Mofo gasy ou ramanonaka?
29 septembre 2006 à 17:31 |
Madagascar| Recettes
Des magasins malgaches se développent outremer, notamment en région parisienne, toulousaine et lyonnaise. Probablement ailleurs, mais je ne les connais pas. C'est l'occasion pour s'y ressourcer avec modération des produits du pays. Pour ma part, je prends quelques bouteilles de bonbon anglais, de THB (je n'allais pas commencer par ça tout de même!), des KK Pigeon (amuse-gueule malgaches dont je n'ai pas encore pris le temps de me questionner sur l'origine du nom), et du ravitoto surgelé, tout de même incomparablement bon par rapport au sakasaka que l'on trouve dans les épiceries chinoises.
Mais alors, ce qui me manque le plus, ce sont bien les mofo, gâteaux/galettes de farine de riz. Avec une dose de riz, on obtient deux doses de koba ou farine de riz. Les mofo gasy pour la version sucrée, et les ramanonaka pour les salés.
Aussi, à la question "Que fais-tu en premier lorsque tu arrives dans ton pays, mais surtout dans ta ville natale?", je réponds sans hésiter: droit sortis de l'aéroport, on part acheter des mofo gasy et des ramanonaka! Et pourquoi pas des menakely, des beignets hum, bien gras!
En attendant de trouver des moules adéquats, on peut déjà lire les recettes:
MOFO GASY
Ingrédients pour environ 6 mofo gasy
- 200g de farine de riz
- 1 sachets de levure
- eau
- sucre selon le goût de chacun
1) Mélanger ces ingrédients dans un bol ou saladier avec de l'eau pour obtenir une pâte lisse (ni trop liquide ni trop épaisse) homogène..
2) laissez reposer 1heure.
3) prendre un moule spécial mofo gasy , huiler le fond de chaque trou et faire chauffer.
(Source et voir la description du moule à mofo gasy)
Private joke: Mais tu es partout Serge! En plus de la plongée, tu nous offres des super recettes bien de chez nous! :)
Avouez que ça a l'air bon:
RAMANONAKA
Déjà plus compliqué de trouver une recette. La seule que j'ai trouvé se trouve dans ce forum de Magicmaman (tout est dit!). Reste un détail de taille: quelle correspondance pour un kapaoka, une dose de boîte de conserve servant de mesure malgache. Euh, je ferai l'équivalence en farine la prochaine fois que je mangerai des petits pois-carottes!
MENAKELY
Pas évident non plus de trouver une recette complète. A essayer, et à ré-essayer donc!
Ingrédients
- 250 g de farine de riz ( sachet bleu )
- 500 g de farine de blé
- 250 g de sucre
- 1 sachet de levure
Mélanger le tout, en ajoutant de l'eau jusqu'à obtenir une pâte épaisse, puis laisser reposer au moins 6h de temps avant la cuisson. Frire.
Le but étant d'obtenir ceci:
Et en bonus, un coup de coeur, déjà goûté, presque oublié: le mofo bageda (beignets de patate douce)
Le mot de la f(a)i(m)n: miam!
De vous à moi
26 septembre 2006 à 17:28 |
Blog| Box
Lectrices, lecteurs, bloggueurs en herbe ou invétérés, vous êtes de plus en plus nombreux à m’adresser des mails de sympathie, de demande d’informations ou de témoignages sur Madagascar, que ce blog est fier de présenter au fil des posts. Ce fil directeur doit être pour beaucoup dans ce développement de correspondances et d’échanges par courrier (électronique donc) que par commentaires interposés qui, également, contribuent à rendre un blog intéractif.
Je tâche d’y répondre individuellement, ou parfois à travers mes posts, mais je dois avouer que je ne fais pas toujours état de promptitude, tel que je le souhaiterais, faute de pouvoir me consacrer entièrement à cette activité ô combien prenante et agréable.
Dans le dessein d’améliorer l’améliorable, c’est-à-dire réduire le temps de latence entre la réception du signal et l’émission de la réponse, de l’écran, aux yeux, aux synapses, à l’hypothalamus, aux doigts et à votre écran, je vous mets à contribution pour trois points :
- Dans la mesure de l’idéal, pour les demandes d’information, écrivez-moi plus tôt que deux jours avant votre départ, voire la veille. A moins de vous servir de guide tous frais payés (euh, les âmes généreuses ne relèvent pas du miracle), engagée en 24h-48h, ça paraît … surnaturel !
- Lorsque vous m’écrivez via le formulaire de contact (menu ci-dessus), n’oubliez pas de vérifier l’adresse email que vous avez entrée. En cas d’erreur, je suis dans l’impossibilité de donner suite à votre message.
