Melo Gasy ka manja
29 novembre 2007 à 12:11 |
Madagascar| Culture
Gros coup de coeur pour un artiste que je ne connaissais franchement pas: Fanaiky. Et plus précisément pour son premier album, autoproduit, intitulé Melo Gasy.
Melo Gasy pour dimininutif de "Melodie Malagasy", album avant tout à classer dans la rubrique jazz, aux délicieux mélanges de styles musicaux, de voix les unes aussi uniques que les autres et d'instruments divers. Un véritable voyage dans la diversité culturelle de Madagascar.
Comment ne pas être de suite très impatiente de l'écouter lorsqu'on lit sur sa pochette que Melo Gasy compte comme invités en tant que chanteurs accompagnateurs Bakomanga, Dah'Mama, Dina, Jaojoby, Dama, Olombelo Ricky, Din Rotsaka, Mikea Rakotovao, Mika sy Davis, Name Six, et en en featuring, Hajazz, Nicolas Vatomanga, Seta Ramaroson, Silo, Dama, Joro et Alexandrine?
Si ces noms ne vous disent rien, sachez qu'il y a là une exceptionnelle sélection d'artistes malagasy (sauf Alexandrine?) de référence, chacun dans leur style et genre, qu'il s'agisse de jazz, de salegy, d'hira gasy, de beko, de malesa, etc... Oui, tous réunis dans un seul album!
Quant à Fanaiky, il est à la fois auteur, compositeur, surtout connu en tant que bassiste mais également multi-instrumentaliste, et chanteur. Un artiste complet...
Pour en savoir plus: visiter le Myspace de Fanaiky où vous pourrez écouter par la même occasion le morceau "Betary" de l'album.
Photos: sur Tsenagasy
Je n'ai en effet pas entamé de démarche de demande d'autorisation pour en diffuser ici, et pour l'occasion, je voudrais contribuer à la mise en valeur du travail des artistes, et des acteurs de la culture en général. Parce qu'en trois semaines, on a le temps d'en découvrir plusieurs n'ayant pratiquement aucune visibilité sur internet, qui gagnent pourtant à être écoutés et connus, et que dire des nombreux talents qui attendent d'être découverts partout dans l'île.
Des projets visant à faire connaître et à valoriser en ligne la facette culturelle malagasy voient au fur et à mesure le jour, pour se rajouter aux thèmes déjà plus répandus que sont le tourisme et la protection de l'environnement. Dans la liste des idées, pourquoi pas une véritable boutique de vente de musique malagasy en ligne, qui existe déjà certes ou ici, mais avec une biographie et discographie de chacun des artistes, ainsi que les extraits de chaque morceau des albums afin de se faire une idée avant d'en acheter? En gratifiant réellement le travail des artistes, au mieux à leur juste valeur.
Melo Gasy de Fanaiky, un album franchement excellentissime, ce soir au Bus.
Mode "connecté" Lieu "Antananarivo"
26 novembre 2007 à 23:43 |
Madagascar| A propos
Un des premiers objectifs en rentrant à Madagascar a été d'établir une connexion internet chez mes parents. Au-delà des mails quotidiens, - lorsque l'agenda ne s'emballe pas -, internet reste un bon outil pour échanger rapidement et facilement lorsque les enfants sont dans l'hémisphère opposé.
Le choix du FAI
Reste donc à choisir le founisseur d'accès d'internet.
Le sujet des tarifs et des technologies utilisées sur place a été abordé avant le départ, qu'il s'agisse de l'évolution de l'utilisation du Wimax, du haut-débit à Madagascar, ou encore de l'avancée de l'installation du backbone.
Malgré ces informations trouvées en gambadant sur internet, il a été difficile de se prononcer de loin sur le FAI. Et indiquer à ma mère de se renseigner auprès de l'équipe informatique de sa boîte a davantage embrouillé qu'autre chose, trop jargon!
En arrivant, je me renseigne partout autour de moi lequel choisir. D'entrée, beaucoup me répondent: celui qui vient de se rebaptiser.
