The sand children
25 août 2006 à 13:30 |
Audio| Vidéo
Un beau diaporama de Simon Harrison, présentant des portraits et scènes de vie d'enfants vezo dans le sud de Madagascar:
Juste dommage que la signature prédomine certains portraits, pour le reste, les Malgaches n'ont pas volé leur réputation du sourire, la vérité sort de la bouche des enfants. :)
Introduction au famadihana
22 août 2006 à 23:45 |
Madagascar| Culture
Le famadihana, ou retournement des morts, représente un des piliers de la culture malgache. Les quelques fois où j'ai abordé ce sujet avec mes amis non-malgaches, j'ai remarqué une différence de réceptivité de la notion ainsi que de l'image de la mort selon les individus. J'y pense car nous sommes actuellement dans la saison des famadihana (juillet-août).
Cet article, Anthropologie de la mort, introduit et exprime mieux que je ne pourrai le prétendre ces rapports que nous avons par rapport à nos défunts. Extrait:
Le fait de savoir que les hommes doivent tous mourir ne suffit pourtant pas pour rassurer l'individu sur sa propre mort. C'est pourquoi, dans de nombreuses sociétés d'hier comme dans celles d'aujourd'hui encore, les différents mythes thanatiques doivent être doublés par toute une série d'actions rituelles (toilettes du cadavre, veillées funèbres, premières et secondes funérailles, don d'habit et de sa part de richesse au nouveau défunt, …) pour tenter de colmater précisément la brèche provoquée par la douloureuse disparition d'un être cher. Pour ces sociétés là, il s'agit d'inscrire collectivement la mort à l'intérieur de la vie et ce, en s'appuyant sur l'efficience et sur la dynamique de la démarche symbolique par rapport au poids sclérosant de la réalité brute et immédiate. Dans un tel contexte, la mort revêtira toute une autre signification. Elle cessera, pour les différents acteurs sociaux en phase avec leur ritualité, d'être perçue comme étant cet événement sans appel, d'ordre uniquement biologique, qui rend impossible toute possibilité de changement. Au contraire, grâce aux rites funéraires, la mort devient ce par quoi le défunt n'a fait seulement que « changer de peau » (miova hoditry) , lui permettant d'accéder ainsi à une autre dimension de l'existence, invisible celle-là, mais qui reste néanmoins aussi réelle, et peut-être même plus exaltante et plus épanouissante encore que celle qu'il apprécie tant actuellement.
A Madagascar, le défunt est le personnage principal à partir duquel s'articulent les rites funéraires. C'est donc en fonction de l'intégration sociale de ce dernier, de l'importance du rôle social qu'il a pu jouer durant sa vie au sein des communautés villageoises que les survivants vont devoir se mobiliser plus ou moins massivement pour lui. Selon une telle logique, les rites funéraires restent finalement l'une des grilles de lecture apparemment les plus pertinentes pour mesurer la surface sociale ainsi que le poids politique du défunt et de son groupe lignager. Etre pleuré par toute la communauté des vivants d'une part, rester longtemps présent dans la mémoire collective des générations à venir d'autre part, signifient dans un tel contexte que l'on a su mener une vie humainement bien remplie et socialement reconnue. Par ailleurs, cette affection profonde et cette mobilisation collective des survivants lors des funérailles doivent être également interprétées comme étant des gages de réussite en vue de la pleine insertion sociale du nouveau défunt au sein de la « communauté des ancêtres » (fianakavian'ny efa nody ho razana).
Rupture, marginalité et intégration sont donc ici les trois temps forts qui ponctuent ces rites funéraires. En un mot, ces rites ont pour fonction essentielle de faciliter le passage du monde familier des vivants à celui tout à fait autre des morts, tout en assurant aux survivants la tranquillité des jours qu'ils ont encore à vivre. De la « mort surprise » à la « mort reprise » : telle est donc la métamorphose opérée grâce aux rites funéraires.