- Et bien que je ne puisse vous fournir une carte « Tattum, certifiée sans danger », je vous serai gré de m’inscrire parmi vos contacts si vous attendez une réponse de ma part, car il existe des boîtes email (dont AOL pour ne pas les citer) très farouches aux expéditeurs inconnus à votre carnet d’adresses.
Et pour m’excuser de vous faire encore patienter si toutes ces conditions sont déjà remplies, voici des amuse-gueules, KK Pigeon comme on les appelle chez nous, et bientôt un petit apéro… Un punch au coco, ça vous branche ?
Un trombinoscope nommé « Vous à Madagascar »
à 17:20 |
Blog| Box
Parmi les mails que j’ai reçus, donc, certains en témoignage de leur séjour dans la Grande Ile, sont agrémentés d’une photo, de vous posant à Madagascar. Je trouve le geste vraiment très sympathique, ça motive à échanger.
Pour finir par me donner l’idée de monter un trombinoscope, dans une page voire sous forme d’album, avec pour thème : ta face "vous à Madagascar".
Le principe est simple et l’idée verra le jour si j’en reçois suffisamment (on va dire, plus du chiffre sacré 7) : toi Malgache, toi visiteur des quatre coins du monde :
- envoie-moi ta photo tout profil sauf nu (1.ce blog est tout public 2.Lobotomisé ouvert d'esprit, s’abstenir) prise à Madagascar, d’hier ou d’aujourd’hui
- avec le nom ou pseudo que tu désires en légende
- et la mention dans le mail précisant que tu m’autorises à publier ta photo dans mon trombinoscope. Cette mention est obligatoire, en l’absence de laquelle, la photo ne pourra être publiée.
L’adresse à laquelle l’envoyer : mailtotattum(at)gmail.com
Entre quatre murs
25 septembre 2006 à 17:37 |
Madagascar| Actualités
Le 28 septembre prochain, débute la 7è édition du Salon de l’Habitat au Palais des Sports à Antananarivo.
Cette manifestation regroupe les acteurs du bâtiment, de l’habitat donc, de l’immobilier et de la décoration, avec son lot de public et de clients potentiels.
La nécessité de se loger est avérée à peu près partout en ce bas monde, l’engouement pour devenir propriétaire toujours croissant au fur et à mesure que les prix flambent, c’est finalement la notion de logement/prix qui change…
Dans les journaux, magazines et internet (comme sur le site de Sobika dont j'aime bien le relookage d'ailleurs), les offres immobilières, notamment du neuf, de l’appartement à la villa, se développent à Madagascar. Inutile de préciser pour un public limité, la situation économique tendant au code le plus simple qui existe. Le code binaire, et sans oser pousser jusqu’à l’ironie, avec pour correspondance 0 pour les pauvres, et 1 pour les riches, constatant, comme dans de nombreuses sociétés, une disparition progressive mais certaine de la classe moyenne, avec bien entendu une tendance à la pesanteur, vers le bas 0.
En attendant, le marché semble ne pas manquer pour autant de demandes, à en croire un copain qui s’est promu en promoteur immobilier, construisant de petites villas livrées clés en mains, vendues sur plan dans la région d’Antsirabe.
Aussi dans ce contexte morose qui n’en voit décidément pas le bout, je n’ai pas été étonnée de voir se développer à Madagascar, la construction de logements sociaux. Plusieurs programmes ont été propulsés grâce à ce fer de lance depuis fin 2005, dont le plus « social » d’entre eux : Trano Gasy Vaovao ou T G V (Nouvelle Maison Malgache). On ne dit pas M&M?
T G V est un programme économique malagasy dont l’objectif est notamment de favoriser l’accession à la propriété du plus grand nombre. Il propose des habitations de 50 à 69 m2 sur la base de Ar 200 000 (80€ le m2) au sein d’un lotissement, toutefois réservées à des fonctionnaires, les terrains étant domaniaux. Les demandes ont à priori afflué par milliers, bien que le prix représente encore un montant énorme pour bon nombre de Malgaches.
L’accès au crédit y reste très limité, déjà pour des entrepreneurs avec des projets en mains, qui plus est pour des particuliers modestes. Les taux demeurent élevés, compte tenu de plusieurs facteurs tels que le taux directeur de la banque centrale (16%), le taux d’inflation (supérieur à 25% en 2005), ou encore l’absence de garanties.
Madagascar demeure un pays où tout, du moins beaucoup, reste à construire. On espère avec un cahier de charges d’urbanisation et culturel élaboré et mis en œuvre.