Pourquoi? Tu as souscrit une offre chez eux? C'est eux ton FAI?
Non, parce que ça vient de sortir, on n'entend qu'eux, partout.
Certes, mais ce n'est pas mon critère de choix, il faut que je continue de comparer...
A savoir que lors d'études marketing, je dois figurer parmi les clients cauchemar des cibles des entreprises. L'excès de communication me rend plus réticente voire réfractaire qu'ouverte et curieuse, je ne saute pas sur les nouveautés mais attend de voir l'évolution et le retour d'opinion, et bien au-delà des moyens publicitaires, une seule chose me parle: les faits. Et le bouche-à-oreille. Ce qui est visible, au mieux mesurable, en tout cas comparable.
J'ai finalement eu ma réponse lors de la soirée d'Antananarivo miblaogy, et de manière plus argumentée qu'un simple "parce qu'on n'entend qu'eux". C'est qu'on apprend et s'échange tout plein de conseils et bons plans entre bloggueurs!
Ce choix semble se confirmer auprès d'autres internautes au bureau avertis. Un dernier tour cependant sur les sites de chacun des FAI: Moov, Blueline, Telma, Orange (j'en ai pas oublié?).
C'est là qu'on voit que le site internet d'un FAI mérite la plus grande attention, dans sa conception et son contenu, à moins que les cordonniers soient les plus mal chaussés... La précision et la qualité de présentation des offres qu'il fournit en ligne influencent beaucoup sur le choix. Le mien, du moins.
En l'occurence, par "Offre illimitée soirs et week-ends" de Moov, je n'ai pas pu trouver la période d'application de l'offre, et au-delà de deux clics, j'abandonne. Quant à celui de Telma, présentation dense, on lit parce qu'on a vraiment besoin de l'information. Pour trouver Orange Net, le chemin Services>Communiquer n'est en rien évident lorsqu'on s'attend à lire Internet, et je suis carrément passée par la recherche pour le trouver. Enfin, manquaient les conditions précises d'accès au service de FreeDSL, les montants en l'occurence, autrement, leur site est le plus concis, selon moi toujours.
Une fois le choix fait
En se rendant à l'un des points de vente à Akorondrano, avec cette fois un choix arrêté, en arrivant, on est accueilli par une énorme banderole rose flashy, impossible de la rater et c'est bien son objectif, ma foi. Puis avant d'entrer, on ne peut rater un stand jaune et vert. Et une fois rentrée, on cherche tout de même des yeux une fraction de seconde le petit (à côté des deux autres, c'est le cas) stand qui m'intéresse. Tout cela, parce que c'est celui qui a été recommandé par le plus grand nombre d'internautes avertis que j'ai rencontrés, et celui ayant fourni en ligne des informations les plus claires, concises, en un minimum de clics. Sinon, pas de traces de la couleur orange, et pour l'avoir testé que ce soit à 16h ou à 2h du matin, comme diraient des amis: "quand ça marche, ça marche..." Ceci dit, pour le reste, je ne peux juger finalement, n'ayant pas eu l'occasion de les tester, mais je suppose que les prestations se valent.
Ainsi, le bouche-à-oreille ne repose pas toujours sur les moyens publicitaires mais davantage sur la reconnaissance de qualité du service par les utilisateurs. Rien ne vaut que d'autres en parlent pour soi! D'ailleurs, en émettant les quelques critiques sur leur site internet, la commerciale qui nous a accueillie en a soigneusement pris note, ce genre de remarques provoquant le plus souvent davantage une réaction de repli et d'orgueil qu'autre chose...
Deux solutions sont proposées: en prépayé grâce aux cartes de recharge, ou en postpayé, par abonnement. Notons toutefois, que cette dernière solution sélectionne significativement les clients potentiels. En effet, d'un il faut disposer d'un compte en banque, et au détour de conversations, nombre de salariés et ce depuis plusieurs années, n'ont pas nécessairement ouvert de compte en banque à Madagascar; et de deux, pouvoir établir un prélèvement automatique mensuel, ce qui n'est vraiment pas encore dans les habitudes, ni les moyens des Malagasy en général.
