L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Au pays des "pourboires"

24 avril 2009 à 20:46 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Certains pourraient s'offusquer qu'au lieu de parler de la situation socio-politique à Madagascar qui dégénère de jour en jour, de la liberté d'expression en train de devenir un mirage, je m'en vais tout d'abord aborder des... banalités...

Avez-vous déjà compté le nombre de fois où vous êtes sollicité pour un pourboire en une journée à Madagascar? Le pourboire se définit comme une gratification laissée au personnel en remerciement d'un service de qualité... On enlève "de qualité", ou mettons cela sur le compte de la relativité, et disons "gratification dûe" et non "laissée"...

Après avoir remercié gentillement 3 ou 4 pousseurs, vous emmenez vous-même votre chariot avec vos lourds bagages jusqu'à la voiture. Vous le faites bien au départ, pourquoi pas à l'arrivée? Apparu de nulle part, un gars se charge de ramener votre chariot vide, en quémandant une pièce. En euros... D'humeur généreuse et conciliante, vous lui tendez une pièce de 2€ pour service non-rendu chèrement payé, ne vous empêchant pas d'avoir une pensée pour le court-métrage de Nantenaina intitulé "Deux euros".

Vous vous êtes garés sur une place de parking et manquez de visibilité pour ressortir de là. Pas de panique, un jeune homme toujours sorti de nulle part accourt, votre clé à peine enfoncée, vous faisant de grands signes, et tendant la main au niveau de la vitre baissée pour prendre son billet.

Vous vous demandez dans combien de temps sera prêt votre nouveau passeport, l'heure étant à la biométrie. Pour le savoir, précisez: avec ou sans pourboire? Sans pourboire, on vous regarde avec des yeux de merlan frit et vous répond vaguement: "Trois, quatre jours, à peu près, en général...".
Et avec autant d'aplomb qu'une perche frétillante, vous rétorquez: "Et avec pourboire?" Un jour, à priori. De 8h30 à 12h puis de 14h30 à 16h pour vice ou oubli de leur part, à poireauter pour prendre un ticket, passer à la caisse, attendre, attendre, attendre que certains veuillent bien faire leur boulot au lieu de papoter un quart d'heure après chaque personne reçue, pour un déshabillage complet de votre tête, pour une photo, et trois empreintes. L'idée du pourboire vous a été soufflé par un tiers, mais vous vous demandez quelle différence il y aurait eu. Ah si, vous auriez toujours pu l'obtenir après la date de départ...

The last and the least... Récupération des bagages, vous apercevez à travers la vitre ceux venus vous accueillir parmi la foule, mais il reste un dernier passage: ces messieurs qui vous invitent à passer à leur niveau. Pendant un instant, j'ai cru que je passerais sans me faire fouiller. Puis l'un d'entre eux me sourit et me sort la plus niaise des questions à mes yeux: "On ne se serait pas déjà vu?" J'ai horreur de cette question, pour dix milles raisons... Que répondre à ça? Quelque chose aussi d'aussi bête:
" Normal, entre Malagasy".
Rire nerveux, l'approche n'ayant pas fonctionné, sentant sûrement que je me fous aussi quelque peu de lui, il décide d'aller droit au but:
" Alors? Vous voulez qu'on fouille votre bagage? Si vous ne voulez pas, un petit cadeau de dix euros est le bienvenu."
Moi: "Passons pour cette fois, vous fouillerez la prochaine fois."
Il répète sa proposition comme s'il n'était pas certain que j'avais compris.
Moi: "Vous pouvez fouiller, je n'ai rien à cacher, j'ai tout mon temps."
Pour avoir déjà vu des situations dégénérer dans pareils cas de provocation de la part de passagers, je me mords intérieurement la lèvre.
Lui: "Montez-moi votre valise pour voir."
Moi: "Alors il faut m'aider, c'est trop lourd pour moi toute seule."
Je feins de ne pas y arriver, le laissant le porter lui-même. Il soulève quelques affaires, pour la forme... Ca m'a donné envie de laisser des objets compromettants style coquins la prochaine fois, juste pour voir la tête du douanier...
Ayant eu assez de mon bagage, il se retourne vers son collègue:
"Et celle-là, pourquoi l'as-tu laissée passer juste comme ça?"
L'autre: "C'est une femme de député, je n'ai pas osé."