En étant fraîchement installée dans une nouvelle région culturellement et traditionnellement riche, j’ai en effet constaté l’attrait touristique et le cachet unique pour une ville et des lieux identitaires. Ce qui attire, ce qui donne envie de découvrir, ce n’est pas tant les constructions modernes tout pimpants que l’on retrouve partout et dont on devient presque blasé, mais bel et bien une richesse identitaire que l’on retrouve dans une architecture ayant une histoire, un art de vivre ainsi qu’une gastronomie propre à la région, et tout un tas de détails culturels qui permettent finalement d’identifier et d’étiqueter une destination touristique. Sans étiquette, on tombe dans le domaine du commun, de ce qui ne se démarque pas. La mise en exergue ne nécessite pas pour autant un piédestal (à éviter d’ailleurs) ou un vulgaire plagiat de ce qui se passe ailleurs, mais tout simplement, une identité propre et définie.
Pour en revenir à nos quatre murs, Madagascar dispose de ressources et de matières premières pouvant entrer dans l’élaboration de matériaux de construction sur place, alors que la plupart sont aujourd’hui importés. Parmi cela, la transformation de latérite en BTS pour briques en terre stabilisées, un matériau en devenir dans la Grande Ile. Obtenues par compression hydraulique d’un mélange de latérite, d’eau et de ciment, elles sont fiables, esthétiques, faciles et rapides à utiliser. Non négligeable, elles peuvent abaisser le coût de la construction jusqu’à 30% (et une économie certaine de ciment). Par ailleurs, elles présentent des qualités thermiques, acoustiques, antisismiques et non la moindre : écologiques. En effet, l’absence de cuisson au bois permet un pan de sursis à la forêt, tandis que l’argile des rizières laisse place à la latérite, en quantité en veux-tu en voilà.
Il y a fort à parier que ce matériau est appelé à se développer dans tout le pays. Il ne manquerait plus qu’il chauffe, et remplace le charbon de bois, alors là, on sera sauvé !
Proverbes du jour
22 septembre 2006 à 17:33 |
Ohabolana| Proverbes
Tsy ny hosoran-tsakay no mangidy hoditra, ary tsy ny hosoran-tantely no mamy hoditra, fa ny atao no mahasoa sy maharatsy.
Ce n’est pas d’être frotté avec du piment qui fait sentir mauvais (sentir mauvais : se dit de ceux qui sont méprisés ou mal aimés), et ce n’est pas d’être enduit de miel qui fait sentir bon ( a contrario, se dit de quelqu’un d’apprécié, et/ou populaire), mais c’est ce qu’on fait (nos actes) qui rend bon ou mauvais.
Dans le même esprit :
Aza manao soa tapany
Ne faites pas le bien à moitié.
Aza manao fihavana-molotra : tezitra vao mifanatona.
Que l’amitié ne soit pas comme vos lèvres : elles se rapprochent l’une de l’autre qu’une fois en colère.
Aza manolo-bato mafana.
N’offrez pas une pierre chaude. (à quelqu’un qui à priori ne s’y attend pas, et se brûlera donc).
Bref, ne dupez personne.
Ny ala-fo mandroaka ny nenina.
Équivalent: Fais ce que tu dois, adviennne que pourra.
Soa kenda hahay mitsako ; soa lavo hahay mandeha.
Il est bon de s’étrangler pour apprendre à mieux mâcher ; il est bon de tomber pour apprendre à mieux marcher.
Le tentena de Dieu ou la vengeance des petits
21 septembre 2006 à 17:16 |
Madagascar| Culture
Dans mon enfance, les contes et légendes, malgaches d’une part, mais également ceux de l’Océan Indien, figuraient parmi mes lectures préférées. J’aimais me plonger dans cet univers aux frontières de l’imaginaire avec cette pointe de moral, évidente ou non, humoristique selon. En voici un, provenant des Tsimihety, peuple au Nord de Madagascar, qui en comptent des dizaines d’autres.
Il était une fois deux tentena (1), l’un mâle et l’autre femelle, qui se lièrent d’amitié avec un sanglier. Ils avaient construit un nid où madame tentena déposa deux œufs. La pluie se mit à tomber et le sanglier demanda asile pour s’abriter.
- « notre maison est trop petite pour recevoir », s’excusèrent les oiseaux.
- Permettez seulement que j’abrite mon œil, insista le sanglier.
- Impossible, répliqua encore le tenten, à moins de détruire et le nid et nos œufs.
Alors, le sanglier en colère fit : « Groum ! » ; il détruisit le nid, brisa les œufs et il s’en alla, heureux d’être vengé de l’affront.
Les tentena ne disent rien. Que pouvaient-ils faire ? « Atody tsy miady amim-bato » (2). La sagesse voulait qu’ils se taisent.