Reste un dernier détail: est-on dans la zone couverte? Aargh! Sur la carte satellite, est indiquée couverte toute la zone entourant CELLE qui m'intéresse, la commerciale doit se renseigner pour le confirmer...
C'est sans compter l'aide précieuse d'Elsifaka, proposant d'apporter le modem pour qu'on teste carrément, sinon la réponse aura mis une bonne semaine. C'est sympa les amis bloggers! :) Bonne nouvelle: ça capte, au maximum des signaux!
Enfin connecté
Et vive internet grâce à la technologie du wimax! Pas besoin de ligne téléphonique, il suffit de brancher le modem sur n'importe quelle prise (hors période de délestage bien sûr, gnark, gnark, gnark) où que vous soyez à Antananarivo, et à l'ordi grâce au cable ethernet, ou mieux avec le confort du wifi. Pour un débit certes pas encore comparable avec l'ADSL, mais raisonnable avoisinant les 256k.
Toujours est-il que, par on ne sait quel miracle, toutes les fois où une session sur Malag@sy Miray était prévue avec la blog team sur place, on a été épargné par toute coupure intempestive. Ceci étant, il a fallu investir en plus dans un stabilisateur pour protéger un tant soit peu le matériel.
Autrement, on a voulu tester le wifi en ville. Pas évident, dans la mesure où les gens vous traitent d'inconsciente de se promener avec ce qui ressemble à s'y méprendre à un laptop, les tarifs pratiqués par les cybers sont un brin exagérés et vraiment pas clairs, autant se satisfaire des pc proposés, mais, mais mais... On a réussi à trouver un bar ayant accepté de partager sa connexion pendant qu'on sirote (comme on peut) et pianote (surtout). A quand la carte des hotspots à Antananarivo? :)
Et depuis? Et bien depuis, on peut faire visiter son nouvel appart à sa famille grâce à la webcam, Skype sonne plus souvent qu'avant le soir avec un débit et affichage vidéo tout à fait correct, et plus tout un tas d'autres détails, mine de rien, ça réduit la distance.
Photos en fleurs, en ligne
21 novembre 2007 à 22:03 |
Madagascar| Ressources
Mettant en ligne au fur et à mesure les photos dernièrement prises, je les upload par thèmes.
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Les moins évidentes à prendre, par flemme de sortir l'appareil à 5h du matin, et par excès de lumière le reste de la journée: jacarandas en fleurs à Antananarivo. Voir les clichés (ou cliquer sur la photo) |
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Et bien que cette fois-ci, j'ai à peine pris la faune et la flore en photo, voici toutefois une petite série. Parce que ça m'amuse de les shooter. Voir les clichés (ou cliquer sur la photo) |
Toujours tous droits réservés, usage commercial de tout type non autorisé ;)
Eau, lumière et misère
20 novembre 2007 à 12:45 |
Madagascar| A propos
Quiconque à Madagascar vous le dira: la Jirama (Jiro sy Rano Malagasy), la compagnie nationale d'eau et d'électricité, exaspère. Plus exactement ses coupures d'eau ET d'électricité intempestives, que ce soit à 8h du matin ou à 19h, que cela dure 30 min ou 8h voire plus, ce bien entendu, sans préavis en amont ni explications en aval.
Je me suis énervée, mais bien, par deux fois en 3 semaines: une fois au volant, et contrairement aux statistiques, pas dû à un taxi-be mais à un chauffarissime lamda, car bien que la conduite quelque peu anarchique à Antananarivo m'amuse parfois, il y a des limites; et de manière latente, énervée contre les éternels délestages de la Jirama.
Ca sent le vécu
Premier conseil dès mon arrivée: prendre ma douche avant 7h du matin, si je veux de l'eau tout court, et en bonus de l'eau chaude.
