L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Découverte de QEIM

31 mars 2008 à 23:36 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Faute de disponibilité, je me dis que je ne ne fais pas autant de veille que je suis sensée faire. Actuellement, seules les infos qui viennent à moi ont la possibilité d'être lues, et encore, car plus une seule seconde pour butiner les actualités, les tendances, les nouveautés, etc...
Toutefois, c'est avec grande curiosité que je prends quelques minutes pour découvrir le site de QEIM, Quality and Environmental (management) Institute (of) Madagascar. Ca tombe bien, je suis larguée sur la situation de ce domaine à Madagascar. Hormis le fait d'y avoir été sensibilisée lors de ma première expérience professionnelle sur place.

QEIM est un institut de formation qui, je cite, se spécialise  dans les thèmes émergeants liées au développement durable comme le changement climatique, la gestion de risques de catastrophes, les systèmes de management normatifs, la gouvernance locale, les évaluations stratégiques. Bon, on y retrouve les thèmes dit "à la mode" où s'engouffre tout le monde à tous les sons de cloche, mais l'organisation environnementale telle qu'on le conçoit dans ce domaine-ci n'est pas prêt d'être récupérée par l'opportuniste ou les convaincus de la dernière pluie. Car au regard de l'entreprise, cela résonne plus souvent comme un investissement non rentable, qui coûte plus qu'autre chose. Du moins c'est ce qu'ils s'égosillent à avancer. Mais après démonstration et un sérieux coude-à-coude, se conformer à un cadre environnemental reconnu internationalement peut être amorti en à peine 3 à 5 ans selon les secteurs d'activités. Au regard des collaborateurs, une certification à une norme environnementale peut passer pour une lourdeur administrative, mais ce sont les plus intéressants à convaincre. :) Au vu des clients et des usagers (non commanditaires), bon nombre n'ont même pas idée à quoi cela peut bien correspondre. Au mieux, ils sont juste rassurés.

QEIM forme et conseille ainsi aux normes internationales de conformité et de reconnaissance des services, produits et processus, en matière de management de la qualité, sécurité, hygiène et environnement. Un petit coup d'oeil au calendrier de formation 2008, et je ne peux m'empêcher de demander si par formation, 2 ou 3 jours suffisent pour appréhender les connaissances de référence ainsi que les méthodes, en prenant, comme ça au hasard, l'exemple du SME (système de management environnemental).

En tout cas, c'est très intéressant d'avoir une idée des entreprises malagasy certifiées. Tant mieux qu'il y en ait qui ont compris que l'avenir déjà actuel de la gestion de l'environnement en terme d'utilité publique et en plus de rentabilité, concerne certes le réchauffement climatique (mais bon, trop récupéré et donc dénaturé), mais davantage une gestion raisonnée de l'eau ou encore la récupération et le traitement des déchets. Enfin, on évitera de prendre l'exemple de Naples...

Bâtir son réseau professionnel à Madagascar

28 décembre 2007 à 17:54 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Un diplôme ne fait pas tout [quand on en a un], la véritable finalité est de trouver un emploi, et mieux, de réussir sa carrière professionnelle. Parti du constat du marché du travail que les annonces d'offres d'emploi ne représentent que la partie visible de l'iceberg, environ le tiers des opportunités d'emplois, il devient impératif de constituer son réseau professionnel pour les autres 2/3.

Comment bâtir son réseau

r_seauJe ne sais pas vous, mais constituer son réseau professionnel n'a pas été inné chez moi, j'ai été formée sur le comment et les techniques, pas tant sur les bancs mais plutôt via à un cabinet de placement.

Très enrichissant:
- Comment se présenter de manière concise
- comment obtenir le nom et le titre exact de chaque poste ciblé dans n'importe quelle entreprise, ou d'un collaborateur potentiel
- comment faire comprendre en 2 phrases max qu'on n'appelle pas pour proposer ses compétences mais pour échanger avec un professionnel
- comment recueillir des témoignages frais et précis de professionnels sur le terrain dans le domaine qui vous intéresse
- et le meilleur pour la fin, comment obtenir des noms à la fin de la conversation pour étendre votre réseau, pouvant alors entamer les prochaines conversations par un "Je me permets de vous contacter sur les conseils de...".
Ce, par téléphone, en ayant prononcé votre nom une seule fois, et sans présentation de CV ni de références au préalable.

Trois issues possibles:
- la personne a un agenda très chargé et ne peut vous accorder un entretien. Vous en profitez tout de même pour lui envoyer une carte de remerciement, histoire de laisser une trace de vos coordonnées.
- la personne accepte de vous recevoir, toujours pas pour un entretien d'embauche mais d'échanges. Mais vous faites tout quand même pour convaincre de votre motivation.
- vous avez titillé la curiosité et on vous demande d'envoyer un CV ou de venir l'apporter.

Parfois, c'est tellement efficace (mais vraiment) qu'il m'est arrivé qu'on me prenne pour un chasseur de têtes!

A Madagascar
Bien que n'ayant pas encore prospecté le marché du travail malagasy depuis la fin de mes études, d'après mes expériences antérieures et mes constatations récentes, je dois dire que j'ai plus de mal à m'habituer à la manière de faire. Il y a constamment ce côté informel, pas tant de l'activité nécessairement, mais des échanges en général. Je suis davantage habituée à distinguer les moments d'échanges amicaux ou de détente, des situations potentiellement professionnelles.