Je crains les petits dans leur silence et leur méditation. Les deux oiseaux s’en allèrent au loin, bien loin de leur domicile. En cours de route, ils trouvèrent du riz qui jaunissait dans la plaine. On leur avait dit que les sangliers étaient friands de paddy (3). Ils ramassèrent quelques épis dorés et rebroussèrent chemin. Ils donnèrent leur trouvaille au sanglier. Celui-ci demanda où il pourrait s’en procurer. Les oiseaux le guidèrent volontiers vers la rizière.
Mais aussitôt arrivé, il fut pris au lacet (4) tendu par le maître du champ.
- Aidez-moi à sortir d’ici, demanda-t-il à ses guides.
- Souviens-toi de notre nid que tu as détruit ; de nos œufs que tu as brisés, lui répondirent les deux oiseaux. Ta force nous a contraints au silence et la gourmandise te conduit au trépas. Adieu !
Que blâme la légende ? La gourmandise, certes. Je vois aussi autres choses :
« Puissants de ce monde, faites tonner vos canons, brisez ma maison, enlevez mes cent milles hectares de pâturage ; monopolisez les ventes de porcs de ma nation ; violez nos lois ; mangez tout à votre aise… Je me cache car j’ai peur… Mais, attention, je médite dans mon silence. Je suis aussi le tentena de Dieu ! »
(1) tentena : petit oiseau de l’espèce des fauvettes "Cesticola madagascariensis "
(2) Atody tsy miady amim-bato : « les œufs n’engagent jamais la bataille contre les roches ». Proverbe très connu à Madagascar pour déconseiller certaines ambitions.
(3) paddy : riz non décortiqué
(4) lacet : nœud coulant pour attraper le gibier
Tiré de « Contes et légendes de Madagascar », rassemblés et commentés par Rabearison, Administrateur civil, éd. 1994.
Astrologie malgache et applications
20 septembre 2006 à 16:56 |
Madagascar| Culture
Je n’ai pas été élevée dans la pure tradition malgache, mais plutôt dans un ensemble de cultures, si fait que pendant longtemps, certaines choses m’échappaient.
Lorsque j’entendais autour de moi « Iny zaza iny angamba teraka Alahamady » (cet enfant doit être né sous le signe d’Alahamady, je comprenais soit né sous un bon signe, chanceux ) ou a contrario lorsqu’on parlait d’un poisseux « tena teraka Alakaosy mihitsy angamba ka ! » (il/elle a dû vraiment naître sous le signe d’Alakaosy, c’est-à-dire sous un signe qui ne porte pas chance).
Si on me demandait alors ce que cela signifiait ou d’où venaient ces expressions : même en ayant tourné ma langue sept fois, toujours pas de réponse !
Ouvrez les livres, élargissez votre savoir ! N’oublions pas que la culture malgache tire son originalité de sa confluence entre plusieurs civilisations : asiatique, africaine, arabe et européenne.
Notons que, de nos jours, certaines notions de l’astrologie malgache peuvent apparaître désuets, notamment dans les villes.
Selon la tradition astrologique héritée des Arabes, chaque individu naît avec un destin favorable ou défavorable, appelé vintana, ce destin que « seul Dieu peut changer ».
Par ailleurs, à Madagascar, chaque événement important (mariage, enterrement, le famadihana ou retournement des morts, pose de la première pierre d’une construction, etc..) doit avoir lieu un « bon » jour, un jour de « bonne destinée », déterminé lors de la consultation incontournable d’un mpanandro (devin-astrologue).
D’où cela vient-il ?
Le calendrier malgache
Il compte douze mois. Chaque mois comporte des destins, comme suit ; il existe ainsi 28 destins dans une année du calendrier malgache. A chaque destin correspond une signification, déterminant ainsi un destin majeur ou mineur, favorable ou non.
Mois |
Nombre de destins |
1. Alahamady 2. Adaoro 3. Adizaoza 4. Asorotany 5. Alahasaty 6. Asombola 7. Adimizana 8. Alakarabo 9. Alakaosy 10. Adijady 11. Adalo 12. Alohotsy |
3 2 2 3 2 2 3 2 2 3 2 2 |
Par ailleurs, chaque mois avec ses 28 destins, est une lunaison : espace de temps qui s’écoule entre deux nouvelles lunes consécutives.
Correspondance avec les signes astrologiques du zodiaque
ALAMAHADY (Al-h’amal) : Bélier
ADAORO (Auh-thaûr) : Taureau
ADIZAOZA (Al-dzaûza) : Gémeaux
ASOROTANY (As-sarat’ân) : Cancer (ou écrevisse?)