En partant, je leur adresse un bref sourire ironique, en espérant qu'ils aient deviné ma pensée profonde à leur égard.

Bienvenue à Madagascar. Tonga soa. Mais qu'on ne s'y trompe, pays aux milles facettes. Et qu'on se le dise, on n'est jamais mieux que chez soi. Même lorsqu'on y découvre les sons des tirs de gaz lacrymogènes ou tirs réels.



Madagascar, le pays: Le pouvoir déconfit

23 février 2009 à 23:52 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

A la question "pourquoi restes-tu si silencieuse dans ton blog avec ce qui se passe à Madagascar?", je réponds, évasive, "entre l'embourbement et la désinformation qui régne, je prends du recul, et observe ou plutôt attends...ou ne trouve plus mes mots... ou me brouille les pensées..."

Madagascar est remué - à l'heure qu'il est - par une salade de crises.
Crise politique au départ mais sur un fond de crise sociale et économique déjà rampante. A bien y regarder,une situation bien complexe. Aujourd'hui, on vit le tout crise!
Bien que porteur de nombreux mélioratifs, il fut un temps, le pays semble glisser vers l'auto-destrution. Aura- t- il les reins suffisamment solides pour retrouver l'ordre que ce lourd fardeau a mué en désordre?
On ne saurait évoquer la parthénogénèse comme à l'origine de ce charivari actuel. Il n'est que la résultante des turpitudes des dirigeants successifs; entr'autres: la gabegie orientée, le népotisme grégaire, les pots de vins en cartons pleins, la spoliation en coupe-réglée et tout le bataclan des fiéffés ripoux.

Le reproche qu'on peut attribuer au clan Ravalomanana, c'est de n'avoir pas su appréhender que la loi de la physique cinétique reste immuable: les mêmes causes produisent les mêmes effets. A savoir: la chienlit !

" Ceux qui n'ont pas compris les erreurs du passé sont condamnés à les reproduire" B. Weber

Pareille  attitude pourrait se comprendre, dés lors qu'on saisit que ces Olibrius-là sont postés derrière un rempart de sacs de prébendes; une posture qui leur leur décrit une réalité moins réelle que fictive de la vie du pays. C'est ici l'air et la chanson !
Du grand brouhaha à l'embrouillamini, ne fallait-il pas y voir des signes précurseurs d'un profond malaise?  Fallait-il s'arcbouter pour enjoliver la situation ? et minimiser la matérialité des choses?
Est-ce une surprise de voir ici la crise?
C'est son éclosion qui a pris quelques longueurs d' avance dans le temps. De l'indigestion causée par la victoire de Rajoelina  sur le poulain de Ravalomanana lors des élections communales de décembre 2007 devait finir par provoquer une occlusion intestinale chez ce dernier.
Une élection qui n'a pas été volée par Rajoelina. Une élection qu'on pourrait assimiler à un carton jaune des footeux  à l'endroit du pouvoir et de la part de l'électorat de la capitale.
Nous voici donc devant une intervention chirurgicale délicate, signe que la crise est plus qu'épidermique.

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Photo: AFP

De toutes celles vues, j'ai trouvé cette photo terrible... Terriblement émouvante...

Fame, un cyclone qui porte bien mal son nom

02 février 2008 à 11:33 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Bien que le cerveau soit partagé entre 10000 tâches et priorités, n'oublions pas l'essentiel, la dure réalité.

cyclone
Cyclone Fame (2008)

Le premier cyclone de l'année 2008, Fame, laisse un lourd bilan après avoir traversé Madagascar d'Ouest en Est, et occasionné beaucoup de dégâts.Les derniers chiffres tirés du rapport officiel émanant du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (Bngrc) font état de 12 morts, près de 6 000 sinistrés et près de 1 000 sans-abri dans les régions du Melaky, Boeny et Analamanga. Les bâtiments publics sont ravagés à 98% contre 70% pour les habitations dans la ville de Besalampy. Plusieurs hectares de rizières sont sous les eaux.
Ces régions les plus touchées comptent d'énormes dégâts, et se voient confrontés à d'importants risques d'inondation avec la crue des eaux, d'autant que plus les jours passent, et plus de districts se trouvent actuellement dans un état de désolation.