Je suis dernièrement revenue de Madagascar avec un certain nombre de cartes de visite. A toute fin utile. Même si, disons-le, j'en ai jeté. Sans avoir entamé aucune discussion liée à tout emploi, ni à tout poste, rien dans ce sens. Et je n'ai vraiment pas le profil de ceux/celles à qui on lance "inona ny bizna any e?" .

cardsNon, ces cartes je les ai eues en discutant à propos de ressources culturelles pour le blog, ou en tombant nez à nez avec des copains/copines du lycée histoire de résumer qu'ils ont réussi comme mérité et d'avoir leur email. Ou encore lors d'une soirée dans un bar très sympa, probablement un des lieux de rendez-vous préférés des expatriés à Antananarivo ou de passage dans la capitale. La musique y est super (à condition d'arriver pas trop tard), surtout si vous êtes amateurs de jazz et de funk. J'y ai alors eu une illustration du nombre potentiel d'acteurs d'ONG internationales sur place. Car la plupart de ces expatrié(e)s, selon leur dire, travaillent pour des ONG. Toutefois, je me suis retrouvée avec des cartes de personnes juste de passage dans la Grande Ile, pour se revoir éventuellement en Europe (d'autant qu'il y avait plusieurs Suisses), mais aussi des Malagasy avec qui j'y suis allée. A toute fin utile donc, dont pour tisser son réseau professionnel, nul ne sait de quoi demain sera fait.

Pourtant, ici, je constate que je n'ai aucune carte de visite de mes proches, pas même celle de ma meilleure amie, et que je n'ai jamais donné la mienne non plus. Parce qu'on a réciproquement nos coordonnées téléphoniques, nos emails, et nos adresses postales. En soirée, il arrive de discuter d'opportunités de réseau, mais on se rappelle après ou on s'écrit dans les jours qui suivent, cette fois pour discuter boulot. Mais on ne mélange jamais les deux au même moment.

Je ne peux résumer ni généraliser, mais en dehors de tout contexte professionnel, on ne dégaine ni ne distribue nos cartes de visite.

Mais alors en tant que bloggueuse?
Car ce post a été inspiré par ce commentaire de Thierry.
Tout d'abord, ne nous prenons pas trop au sérieux. Les
vrais bloggers ayant vraiment réussi possèdent un réel niveau de compétences et d'expertise souvent issus de leur activité professionnelle effective, et selon, pratiquent une insupportable mastruabtion de leur ego. D'autres s'y verraient, adoreraient être vus ainsi en tout cas, n'inspirant pourtant franchement aucune crédibilité professionnelle. C'est une opinion qui n'engage que moi bien entendu. Et je ne bloggue pas, - rarement -, sur mon domaine.

En effet, ce dernier n'a absolument rien à voir avec internet, je ne peux pas trop me permettre de m'étaler sur le sujet du blogging au boulot. Certains collègues sont au courant que je tiens un site, mais j'esquive toujours les questions pour ne pas communiquer l'url. C'est mieux ainsi. Mais cela passerait sûrement mieux si vous êtes un développeur, un informaticien, un webdesigner ou un webmaster.

A cela s'ajoute le pseudo. Et pas évident de rajouter à la main sur la carte "alias Tattum". :) Resterait de s'en faire une juste pour le contexte, après justification de l'usage et là, autant qu'elle soit franchement rigolote, pour rester dans le "ne pas trop se prendre au sérieux".

bracelet_siliduoMais à dire vrai, je préfère une identité visuelle d'appartenance, et dans le cas de rassemblement de bloggers et d'internautes, s'il fallait donner un signe extérieur visible, j'opterais pour des bracelets en silicone gravés d'un "Malagasy miblaogy" (or whatever), des autocollants, une casquette, ou si on veut faire fun et tendance, un babytree, une plaque céramique en bracelet ou collier, le tout personnalisé bien entendu.
Idées déposées, tiens! Pour le blogging et pour les projets en cours.  :)

Santé, gloire et beauté

13 décembre 2007 à 11:18 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Je lisais la semaine dernière un article sur la sortie d'un nouveau magazine malagasy dédié aux hommes. Si mes souvenirs sont bons, il s'agit du magazine O2, dont les thèmes concernent la santé, la mode, les filles, les voitures, ce dont on se doute, mais impossible de retrouver l'article en question... Et d'un je suis curieuse d'avoir un aperçu des hommes achetant ce magazine, mais je parierai que pour attirer un grand nombre, il faudra un bon trois-quart des pages accordées aux belles voitures, au tuning, aux rallyes, etc... Et de deux, cela me fait ressortir un vieux post en attente d'être achevé. Du coup, remis à jour...

Des panneaux publicitaires à Antananarivo (et sûrement ailleurs à Madagascar) m'ont interpellée dernièrement. Il s'agit d'un institut de beauté ayant créé sa propre ligne de cosmétiques. Bonne idée dira-t-on, avec toutes les ressources naturelles qui ne demandent qu'à être mises en valeur. Mais le message sur ces affiches de cette ligne de cosmétiques est écrit en gros, en gras, pour être vu et mémorisé: programme blanchissant. D'ailleurs, j'ai davantage retenu cela plutôt que le nom des produits.