ALAHASATY (Al-asad): Lion
ASOMBOLA (As-sunbula): Vierge (ou épi ?)
ADIMIZANA (Al-mizan) : Balance
ALAKARABO (Al-aqrab) : Scorpion
ALAKAOSY (Al-qaûs) : Sagittaire (ou arc du stagiaire ?)
ADIJADY (Al-djadi) : Capricorne (ou chevreau)
ADALO (Ad-dalû) : Verseau
ALOHOTSY (Al-h’ût): Poisson
Orientation de la maison traditionnelle des Hauts-Plateaux
Les points cardinaux possèdent chacun une force symbolique, et l’on se situe, ses objets, soi-même, sa maison, par rapport aux directions et leur signification.
Précisons que les maisons modernes ne suivent plus tout à fait ces normes, le schéma ancien s’appliquant davantage aux maisons traditionnelles. Celles-ci sont orientées nord-sud, l’unique porte d’entrée se trouvant à l’ouest.
Sont placés, avec leurs destins, dans les quatre coins de la maison :
- Alahamady (premier mois lunaire de l’année) dans le coin Nord-Est (également le coin des ancêtres, une direction sacrée)
- Asorotany dans le Sud-Est
- Adimizana dans le Sud-Ouest
- et Adijady dans le Nord-Ouest
Les autres 8 mois, avec leurs deux destins, sont placés sur les murs, par deux.
Lorsque les maisons ne disposent que d’une seule pièce, l’espace est répartie selon le schéma. Tout se passe autour du pilier central, l’andry, également symbole du père. Au pied de celui-ci, se prépare la cuisine, également symbole de foyer et d’union.
La partie NE est réservée aux aïeux, aux grands-parents, aux ancêtres. C’est ici qu’on couche le mort avant de le déposer dans le tombeau familial.
Les maisons typiques des Hauts-Plateaux sont souvent surmontées d’un étage auquel on accède par un escalier extérieur. Elles sont ornées d’un balcon en bois fermé par une balustrade et soutenu par des piliers en brique.
Le rôle du mpanandro
Le mpanadro est donc consulté pour les décisions essentielles afin de déterminer les jours de « bonne destinée » ou encore les jours néfastes, soit ceux durant lesquels on ne doit rien accomplir.
Il indique les jours favorables d’après l’âge de la lune, tenant ainsi compte du déroulement du mois lunaire avec l’enchaînement des 28 destins. Il connaît ainsi le commencement de la nouvelle lune et la fin de son dernier quartier, les divisions de chacun des douze mois de l’année en cours (tonon’andro), les destins (tonom-bintana) qu’ils soient forts, favorables ou malheureux.
Il se base sur le destin au jour de la naissance d’une personne, et distingue ainsi pour le déroulement de la vie de celui-ci, les périodes favorables ou non. Il a ainsi besoin de juste savoir sous quel destin est né(e) celui/celle pour lequel on vient le consulter, s’il s’agit d’un grand destin majeur (renivintana) ou un destin mineur (zana-bintana), et en cas de mariage, si les destins ne sont pas opposés. D’après ces indications, il déduira les jours propices pour chaque événement.
Au pays des Vosges
19 septembre 2006 à 18:08 |
Ailleurs
Entracte. Veloma Les Açores (et le Portugal) et Madère (et l’Espagne), et tonga soa aux frontières de l’Allemagne et de la Suisse. Suivez le panneau « Bloggueuse migratrice », un rien banal en ce XXIè siècle, siècle des feux follets...
Un brin d’ironie poussant à l’horizon : « Alors, ça y est, tu es en doudoune ? ». « Non, Môsieur (un ami prenant des nouvelles), dois-je seulement rappeler que j’atterris dans le Sud-Alsace, pigeon voyageur en aller simple, et que dans Sud-Alsace, il y a Sud ? » D’ailleurs, on a été accueilli plusieurs jours durant avec un beau bouquet, composé de : jaune (soleil, 26°C au thermomètre), de bleu (ciel dégagé), de rouge (des centaines de géranium pendus un peu partout), et de vert (des Vosges aux plaines).
Un peu d’auto-dérision en guise d’auto-vaccination, - c’est que bouger dans sa vie rend auto-nome ! -, contre un froid rigoureux mais sec qui nous attend. Je suis prévenue, certaines années, la neige atteint 1m. Finalement, me voilà convaincue que l’hiver est plus beau enneigé, dans un cadre qu’il rendra de toute manière magnifique. Pour autant, je ne me serais jamais imaginée envisager de « nager » dans cette hauteur de neige… En imitant l’accent alsacien, un logique et amusant métissage des tons germaniques et de la vitesse d’élocution que l’on connaît des Suisses !
