait un véritable tabac actuellement. Ces deux chanteurs musiciens issus de la région de Tamatave mélangent les genres et ont séduit le public avec leur simplicité et complicité.

MÔTA / piano voix
Remarquée lors de la manifestation « Voix du Sud », Môta est une compositrice talentueuse. De sa voix douce, elle interprète des mélodies simples et sensuelles, parfois décalées.

TANA GOSPEL CHOIR / gospel
Une des meilleures formations gospel de Tana. Une chorale dynamique pleine de vitalité. Le groupe a effectué en 2006 une tournée en France.

ROLA GAMANA / musique du monde
Il présentera une composition musicale à partir d’instruments insolites, fabriqués par des artisans de l’atelier Zavamaneno.  

Aux amateurs de musique qui passez par là et qui avez la chance d'y assister, morceaux, extraits, vidéos bienvenus!

Message subliminal: partagez si vous y allez :)

Lumière sur la peinture malagasy

16 juin 2007 à 22:11 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Aujourd'hui s'achève "Vitrines de Madagascar", destiné à faire connaître l'art, la culture et l'artisanat malagasy à Strasbourg, présenté dans ce précédent post. Comme promis, je partage ici ma visite.
La manifestation s'est déroulée en deux parties concernant les visiteurs: des stands d'artisanat à la Place Broglie à Strasbourg durant une semaine, puis une exposition-vente de peintures malagasy au Palais du Rhin la seconde semaine.
Il m'a été difficile d'effectuer 2x300 km en une dizaine de jours, même par chauvinisme, il a donc fallu choisir. L'artisanat, je connais, la peinture beaucoup moins.

Exposition-vente de peintures malagasy
Celle-ci  a été organisée par l'Association pour la promotion des arts naïfs, populaires et sacrés du monde (APAME) qui a présenté une palette de la production artistique de qualité de Madagascar, œuvres d’artistes exprimant divers courants et sources d’inspiration régionales ou ethniques.
Je tiens à saluer l' excellente initiative. J'ai un unique souvenir d'expositions de tableaux en tous genres dans les différentes galeries d'Antananarivo et à Analakely au coeur de la ville, cela doit remonter à une bonne dizaine d'années. Aussi, ferai-je juste une remarque qu'il est quelque part dommage que ces tableaux aient besoin de s'exporter pour être exposés, mis en valeur et appréciés. Corrigez-moi si je me trompe...
Jusqu'ici, ma culture en matière de peinture malagasy flirtait au niveau du néant, se résumant en fait à  une préférence avérée pour les tableaux de Chen. Cette exposition tombe ainsi à pic.

Selon l'APAME, la représentativité la plus complète possible de l'Art malgache a pu être assurée grâce notamment à l’appui des nombreuses Alliances Françaises implantées à Madagascar ainsi que de plusieurs personnalités et artistes et historiens d’art malagasy, tel que Hermann Razafindravelo (Vice-Ministre de la Culture), qui ont contribué ainsi à un choix artistique cohérent et de qualité de l’exposition et de l’ouvrage sur les arts plastiques malgaches qui en portera témoignage.

Catalogue d'art malagasy: "La peinture malgache, dialogue du réel et de l'imaginaire"
L'APAME a en effet édité cet ouvrage à compter dans sa collection personnelle.
Il entend assurer la promotion de l'exposition et des artistes présentés mais aussi de la peinture malgache, peu connue finalement, et qui n’a jamais fait l’objet d’une publication recensant l’art existant.
Un catalogue intéressant, agréable à parcourir, retraçant tout d'abord l'historique que je qualifierai de récent de la peinture à Madagascar, remontant au début du XIXè siècle.
Les artistes, leurs inspirations et leurs ressentis sont également présentés sous forme d'interviews-discussions ainsi qu'un index biographique, et enfin, sont soulevés des sujets à réflexion telle que l'expression de la situation socio-environnementale de la Grande Ile à travers la peinture, la conception de l'artiste, etc...

