L'odyssée de Tattum

Odyssée sans frontière pour découvrir Madagascar, une enfant du pays, autrui et ailleurs. 

Poids, idéal et réussite

29 mai 2006 à 21:10 |  Catégorie  Humour

A priori, aucun point commun transcendant entre ces trois termes. Titre qui a failli être: Poids idéal réussi(te). A parler de kilos restant à perdre.
Ce post, inspiré par un article de Les Nouvelles ainsi que par mes observations au pays, ne prétend pas reposer sur de solides arguments, n'étant le fruit d'aucune étude approfondie et pertinente. Vous êtes prévenus.
Dans cet article du 27/04/2006 de Domoina Ratovozanany, je lis:

2,13% des Malgaches sont obèses
Malgré le fait que la plupart des Malgaches souffrent de malnutrition, 2,13% sont estimés trop gros par le ministère de la Santé et du planning familial. La moitié de ces derniers est issue de la couche défavorisée. Cette situation s’explique par le manque d’exercice qui concerne 1,89% des Malgaches. Mais aussi par l’insuffisance de consommation de fruits et la consommation excessive de bonne chère par 17% de la population.

Ma première réaction, si l'on se refère au quotidien et à la réalité du pays, a été de me dire "Tant que ça?", puis de penser "je voudrais bien les voir ces Malgaches de la couche défavorisée obèses". Voir, ne serait-ce qu'un seul, pour croire et comprendre.
Mais il est vrai qu'à Antananarivo, il m'est arrivé plusieurs fois de lancer que les Malgaches semblent avoir grossi depuis quelques années, ou plus justement, la proportion de Malgaches que je trouve gros mais pas encore obèses, avis subjectif en vue, est devenue davantage importante.
Dans les pays occidentaux, j'accorde que les plus touchés sont les plus pauvres, premiers clients de la malbouffe et victimes des effets secondaires, voire primaires!, des produits des (extra) hard-discounts. Quoique l'on ait constaté en 2005, en France du moins, une augmentation de 30% tout de même de la fréquentation des hard-discounts et ce, par les cadres, et d'ouïe, de cadres supérieurs.  Bien qu'il existe un panel de produits dits de bonne qualité dans ces magasins, qui représentent en fait des produits d'appel, il suffit de lire les étiquettes de composition du reste pour se faire peur. La dernière que j'ai lue par curiosité: "raviolis au jambon", dans lesquels il y avait tous les conservateurs et exhausteurs de goûts possibles et imaginables, à peine 3% de jambon, et davantage de chutes de dinde. Hmmmmm! M'enfin, c'est un avis personnel dans une situation de choix possible, étant donné que:
- je ne me résoudrai jamais à brader mon budget alimentaire, auquel est corrolé mon budget santé, pour peu que je ne veuille pas faire partie de ceux qui contribueront à la disparition du système de sécurité sociale jusqu'ici le plus social;
- que je préfère dépenser beaucoup moins voire sacrifier dans le matérialisme et le confort superficiel (bouh pour la télé plasma!), on s'en passe, plutôt manger sainement et avec plaisir;
- et que je me contre-fous bien d'un jour rouler en 4x4 ou autre bolide de riche-vu-de-l'extérieur tout en faisant mes courses dans un hard-discount parce qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre!

Tandis qu'à Antananarivo, j'avancerai que les gros, et les quelques obèses, font davantage partie de la fine frange de population qui gagne bien, voire très bien sa vie, sans qu'il n'existe aucune équation entre le chiffre de la balance et l'importance du porte-feuille, cela va sans dire. Encore heureux, il ne s'agit pas non plus d'une généralité! Et j'avancerai des corps ou secteurs d'activités propices à l'embonpoint, comme la politique, les directions en tout genre, DG, Directeur e!, et... les business-men! Mpi-bizina en malgache.

Mais comment je définis "gros" déjà? On peut faire ça strict, selon:
- La formule de Lorentz:
poids(kg) = taille (cm) - 100 - [(taille (cm) - 150)/4 si homme ou 2.5 si femme]
avec un intervalle de +/- 10% pour la charpente osseuse et si intervalle de +20% (surpoids) et -20% (maigreur)

- ou encore selon l'IMC (Indice de Masse Corporelle):
IMC = P(kg)/ T2 (m) avec IMC normal = 22kg/m2 et selon une fourchette entre 18.5 et 24.9kg/m2
Soit si l'on mesure 1.60m, P = 22* 1.602 = 56.32kg idéalement. A vos calculatrices!

Personnellement, je ne me réfère ni à l'un ni à toute autre formule, uniquement à mon miroir et mon bien-être!
Sinon, par flemme de me lancer dans une description détachée, on peut prendre un exemple, pour ne pas dire référence, histoire de se mettre d' accord en notion de gros et d'obèses. Vous avez pensé... Américains?! Bon, moi aussi, difficile de penser à un autre "meilleur" exemple, même si j'entends bien ne pointer aucun doigt discriminateur envers les gros. Bon, disons en reflet dans un miroir convexe pour les Malgaches.

Je disais donc que parmi les mpi-bizina (business men), beaucoup se portent gros. Dans la vie, ils achètent et revendent, effectuent des transactions diverses, allant des téléphones portables aux produits de première nécessité, du matériel informatique aux voitures d'occasion, et le marché potentiel est en éternelle prospection. Ca m'amuse quelque part de les observer. J'ai l'impression qu'on devine combien leurs affaires sont florissantes à leur tour de taille: plus c'est grand, mieux ça gagne, donc mieux marchent les affaires. Dans un sens comme dans l'autre, plus on gagne, plus on mange, et plus on est fier de le montrer... A croire que le poids y finisse comme un signe extérieur de richesse!