Sinon, je n’ai pas encore fait le tour de la gastronomie alsacienne, je tiens à conserver des relations amicales avec ma balance, et non juste cordiales voire diplomatiques… Donc je prendrai tout mon temps ! Pour l’heure, un coup de cœur pour le flammeküche ou plus simplement la tarte flambée (pâte à pain fine qu’on recouvre de crème fraîche et de fromage blanc garnie d’oignons, de lardons et autres ingrédients, cuit dans un four au feu de bois), et le kugelhopf glacé (le kugelhopf étant un gâteau alsacien, mais en version glacé, il a la même forme en boule caractéristique, mais il s’agit d’un dessert à base de glace vanille au kirsch, avec une crème anglaise et des éclats d’amande). Et une mention spéciale pour le munster, ce fromage alsacien que j’ai trouvé mémorable pour :
° Sa forme
° Son goût
* Son odeur bien sûr !
Il y a milles et unes choses à découvrir dans cette région, de part et d’autre des frontières, que ce soit en fin d’année car il paraît que je me trouve dans un pays de Noël avec les plus beaux marchés et décors, ou encore en matière de dizaines de balades à thèmes en pleine nature, et je rejoins l’avis de Tonnum : l’Alsace, c’est beau, la Haute-Savoie c’est magnifique. Mais allez, sur une échelle de 1 à 5, beau se trouve à 4. Adjugé ! Acta est fabula.
Note de l’auteur : Dans la catégorie coups de cœur en France selon Tattum, le top 7 regroupe :
- le Bassin d’Arcachon, avec une large préférence côté Cap-Ferret. On ne s’en lasse jamais…
- le Périgord Noir en Dordogne. Moi qui ne suis pas fan de vestiges historiques, je suis tombée sous le charme.
- Paris bien sûr. Ca reste toujours un plaisir d’y flâner au gré des humeurs et du moment. En commençant par les macarons, de chez Ladurée tant qu’à faire, quand le caprice se veut exquis.
- le Pays Basque. J’adore tout, côté terre ou côté littoral, la culture, la gastronomie, les ferias, tout. En top favoris : Biarritz et Saint-Jean de Luz.
- la Haute-Savoie, magnifique donc, été comme hiver. Et plus on grimpe, et plus le spectacle en vaut la chandelle.
- la Corsica, à découvrir en moto, c’est parfait. Normal que les Corses la gardent aussi farouchement…
- la Charente-Maritime avec La Rochelle, l’Ile de Ré où on failli cracher nos poumons en la parcourant à vélo, et l’Ile d’Oléron en arrière saison (Juin ou Septembre).
Nosy-Be: jadis et vécu - Part 1 -
18 septembre 2006 à 17:11 |
Odyssée
Je reprends la chronique de mes vadrouilles dans la Grande Ile, en commençant par le Nord, et plus précisément Nosy-Be. Cela s’explique entre autre par un réel engouement pour cet ilôt, une des destinations phare de Madagascar, j’ai pu noter qu’ une bonne partie des mails des lecteurs de ce blog concernent des demandes d’infos sur Nosy-Be. Pour autant, je tiens à préciser que, comme à l’habitude, je reste sur ma position de bloggueuse indépendante partageant sa connaissance du pays, n’étant pas (encore ?) une professionnelle du tourisme au quotidien, je n’ai rien à vendre. Aussi, rares sont mes moments de pub, positives ou négatives d’ailleurs, ou même de simples recommandations pour des agences de voyages, des hôtels ou encore autres professionnels.
Autre avertissement : je ne peignerai peindrai ;) pas Nosy-Be tel un guide de voyages, mais avec un point de vue davantage personnel, pour ce lieu cher en souvenirs. Mon dernier séjour remonte à 2000. Bien des choses ont sûrement changé et/ou évolué depuis.
Ceux qui connaissent en reviennent très souvent subjugués par le cadre et l’ambiance, et je souhaite à ceux qui ne connaissent pas de s’offrir un jour ce voyage. D’ailleurs, à la question de Tonnum si les fonds marins de Nosy-Be m’apparaissent plus beaux que ceux de Ste-Marie, j’ai répondu positif. « On ira à Nosy-be à l’occasion alors ? » « Oui, c’est à voir ». Voilà qui est dit pour m’assurer par avance de ne pas porter le fardeau de « briseuse de rêve » ! Car à mes yeux, Nosy-Be est un paradis perdu. Je m’explique.