Premier matin levée après 7h30: pas d'eau, robinets à sec. Au début, on se risque à une douche froide grâce à de l'eau stockée, seul moyen de recourir à l'urgence, mais lorsqu'il fait bien frisquet le matin malgré le début de la saison des pluies (donc chaude), et la flemme d'adopter un système B à réchauffer l'eau comme en vacances (certes, mais bon), et bien, on attend...
Annulation de tous les programmes de la matinée, sortie sans douche guère envisageable. On prend son mal en patience, on met la musique à fond, on passe quelques coups de fils, on se connecte et on se sent du coup un peu moins seule.
Puis au tour de l'électricité de couper. 9h30 am. Là, tout s'arrête, sans eau ni électricité chez soi, le panel d'activités se réduit au néant, on se morfond véritablement, on grille son crédit téléphonique, pour rien, pas d'explications, pas de délais, pas d'interventions, rien de rien. Ce jour-là, le courant est rétabli à 15h, ainsi que l'eau dans la foulée. On a déjà annulé tous les programmes de la journée. 16h, enfin dehors, et voici le mode d'emploi pour "comment assurément perdre sa journée".
De l'électricité à Madagascar
En 2006, la Jirama entame son plan de redressement, appuyée par les bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale, la FMI, la Banque d'Investissements Européenne, la Banque Africaine de Développement, l'Agence Française de Développement, mais aussi des pays comme l’Allemagne et la Hollande, avec un financement de 125 millions de dollars.
Les principaux objectifs à atteindre: rénover ses infrastructures et assainir sa recette budgétaire. Dans les faits, on prend son mal en patience.
Selon Donat Andriamahefaparany, ministre de l'Energie et des mines, une grande partie de ce fonds va être utilisée pour « la réhabilitation du parc de la Jirama qui est assez vétuste (le mot est faible) car le délai de maintenance n’a pas été respecté (le mot est faible, bis). » (source: Madanight)
Objectifs sur moyen et long terme, quant à l'immédiat sans mesures d'urgence donc perceptibles par la population, il faut faire avec « le symptôme » de la crise qui n’est autre que le délestage, que subissent quotidiennement l'ensemble des Malagasy depuis quelques années.
En 2005, sur une population totale de près de 18 millions, la Jirama alors en pleine crise ne compte qu'une poignée d'un peu plus de 400 000 abonnés. Le taux d'accès à l'électricité national est d'à peine de 16%, et juste de 5% en milieu rural, lorsqu'on sait que la population rurale représente plus de 70% de l'ensemble. Le chantier est énorme... (source: L' électricité à Madagascar (.pdf))
Pour 2008, une enveloppe de 54 milliards d'Ariary est prévue pour remédier au délestage, en attendant de voir, la population ben attend, et d'ici là les tarifs auront encore augmenté, de 15%.
Interrogations
Je vous passe le nombre de fois où une tâche a dû être reportée (voire oubliée, à force), faute d'électricité. Comment peut-on travailler, et là en tant que professionnel, dans des conditions même pas optimales, mais juste acceptables?
Dans la série "marche ou crève", ce serait "marche" si tu peux te payer un groupe électrogène ou construire un château d'eau en attendant 2008, et dans la version "crève", ce serait "aide-toi et le ciel t'aidera" (écrit en tout petit au verso: en 2008).
Mais deux remarques qui m'ont interpellée:
Il paraît qu'il n'a été noté aucun délestage durant les Jeux des Iles. Solution à court terme donc: organiser des festivités internationales dans toute l'île, à l'année. Et de préférence, dans chacune des villes malagasy, ainsi, toutes s'en trouveront rénovées et embellies par la même occasion, car elles le valent bien.
A force d'appeler quasi quotidiennement pour signaler une coupure, ma mère a réussi à avoir un responsable (de quoi, on l'ignore) au bout du fil. Cas exposé pour la énième fois, quartier identifié pour la millième fois. Et bien l'avantage d'avoir un responsable (on ignore toujours de quoi), c'est que la Jirama vous rétablit ET l'eau ET l'électricité de manière durable (durable = plusieurs jours, à voir combien de semaines et de mois), et un technicien est même passé s'assurer que tout fonctionne sans incident!