Et de me demander si éclaircir son teint, son grain, sa peau, si renier ses mélanocytes, si paraître plus quoi... européenne? tendrait à devenir la new attitude et critère de beauté à Madagascar... Comme dans d'autres pays africains et paraît-il 20% des Africaines en région parisienne... Une chose est sûre: je ne ferai jamais partie des clientes. Je suis fière de mon teint comme il est, "chocolat" pour certains qui ne se sentent pas à l'aise de prononcer "black" (ça existe), basané pour d'autres. Et blanchir par l'action du froid persistant et le manque de soleil, ou bronzer jusqu'à faire apparaître une cicatrice riche de souvenirs sur mon nez, me laisse complètement indifférente. A l'aise ainsi, imparfaite et naturelle.

Avez-vous déjà lu des magazines féminins malagasy? J'ignore combien il en existe, j'en ai acheté qu'un seul depuis, un dérivé du nom commun "féminin". Et ne risque pas de le racheter, à moins d'aimer lire un copié-collé des magazines occidentaux, avec des préoccupations d'occidentaux, et des contextes d'occidentaux, parfois à des lustres de correspondre à la réalité malagasy. Ceci dit, à lire si on a envie d'un grand éclat de rire de temps à autre.
On y retrouve les thèmes tels santé, bien-être, beauté, psychologie, diététique, mode, shopping, sexo, de la pub, etc... Dans le numéro que j'ai acheté, sur 32 pages, une demi-page en malagasy. C'est vrai que je peine à imaginer la rubrique Sexo en malagasy...

Morceaux choisis
Bien-être (se préserver des grosses chaleurs)

A Madagascar, nous sommes certes loin de ces étés caniculaires et meurtriers de l'Europe. (...) Vous pourrez ainsi conseiller aux vieilles personnes de prendre régulièrement des douches ou des bains frais dans la journée, sans se sécher.

A part dans la piscine ou dans la mer, les bains frais à Madagascar, jamais vu...

En métrople, il est conseillé de rester à l'intérieur de son habitat, et de choisir les pièces les plus fraîches soit celles situées au rez-de-chaussée. Ceux qui disposeront d'un climatiseur en abuseront, à défaut procurez-vous un ventilateur.

1. C'est où la métropole à Madagascar? Je pensais bien connître mon pays, c'est raté!
2. C'est connu, bon nombre de foyers malagasy disposent d'un climatiseur...
3. La clim, ça pollue notre planète, restons écolos et cohérents

Santé (sur  la micro-nutrition)

La micro-nutrition est mieux connue sous le nom de complément ou supplément alimentaire. (...) ces produits contiennent officiellement des nutriments dont le but est de compléter le régime alimentaire normal. (...) Même si l'on s'efforce d'avoir une alimentation équilibrée, cela reste souvent un objectif souvent difficile à atteindre.

Certes, mais dans le contexte malagasy, quelle proportion se préoccupe de manger équilibré? Et quelle proportion de juste manger?

Sexo (sur la mastruabtoin) (the last but not the least!) (section rires assurés)

Cela entre dans le processus normal de développement d'un enfant qui prend conscience de son corps. Il revient toutefois aux parents de lui expliquer que cela se fait dans l'intimité, et non en public.

Je tâcherai d'y penser.

A défaut de relations seuxlles protégées et donc sans risque d'infections sellxuement transmissibles, la masturbation représente une moyen de prévention efficace... à portée de mains!

Hmm... D'autres messages sont passés tout de même pour la lutte et la prévention contre le sida et MST? J'espère.

Alors oui, ce type de magazine est destiné à un public précis, mais qui représente quoi, 1%, 2% des femmes malagasy dans leur quotidien et vicissitudes?

Remarquez, après l'avoir lu d'un bout à l'autre, je n'ai plus d'excuse pour me maquiller plus souvent, qu'uniquement pour les séances de self-made friends' calendar.
Bon allez, je retourne bosser.

Mode "connecté" Lieu "Antananarivo"

26 novembre 2007 à 23:43 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Un des premiers objectifs en rentrant à Madagascar a été d'établir une connexion internet chez mes parents. Au-delà des mails quotidiens, - lorsque l'agenda ne s'emballe pas -, internet reste un bon outil pour échanger rapidement et facilement lorsque les enfants sont dans l'hémisphère opposé.

Le choix du FAI
Reste donc à choisir le founisseur d'accès d'internet.
Le sujet des tarifs et des technologies utilisées sur place a été abordé avant le départ, qu'il s'agisse de l'évolution de l'utilisation du Wimax, du haut-débit à Madagascar, ou encore de l'avancée de l'installation du backbone.
Malgré ces informations trouvées en gambadant sur internet, il a été difficile de se prononcer de loin sur le FAI. Et indiquer à ma mère de se renseigner auprès de l'équipe informatique de sa boîte a davantage embrouillé qu'autre chose, trop jargon!