Une mission technique par hélicoptère est actuellement en cours dans ces régions afin d'évaluer les besoins de première nécessité pour les populations sinistrées. L'Etat Malgache, les ONG locaux et internationaux sont en train de se mobiliser pour apporter les aides d'urgence.   

Fame_cyclone
Cyclones Fame et Gula - source: NOOA

Le cyclone s'en est allé, mais quel lourd bilan...

Pour en savoir plus
Comment se forme un cyclone?

Sources:
L'Express de Madagascar
Collectif Urgences Madagascar (merci pour la newsletter)

Fête nationale 2007 à Madagascar

25 juin 2007 à 22:40 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Ou comment le long week-end de la fête nationale sera fêté dans la Grande Ile?

A Fort-Dauphin:
Actuellement, s'y tient le festival Katrehaky, qui entend sauvegarder l’identité de l’Anosy, non seulement son environnement mais également sa société, aspirant à ce que le Katrehaky devienne une référence culturelle dans le Sud, telle qu'a pu le devenir Donia dans le Nord de l'île.

Foot de plage, football, basket-ball et course pédestre de 10 km seront au rendez-vous pour cette première à Fort-Dauphin. Douze fokontany, 4 entreprises et 9 établissements scolaires seront en fête. Un bal populaire est même prévu au stade d’Ampasimasay.

A Mahajanga:
Le mélange des genres du programme m'apparaît quelque peu incongru à Mahajanga.
En effet, ce sera la fête au sens le plus profond du terme mais également un moyen d’offrir à la population une occasion d’en savoir un peu plus sur le Madagascar Action Plan qui sera projeté sur écran au bord de la mer. Là même où la fête s’établit du 21 au 26 juin avec un grand podium et surtout une animation de 19h à 22h avec du hip hop, des concours de variétés et plus spécialement du wadraha, cette danse bien majungaise qui arrive à soulever une montagne de passion.
Le sport ne sera pas en reste avec les courses en tous genres dont les pousse-pousse,les pirogues, les scooters et les bicyclettes.

Les feux d’artifice et l’inévitable retraite aux flambeaux seront au rendez-vous de cette fête pas comme les autres. S’agissant en effet d’une fête populaire,les prix aux différents concours seront en nature comme des sacs de riz, du sucre et du savon. Une issue rendue possible par l’implication des sociétés majungaises comme Celtel, Jirama, Cico, Telma et Star.

A Toamasina:
Divers cabarets au quatre coins de la capitale régionale d'Atsinanana sont prévus. Le point d’orgue du programme devrait être le cabaret à l'hôtel restaurant Jupiter, en plein centre de la ville. Tanitra et Rojo, des anciennes gloires de l'émission de télé- réalité Pazzapa, vont animer trois soirées pour célébrer la fête nationale.
Les cabarets sont à l'honneur pour marquer le 47ème anniversaire de l'Indépendance.

Du restaurant Les Bambous Mangarano à l'extrémité de la ville avec les artistes de la génération Kaiamba, les festivités vont battre leur plein presque dans chaque quartier jusqu'au bord de la mer, plus précisément au Bateau ivre de Christian, le spécialiste des fruits de mer. Pikah et Flore du groupe Farthem animeront la nuit de l'Indépendance. Non loin, un groupe d'Antsiranana, en l'occurrence le groupe Salamameva, se trouvera parmi les animateurs des festivités.
Bref, les soirées cabarets sont entrées dans les habitudes du grand port surtout lors d'un réveillon.

A Antananarivo:
Pour la jeunesse insouciante, ils auront le choix entre le Jammin'Night à "la Plage" une boîte à Betongolo, et l'Independence Show à la gare de Soanierano avec au programme démonstration de kapoeira, salle de billard avec tendance karaoké, un concours par équipe de paint ball, une partie de discothèque avec la Rdj's team, du cirque avec les Aléas des Possibles, et un concert avec Rolf, Kiady et Mika sy Davis.

Par ailleurs, des projections de films en plein air se dérouleront à l'Esplanade d'Analakely, tous les soirs, du 23 au 26 juin. Dans la soirée du 25 juin, il y aura le traditionnel feux d'artifice au lac d'Anosy.

Enfin, le 26 juin après la grande parade militaire à Mahamasina et tout le protocole politico-économique, un concert aura lieu, avec une multitude d' artistes de renom issus de toute l'Ile.