Les secondes funérailles (famadihana, faminosan-damba, asa razana) sont donc, pour le cas de Madagascar, l'occasion des pratiques ostentatoires dans lesquelles il est effectivement nécessaire de faire preuve de prodigalité effrénée en dons et contre dons, condition nécessaire de resserrement des liens sociaux entre les différents groupes lignagers d'une part, entre les vivants et les morts d'autre part. La stratégie est certes économiquement coûteuse mais qu'importe si elle s'avère socialement efficace aux yeux des différents partenaires de cet échange à la fois symbolique et réel. Finalement, la mort n'aura été, pour le défunt, qu'un accident de parcours, qu'une simple rupture lui permettant dorénavant de « vivre » autrement. La force mortifère qui a frappé et qui a déstructuré momentanément la famille du défunt n'a eu, en dernière analyse, aucune emprise réelle et définitive sur la vitalité festive et sur la capacité organisationnelle de l'ensemble de la communauté des survivants. Au temps du désordre et de l'affliction des premières funérailles (fandivaiñaña,) l'on est propulsé ici dans le temps de la joie, de la fête et de la re-naissance post-mortem, faisant ainsi des secondes funérailles une sorte de rite de passage en vue de l'intégration sociale du défunt au sein de la communauté divino-ancestrale.
A Madagascar, comme en Nouvelle-Calédonie par exemple, les rites funéraires sont l'un de ces précieux ferments de la cohésion sociale du groupe et du resserrement des liens sociaux des survivants. Face à la force dissolvante du temps, eu égard aux jeux et aux enjeux de la course à la différence que suscite toute vie en société, ces rites funéraires sont des « temps forts » dans la recherche et dans l'affirmation d'une identité personnelle et collective toujours à innover et à renouveler à chaque instant. Dans ces deux îles, respectivement l'une dans l'Océan Indien et l'autre dans l'Océan Pacifique, tout groupe lignager ou toute ethnie a ses pratiques ancestrales en matière de rites funéraires et tient autant que faire se peut à les préserver et à se les voir respecter par d'autres, sans pour autant essayer de les imposer aux autres. Etre privé des rites funéraires conformes à son statut social et ne pas avoir accès à son tombeau ancestral signifient que l'on n'a pas joui de ses droits fondamentaux en tant qu'être humain. C'est là une mort sociale sans appel, la plus terrifiante et la plus humiliante de toutes les morts possibles. Et l'insulte la plus douloureusement ressentie dans une telle organisation sociale est la dévalorisation de la personne humaine à travers ses ancêtres ( asaha razana ; tevateva razana ) . Ici, comme là-bas, la terre où reposent les restes mortels des ancêtres est le lieu privilégié d'ancrage d'une recherche identitaire toujours à renouveler, toujours au quotidien. Ici comme là-bas, la « terre ancestrale » (traduction littérale du terme malgache tanin-drazana ), avec ses écosystèmes, est ce qu'il y a de plus sacré ( masiny ). Corps social et spirituel à la fois, cette « terre ancestrale » ne peut être « ni vendue, ni échangée » ( tsy amidy , tsy atakalo) : elle est inaliénable et l'on est souvent prêt jusqu'au sacrifice suprême pour la sauvegarder dans son intégrité. Car c'est là que « dorment les esprits des ancêtres » ; c'est là également que ceux des générations d'aujourd'hui, une fois libérés de leur enveloppe charnelle visible, jouiront, eux aussi, du repos éternel puis fusionneront, à leur tour, avec les éléments constitutifs du milieu ambiant (l'eau, l'air, l'obscurité, la lumière, les roches, les animaux, les arbres, le bruit, le silence,…) pour se transmuer progressivement en puissances nourricières, au service des générations de demain.
Malagasy all Stars
18 août 2006 à 23:37 |
Audio| Vidéo
Je suis tombée sur ces vidéos proposées par Sirela mettant en scène un beau panel de musiciens malgaches, filmés lors du Festival Musiques Métisses d'Angoulême 2006: Dama figure du groupe
Mahaleo, l' accordéoniste Régis Gizavo, Marius
Fontaine de Fenoamby et le virtuose Justin Vali.
Egalement, un morceau choisi de Rajery, le roi du valiha.
Le pied levé...