En arrivant, je me renseigne partout autour de moi lequel choisir. D'entrée, beaucoup me répondent: celui qui vient de se rebaptiser.
Pourquoi? Tu as souscrit une offre chez eux? C'est eux ton FAI?
Non, parce que ça vient de sortir, on n'entend qu'eux, partout.
Certes, mais ce n'est pas mon critère de choix, il faut que je continue de comparer...

A savoir que lors d'études marketing, je dois figurer parmi les clients cauchemar des cibles des entreprises. L'excès de communication me rend plus réticente voire réfractaire qu'ouverte et curieuse, je ne saute pas sur les nouveautés mais attend de voir l'évolution et le retour d'opinion, et bien au-delà des moyens publicitaires, une seule chose me parle: les faits. Et le bouche-à-oreille. Ce qui est visible, au mieux mesurable, en tout cas comparable.

J'ai finalement eu ma réponse lors de la soirée d'Antananarivo miblaogy, et de manière plus argumentée qu'un simple "parce qu'on n'entend qu'eux". C'est qu'on apprend et s'échange tout plein de conseils et bons plans entre bloggueurs!

Ce choix semble se confirmer auprès d'autres internautes au bureau avertis. Un dernier tour cependant sur les sites de chacun des FAI: Moov, Blueline, Telma, Orange (j'en ai pas oublié?).
C'est là qu'on voit que le site internet d'un FAI mérite la plus grande attention, dans sa conception et son contenu, à moins que les cordonniers soient les plus mal chaussés... La précision et la qualité de présentation des offres qu'il fournit en ligne influencent beaucoup sur le choix. Le mien, du moins.
En l'occurence, par "Offre illimitée soirs et week-ends" de Moov, je n'ai pas pu trouver la période d'application de l'offre, et au-delà de deux clics, j'abandonne. Quant à celui de Telma, présentation dense, on lit parce qu'on a vraiment besoin de l'information. Pour trouver Orange Net, le chemin Services>Communiquer n'est en rien évident lorsqu'on s'attend à lire Internet, et je suis carrément passée par la recherche pour le trouver. Enfin, manquaient les conditions précises d'accès au service de FreeDSL, les montants en l'occurence, autrement, leur site est le plus concis, selon moi toujours.

Une fois le choix fait
En se rendant à l'un des points de vente à Akorondrano, avec cette fois un choix arrêté, en arrivant, on est accueilli par une énorme banderole rose flashy, impossible de la rater et c'est bien son objectif, ma foi. Puis avant d'entrer, on ne peut rater un stand jaune et vert. Et une fois rentrée, on cherche tout de même des yeux une fraction de seconde le petit (à côté des deux autres, c'est le cas) stand qui m'intéresse. Tout cela, parce que c'est celui qui a été recommandé par le plus grand nombre d'internautes avertis que j'ai rencontrés, et celui ayant fourni en ligne des informations les plus claires, concises, en un minimum de clics. Sinon, pas de traces de la couleur orange, et pour l'avoir testé que ce soit à 16h ou à 2h du matin, comme diraient des amis: "quand ça marche, ça marche..." Ceci dit, pour le reste, je ne peux juger finalement, n'ayant pas eu l'occasion de les tester, mais je suppose que les prestations se valent.
Ainsi, le bouche-à-oreille ne repose pas toujours sur les moyens publicitaires mais davantage sur la reconnaissance de qualité du service par les utilisateurs. Rien ne vaut que d'autres en parlent pour soi! D'ailleurs, en émettant les quelques critiques sur leur site internet, la commerciale qui nous a accueillie en a soigneusement pris note, ce genre de remarques provoquant le plus souvent davantage une réaction de repli et d'orgueil qu'autre chose...

Deux solutions sont proposées: en prépayé grâce aux cartes de recharge, ou en postpayé, par abonnement. Notons toutefois, que cette dernière solution sélectionne significativement les clients potentiels. En effet, d'un il faut disposer d'un compte en banque, et au détour de conversations, nombre de salariés et ce depuis plusieurs années, n'ont pas nécessairement ouvert de compte en banque à Madagascar; et de deux, pouvoir établir un prélèvement automatique mensuel, ce qui n'est vraiment pas encore dans les habitudes, ni les moyens des Malagasy en général.

Reste un dernier détail: est-on dans la zone couverte? Aargh! Sur la carte satellite, est indiquée couverte toute la zone entourant CELLE qui m'intéresse, la commerciale doit se renseigner pour le confirmer...
C'est sans compter l'aide précieuse d'Elsifaka, proposant d'apporter le modem pour qu'on teste carrément, sinon la réponse aura mis une bonne semaine. C'est sympa les amis bloggers! :) Bonne nouvelle: ça capte, au maximum des signaux!