Je me dis néanmoins que cette manoeuvre de bricole dû à l'exaspération des usagers doit bénéficier à certains, à l'insu de quelques foyers supplémentaires qui vont accuser encore plus de délestage...
Découverte de la technologie à la campagne
19 novembre 2007 à 12:45 |
Madagascar| A propos
Non pourtant, je préfère de loin la ville ou la nature à la campagne, surtout dans le pays où je vis actuellement. L'expérience l'a confirmé: je ne supporte le milieu rural que le temps d'un week-end, au-delà, j'ai du mal à être esclave de ma voiture, à faire des kilomètres pour aller chercher le pain, et à subir un éternel horizon de champs de maïs... A l'opposé, je me sens bien dans la nature, quitte à y dormir sommairement, que ce soit dans la forêt, en montagne ou sur la plage.
Pourtant, j'ai aimé me promener dans la campagne environnante d'Antananarivo, surtout qu'elle est souvent à peine délimitée par le by-pass. Avouez que ce cadre inspire sérénité et plénitude:

Ambohipeno - Madagascar (cliquer pour agrandir)
On a l'impression que le temps s'y est arrêté. D'ailleurs, les rapports à la population locale sont différents de ceux de l'effervescente capitale. Le sens du "moramora" malagasy prend ici tout son sens.
Les gens sont souriants, tout le monde vous salue gaiement au passage, et si on a l'inadvertance d'être trop concentré dans sa conversation, ils vous interpellent presque pour un salut tout en sourire de rigueur.
Ils ne comprennent pas qu'on puisse prendre un tamboho (hauts murs en terre délimitant une propriété ou un village) en photo, surtout entre Malagasy, mais vous invitent spontanément à discuter dans leur cour, voire à entrer chez eux, cher au sens de l'hospitalité nationale.
En marge d'une discussion engagée dans une cour donc, je commence à prendre discrètement une famille en photos. Jusqu'à ils s'en rendent compte en se prêtant volontiers au jeu.
Je prends ainsi une série de clichés, puis décide de leur montrer le résultat. Quel a été leur surprise pour ne pas dire ébahissement de pouvoir directement visionner leurs photos grâce à l'appareil photo numérique.
" Ndry! Tonga dia mivaoka ilay sary! Sady mazava be!"
"Oh! Les photos sortent aussitôt, et clairement en plus!"
Je leur explique de manière concise comment cela est possible, ils n'ont aucun mal à saisir tout l'avantage, et me voici enrôlée l'espace d'une vingtaine de minutes, en tant que photographe de passage de toute la family.
Et bien, à force de poser puis de regarder le résultat, j'en ai rendu un accro, jusqu'aux larmes:
En repartant, ils ont tenu à nous offrir un peu de leurs cultures, là des brèdes en l'occurence, tout en s'excusant de ne pouvoir donner plus car les récoltes ne sont pas encore fin prêtes. Et rendez-vous pris pour la fois prochaine, lorsque leurs photos seront tirées. Et elles le seront.
C'est drôle parce que le temps de quelques heures passées là, j'avais le sentiment qu'à la campagne, à celle-ci du moins, les Malagasy vivent plus sereinement, visiblement plus longtemps et en meilleure santé, grâce à leurs cultures, couplé à un éternel sens de la débrouillardise.
De l'usage d'internet
14 novembre 2007 à 22:01 |
Blog| Box
Il est courant de lire comment on est arrivé à blogguer, mais moins souvent comment on est arrivé à surfer. Pourtant, il y a bien une première fois pour tout.