à 23:20 |
Blog| Box
De deux choses l'une: soit je me fais soigner pour mon syndrôme de procrastination au stade avancé, soit... je me fais payer un stage de gestion du temps. Demain peut-être... :)
La dernière minute avant les congés et le reste a duré une éternité. Genre une dernière réunion de mise au point, le pied pourtant déjà levé. Je l'accorde, cette info n'est pas d'un grand intérêt pour ce blog, qui ne tend toujours pas à ce jour à la version journal. :)
Long bla-bla pour dire: je suis en congés. Yess! Et je déménage. Pas le blog, moi je. En espérant pouvoir distiller quelques posts d'ici là. En effet, je rejoins le club des frontaliers suisses, et non loin des Allemands.
Mais puisque ce n'est pas un journal, je fais fi de mes ressentiments divisés entre le cadre que j'apprécie actuellemnt et l'inconnu que je vais découvrir, ce changement de vie toutefois un peu appréhendé qui est pourtant loin d'être le premier, et le ménage radical lors des déménagements qui repose souvent la question du gâchis de la société de consommation. Qui vivra verra. :)
Bonbô coco, Bonbon coco
14 août 2006 à 22:08 |
Madagascar| Recettes
Qui du passage du tropique du Capricorne au niveau de Toliara ou du paysage de cocotiers le long des côtes malgaches donne à la Grande Ile sa carte officielle d'île tropicale?
Jadis, on pouvait poser devant un panneau 'Ici passe le Tropique du Capricorne", certes un peu moins grisant que de positionner un pied dans l'hémisphère Nord et un autre dans l'hémisphère Sud comme en Equateur, mais ça pouvait valoir la photo-souvenir.
Aussi choisirons-nous, en attendant de rebâtir l'antan, l'emblème des incontournables cocotiers.
Fiche synthétique de la noix de coco
Famille: Arécacées (palmiers)
Nom de l'arbre:Cocotier
Nom du fruit: Cocos nucifera L.
Floraison: toute l’année
Fructification:toute l’année
Dimension du fruit: de 20 à 30 cm de long
Les milles utilisations de la noix de coco
Rien ne se perd. La noix de coco proprement dite est entourée d'une épaisse enveloppe fibreuse d'un joli vert éclatant virant à l'ocre à maturité. Cette partie extérieure, coupée transversalement en deux, puis séchée, se retrouve dans de nombreux foyers malgaches entretenant un parquet: le "brosy coco". En effet, le cirage du parquet s'achève sur une séance sportive de lustrage, le résultat est impeccable: luisant et très glissant, patins obligatoires!
Les fibres imputrescibles sont également de plus en plus utilisées pour la confection de produits artisanaux comme un chapeau ou autre accessoire vestimentaire, ou encore un tapis en variante du sisal, que j'aime particulièrement de par son côté naturel et esthétique.
Bien plus petite que le fruit vert, la noix de coco est constituée d' une fine coque brune très solide. Elle est remplie
d'un liquide opaque très désaltérant, l'eau de coco ou jus de coco, qui au
long de la maturité du fruit, va se condenser pour former l'amande, cette pulpe épaisse,
cassante et blanche. Dans la noix fraîche, cette chair reste encore très fine, crémeuse, se déguste à
la petite cuillère ou avec une entaille de l'enveloppe.
La chair de coco s'utilise de différentes manières.
Elle peut être consommée fraîche, riche en fibres, râpée ou non. Râpée justement, on peut en extraire le lait de coco, - à ne pas confondre avec le jus- , habituellement vendu en briques en magasin. Le coco râpé est humidifié puis, dans un torchon ou un étui approprié, est pressé afin d'en retirer un liquide blanchâtre entrant dans la composition de différentes recettes au coco.