Il y a une première fois à tout
J’y suis allée pour la première fois en 1992, pour passer des vacances entre amis. J’ai été surprise, littéralement happée par la beauté de cet écrin de verdure posé sur une mer d’émeraude, encore appelée L’Ile aux parfums. D’où d’ailleurs, déformation orthographique compris, le nom de cette chaîne de parfumerie... J’avais jusque là trouvé Morondava (avant d’être rongée par la mer) ou Mahambo par exemple beaux, mais on est encore une échelle au-dessus. A l’aéroport de Fascène, on est accueilli avec le sourire bien entendu, ainsi que des colliers de fleurs de frangipanier au cou. Pour autant que je sache, c’est unique à Madagascar. Puis l’odeur des ylangs-ylangs nous accompagnent sur le trajet pour Hell-Ville, centre-ville de Nosy-Be. Puis changement de décor avec les champs de canne à sucre, direction Ambatolaoka, plus précisément à Madirokely où se trouve le lieu de résidence, situé juste avant Ambatolaoka, considéré comme le lieu de villégiature très prisé des touristes.
Un cadre parfait de maison au bord de l’eau dans une baie de mer turquoise, une plage magnifique bordée de cocotiers, derrière lesquels se fondent des bungalows encore disparates ; les champs de canne à sucre, et la montagne en face pour terrains de jeu à pied ou à vélo, pour des vacances parfaites. On retrouve la magie du décor ainsi que son cachet encore préservé de l’autre côté de l’île, à Andilana.
Il s’agit également de la découverte de l’ambiance très festive, notamment dès la tombée de la nuit. A l ‘époque, existait encore l’hôtel Palm Beach, sur la route d’Andilana, le cadre répondant assez au nom évocateur. Un de nos autres lieux de jeux. On s’ y rendait à pied le long de la voie ferrée, où les trains circulaient encore entre les champs de canne à sucre et la distillerie à Dzamandzary. Mais Palm Beach était connu pour sa soirée du mercredi ainsi que sa boîte de nuit. Mineurs nous étions, accompagnés par des adultes, également.
Nosy-Be ou découverte des sorties nocturnes ! Je me rassure, aucune révélation pour ma part en assistant pour la première fois à une dispute violente entre deux prostituées qui se battaient pour un « client », ayant tourné au catch féminin et volée de bouteilles… Hormis peut-être d’en tirer des conclusions telles que la vulgarité de se donner en spectacle, ne pas faire pousser mes cheveux trop longs en cas d’accrochage non esquivé, ou encore demeurer la petite fille sage à papa et à maman ne répondant pas aux inconnus. Et aussi, que danser et faire la fête, c’est chouette ! Conclusions datant de l’âge bête.
Rebelote
Le premier séjour m’a paru tellement court qu’il ne me reste plus qu’une idée en tête : y retourner. C’est chose faite l’année d’après, en 1993, où mes parents ont choisi de nous envoyer loin des troubles du pays alors en pleine crise. Les mêmes colliers de fleurs, le même parfum des ylangs-ylangs sur la route cheveux au vent, mais Ambatolaoka et Madirokely ont entamé leur changement.
J’ai été étonnée par le nombre de constructions sorties de terre tels des champignons en l’espace d’une année. Hôtels, maisons individuels, bungalows, sans que l’ensemble ne donne le sentiment d’une concertation d’urbanisation ou encore d’harmonisation par rapport à un cadre qui mérite largement d’être préservé. Mais ce n’est que le début, passant presque inaperçu aux yeux de beaucoup. Mais pas aux miens. Par ailleurs, les gens commencent à barricader dans l’illégalité totale leurs propriétés en bord de mer, plage comprise sous prétexte de protéger leur accès à l’eau (située à 30m max) alors qu’absolument rien ne vient entraver ce confort ; les plages appartenant à l’état, relevant du domaine public maritime. Les cocotiers sous lesquels on faisait la sieste se retrouvent derrière des barrières, et ornent désormais des jardins privés auto-appropriés.
Mais le charme est encore là. C’était peut-être bien là tout le problème, celui de ne pas avoir vu venir suffisamment tôt le gâchis qui allait suivre, de ne pas avoir fait le ménage à la corruption, le ménage tout court au nom d’une valorisation réfléchie de ce patrimoine et non nombriliste pour le compte d’un seul...
Plus d’un mois pour en profiter pleinement, assouvir ce goût de trop peu de la première fois, découvrir davantage l’île, et je peux le qualifier ainsi : pour des vacances de rêve… Où tous les ingrédients sont présents : sea, sun, sports :), trips, friends, dancing, etc… L’hôtel Palm Beach est désormais fermé, mais pas la boîte de nuit annexe.