Extraits:

A Madagascar, le don qui fait l'artiste est considéré comme acquis dès le ventre maternel, et on ne peut l'apprendre. C'est peut-être l'explication de l'absence de zèle pour l'enseignement de l'art dans ce pays...

L'art malgache est l'expression d'un champ de tensions historiques entre deux systèmes de représentation distincts: d'une part le système traditionnel hérité des ancêtres et, d'autre part, le système mimétique européen, introduit vers le milieu du XIXè siècle, qui s'impose sous la période coloniale et préfigure les expressions actuelles.

Mes coups de coeur
Chen: Sans concession, Jean-Yves Chen comme d'habitude, avec de ma-gni-fiques aquarelles tantôt d'un réalisme bluffant, tantôt... divinement artistique comme La Providence.
Chen est né en 1962 à Mananjary, diplômé de l'Ecole des Beaux-ARts de Taïwan. Technique utilisée: l'aquarelle
Liladhar Sandjay: né en 1975 à Toamasina. Il débute très jeune dans la peinture, différentes métamorphoses accompagnent sa démarche artistique: la période classique, des natures mortes (1992 à 1997), la période Cubisme Moderne (1997 à 1999), et la période contemporaine marquée par des oeuvres majeures telles que "Ecce Homo". Mon préféré: La Mère et l'enfant.
Rain Forest: ou Rakotondrazaka Andriamiradoroa Manfred (pour le coup, Rain Forest est plus simple à retenir!), né en 1956 à Fandriana, pratique la peinture animalière (à la plume), les paysages (aquarelle), le contemporian (huile), et reproduit des tableaux anciens.

Pour le plaisir des yeux

Le mariage façon malagasy

12 juin 2007 à 21:45 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Non je ne vais pas parler de moi, du moins pas directement. smile Mariage est un mot qui me revient souvent ces derniers temps, alors qu'habituellement il s'agit d'un contexte qui m'ennuie plus qu'autre chose. Mes amis et famille vont être contents de l'apprendre tiens, la faute aux menus trop prévisibles, que dire du registre musical, car je n'apprécie pas de manger et danser à la fois, du coup je n'apprécie aucun des deux sur le moment, au look guindé et protocole étouffant souvent toute spontanéité, etc... On l'aura compris, moi pas fan.
Mariage_helv_teEt pourtant ces dernières semaines, j'ai enfin accepté d'aller à mon premier mariage malagasy outremer, j'ai assisté à un mariage de rêve chez les Helvètes (en tant que spectatrice et non invitée laugh) et je suis toute émue d'apprendre que l'une de mes meilleures amies connue depuis le lycée se marie, sans que je puisse réellement me l'expliquer. Peut-être parce qu'il existe une magie dans l'amitié qui opère malgré le temps et la distance, les vicissitudes et les destins, malgré que je sois plutôt instable dans l'emailing, etc, etc...

Et de rechercher sur le sujet, à propos du déroulement d'un mariage traditionnel malagasy.

Traditionnellement, le mariage est conclu dès lors que les formalités coutumières ont été accomplies et principalement lorsque la donation du vodiondry ou fandeo, fafy, diafotaka, orimbato, fanokoana, etc…a été faite.

Mitari-bady tsy lasa vodiondry henatra eo amin'ny tany ama-monina.

Ou: Paraître en public comme mari et femme sans même qu'on se soit acquitté du Vodiondry (dot symbolique) est une honte devant la société malgache.

A Madagascar, il s'agit de la cérémonie qui scelle l'union d'un couple devant les deux familles et devant les hommes. Une délégation représentative des proches parents du prétendant se déplace pour l'offrir.