Enfin connecté
Et vive internet grâce à la technologie du wimax! Pas besoin de ligne téléphonique, il suffit de brancher le modem sur n'importe quelle prise (hors période de délestage bien sûr, gnark, gnark, gnark) où que vous soyez à Antananarivo, et à l'ordi grâce au cable ethernet, ou mieux avec le confort du wifi. Pour un débit certes pas encore comparable avec l'ADSL, mais raisonnable avoisinant les 256k.
Toujours est-il que, par on ne sait quel miracle, toutes les fois où une session sur Malag@sy Miray était prévue avec la blog team sur place, on a été épargné par toute coupure intempestive. Ceci étant, il a fallu investir en plus dans un stabilisateur pour protéger un tant soit peu le matériel.
Autrement, on a voulu tester le wifi en ville. Pas évident, dans la mesure où les gens vous traitent d'inconsciente de se promener avec ce qui ressemble à s'y méprendre à un laptop, les tarifs pratiqués par les cybers sont un brin exagérés et vraiment pas clairs, autant se satisfaire des pc proposés, mais, mais mais... On a réussi à trouver un bar ayant accepté de partager sa connexion pendant qu'on sirote (comme on peut) et pianote (surtout). A quand la carte des hotspots à Antananarivo? :)

Et depuis? Et bien depuis, on peut faire visiter son nouvel appart à sa famille grâce à la webcam, Skype sonne plus souvent qu'avant le soir avec un débit et affichage vidéo tout à fait correct, et plus tout un tas d'autres détails, mine de rien, ça réduit la distance.

Eau, lumière et misère

20 novembre 2007 à 12:45 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Quiconque à Madagascar vous le dira: la Jirama (Jiro sy Rano Malagasy), la compagnie nationale d'eau et d'électricité, exaspère. Plus exactement ses coupures d'eau ET d'électricité intempestives, que ce soit à 8h du matin ou à 19h, que cela dure 30 min ou 8h voire plus, ce bien entendu, sans préavis en amont ni explications en aval.

Je me suis énervée, mais bien, par deux fois en 3 semaines: une fois au volant, et contrairement aux statistiques, pas dû à un taxi-be mais à un chauffarissime lamda, car bien que la conduite quelque peu anarchique à Antananarivo m'amuse parfois, il y a des limites; et de manière latente, énervée contre les éternels délestages de la Jirama.

Ca sent le vécu
Premier conseil dès mon arrivée: prendre ma douche avant 7h du matin, si je veux de l'eau tout court, et en bonus de l'eau chaude.
Premier matin levée après 7h30: pas d'eau, robinets à sec. Au début, on se risque à une douche froide grâce à de l'eau stockée, seul moyen de recourir à l'urgence, mais lorsqu'il fait bien frisquet le matin malgré le début de la saison des pluies (donc chaude), et la flemme d'adopter un système B à réchauffer l'eau comme en vacances (certes, mais bon), et bien, on attend...
Annulation de tous les programmes de la matinée, sortie sans douche guère envisageable. On prend son mal en patience, on met la musique à fond, on passe quelques coups de fils, on se connecte et on se sent du coup un peu moins seule.

Puis au tour de l'électricité de couper. 9h30 am. Là, tout s'arrête, sans eau ni électricité chez soi, le panel d'activités se réduit au néant, on se morfond véritablement, on grille son crédit téléphonique, pour rien, pas d'explications, pas de délais, pas d'interventions, rien de rien. Ce jour-là, le courant est rétabli à 15h, ainsi que l'eau dans la foulée. On a déjà annulé tous les programmes de la journée. 16h, enfin dehors, et voici le mode d'emploi pour "comment assurément perdre sa journée".

De l'électricité à Madagascar
En 2006, la Jirama entame son plan de redressement, appuyée par les bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale, la FMI, la Banque d'Investissements Européenne, la Banque Africaine de Développement, l'Agence Française de Développement, mais aussi des pays comme l’Allemagne et la Hollande, avec un financement de 125 millions de dollars.
Les principaux objectifs à atteindre: rénover ses infrastructures et assainir sa recette budgétaire. Dans les faits, on prend son mal en patience.

Selon Donat Andriamahefaparany, ministre de l'Energie et des mines, une grande partie de ce fonds va être utilisée pour « la réhabilitation du parc de la Jirama qui est assez vétuste (le mot est faible) car le délai de maintenance n’a pas été respecté (le mot est faible, bis). » (source: Madanight)

Objectifs sur moyen et long terme, quant à l'immédiat sans mesures d'urgence donc perceptibles par la population, il faut faire avec « le symptôme » de la crise qui n’est autre que le délestage, que subissent quotidiennement l'ensemble des Malagasy depuis quelques années.

En 2005, sur une population totale de près de 18 millions, la Jirama alors en pleine crise ne compte qu'une poignée d'un peu plus de 400 000 abonnés. Le taux d'accès à l'électricité national est d'à peine de 16%, et juste de 5% en milieu rural, lorsqu'on sait que la population rurale représente plus de 70% de l'ensemble. Le chantier est énorme... (source: L' électricité  à Madagascar (.pdf))

Pour 2008, une enveloppe de 54 milliards d'Ariary est prévue pour remédier au délestage, en attendant de voir, la population ben attend, et d'ici là les tarifs auront encore augmenté, de 15%.

Interrogations
Je vous passe le nombre de fois où une tâche a dû être reportée (voire oubliée, à force), faute d'électricité. Comment peut-on travailler, et là en tant que professionnel, dans des conditions même pas optimales, mais juste acceptables?
Dans la série "marche ou crève", ce serait "marche" si tu peux te payer un groupe électrogène ou construire un château d'eau en attendant 2008, et dans la version "crève", ce serait "aide-toi et le ciel t'aidera" (écrit en tout petit au verso:
en 2008).