Pour reprendre le manifeste d'internautes malagasy, inciter ceux qui sont déjà connectés à aller au delà de l'usage élémentaire (mail, chat, lecture de pages web, fréquentation de sites de rencontres) figure parmi les premiers objectifs que nous souhaitons atteindre dans le cadre du projet de développement d'internet à Madagascar. Cela ne pourra bien entendu se faire sans une bonne connaissance du terrain, de la réalité du quotidien, et sans dialogue avec les protagonistes.
Aujourd'hui
Aussi, je me demandais quel discours et quelle approche adopter face aux "Petites fiancées de l'internet" [bookmark via Barijaona], par exemple... Cet article du journal Le Monde m'a fait rire à bien des égards, relatant la quête du vazaha - bientôt époux - en ligne pour un monde meilleur, ainsi que la situation des couples franco-malgaches souvent à écart d'âge important, issus de rencontres sur internet, à Antsiranana (Diégo-Suarez, au Nord de l'île). Je vais éviter de paraphraser cet article à lire, mais je ne peux m'empêcher de citer des extraits où le ton est donné: vrai (ici un RMIste est riche), direct (Les vieux ils ont plus d'argent), drôle ("Il venait de découvrir que sa fiancée ne parlait pas un mot de
français. Il était logé dans sa future belle-famille et ne voulait pas
la vexer. Alors, il comptait sur moi pour échapper à ce mariage."), et enfin interpelle ("Les Blancs sont plus gentils, plus doux que les hommes malgaches." ou encore "les Zanatany (les Français nés à Madagascar ou installés sur l'île depuis longtemps), ils sont tropicalisés, ils sont pas mieux que les hommes malgaches").
Les petites fiancées de l'internet (Le Monde)
Les petites fiancées de l'internet (.pdf)
On ne peut juger si dépenser une fortune à "pêcher" le papy charmant en ligne relève d'une solution facile face à un désespoir à mesurer et s'il n'existe vraiment pas d'autres moyens davantage conventionnels, car au fond, on y retrouve persévérance, pugnacité, volonté, stratégie, patience et don de soi! :D
Mais d'une part, on a envie de leur diffuser "l'envers du décor" (lettres à toutes les soeurs cette fois), et d'autre part, envie de renseigner comment créer un site web pour que le flux soit entrant et non le contraire, comme sur le thème du tourisme solidaire par exemple, à l'instar d'Aina Madagascar, le cadre de cette partie Nord de Madagascar s'y prêtant à souhait.
Mais avant de lire cet article, je me reposais sur le fait que durant ces vacances à Madagascar, j'ai initié comme je pouvais une personne novice et débutante en matière d'internet. Exercice difficile... Par où commencer, comment expliquer simplement pour démystifier, quels réflexes inculquer, quel vocabulaire essentiel, etc... Cela faisait longtemps que je n'avais vu quelqu'un buter sur la page d'accueil, à lui expliquer ce que cela signifie, que cela peut se personnaliser, je ne réalisais pas que chaque détail comptait.
Hier
Pourtant, bien que ma génération ait eu un accès précoce aux moyens technologiques, ayant aidé à ce que je sois plus vite autonome, je suis aussi passée par la case "découverte d'internet", ce que j'avais complètement occulté jusqu'ici...
Oh, cela n'avait rien de bien original.
1996: ma mère, toute contente de me faire découvrir internet, m'aide à créer mon premier compte email sur Yahoo!
Ca y est, je sais ce que signifie Yahoo!, à siroter un verre avec des geeks, on finit par chercher des réponses à des questions que l'on ne se posait pas! :)
1996 à 1997: rien, à part entretenir le compte email en échangeant des mails avec... ma mère. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment compris ce qu'est internet, ce qu'on entend par "fenêtre sur le monde", et cela m'effraie quelque peu à vrai dire.
Puis à partir de 1998, je commence à utiliser les moteurs de recherche, à accéder aux sites d'écoles, instituts et universités susceptibles de m'intéresser, et à étendre mon carnet de contacts. Puis le déclic commence enfin, ayant cette fois saisi l'utilité d'internet, son usage et son étendue.