Le Vodiondry, littéralement croupe de mouton, est offert en guise de reconnaissance aux parents de la jeune femme. Il marque le consentement et la bénédiction des raiamandreny (ou aînés). A l'issue de la cérémonie, les deux jeunes gens sont mariés officiellement devant la communauté. Célébré avec faste, le vodiondry est l'aboutissement d'un long processus allant du premier contact pour sonder les sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, en passant par la consultation des astres, et les différentes réunions pour définir le choix de la date fatidique.
Au fil des ans, sa signification a évolué au point de devenir uniquement un symbole. Autrefois, le montant du vodiondry faisait l'objet d'un marchandage extraordinaire. La femme du fait qu'elle assure la descendance est une richesse inestimable et acquiert une "valeur marchande". Hum! Je ne parierai pas qu'aujourd'hui, on tiendra encore le même discours!

Organisation du vodiondry
Le jour J est fixé sur les conseils du mpanandro (devin). Celui-ci définit le jour faste qui garantira la stabilité de la vie du couple ainsi que l'assurance d'une descendance. L'occasion est également saisie pour fixer le montant du vodiondry.
Cette réunion au niveau des parents démontre le rôle prépondérant des aînés et des personnes âgées dans la société malgache. Cette rencontre au sommet est surtout une phase d'intenses négociations sur les compensations à accorder à la famille de la jeune fille. Son départ laissera un grand vide au foyer de ses parents où elle assure une grande part des travaux ménagers et des tâches agricoles. Certaines ethnies notamment du Sud de l'île offrent des boeufs en contrepartie et en guise de dot.

Toujours est-il qu' on ne procède jamais à la cérémonie du Vodiondry tant que les aînés ne donnent pas leur consentement. Une fois le grand jour fixé, il ne reste plus qu'à prévenir les invités composés surtout des proches et des parents que l'on ne peut ignorer sous peine de se le faire reprocher pour toute l'éternité.

La cérémonie du vodiondry
La cérémonie du vodiondry qui a lieu au domicile de la jeune fille, prendra la forme d'une joute oratoire, entre les représentants des deux parties. Le "mpikabary" (porte-parole) de la famille du prétendant s'efforcera de séduire l'assistance et surtout d'éviter les formules agressives.

Pour en savoir plus>>
Pour jouer au jeu de demande en mariage (si, si)

On procède à la remise du vodiondry ou de son symbole de nos jours donc. A l’époque, le contenu était composé d'une pièce d'argent (volamena), de quelque vakim-bola (fractions de pièces), ainsi que d'un caillou qui symbolise une relation éternelle. Ainsi, le jeune homme offre également un cadeau à son épouse, généralement, un lamba et une alliance.
Au fil des temps, la cérémonie s'est étoffée de nouveaux apports. Ainsi, le jeune homme offre également un cadeau à son épouse. C'est, généralement, une alliance en or à l'instar de ce qui se pratique sous d'autres cieux. "Il ne faut surtout pas croire qu'il s'agit d'une banale imitation de la civilisation occidentale, remarque un mpikabary. La bague a une signification particulière pour les Malgaches." Jadis, on avait l'habitude de nouer ; un petit fil au doigt d'un messager qui doit voyager loin. Ce, pour que celui-ci, n'oublie pas de livrer le message une fois arrivé à destination. L'alliance permet donc aux époux de toujours se souvenir des promesses qu'ils se sont faits où qu'ils soient. Comme un événement n'atteint son comble qu'après un grand festin, on passe enfin à table.

Comme un événement n'atteint son comble qu'après un grand festin, on passe enfin à table.
A l'origine, le repas était servi, sur le fandambanana (natte au sol) ou table malagasy, dans une assiette en argile pour les mariés. Cela revêt, encore une fois, une signification particulière. C'est un souhait pour qu'ils vivent longtemps sur terre et également une sorte d'avertissement sur la fragilité des liens. Le couple doit donc prêter une attention particulière à leur vie. Il n'a droit qu'à une seule cuillère en corne noire exprimant que désormais ils ne font plus qu'un. La couleur noire est aussi un voeu pour une longue vie. On notera, enfin, que le menu comporte un mélange de riz avec du lait et du miel.
Après « le sakafo mitam-pihavanana», comme en Asie les Malagasy offrent des matelas, armoire, lit, ustensile divers… aux nouveaux mariés.
Une fois que la cérémonie est terminée, les « mpivadivao » rejoignent leur foyer avec leurs cadeaux.