Mais deux remarques qui m'ont interpellée:
Il paraît qu'il n'a été noté aucun délestage durant les Jeux des Iles. Solution à court terme donc: organiser des festivités internationales dans toute l'île, à l'année. Et de préférence, dans chacune des villes malagasy, ainsi, toutes s'en trouveront rénovées et embellies par la même occasion, car elles le valent bien.

A force d'appeler quasi quotidiennement pour signaler une coupure, ma mère a réussi à avoir un responsable (de quoi, on l'ignore) au bout du fil. Cas exposé pour la énième fois, quartier identifié pour la millième fois. Et bien l'avantage d'avoir un responsable (on ignore toujours de quoi), c'est que la Jirama vous rétablit ET l'eau ET l'électricité de manière durable (durable = plusieurs jours, à voir combien de semaines et de mois), et un technicien est même passé s'assurer que tout fonctionne sans incident!

Je me dis néanmoins que cette manoeuvre de bricole dû à l'exaspération des usagers doit bénéficier à certains, à l'insu de quelques foyers supplémentaires qui vont accuser encore plus de délestage...

Découverte de la technologie à la campagne

19 novembre 2007 à 12:45 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Non pourtant, je préfère de loin la ville ou la nature à la campagne, surtout dans le pays où je vis actuellement. L'expérience l'a confirmé: je ne supporte le milieu rural que le temps d'un week-end, au-delà, j'ai du mal à être esclave de ma voiture, à faire des kilomètres pour aller chercher le pain, et à subir un éternel horizon de champs de maïs... A l'opposé, je me sens bien dans la nature, quitte à y dormir sommairement, que ce soit dans la forêt, en montagne ou sur la plage.

Pourtant, j'ai aimé me promener dans la campagne environnante d'Antananarivo, surtout qu'elle est souvent à peine délimitée par le by-pass. Avouez que ce cadre inspire sérénité et plénitude:

Ambohipeno
Ambohipeno - Madagascar (cliquer pour agrandir)

On a l'impression que le temps s'y est arrêté. D'ailleurs, les rapports à la population locale sont différents de ceux de l'effervescente capitale. Le sens du "moramora" malagasy prend ici tout son sens.
Les gens sont souriants, tout le monde vous salue gaiement au passage, et si on a l'inadvertance d'être trop concentré dans sa conversation, ils vous interpellent presque pour un salut tout en sourire de rigueur.

Ils ne comprennent pas qu'on puisse prendre un tamboho (hauts murs en terre délimitant une propriété ou un village) en photo, surtout entre Malagasy, mais vous invitent spontanément à discuter dans leur cour, voire à entrer chez eux, cher au sens de l'hospitalité nationale.
En marge d'une discussion engagée dans une cour donc, je commence à prendre discrètement une famille en photos. Jusqu'à ils s'en rendent compte en se prêtant volontiers au jeu.

IMG_8513
"Mbotâ" - 1 an - Madagascar

Je prends ainsi une série de clichés, puis décide de leur montrer le résultat. Quel a été leur surprise pour ne pas dire ébahissement de pouvoir directement visionner leurs photos grâce à l'appareil photo numérique.
" Ndry! Tonga dia mivaoka ilay sary! Sady mazava be!"
"Oh! Les photos sortent aussitôt, et clairement en plus!"
Je leur explique de manière concise comment cela est possible, ils n'ont aucun mal à saisir tout l'avantage, et me voici enrôlée l'espace d'une vingtaine de minutes, en tant que photographe de passage de toute la family.

Et bien, à force de poser puis de regarder le résultat, j'en ai rendu un accro, jusqu'aux larmes:

Mbotâ en larmes
Mbotâ en larmes boudant l'APN

En repartant, ils ont tenu à nous offrir un peu de leurs cultures, là des brèdes en l'occurence, tout en s'excusant de ne pouvoir donner plus car les récoltes ne sont pas encore fin prêtes. Et rendez-vous pris pour la fois prochaine, lorsque leurs photos seront tirées. Et elles le seront.

C'est drôle parce que le temps de quelques heures passées là, j'avais le sentiment qu'à la campagne, à celle-ci du moins, les Malagasy vivent plus sereinement, visiblement plus longtemps et en meilleure santé, grâce à leurs cultures, couplé à un éternel sens de la débrouillardise.

Voir l'album Ambanivohitra

Appel à l'action pour le développement d'internet à Madagascar

29 octobre 2007 à 18:05 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Article co-pensé à l'issu de la rencontre d'internautes malagasy du 27 octobre, paru dans le dossier Technologies de Madagascar Tribune de ce 30 octobre. Merci pour ce dossier complet :) .

Madagascar a déjà montré à plusieurs reprises sa capacité à adopter rapidement les nouvelles technologies. Il suffit de voyager dans le pays pour comprendre que l'adoption de nouvelles technologies n'est pas forcément réservée à quelques milieux privilégiés des villes : on note que dans des endroits où il n'y a pas d'accès facile à l'électricité, de nombreuses personnes ont néanmoins compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer d'un téléphone portable, d'un lecteur VCD, MP3 ou MP4, et font preuve de débrouillardise pour acquérir et faire fonctionner de tels outils.