Et cette année là, je découvre ma passion pour les fonds marins, qui me conduira à la plongée sous-marine. Une fois ce monde inconnu et ses codes appropriés, je parcours mon immense jardin juste devant la maison, en masque, palmes et tuba. A marée basse, c’est suffisant. La pure sensation de liberté dans le silence du grand bleu enivre littéralement, encore et encore…
Un beau jour, alors qu’on se tenait debout devant un chantier, pourtant loin du plus beau décor que puisse offrir Nosy-Be, j’ai murmuré : « Si je dois travailler quelque part à Madagascar, ce sera à Nosy-Be »… Sans encore savoir ni la branche, ni le comment. Mais en attendant, je l’ai pensé très fort, un rêve en somme. J’ignorais alors que je prononçais ce rêve devant ce qui serait mon futur lieu de travail…
Dans un autre contexte
Les années passent, en voyant Nosy-Be muée mais je demeure captivée. Après m’être donnée les moyens de réaliser mon rêve, je débarque un jour sur l’Ile aux parfums, contrat en poche. Mais je ne me faisais pas d’illusion que ça allait être différent des vacances. Premier élément : l’arrivée. Au lieu de débarquer d’un avion commercial d’Air Mad, je respire de poser mes deux pieds sur la terre ferme après quelques poussées surdosées d’adrénaline, en compagnie de mon directeur certes, mais en rien responsable de ces effets, mais plutôt d’un pilote légèrement frapadingue qui aime faire joujou avec son quadriplace dans les nuages. Bon, en compensation, il a également eu l’extrême gentillesse de me faire visiter la côte Nord-Ouest de Madagascar, vue du ciel.
Puis je ne retrouve pas le parfum des ylangs-ylangs, ce n’est pas la saison de floraison. Et j’attaque rapidement les choses sérieuses car j’ai été parachutée sur recommendation, pardon, j’ai fait jouer mon réseau pour ce poste, et je dois ainsi faire toutes mes preuves.
Qu’importe, normal même je dirai, car je me sentais alors privilégiée. Se réveiller le matin, aller piquer une tête ou enfiler son masque et palmes pour admirer les poissons de bonne heure, petit-déjeûner et se rendre au boulot que j’adore. Et le soir, débaucher, aller prendre un verre avec ses collègues à Hell-Ville autour de guitares, à parcourir le répertoire de Mahaleo, de Rija Ramanantoanina, et autres artistes avant d’aller se coucher. Il n’y a pas à dire, cela apparaît comme un cadre idéal.
Puis il y a le quotidien qui nous saute aux yeux, de plus en plus. Nosy-Be est le lieu le plus cher de Madagascar. Tout coûte plus cher ici. Mais je ne paie alors pas de loyer, me rend au travail à pied ou en vélo, en ville avec les voitures de l’entreprise, donc à mon échelle je relativise mes dépenses. Mais cette cherté s’explique par la position insulaire de Nosy-Be, les denrées provenant d’Andampa ou d’Antsiranana, mais également par la vénalité exacerbée par le tourisme. Et l’on assiste aux méfaits de la corruption, à un manque d’urbanisation total, à une installation anarchique au possible. Il devient banal de voir une maison en dur se dresser en un mois, chrono en main. Cela profite à quelques personnes qui se frottent les mains, trompées par ce qu’ils pensent être l’ivresse du pouvoir, n’étant en fait que des sous-fifres de marionnettistes de tous horizons.
Maintenant que je peux faire le parallèle entre Nosy-Be et Sainte-Marie, et bien que n’ayant pas connu cette dernière quinze années auparavant, je félicite la meilleure gestion et valorisation de l’île Sainte-Marie, et on ne peut que les inciter dans cette voie.
Le jour où j’ai désenchanté, précisons-le, d’Ambatolaoka et de Madirokely, je revenais d’un week-end sur Nosy Iranja, alors l’Ile aux tortues. Alors superbe, magnifique. En débarquant devant chez moi à Madirokely, la réalité m’a sauté aux yeux : la baie est devenue sale, surpeuplée, enlaidie, gâchée.
Aussi, pour cela et des tas d'autres raisons comme lorsqu'on réalise qu’on n’est pas une carriériste pure et dure pouvant se passer d’équilibre personnel, on finit par quitter cette position de privilégiée… Sans regret, tout en se disant que la boucle n’est pas encore bouclée…
A suivre: Part 2: Nosy-Be et environs: les coins à ne pas rater
Madagascar wildlife
01 septembre 2006 à 12:32 |
Audio| Vidéo
Une vidéo de Errorist sur les emblèmes de la faune malgache.
Au programme:gecko, uroplate, caméléon, et lémuriens divers assurément.





















