Découverte de la technologie à la campagne
19 novembre 2007 à 12:45 |
Madagascar| A propos
Non pourtant, je préfère de loin la ville ou la nature à la campagne, surtout dans le pays où je vis actuellement. L'expérience l'a confirmé: je ne supporte le milieu rural que le temps d'un week-end, au-delà, j'ai du mal à être esclave de ma voiture, à faire des kilomètres pour aller chercher le pain, et à subir un éternel horizon de champs de maïs... A l'opposé, je me sens bien dans la nature, quitte à y dormir sommairement, que ce soit dans la forêt, en montagne ou sur la plage.
Pourtant, j'ai aimé me promener dans la campagne environnante d'Antananarivo, surtout qu'elle est souvent à peine délimitée par le by-pass. Avouez que ce cadre inspire sérénité et plénitude:

Ambohipeno - Madagascar (cliquer pour agrandir)
On a l'impression que le temps s'y est arrêté. D'ailleurs, les rapports à la population locale sont différents de ceux de l'effervescente capitale. Le sens du "moramora" malagasy prend ici tout son sens.
Les gens sont souriants, tout le monde vous salue gaiement au passage, et si on a l'inadvertance d'être trop concentré dans sa conversation, ils vous interpellent presque pour un salut tout en sourire de rigueur.
Ils ne comprennent pas qu'on puisse prendre un tamboho (hauts murs en terre délimitant une propriété ou un village) en photo, surtout entre Malagasy, mais vous invitent spontanément à discuter dans leur cour, voire à entrer chez eux, cher au sens de l'hospitalité nationale.
En marge d'une discussion engagée dans une cour donc, je commence à prendre discrètement une famille en photos. Jusqu'à ils s'en rendent compte en se prêtant volontiers au jeu.
Je prends ainsi une série de clichés, puis décide de leur montrer le résultat. Quel a été leur surprise pour ne pas dire ébahissement de pouvoir directement visionner leurs photos grâce à l'appareil photo numérique.
" Ndry! Tonga dia mivaoka ilay sary! Sady mazava be!"
"Oh! Les photos sortent aussitôt, et clairement en plus!"
Je leur explique de manière concise comment cela est possible, ils n'ont aucun mal à saisir tout l'avantage, et me voici enrôlée l'espace d'une vingtaine de minutes, en tant que photographe de passage de toute la family.
Et bien, à force de poser puis de regarder le résultat, j'en ai rendu un accro, jusqu'aux larmes:
En repartant, ils ont tenu à nous offrir un peu de leurs cultures, là des brèdes en l'occurence, tout en s'excusant de ne pouvoir donner plus car les récoltes ne sont pas encore fin prêtes. Et rendez-vous pris pour la fois prochaine, lorsque leurs photos seront tirées. Et elles le seront.
C'est drôle parce que le temps de quelques heures passées là, j'avais le sentiment qu'à la campagne, à celle-ci du moins, les Malagasy vivent plus sereinement, visiblement plus longtemps et en meilleure santé, grâce à leurs cultures, couplé à un éternel sens de la débrouillardise.
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