Ailleurs :)
Un concert de Dadagaby: Invité d’honneur à l’UNESCO le 29 juin 2007 en tant que représentant du patrimoine culturel immatériel de la grande île, Dadagaby se produit au Satellite Café le jour de la fête de l’indépendance malagasy. A travers ce concert, il proposera d’explorer son répertoire musical exceptionnel alternant musiques des hautes terres, salegy et musique du sud de la grande île pour le plus grand plaisir de tous.

Avenue_de_l_Ind_pendance

Avenue de l'Indépendance (credit: Google Earth)

sources:
Wanadoo Madagascar
L'Express de Madagascar
Madagate

 

Mitomany Gasikara

18 juin 2007 à 22:20 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

ou encore Tears of Malagasy people.

Je suis tombée sur cette vidéo de Dikhana, un clip hip-hop que j'ai trouvé intéressant, mettant l'accent et dans les paroles et dans les scènes, sur la pauvreté de la Grande Ile, qui reste sa première réalité.
Dans le même temps, j'ai également visualisé de magnifiques vidéos sur les ressources naturelles, mais j'ai préféré publier celle-ci..

Comment? Nos ressources et une politique de gestion raisonnée de celles-ci ne m'interpellent plus? Si bien sûr. Mais les véritables préoccupations devraient désormais et plus que jamais se tourner vers la situation économique de son peuple ainsi que de ses réalités quotidiennes.

29 Marsa 1947

30 mars 2007 à 23:12 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Je complète la commémoration du 29 Mars 1947 avec ce poème-hommage de Fredy JAOFERA, que je tiens à remercier ici et à saluer pour ses poèmes.

29 Marsa 1947
Fantatrareo moa ity zava-nitranga
nampahonena izay tao Moramanga,
nataon'ny mpanjanaka sady nibahana
an'ireo Malagasy nitady fahafahana ?

Fantatrareo ve fa andao tantaraina
ny ady nipoaka nahakivy ny saina ;
ny rà nikoriana toa eran'ny Nosy
naha-voazanaka sy tena voahosy ?

'Reny tafondro toa nampihorohoro,
niampy ny basy nahay nampikoro
no re isan'andro sy isa-minitra
ka faty daholo no hita nitsitra !

'Reny nandohalika maro dia maro,
resy sy lanaka fa hoe mbola niaro
'ty tanindrazana haren-tsarobidy,
nampigadraina hitondra mangidy.

'Reny nikiaka niantso vonjeo,
nandrakotra hatrany ny efa toreo,
kely finoany an'izay mba niriny
rehefa nanao izay mba tsy tiany !

'Reny voalefona tsisy nandrasana,
tonga nanjary nameno ny fasana,
nampitomany an'izay velon'aina,
na aiza na aiza no mba tanisaina...

Izany sy izany no atao hoe tantara
ka nampahoriana an'ilay Gasikara,
nidradradradrana fahaleovantena
ho antsika rehetra izay nanantena.

Fredy JAOFERA

Egalement de l'auteur: Ny foko sy ny fonao (que je ne me lasse de relire à l'occasion)

Madagascar, 1947

29 mars 2007 à 23:43 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Le 29 mars est férié dans la Grande Ile. Madagascar commémore ses dizaines de milliers de victimes suite à l'insurrrection contre la colonisation française. Lire la sélection d'articles faite par Nivo sur Malag@sy Miray.

mada_1947Madagascar, 1947. C'est le nouvel ouvrage de Raharimanana, illustré de photos du Fonds Charles Ravaojanahary (1917-1996), autre grande figure de l'accession de Madagascar à l'indépendance, outre Jacques Rabemananjara à qui j'ai rendu hommage lors de sa disparition.

Le livre - Editions Vents d'Ailleurs

Un document remarquable ! Le témoignage d’un écrivain engagé et des photos du Fonds
Charles Ravoajanahary montrant Madagascar de la fin du xixe siècle jusqu’en 1947 nous
interrogent sur les rapports entre colonisés et colonisateur, entre pouvoir actuel et passé, sur
le silence de part et d’autre, sur l’écriture de l’histoire par le Nord et la nécessité d’interroger
cette histoire par le Sud..