Source et détails: Madatours

Photoana 2007

09 juin 2007 à 21:34 |  Catégorie  Madagascar| Culture

Photoana_2007Le genre de manifestation culturelle par excellence qui me fait regretter de ne pas aller et venir comme bon me semble: Photoana 2007, 2ème édition de la Biennale de la Photographie de l'Océan Indien, ou le rendez-vous des amoureux de la photographie à Madagascar, qui s'est déroulé du 06 Mai au 09 Juin.

Où?
Deux villes ont été concernées par l'évènement, à savoir Antananarivo et Fianarantsoa.
Dans la capitale, neuf endroits ont couvert les expositions: le campus universitaire d'Ankatso, la gare Soarano, le Musée d'Art et d'archéologie, l'Esplanade Analakely, Villa Poina à Andohalo, l'Alliance française d'Andavamamba, le Centre culturel Albert Camus, et la Galérie Holcim à Tsaralalàna.
A Fianarantsoa, la manifestation, qui a vu la participation des meilleurs photographes de la ville, s'est tenu à l'Espace Ivonea, Antarandolo.

Thèmes?

PHOTOANA n'a pas réellement présenté de thème d'ensemble pour les expositions, mais a plutôt proposé de faire découvrir l'Océan Indien par une mosaïque de regards photographiques, expression de la diversité artistique de nos îles et autres pays participants, allant de la photographie noir et blanc à des formes d'expression contemporaines libres et étonnantes..

Hommage à Maksim Seth

Cie_Rary_MUn des moments forts de Photoana 2007 reste l'hommage à Maksim Seth que j'ai moi-même tenu à saluer. Hommage mérité pour ce photographe de talent et non moins l'initiateur de cette Biennale de la photographie de l'Océan Indien, grâce à une exposition posthume. Le 06 Juin, premier anniversaire de sa disparition, a été placé sous le signe de l'hommage à ce photographe qui “a laissé son regard, sa vision et ses oeuvres au compte du patrimoine malgache”, selon les propos de ses amis au sein de l'association Ara Sary.
(source: Express de Madagascar)

"Regard d'époque | Regard contemporain"

Portrait_gasyou Le portait malgache dans les années 1895-1898
Des expositions patrimoniales ont permis de faire ressurgir les images du passé, témoignages de la vivacité d'une pratique photographique qui remonte à la fin du dix-neuvième siècle.
En effet, le projet Regard d’époque/ Regard contemporain présenté dans le cadre de la 2e édition de la Biennale de la Photographie en Océan Indien PHOTOANA 07, est une lecture inédite autour de l’idée de modernité dans la thématique du portrait.
Les photographies présentées, réalisées entre 1895- 1898 à Madagascar, sont des retirages d’après les originaux de la Collection Léon Garnot. L’approche frontale des portraits rend incertaine la notion de temps.


Au programme

> photographies / audiovisuel / videos / photographie contemporaine océan indien
l'image dans la ville / numérique / nouveaux supports /

> l'international / océan indien
> un pays invite / ouverture / l'Afrique du sud

> regard / dynamisme / nouveaux talents
> patrimoine / passe / présent / hommages

> urbanisme / la ville / Antananarivo

> ateliers / formations / échanges
amateurs / professionnels / jeune public

> promotion / photographie / arts graphiques

Egalement

DES ATELIERS / WORKSHOPS / LA REUNION – MADAGASCAR ( 23 avril au 05 mai )
Sur l’initiative de Frédéric Pothin et de l’association Fanal Fotografi, des photographes réunionnais et malgaches ont effectué pendant deux semaines un atelier de création dans le but de poursuivre les rencontres et de développer les échanges sur les pratiques photographiques.

RESTITUTION DE CET ATELIER DE CREATION (07 au 12 mai)

LE PROJET PHOTOGRAPHIQUE, LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE ( 09 et 10 mai)
Avec Valérie Beer Demander, Professeur d'histoire de l'art et de sémiologie.