Parmi toutes les technologies, Internet apparaît comme un moyen particulièrement prometteur pour le développement de Madagascar.

La connexion internet de Madagascar s'est améliorée ces derniers mois, les offres des fournisseurs d'accès sont depuis peu nettement plus attractives en ce qui concerne le débit de la connexion, le coût et la stabilité.

Grâce aux cybercafés, aux solutions de connexion haut débit, et aux connexions à travers les téléphones portables, Internet est devenu plus accessible. Pour un non initié, ces changements peuvent sembler peu significatifs. Nous pensons au contraire qu'une telle évolution peut avoir autant d'impact pour Madagascar que lorsque la radio est passé de la modulation d'amplitude (AM) à la modulation de fréquence (FM) à partir de 1991.

Il est à la mode de parler de fracture numérique pour dire qu'il n'y a pas égalité d'accès aux technologies numériques. On ne peut nier l'existence d'obstacles à l'accès aux téléphones portables, ordinateurs ou au réseau Internet, et à tout ce qui a été regroupé sous la dénomination de technologies de l'information et de la communication (TIC).

Ces obstacles peuvent être financiers, provoqués par l'éloignement géographique par rapport aux infrastructures ou culturels.

Cependant, les frontières du monde numérique sont bien plus faciles à franchir que les fractures et frontières du monde physique, et il y a plusieurs raisons de penser que cela deviendra de plus en plus vrai. Il est plus facile pour un jeune malgache vivant dans une de nos villes moyennes d'accéder au savoir à travers des cours en ligne que d'envisager d'aller dans une université locale ou étrangère. Il est plus facile pour des personnes issues de pays et milieux sociaux différents de faire connaissance et de collaborer à travers internet que de le faire sans internet.

La composition même du groupe qui est à l'origine du présent texte est un exemple de la facilité d'internet à rapprocher les individus. Nos deux seuls points communs sont d'être malgaches ou de résider à Madagascar et d'utiliser l'internet.

Namana_Serasera
Namana Serasera

Par contre, si certains sont des professionnels des technologies de l'information, la plupart sont des simples utilisateurs plus ou moins avancés d'internet. Certains d'entre nous résident à Madagascar, d'autres font partie de la diaspora. Certains sont jeunes, d'autres nettement moins. Certains sont membres d'associations constituées, d'autres non. Certains se connaissaient déjà dans le monde "réel", la plupart ont fait connaissance sur des forums ou à travers leurs blogs avant de se rencontrer.

Nous pensons que le moyen de communication qui nous a rapproché (internet) peut développer Madagascar, mais reste peu et mal exploité.

Nous souhaitons contribuer à démocratiser internet, à élargir le cercle de ses utilisateurs et à accompagner les nouveaux venus.

Nous souhaitons que plus de malgaches, et plus particulièrement les jeunes, utilisent l'internet comme outil qui facilite et améliore leur vie quotidienne et leur permet d'accéder à la culture et à l'éducation.

Nous souhaitons que les écoles, lycées et universités, publics ou privés, puissent utiliser l'internet pour offrir un enseignement de meilleure qualité.

Nous souhaitons inciter ceux qui sont déjà connectés à aller au delà de l'usage élémentaire (mail, chat, lecture de pages web, fréquentation de sites de rencontres), et à devenir autonomes pour utiliser d'autres outils.

Nous souhaitons que les ressources en langue malgache se développent sur l'internet, et que l'on puisse trouver sur ce média tout autant l'expression des malgaches vivant à Madagascar que celle de ceux de la diaspora.

Nous souhaitons que les malgaches utilisent internet comme moyen d'expression démocratique, que cette expression aille au delà du simple défoulement verbal ("tora-po") et devienne un véritable outil de développement.

School_Net_Africa
School Net Africa

Nous avons imaginé quelques actions possibles :
- aller dans les écoles pour y faire connaître internet grâce à des présentations et prospectus, y organiser des formations sur l'utilisation d'internet,

- faire l'inventaire des ressources pouvant intéresser les malgaches, en les listant par exemple sur un blog ou un wiki, et à plus long terme, créer un site portail orienté éducation adaptée au contexte malgache,

- soutenir une communauté éducative en ligne à l'exemple des réseaux du projet SchoolNet Africa,

- d'une manière plus ludique, permettre à des malgaches de tous âges et de toutes conditions de s'exprimer sur des projets comme "Six milliards d'autres".

6_milliards_d_autres
6 milliards d'autres

Nous invitons tous ceux qui sont intéressés par cette initiative à nous rejoindre pour discuter plus en détail des actions à réaliser :
- lors de notre prochaine réunion le Mercredi 31 octobre à 17 heures au Centre d'Information des Nations Unies à Antsahavola (juste après la barrière de sécurité de l'ambassade des USA),

- ou en ligne sur le forum créé pour ce sujet chez serasera.org.

Edit: Lire l'article sur Madagascar Tribune en ligne

Antananarivo en fleurs

23 octobre 2007 à 10:33 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Sous le ciel bleu, la température qui monte aux alentours de 26°C en journée, et la saison des pluies qui débute, les jacarandas sont en fleurs à Antananarivo, la décorant de ses touches violettes uniques.