Je commence véritablement à surfer quotidiennement en 2000 en France, à partir des salles de connexion réservées aux étudiants, à l'époque encore peu fréquentées. D'ailleurs, certains de mes camarades de promo me demandaient s'ils pouvaient faire parvenir leurs emails à mon adresse... Flou complet encore.
Mais internet s'avère un moyen pratique pour effectuer des recherches sur mes études et surtout pour rester en contact avec mes proches à Madagascar, d'abord avec les mails, puis le chat sur Caramail avant de saturer bien vite, ou encore l'envoi de sms en ligne, dont j'ai usé et abusé. Rien de bien original donc...
Puis second déclic, à cette fois surfer de manière plus active et non passive, ce jusqu' aujourd'hui.
En matière d'étapes très synthétiques, je dirai: m'inscrire sur Ebay, changer d'adresse email suite à un piratage, créer ma première galerie photos, apprendre à créer un site web, et pour revenir au sujet qui intéresse classiquement, découvrir le blogging avec le Journal de Max, lire des blogs, débuter mon premier blog (version découverte et essai), puis celui-ci, et on connaît la suite.
Ah! J'ai oublié ma première rencontre et première connaissance grâce au net en 2001. Mais que je précise tout de même, non pas à l'issue d'un chat sur Caramail, ni en version plan drague à deux sous, juste que dans la salle internet, nous étions assis l'un à côté de l'autre, et l'on s'en est rendu compte au moment où je quittais mon poste.
Voyez-vous, même avec les milliards de probabilités grâce à internet, le monde est petit, et que dire, le monde de la blogosphère malagasy est petit!
Destination 47°38N 06°51E : arrivée
13 novembre 2007 à 10:25 |
Ailleurs
Quelques 24°, Celsius, en moins au meilleur de la journée, 800m plus bas et quelques 10000km plus loin, il reste... internet. :) De retour sur le net, que je n'ai finalement pas vraiment quitté non plus à vrai dire.
Vous avez été quelques-uns à avoir exprimé leur agréable surprise que je n'ai pas complètement été déconnectée durant ces dernières semaines. Semaines durant lesquelles j'ai finalement réussi à publier 8 posts, même courts, à charger des photos du marché COUM, et surtout à travailler pour stabiliser la version 3.0 de Malag@sy Miray.
Bonne nouvelle en effet: la connection internet s'améliore peu à peu à Madagascar, bien que l'on ait hâte d'être en 2009 où l'installation du backbone devrait être achevée, mais j'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet.
Ce retour au pays a été différent de tous les cas de figure vécus depuis que je rentre pour les vacances chez moi... Différent des fois où je retrouvais la famille à Antananarivo avant de partir profiter du littoral, et à l'opposé de mon précédent séjour avec Tonnum où nous étions partis en vadrouille et à peine restés dans la capitale et non moins ma ville natale.
Je suis en effet essentiellement restée à Antananarivo, ponctué de quelques escapades le temps d'une journée, mais je ne suis pas allée profiter de mon élément. Par choix, pas eu envie, d'y aller seule (enfin, sans Tonnum), pas eu le temps, chaque semaine ayant été ponctuée par une date importante où je ne pouvais m'absenter, et un brin non-confiante lorsqu'une amie propose d'aller à Mahajanga, puis à J-1, décision prise pour Morondava finalement... Pas cette fois-ci, une autre fois peut-être, la prochaine fois sûrement.
Mais je n'ai pas vraiment eu le temps de m'ennuyer, et c'était important de me replonger dans le quotidien de ma ville et de ma famille, même si je le vivais avec une échéance. Je dois dire que cela m'a fait du bien, pour me ressourcer car aucun autre voyage ne vaut de rentrer chez soi, et pour vivre les réalités sur place, plutôt que de les supputer de loin et à travers la fenêtre qu'est internet.