Les photos réunies pour cette exposition, unique à Madagascar, sont aujourd’hui connues sous le nom de « Fonds Charles Ravoajanahary », un fonds sommeillant depuis des années dans un coin « non visité » de sa maison. Rongées par l’humidité et les rats, elles sont un ultime témoignage du combat de cet homme et attestent de l’état d’un pays laissé à l’abandon par ses élites.
Randianina Ravoajanahary, sa fille, et Vincent Wable, auteurs du film Gouttes d’encre sur l’île rouge (2004), portrait de l’écrivain Raharimanana, ont entrepris de faire connaître son histoire et celle de son pays. Ils préparent actuellement un deuxième film retraçant son parcours à travers les témoignages des acteurs de cette période.

Source: Madagascar, 1947. (.pdf)

Développement du tourisme durable à Madagascar

10 janvier 2007 à 22:29 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Je me rassure, dans le flot des palabres sur l'environnement au point de ne plus savoir à quelle réelle conviction se fier, je continue de me réjouir en découvrant notamment que Madagascar entend développer un tourisme durable.

Ces dernières années, nos oreilles sont bercées par des expressions telles que protection de l'environnement, développement durable, commerce équitable, etc... La mauvaise nouvelle c'est que tout le monde en parle à toutes les sauces au point de dénaturer les fondements mêmes de ces causes, entre récupération médiatique, marketing et donc commerciale; la bonne nouvelle, c'est que ces réalités et concepts ont tendance à se formaliser ce qui permet de canaliser les actions. Mais comme dans toute définition et tout discours de concept idéologique mais non irréaliste, il convient de garder un certain recul .

1. Késako?
logo_tourisme_durableL' adaptation du concept de développement durable au tourisme définit le tourisme durable comme recouvrant:

« Les formes de tourisme qui répond aux besoins des touristes, de l’industrie du tourisme et des communautés d’accueil du présent, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre a leurs propre besoins »

Le tourisme durable est intéressant en ce sens que les professionnels du tourisme reconnaissent avoir concentré jusqu'il y a peu le marketing pour le tourisme à Madagascar uniquement sur l’écotourisme, c’est à dire sur les parcs nationaux et la biodiversité. Or l'écotourisme n'en constitue qu'une facette, et sous-entendrait que plus d'attraction des parcs et de nos chers lémuriens, donc plus de touristes, ainsi il n'offre donc pas de pérennité.
Le tourisme durable l'englobe et entend apporter des bénéfices à l’environnement, l’économie et les communautés locaux, répondant aux trois piliers du développement durable.
Présenté par Sonja ranarivelo, Présidente du Groupement des Opérateurs du Tourisme de Madagascar, le tourisme solidaire (et durable) est :
    - Basé sur le partage
    - Axé sur la sensibilisation des populations et du voyageur
    - Intégré dans une dynamique solidaire
    - Géré par la population locale
    - Destiné à un enrichissement mutuel

2. Initiatives dans le domaine du tourisme durable à Madagascar

Madagascar a mis davantage de temps que ses voisins d'Afrique Austral avant de s'y atteler, l'est pays du moramora ou l'est pas! Ceci étant, le tourisme durable y voit ses débuts d'autant que le gouvernement, les bailleurs, le secteur privé et les ONGs ont commencé des projets dans ce domaine:
- Le Plan directeur du Tourisme pour Madagascar met l'accent sur la durabilité:

        - le tourisme comme outil contre la pauvreté
        - la protection de l’environnement et l’identité socio-culturelle

        - le développement durable des communautés locales

       - l'augmentation des revenus du tourisme
        - le développement de l’infrastructure

        - la création d’emplois

- Le document stratégie de réduction de la pauvreté (DRSP) qui souligne l’importance du tourisme pour la réduction de la pauvreté. D'après une étude de la Banque Mondiale, le tourisme est premier dans la liste des secteurs susceptibles de produire une croissance économique durable. "Bien que la valeur ajoutée directe issue du tourisme soit calculée à un simple 1,6% du Produit Intérieur Brut en 1998", les recettes en devise placent le tourisme en tête des secteurs d'exportation.

- L’autorité pour les aires protégées a Madagascar, l’ANGAP, chargée de la gestion des parcs et réserves, partage les droits d’entrée aux parcs avec les communautés locales.