Elle se présente également séchée, râpée ou en lamelles, avec des teneurs plus élevées en glucides (12 % au lieu de 6 %) ainsi qu'en
lipides (58 à 60 % au lieu de 35 %). D'où une valeur
énergétique nettement plus élevée : de l'ordre de 600 kcalories (2500 kJoules) aux 100 g. (source)
Les Tahitiens quant à eux, extraient de la pulpe séchée encore appelée coprah, cette huile de coco aux milles vertus médicinales et cosmétiques que l'on boude souvent pour son odeur accentuée. J'ai remarqué qu'au soleil, comme par 28°C ou plus, cette odeur marquée s'estompe significativement, et devient une excellente huile solaire. A Madagascar, elle est vendue dans des bouteilles de récupération et on en trouve au marché, comme celui de Toamasina.
Les feuilles de cocotier ou palmes servent également, une fois tissées, pour des toits ou abris d'appoint ou encore des plateaux improvisés pour poissons juste pêchés! On m'a appris une fois la technique de tissage, c'est tout un art!
D'un point de vue esthétique, les cocotiers nains deviennent de plus en plus prisés car tout simplement irrésistibles. Et donc convoités, faisant l'objet de vol lorsqu'ils sont exposés. Autrement, les cocotiers poussant sur la côte demeurent la propriété de tout le monde (jusqu'à preuve du contraire), jouissant du libre-accès (sauf délimitation bien entendu) à condition de savoir grimper pour aller se chercher soi-même des noix! Pour ma part, je ne suis jamais à l'aise, une fois arrivée au niveau de la couronne de palmes, et ai souvent rebroussée chemin, à moins que le cocotier ne soit naturellement courbé par les forces éoliennes. Mais une âme généreuse et altruiste ne se trouve jamais loin.
D'un point de vue souvenir, j'ai planté une jeune pousse de cocotier l'année suivant mon obtention du bac, quelque part dans le sud de l'île, sensé représenté mon parcours, ma vie. Je ne suis pas encore retournée voir comment il a évolué depuis...
Lors de mon dernier voyage au pays, j'ai redécouvert les plaisirs remontant à l'enfance, des bonbons coco, ce qui m'inspire ici à partager la recette à la tradition malgache.
Ingrédients selon Tattum (pour 4 personnes ou plus):
- 2 noix de coco (les choisir avec une chair formée et épaisse. En secouant la noix, moins il y a de liquide, mieux c'est.)
- 1 kg de sucre (avec un zeste de zen). La couleur du sucre donne bien entendu la couleur des bonbons coco, mais de par la quantité, je préfère personnellement le roux.
Méthode vue par Tattum (encore une fois jugée sans danger):
- Râper la chair des noix de coco. A Madagascar, il existe une technique utilisant un matériel appelé "bosy".
Le bosy est composé de deux parties: une en bois qui sert d'appui, de siège, s'effilant à un bout, sur lequel est montée une partie métallique dentelée qui sert donc de râpe. Sans cet équipement, il reste la possibilité d'enlever la chair et d'utiliser une bonne vieille râpe.
- Verser le coco râpé dans une casserole à fond épais, et l'humidifier légèrement avec un peu d'eau.
- Ajouter le sucre, bien mélanger.
- Chauffer à feu très doux, tout en mélangeant continuellement. Eviter que cela colle dans le fond de la casserole.
Le mélange va caraméliser au fur et à mesure, jusqu'à cela devienne particulièrement collant, et le mélange difficile.
- Ôter la casserole du feu.
- Former rapidement des petits tas à l'aide de deux cuillères à soupe et les séparer suffisamment les uns des autres afin que ça ne colle pas le temps de la prise.

C'est prêt, à consommer pour le dessert, pour le 4h, ou à tout moment de caprice sur fond de souvenirs de vacances au bord de la meeerrrreuh!
Recettes déjà parues: gâteau de patate douce, poulet au coco (oui j'aime le coco, sous toutes ses formes, tarte au coco, macarons au coco, punch au coco, glace au coco, etc...)
Silence ça tourne
11 août 2006 à 15:24 |
Audio| Vidéo
Comme diraient ceux d'outremer: TGIF!
Pour bien commencer ce long week-end qui s'annonce bien, voici un film sur Madagascar par Valpard Films. Il donne un aperçu de plusieurs facettes de la Grande Ile, en l'occurence d'Antananarivo à la partie Nord (Antsiranana, Nosy-Be) ou encore des fameux Tsingy, sans oublier la biodiversité.