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Antananarivo en fleurs

Rappelons que le Jacaranda mimosifolia de son nom scientifique, encore apellé le flamboyant bleu, pouvant atteindre 12 à 15 m, est un arbre ornemental par excellence, originaire d'Amérique du Sud, en particulier d'Argentine, de Bolivie et du Brésil.

En plus des aménagements effectués pour les Jeux des Iles, des jacarandas ont justement été plantés le long de l'Avenue de l'Indépendance, d'Analakely à la gare Soarano. Il y a fort à parier qu'une fois leur taille atteinte, l'avenue s'en trouvera définitivement embellie, sur les traces des voies sud-africaines.

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Cela me rappelle des souvenirs d'enfance, jouant sur le tapis de fleurs tombées du jacaranda du jardin avant ou après l'école, à  faire le concours de celle qui en fera le plus "explosé" en chassant l'air de leurs calices.
A cela s'ajoutent les retrouvailles avec les ami(e)s des années lycée, et on se prend décidément un... coup de vieux... :)

J'ai une question: pourquoi?

16 juillet 2007 à 22:38 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Je ne reviendrai pas sur la question de rentrer ou ne pas rentrer, déjà développée lors d'une série de posts, mais davantage une interpellation et un échange de témoignages en raison d'humeur personnelle en ce jour... Peut-être sans réponse, mais une envie certaine de me le demander.

A ceux qui vivent à Madagascar depuis toujours, pourquoi vous (du moins certains) rêvez de partir?

A ceux qui sont expatriés, pourquoi pensez-vous que vous ne reviendrez probablement pas vivre à Madagascar?

A ceux qui sont loin, pourquoi voulez-vous rentrer à coup sûr?

A ceux qui ne savent pas, pourquoi hésitez-vous?

A ceux qui voudraient, pourquoi ne le pouvez-vous pas?

A ceux qui sont rentrés, pourquoi êtes-vous contents de votre choix? Ou le regrettez...

Pourquoi certains se font à la vie ailleurs, et pas d'autres?

Pourquoi d'autres ne se refont pas à la vie au pays?

Pourquoi rêvez-vous de vous installer à Madagascar?

Pourquoi rentrer, pourquoi partir?

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Soleil pastel

La roue tourne, le vent change de cap

24 avril 2007 à 19:33 |  Catégorie  Madagascar| A propos

Pendant longtemps, ceux qui avaient la chance, enfin l'opportunité d'aller any andafy (à l'étranger) pouvaient se démarquer lors de leur défilé vestimentaire griffé "avy any andafy" (venant de l'étranger, pour beaucoup, de France). Aujourd'hui, lire "Made in China" ou "Made in Asia" pour Taïwan, Singapore, Thaïlande, etc...

Lors de mon dernier passage au pays, j'ai ri d'un copain qui s'est acheté des baskets exprès pour rentrer, payés 110€. Ils ont foulé le sol pour la première fois en terre malagasy... Il s'agit d'un comportement typique de certains individus pour ne pas dire m'as-tu-vu, que je n'ai jamais compris et auxquels j'ai du mal à adhérer. Et de réaliser quelques jours plus tard qu'il trouvait son modèle de baskets dans tous les magasins d' Antananarivo, au prix modique de 12 000 Ariary, soit environ 4.8€, allez, disons 5€. Contrefaçons sûrement mais le débat n'est pas là, ceci étant les deux ne sont-ils pas finalement "Made in China"?! Heureusement, le ridicule ne tue pas. Quoique...

Ainsi, comme tous les Malagasy qui rentrent, oui j'ai fait quelques courses, sans non plus faire des affaires en or car j'ai peu de patience pour la léche-boutique surtout version sardines-magasins. Si certains articles relèvent plus que probablement de la contrefaçon   taggués Naïke, Kuicksilvere ou Hadidasse -, d'autres sont dépourvus de signes ostentatoires de marques. Ce qui m'arrange, car à bien y faire attention, finalement bien s'habiller ne consiste pas à afficher la marque, souvent discrète dans le code de la classe, mais à se faire plaisir  à soi-même (doublement donc) avant tout!

Aussi, machinalement, je demande à mes proches ce qui leur ferait plaisir ou ce dont ils auraient besoin, n'oubliant jamais les voan-dalana (fruits du voyage) chez les Malagasy. Non, rien de spécial, ils ont pratiquement tout finalement sur place... Et moi, qu'est-ce que je souhaite? Des chaussures, des sacs, etc...? Finalement, on finit par avoir davantage de biens à ramener dans le flux Madagascar - Andafy (en l'occurence France) que le contraire. La roue tourne, le vent change de cap. Ainsi soit-il.

Je disais donc: masala (mon mélange d'épices préféré, présent dans tout ce que je cuisine), du punch au citron vert de Dzama (excellent!) car la saison des apéros débute, des cartes en papier antemora car mon stock est fini, des letchis mais ce n'est plus la saison, et je continue ma liste en privé!

Lire:
Le meilleur du pire de la contrefaçon en Afrique
Le musée de la contrefaçon
Mais la contrefaçon touche aussi la sphère des créateurs. qu'on se le dise...

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