- L'Office Nationale de l’Environnement (ONE), ont public une liste des indicateurs du tourisme durable, pour les hôtels et restaurants. Leur but est de créer un système de classification de la durabilité pour ces établissements.

- Le Ministère du tourisme et de la culture a également travaillé avec un ONG français sur le développement des indicateurs pour le tourisme durable, dans le but de créer un label pour le tourisme durable a Madagascar.

- Le projet de la Banque mondiale ‘Pôles Intégrés de Croissance’ (PIC), est en train de développer une charte verte pour le tourisme a Madagascar et aux deux pôles de Nosy-Be et Fort-Dauphin.

- Quelques tour operators malagasy développent également des projets en partenariat avec des ONGs dans le domaine du tourisme durable

(source)

3. Ressources
Le site du tourisme durable à Madagascar est une véritable mine de ressources et d'informations. J'ai passé un temps non-chronométré à les découvrir et ils sont tous très intéressants bien que n'étant pas (encore?) une professionnelle du tourisme.
> Divers et précieux documents (rapports, études, guides de bonnes pratiques, etc...)
> Une multitude de sites et liens tournant autour du tourisme durable (ONG, Groupements et même des Centres d'études)
> Liens pour professionnels du tourisme mais également pour trouver des bons plans comme sur Responsible Travel.

Visiter le site mada-sustainable-tourism

En conclusion, je dirai que tout ceci est bien entendu à prendre avec un certain recul car d'une part il n'existe pas non plus de solution miracle qui va changer la face du monde du jour au lendemain, et d'autre part, parce qu'il faudrait déjà préconiser que la FHORM, la Fédération des Hoteliers et Restaurateurs de Madagascar, change de slogan. Actuellement:

FHORM slogan


Allez, moi je dis: peut mieux faire!

Marc Ravalomanana réélu au premier tour pour un second mandat de 5 ans

27 décembre 2006 à 22:12 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

J'ai quelques blogs à découvrir et plusieurs posts qui me tiennent à coeur à achever avant l'aube de la nouvelle année, ça va être serré! Et celui-ci n'en fait pas partie mais à l'ordre du jour.

Comme j'ai déjà pu l'exprimer, ils sont des sujets que je préfère en images, ou encore remastérisés par les Guignols, le Canard Enchaîné ou par Vanf (chroniqueur), Elisé Ranarivelo ou Aimé Razafy (dessinateurs de presse), mais cela concerne tous les Malagasy. Que je suis.

La différence entre un journaliste et un blogger, c'est que ce dernier a la chance de pouvoir trier ses sujets. Pour les attentes sur des actualités qui méritent peut-être d'être abordées, je renvoie volontiers à la presse officielle car il faut dire que certaines nouvelles sont d'un ennui et d'une fugacité... Je ne parle pas du sujet principal que sont les élections présidentielles, mais de ces histoires qui les composent entre autre.

Regards "bloguesques" sur les élections

Attention, traitement très léger du sujet, le ton est donné en cette fin d'année...

Avant
Le déroulement des propagandes reste un sujet qui souvent me dépite au plus haut point. Selon les cultures, l'homme est capable de se rabaisser à un point pour arriver à ses fins, pour le pouvoir, pour le siège, pour le titre. (Presque) tout est permis, mains basses, trahisons, actes vains comme un coup d'état annoncé dans la presse par exemple, par le général Fidy finalement arrêté (la faute à la moto ). Prudence est mère de sûreté, assurément, il valait mieux prévenir pour mieux rater. On ne choisit pas toujours le bon registre pour faire parler de soi... Hélas.
Le souhait unanime de la population est que ces élections se déroulent dans le calme, avant, pendant et après. Parmi les 14 candidats, plusieurs sont présents juste en tant que troublions, des marionnettes dont on se demande si elles ont au moins la conscience de leurs paroles comme dans le cas de Pety Rakotoniana. En effet, je suis partagée entre désolation et colère quand, dans un contexte de nécessité où les gens se battent déjà assez pour leur lendemain, seraient revisitées les incitations tribales et au trouble par des personnes incapables d'exister autrement que dans la division.

L'opinion internationale quant à elle, qui oublie rarement de décrire l'ancienne carrière du "roi du yaourt" "de l'actuel chef d'entreprise à la tête du pays", y voyait déjà la continuité de son mandat comme dans cet article du journal Le Monde que j'ai trouvé équilibré, du regard lointain que j'y porte.