Silence, ça tourne!
Parfum vanille
07 août 2006 à 23:02 |
Madagascar| Ressources
Une pincée de saveur à la senteur envoûtante, une fragrance irrésistible à la couleur profonde, ça vaut bien une note épicée et ensoleillée: parfum vanille.
Si je devais organiser un voyage d'une route mythique, je choisirais la route des épices...
L'orchidée la plus connue d'entre toutes (à condition de savoir qu'il s'agit d'une orchidée!), la vanille nous vient du Mexique, dont la culture remonte à la civilisation des Aztèques. Ils l'appelaient alors « tlilxot chitl », ce qui signifie « gousse noire ».
La vanille a été introduite via La Réunion, sur la côte Est de Madagascar à la fin du XIXè siècle, du côté d'Antalaha.
Deux espèces poussent sur la Grande Ile: le vanillier sauvage (Vanilla phalaenopsis) dans la forêt primaire humide, et le vanillier de culture (Vanilla planifolia), produit particulièrement prisé. Ainsi la région de la SAVA, Sambava, Antalaha, Andapa, Vohémar, regroupe le vaste jardin de cette gousse devenue l'or brun de Madagascar, actuellement premier fournisseur mondial avec une production dépassant les milles tonnes. Comment obtient-on la vanille, le vrai?
Floraison (septembre à janvier)
La fleur délicate s’épanouit dès le lever du soleil et ne dure que quelques heures.
La vanille est en fait une plante naturellement stérile, les organes mâles et femelles de la fleur étant séparés par une membrane étanche appelée « rostellum ».
Fécondation
Des "Marieuses", à l'aide d'une épine, vont donc travailler à la fécondation artificielle de la fleur de vanille. La dextérité féminine est de mise pour entamer la lamelle charnue séparant les organes mâles et femelles des meilleures fleurs propices à être fécondées, vérifiées quotidiennement, plante par plante. Une "marieuse" peut ainsi féconder 1000 à 1500 fleurs par jour.
Cueillette (8 à 10 mois après)
Les gousses alors vertes et inodores, sont cueillies à la main. Le moment de la récolte est stratégique pour une bonne teneur en vanilline.
Echaudage
Après triage, les gousses sont plongées pour 2 à 3 minutes dans de l'eau chaude (60 à 65°C), voire bouillante selon leur maturité.
Ce procédé sert à réduire la vitalité de la gousse (arrêt par la chaleur du processus de maturation) tout en conservant celles des ferments.
Etuvage
Les gousses égouttées et encore chaudes sont placées dans des caisses recouvertes ou capitonnées de couvertures de laine où la température se maintient autour de 50°C et maintenues fermées durant 24 heures. Les gousses " suent " en perdant une bonne partie de son poids en eau et prend une couleur marron chocolat.
Séchage
Puis on dispose les gousses sur des tapis en sisal posés sur des claies en bambou le long des routes, pour être exposées en plein soleil durant une semaine.
Lorsque la vanille est suffisamment "ensoleillée", on la fait séjourner dans un endroit ombragé et aéré pour que son degré d’humidité diminue.
Mise en malle
Le stade du séchage fini, la vanille est conservée dans des malles fermées durant 2 à 3 mois, afin d'affiner le parfum des gousses.
Une surveillance soutenue est de mise pour éviter que la vanille ne se pique, ne prenne des champignons qui la noircissent et détruisent son parfum.
Deux sortes de vanille se distinguent alors: la vanille industrielle et la vanille ménagère, meilleure.
Calibrage et triage
Les gousses ménagères sont triées par taille.
Selon leur catégorie, une botte de gousses de vanille contient 80 à 120 gousses pour un poids de 200 à 450 grammes.
Le triage consiste à écarter les gousses de mauvaises qualité qui seront en principe destinées à l'industries (poudre de vanille, extrait...).
Affinage
La dernière étape de préparation est déterminante car c’est au cours de cet affinage que se révèlent aspect, goût et fragrance.