Il y a bien entendu tant à dire, à distiller au fur et à mesure. :)
En attendant, le retour a pris des allures thérapeutiques! Avec de la musique passée en boucle dans l'avion: entre jazz et électro, ou les deux, à repasser l'album Tourist de Saint-Germain (parmi mes préférés d'entre tous, et allez savoir s'il y a là un message subliminal!), à du commercial mais qui donne toujours la pêche comme David Guetta ou Bob Sinclar, ou encore les albums malagasy que je viens de ramener (gros coup de coeur, présentation à venir), sans oublier Sergent Garcia (pour le concert avec Vahombey en début de partie que j'ai raté, arrgh!!).
Puis un arrêt à Paris, sur images, du château de Versailles (enfin visité la galerie des Glaces), du spectacle "Les monologues du vagin" (bien aimé, le spectacle), de Saint-Germain des Près (pause au café "Les deux magots"), d'une exposition sur les traces de Bouddha au Musée des Arts asiatiques (magnifique), et du côté du Boulevard Haussmann (ambiance de Noël déjà au rendez-vous).
En deux jours... Allures thérapeutiques par nostalgie des joies et déconvenues du début de la saison des pluies, en repartant tout simplement, et pour me préparer à cet hiver qui a accueilli avec ses premières neiges samedi dernier, à 47°38N 06°50E.
Actuellement? En quête de concentration...
De l'autre côté de l'écran: IRL*
03 novembre 2007 à 06:48 |
Blog| Communauté
Bien que mon emploi du temps des semaines passées s'avère varié et ma foi bien rempli, je constate une généreuse tranche de celui-ci accordé aux rencontres grâce à ce blog. Cette fois-ci plus qu'avant, et pour faire original, sûrement, j'espère, moins que demain.
Qu'il s'agisse du meeting des bloggers malagasy basés ou de passage à Antananarivo, tous aussi sympathiques les uns que les autres, ou des réunions qui s'en suivirent au sujet d'un projet pour le développement d'internet à Madagascar.
On ne dédaigne pas d'apposer volontiers un visage derrière - ou devant? - un blog, ou de rencontrer de nouvelles têtes tout simplement du côté des Namana Serasera Dago, d'ailleurs rejoint récemment pour la cause dudit projet. :)
En matière de blogging (et de lien/url relatif), c'est avec plaisir que j'ai fait la connaissance, de visu, ou revu à Antananarivo Elodieriana, Tsikisariaka, Mia, JF, Mialy - s'en fout
pas, c'est confirmé ;) -, Barijaona, Elsifaka, Jentilisa, Hery, Ericgaël, Avylavitra.
Mais pour la première fois, j'ai également franchi un stade supplémentaire: celui de rencontrer des non-bloggers mais lecteurs, plutôt lectrices, de ce blog, ayant (réciproquement) émis la possibilité de prendre un verre ensemble. Chose faite, ainsi, je connais enfin IRL une Malgache (et sa bande de copines)... qui plonge! Entendez par là, scuba-diving, snorkelling. Un réel plaisir car si rare...
Nous avons beau être insulaires, j' en ai ouï que deux autres à Madagascar, fulbrighters de surcroît, travaillant justement dans la biologie marine/océanographie, et que des femmes s'il vous plaît, à se demander en quoi la plongée en tant que pratique sportive n'intéresserait pas les hommes malagasy. :)
Enfin, qui dit IRL dit présentation. Présentation réelle mais restant contextuelle, en tant que bloggueuse, ne mélangeant pas activité professionnelle et passe-temps favori.
" Tenez, je vous donne ma carte, n'hésitez pas."
Moi, sur le point de partir, au seuil de la porte: "Merci"
" Si vous avez une carte..."
Moi: "Euh non, disons, pas adapté pour ça..." (points d'exclamation et d'interrogation dans la tête)
Je ne me sens pas prête d'envisager une carte de visite en tant que bloggueuse, cela m'apparaît un brin pêteux, même si j'avoue m'être posée la question il fut un temps.
Voilà, il est plutôt plaisant de voir ce qui s'y passe * In Real Life. En attendant de repasser de l'autre côté de l'écran.
