DES CONFERENCES ET TABLES RONDES / "PATRIMOINE PHOTOGRAPHIQUE" (07 mai)
Par Maryse Duchêne, Béatrice Andrieux, Helihanta Rajaonarison.

"LA FORMATION EN PHOTOGRAPHIE" (8 mai)
Par J. Fleetwood.

"LA PHOTOGRAPHIE NUMERIQUE" (11 mai)
Par Abe, photographe.

PROJECTIONS / L’ŒIL DU CYCLONE / 35MM (24 mai)

L’AFRIQUE EN FACE / DVD (02 Juin)                           

Qui?

Selon les voeux des organisateurs au sein de l'association Ara-Sary à sa création, Photoana tient toujours à sa vocation internationale. Cette fois, outre une centaine de photographes locaux, une vingtaine venus de six pays différents, ont honoré ce rendez-vous malagasy.

Echange d'expériences

Quelques Malgaches résidant en France ont également figuré parmi les invités, dont les deux photographes Rija Randrianasolo et Malala Andrialavidrazana, ainsi que le scénographe Joël Andranomearisoa. De même, cinq photographes venus de La Réunion, cinq de l'Afrique du Sud, deux de Maurice, un de Rodrigues et un de Mali, trois de la France, ont été de la partie.
Du côté malgache, on note la présence de Pierrot Men désigné comme commissaire général de la manifestation. La participation des photojournalistes constitue la nouveauté de la présente biennale. Ils ont exposé à l'Esplanade Analakely des photos inédites des cinq dernières années.

Invités

Patrick Talbot / Directeur ENSP Arles France
Simon Njami / Commissaire Biennale Bamako
Joel Andrianomearisoa
Bétarice Andrieux / Commissaire expo monographique Léon Garnot
Rija Randrianasolo /Photographe
Malala Andrialavidrazana / Photographe
Bernard Descamps / Photographe - formateur
Maryse Duchêne / Commissaire Fonds Patrimoniaux (La Réunion)
Nathalie Gonthier / Ville de St Denis
Raymond Barthes / Photographe (La Réunion)
René Paul Savignan / Photographe (Réunion)
Tatiana Patchama / Ecole des Beaux Arts La Réunion
John Fleetwood /Directeur Market Photography Workshop (SA)
Ingrid Masondo / Photographe (SA)
Andrew Tshabangu / Photographe (SA)
Zanele Muholi / Photographe (SA)
Lolo Veleko / Photographe (SA)
Martine Henneqin / Soeur du photographe disparu Jérôme de Souza (Maurice)
Dominique Bellier / Journaliste (Maurice)
LavalPlaiche / Photographe (Rodrigues)
Isabel FORNER et Aliette COSSET / Photographes (L'Afrique en Face,'Oeil du Cyclone)

Voir:
Aody.mg: galerie photos Photoana 2007

Sources:
CCAC
Africultures
Actuphoto

Ny Reny

02 juin 2007 à 11:55 |  Catégorie  Madagascar| Culture

En ces temps de la fête des mères, un poème dédié. Désolée pour la traduction, mais déjà que ce n'est pas un exercice que j'affectionne, mais alors dans un style maîtrisé qu'est ce poème de Fredy Jaofera, ce n'est pas évident!

NY RENY

Ny reny no silak'Andriananahary
natao hamololona ny tany rehetra ;
manam-pitiavana no voabaribary
fa mamy tokoa ary tsy misy fetra.

Ny reny no ananganana tranomanara,
tsy ilaina hoderaina fa atao ao am-po ;
Mahalala mizaka no mbola voambara
ho azo itarainana raha misy manjo.

Ny reny no natao mpamafy ny vary
ho tena masoandro feno hafaliana ;
kanefa matetika fa ny tsiparifary
no tena jinjainy ao anaty mangina.

Ny reny no fanome valim-bavaka
handrakotra mora ny lanitra soa ;
na lasan-ko vovoka, hitanao miavaka
ho lafo dia lafo no tsy hisy indroa !

FREDY JAOFERA

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