(Source)
La vanille, devenue une véritable ressource économique, a fait la fortune de riches exploitants. J'ai souvenir d'un reportage qui m'a marquée, lors de l'interview de l'un d'entre eux, qui a choisi de conserver sa modeste maison en falafa où absolument rien ne laissait transparaître l'argent de la vanille, ayant en fait pleinement investi dans les études de ses deux fils.
Pour vivre une expérience parfumée particulièrement originale, la Route de la Vanille reliant Antalaha à Sambava sur un parcours de 90kms, a été récemment rénovée, et mérite le détour. Et tant qu'à profiter de ce parfum unique, idéalement au moment du séchage, soit entre la mi-juin et mi-août.
Rajouté le 10 août: le prix de la vanille remonte la pente
Voyage dans la blogosphère sur Lonely Planet
03 août 2006 à 19:14 |
Blog| Communauté
Mais d'où viennent toutes ces visites sur ce blog provenant de Lonely Planet? Blog n° 16 "L'odyssée de Tattum" est en fait à l'affiche sur le site de Lonely Planet, qui présente en ligne sa sélection de blogs regroupés dans leur fameux guide.
Today is my day :)
Misère et grandeur
01 août 2006 à 23:25 |
Coups de coeur
De l'art d'aménager avec parcimonie une vie bien remplie entre blogging et culture in real life (et le reste): entre les Miscellanées de Mr Schott pour tout savoir sur rien (que c'est bon!) et "Mon nom est Tsotsi", mon dernier coup de coeur, vu la semaine dernière.
Réalisateur: Gavin Hood
Avec: Presley Chweneyagae, Mothusi Magano, Israel Makoe
Film sud-africain produit en 2005
Durée : 1h 34min
Ce film est inspiré d’un livre du célèbre auteur sud-africain Athol Fugard et du film La Cité de Dieu de Fernando Meirelles.
Il raconte les aventures de Tsotsi, un jeune délinquant entouré de trois accolytes, qui commet des crimes pour survivre. Un soir alors que la pression est à son comble, il se retrouve dans une banlieue aisée, sa vie va (re)basculer, un bébé sur les bras. Les tréfonds de ses souvenirs, alors enfouis jusqu'à son identité, ainsi que la fragilité soudaine face à un nourrisson, le mèneront sur le chemin de la rédemption.
Les contrastes radicaux entre brèves scènes de richesse et l'absurde de la misère,
entre violence et générosité sur fond de compassion, déroutent quelque
peu, et ne peuvent laisser indifférent.
Dans le jargon sud-africain, Tsotsi est un terme utilisé pour désigner les délinquants urbains, les voyous des rues ou un membre de gang.
Tsotsi a été tourné à Soweto, un township de
Johannesburg. Le réalisateur a choisi
pour son casting des acteurs du pays, dont Presley
Chweneyagae, qui incarne le rôle principal, interprète remarquable de vérité, ayant lui-même vécu dans une banlieue pauvre.
A noter que Mon nom est Tsotsi a été le lauréat de l'Oscar du meilleur
film étranger de l'année 2005. Il a par ailleurs été récompensé dans
des festivals du monde entier comme celui du Festival du film de
Toronto, Thessaloniki Film Festival, Los Angeles AFI Award, Edinburgh
Film Festival.
La bande originale du film m'a également beaucoup plu, la musique s'apparente au mouvement kwaito,
reflétant la jeunesse "post-aparatheid", très prisée dans les villes d'Afrique du Sud. Et au-delà, jusqu'aux portes d'Antananarivo: personnellement, j'adore! Utilisée dans le but
d'ajouter une note d'authenticité à la vie des guettos, cette musique kwaito
se compose essentiellement de chants scandés en rythme sur des basses
puissantes, sur base de house music.
Madiba style
Des scènes de bidonvilles, de misère, d'enfants qui dorment dans la rue livrés à eux-mêmes, de la population en train de faire la queue à la pompe d'eau publique, la promiscuité, mais également d'entraide malgré le peu qu'on peut avoir, m'ont rappelé dans bien des cas Madagascar...
A suivre.