Les élections présidentielles en images

Pendant
RavalomananaMarc Ravalomanana est présenté comme le grandissime favori, reste plus qu'à faire durer le suspens. Le déroulement dans le  des élections est suivi de près par une centaine d'observateurs internationaux qui ont ainsi pu apprécier la maturité de la population malagasy en matière  d’élections démocratiques. Comprenez par là: « la conduite exemplaire » des électeurs pour avoir assumé leur responsabilité en allant voter, un constat d’une forte implication des électeurs et d’une réelle volonté de prendre part aux affaires nationales. Et que les électeurs étaient mûrs et responsables. Le scrutin s’est déroulé dans la sérénité globalement sur tout le territoire, malgré quelques imperfections qui “n’ont pas mis en cause le bon déroulement de l’élection” pour reprendre les conclusions unanimes des observateurs internationaux.
Quelques incidents à signaler toutefois tels que des urnes brûlées à Toliara ou encore un lâcher de zébus à Ambositra par des dahalo (brigands) qui a momentanément empêché l'accès au bureau de vote.
Le taux de participation est jugé satisfaisant à 61.45%.
 

Après
RavalomananaLes premiers résultats sont suivis sur le site du Ministère de l'Intérieur et de la Réforme Administrative (MIRA), qui donnent une avance à Marc Ravalomanana ainsi qu'une large victoire sur Antananarivo avec 78% des voix.
S'ensuit une situation politique quelque peu délétère avec la recherche active du général Fidy à l'origine du coup d'état raté donc, dont "la tête est tout de même mis une prime est prévue à 100 millions d'Ariary pour tout info aidant à sa capture" (7700€ 38 000€) , de Pety Rakotoniaina pour entrave au bon déroulement des élections ainsi que des perquisitions chez Zafy Albert et Alain Ramaroson pour atteinte à la sûreté de l'état et arrestations suite aux troubles relevées durant les élections.
A J+7, les résultats, toujours non-officiels, sont connus, avec Marc Ravalomanana en tête avec 54.80% des voix, suivi de Lahiniriko avec 11.86% et Roland Ratsiraka avec 10.09%.

Tout cela pour dire que l'ensemble des requêtes et contestations déposées par les candidats auprès de la HCC ont été rejetées, et que la victoire de Marc Ravalomanana au premier tour a été officiellement proclamée par la Haute Cour Constitutionnelle le 23 décembre. Et le président réélu d'être félicité par Jacques Chirac (tiens, premier cette fois?), Hu Jintao, et Manuel Barroso.

Edit: Lire la lettre de félicitations de Jacques Chirac

Résultats officiels

Résultats des élections présidentielles à J+7

10 décembre 2006 à 22:07 |  Catégorie  Madagascar| Actualités

Les résultats officiels, validés par la Haute Cour Constitutionnelle  et édités dans le Journal Officiel, sont prévus pour la semaine qui vient.
Depuis le jour J, le 03 décembre 2006 où les Malagasy sont allés voter, les résultats provisoires se sont affinés.

faritanyType de suffrage: universel direct
Nombre de candidats: 14
Les votes se sont déroulés dans 16 969 fokontany, regroupés dans 1 548 communes, 116 districts, 22 régions elles-mêmes réparties dans 6 faritany.

Elections présidentielles 2006:
Inscrits : 7 357 424
Votants : 4 521 267
Blancs et nuls : 86 390
Suffrages exprimés : 4 434 877
Participation : 61,45

Résultats provisoires non officiels au 10/12/2006 :

Nombre de voies par candidat (cliquez pour agrandir):

nombre de voies par candidat

Résultats provisoires

Pourcentage par candidat - Résultats provisoires (cliquez pour agrandir)

(source données: MIRA)

Egalement les résultats par faritany (cliquez pour agrandir):

antananarivo
Antananarivo - En tête: Ravalomanana (78%)

Antsiranana
Antsiranana - En tête: Ravalomanana (37%)

Fianarantsoa
Fianarantsoa - En tête: Ravalomanana (49%)

Mahajanga
Mahajanga - En tête: Ravalomanana (51%)

Toamasina
Toamasina - En tête: Ratsiraka (37%)

Toliara
Toliara - En tête: Lahiniriko (46%)

Source graphes: Madatsara

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