Version "voyage initiatique"
à 20:36 |
Myself
Peut-on parler de Madagascar face touristique sans considérer la face réalité dite pauvreté ?
Et croyons-nous ne pas l’occulter ou savons-nous réellement ce qu’il en est ?
Mon pays au quotidien, je croyais bien le connaître, campée sur ce que je mettais sur le compte de la lucidité. Ma vie après le bac aurait dû, aurait pu poursuivre sa trajectoire, dossiers d’inscription jaune, orange, ou bleu soigneusement remplis et envoyés. Je ne l’avais même pas envisagée autrement. Mes parents, si. La décision tombe, le bac en poche, euphorie dans l’air et inscription assurée : je dois rester une année, afin de mieux connaître mon pays avant d’aller vadrouiller de par le monde. Le sacre. Enfin non, la gifle !
Mon petit monde s’effondre, moi qui étais persuadée d’avoir toujours eu les pieds sur terre, ainsi qu’une réalité de la vie à peu près correcte... Je pensais avoir fait (hum! basiquement) mes preuves : je savais faire cuire du riz depuis mes 11 ans (donc me nourrir, c’est dire !), je pouvais garder la maison un week-end ou plus lorsque mes parents étaient en déplacement (donc autonome et pas dévastatrice), j’avais parcouru une bonne partie de mon pays lors des vacances scolaires (donc insulaire avertie), j’avais déjà voyagé à l’étranger (donc étendu mes horizons et repères) et pouvais rester seule des journées entières dans un pays où je balbutiais à peine la langue pendant que mes parents travaillaient (donc me débrouiller). Qu’à cela ne tienne…
Que faire durant cette année ? De ma promotion, nous n’étions que quatre à être restés sur place cette année-là : une qui allait accoucher, une qui voulait faire une année sabbatique en parcourant les parcs nationaux de Madagascar, un qui ne pensait qu’à continuer à faire la fête au soleil des tropiques, et moi...
Première constatation : sortie de ma bulle dorée, j’ignorais quoi faire, où m’inscrire, les filières qui existaient à part médecine, droit, économie, etc… Et à priori, une année sabbatique n’était pas concevable pour ma conscience.
Mes autres amis proches étudiaient tous dans un institut en administration d’entreprises (je sais, je résume :) ), domaine qui ne m’intéressait pas. Il me restait la fac, dans une filière où on n’y est généralement pas par hasard ou pour glander, la mort dans l’âme, avec mon océan de préjugés sur la méthode universitaire façon bourrage de crâne.
Ca commence bien : je dois m’inscrire au guichet des étrangers. A la question « ma carte d’identité nationalité ne prévaut-elle pas sur la nationalité de mon baccalauréat ? », la femme au guichet me répond par un regard mi-vide, mi-dépité. J’en essuie une profonde vexation.
Nous sommes trois à patienter au guichet des étrangers : une malgache dans la même situation, que je reconnais de visu pour l’avoir rencontrée dans les salles d’examen, avec qui j’échange spontanément, entre soulagement et ralliement ; et un kenyan qui ne parle pas un mot de français, tout heureux du bien que je garde de son pays.
De l’université d’Antananarivo à Ankatso, je ne connais alors que les terrains de tennis et le terrain de foot où on allait parfois faire du jogging. Je découvre des locaux délabrés, l’éternel bricolage pour au moins pouvoir écrire avec une lueur blafarde, les snacks-gargotes, le monde universitaire.
Les premiers mois ont été un véritable apprentissage puis très vite la révélation que j’ai effectivement encore beaucoup à apprendre de mon pays. J’ai été tour à tour :
- solitaire, ne connaissant strictement personne, tandis que je vois les autres étudiants se reconnaître et former des petits groupes
- maladroite, bien que j’aurais pu prendre certaines réactions pour une atteinte à ma liberté, mais je ne l’ai pas pensé un seul instant. Une de mes grosses gaffes a été d’insister pour qu’on aille un jour déjeuner dans un resto « fast-food » qui me remémorait mes années lycée, situé sur la route de l’université. Je n’ai réalisé qu’au moment de l’addition que le prix d’un hamburger représente en fait la somme d’une semaine de frais de bus pour certains d’entre nous… Après cela, je les ai suivis, en essayant tous les snacks de l’université, où je ne me suis résolue à prendre que du riz cantonnais, et encore du bien huileux riz cantonnais, seul plat qui m’inspire alors. Qu’on ne venait pas m’en proposer le week-end lors des réunions de famille, j’en avais par-dessus le bol et en riais jaune !
- moins pressée, en relativisant et en laissant tomber la voiture pour prendre le mini-bus comme tout le monde. Les Malgaches sont connus pour être des lève-tôt, ce qui est le cas de certains étudiants qui habitent à deux heures de bus pour les plus chanceux, et deux heures à pied pour d’autres, de la fac…
- économe, lorsque je vois autour de moi comment les étudiants économisent au ma-xi-mum leur cahier ou leurs feuilles, usant de stratagèmes pour non-claustrophobes en 2D. Ils quadrillent voire surquadrillent leur feuille, adieu les marges car aucun mm2 n’est épargné, et écrivent le plus petit et le plus serré possible. Je me souviens qu’en cours élémentaire, mes parents me tanaient avec mon écriture en pattes de mouche, si bien que j’ai rapidement adopté une écriture ronde et épanouie. Mais là, impossible de changer mes habitudes de prise de note, sous les regards sidérés de mes voisins de me voir respecter les marges, sauter des lignes et même commencer un nouveau chapitre sur une nouvelle feuille. J’ignore comment ils font, visuellement, c’est abominable, s’il faut déjà se concentrer sur la forme avant d’en saisir le fond, je dis chapeau …
- touchée. Pour beaucoup, la vie est une lutte, un combat et souvent, demain est un autre jour… Une personne m’a particulièrement touchée. Plutôt renfermé, il n’est pas particulièrement loquace. J’ai sympathisé avec lui car ses dessins naturalistes sont tout simplement des chef-d’œuvres. Je lui arrive difficilement à l’épaule (histoire de me grandir un peu) mais j’ai aimé le voir faire, apprendre, échanger des explications sur les cours, etc… Lui n’a que les rizières en face de l’université à traverser pour rentrer. Mais il lit et révise ses cours… à la lueur du poteau électrique en face de sa maison, sous lequel il pose sa tablette le soir. Il n’y a pas d’électricité chez lui, et il ne peut se permettre de consommer trop de bougies, de toute manière pas pratique pour lire des cours quadrillés.
- et admirative, chapeau bas. Admirative pour bon nombre de personnes que j’y ai rencontrées avec d’énormes potentiels et des ambitions, que seul stopperont le manque de moyens ainsi que l’absence d’alternative de s’en sortir au mérite. J’y ai également fait la connaissance d’un génie, un vrai, garanti non OGM (bon mon pseudo humour craint là). A 21 ans, il avait son diplôme de polytechnicien, d’ingénieur agronome et il était en 5è année de math-info. Le tout avec un humour décapant et d’une simplicité exemplaire. Il refusait toutes les bourses d’études pour l’étranger qu’on lui proposait, et continuait tranquillement son étonnant parcours.
Bien sûr je voyais au quotidien les différents échelons de la nécessité à la misère en passant par la pauvreté. Bien sûr que je voyais mon pays tel quel, mais ni indifférente ni impliquée. Mais cette expérience m’a ouvert les yeux de jeune adulte ; pour la première fois, je regardais et non juste voyais, ces réalités que je supputais mais méconnaissais finalement.
Avec les moyens possibles et beaucoup de débrouillardise, cela m’a donné des ailes pour partir découvrir mon pays avec cette nouvelle sensibilité, ce qui m’a valu des rencontres et expériences, en tant que Malgache, inoubliables…
Cela m’a valu par ailleurs d’apprécier les personnes pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils ont (ou n’ont pas), chez lesquelles je retrouve deux traits de caractère, devenus mes fidèles électrons : la simplicité et l’humilité.
Je n’avais pas besoin de traverser les frontières pour ce que je peux ainsi appeler mon voyage initiatique… Merci qui ?