Ce qui m'amuse également, ce sont leurs rapports avec les femmes. Dans la grande majorité, elles sont tenues de rester fines, élancées, mignonnes voire belles, de parfaites femmes... Tout comme elles se devraient être de parfaites maîtresses et de parfaites mères. Cet idéal, unilatéral ?, qui veut à la fois tout et rien dire...
A ces propos entendus:
"J'aime bien l'emmener avec moi, elle est agréable à regarder, et agréable à parler". A qui profite le crime compliment au juste?
Si j'étais un homme et si j'avais une femme/petite amie, je dirais d'elle: "elle est charmante et plutôt sociable". Et si je me glissais dans la peau d'un homme, pour une journée? En voilà une idée!
 



Je reprendrai bien un peu de rêve

28 mai 2006 à 22:18 |  Catégorie  Ohabolana| Proverbes

"Le plaisir peut s'appuyer sur l'illusion, mais le bonheur repose sur la réalité." (Chamfort)

"Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité." (Saint-Exupéry)

"À quoi rêve-t-on le plus souvent? À la réalité que l'on vivrait, si l'on s'en donnait la peine."

"Fasse que ton rêve dévore ta vie afin que ta vie ne dévore pas ton rêve."

"Le rêveur devient homme d'action lorsque par sa volonté et son courage il est capable de réaliser ses rêves les plus audacieux."
(Antoine de Saint-Exupéry - Terre des Hommes)

"Si l’on veut voir ses rêves se réaliser, le mieux est de se réveiller."

Sur l'île Sainte-Marie

23 mai 2006 à 12:03 |  Catégorie  Odyssée

Je reprendrai bien un peu de rêve...
Comment dire... C'était trop dur... Trop dur de rentrer de ce paradis tropical!

Ile aux Nattes   Dans mon élément, effet subaquatique assuré!

Nosy Boraha ou Sainte-Marie, s'étend parallèlement à la côte Est à une dizaine de kilomètres au large de Soanierao-Ivongo. L'île se déroule tout en longueur sur 60 km, et sur une largeur de 6km, cernée par une barrière de corail. Le lagon ainsi formé apparaît comme un véritable écrin azuré, propice à la plongée sous-marine. Je me retrouve ainsi dans mon élément, que demander de plus?!
Les habitants sont d'une cordialité et d'une serviabilité exemplaire. Je n'ai jamais dit autant de fois bonjour en une journée, que ce soit les hommes, les femmes ou les enfants. Ils sont très prévenants, espérons que cette spontanéité perdure avec le tourisme en plein dévelopement, et par pure sympathie, vous hèlent pour vous conseiller les lieux à visiter, pas nécessairement des coins hyper-touristiques, mais les bons plans de locaux. C'est ainsi qu'un homme nous conseille vivement de davantage nous rendre sur la côte Est de l'île, plus sauvage, et encore plus belle et que nous n'avons pas cherché à visiter le cimetière des Pirates, probablement le site le plus connu de Sainte-Marie. En effet, l'histoire de Sainte-Marie fut liée à celle des pirates, dont les plus célèbres: William Kidd l'écossais, Thomas Tew l'Américain ou encore Thomas White l'Anglais. Dès 1680, ils en avaient fait leur port d'attache et leur base pour écumer l'Océan Indien. Pour en savoir plus sur les pirates de Sainte-Marie.

Au bord de la plageL'ensemble de ses infrastructures hôtelières a préservé une certaine harmonie dans le cadre général de ce décor tropical, ce qui en fait un des charmes de Sainte-marie. Les hôtels sont disséminés tout au long des criques et des baies de la côte Ouest, plus rares sur la côte Est, et sont pour la plupart des bungalows conviviaux, répondant à l'esthétisme au naturel, profitant largement des ressources végétales locales.
Cela me rappelle Nosy-Be dans les années début 90, qui depuis a subi des dégâts avec un littoral de plus en plus grignoté et bétonné, une urbanisation anarchique, ainsi que les effets pervers liés au tourisme à tendance de masse depuis une dizaine d'années. Espérons que Sainte-Marie s'en protège et préserve son cachet authentique, bien qu'elle soit déjà moins sauvage selon ceux qui l'ont connue auparavant. Il en va de la contribution de chacun.

Traversée de l'Océan Indien
Mes parents m'ont rejointe à Toamasina, tandis que Tonnum s'est envolé pour Sainte-Marie avec un jour d'avance, pour raison pratique. Après une agréable soirée à Toamasina, qui est devenue très calme à mon goût, - il semble loin le temps où le Boulevard Joffre était très animé en soirée (d'ailleurs, je n'ai revu aucun de mes copains d'antan) -, mais demeurant une bonne adresse pour les soupes chinoises, nous ne tardons pas, le réveil sera matinal. A 6h15, nous arrivons bien à l'agence qui va assurer notre transfert pour Sainte-Marie, d'abord en car puis en vedette. Il s 'agit d'une compagnie asez récente, et leur bateau semble fiable. La journée commence bien: on s'engueule avec les tireurs de pousse-pousse qui à l'arrivée, ne sont plus d'accord avec les prix convenus au départ. Puis on nous annonce qu'il n'y a pas de petit-déjeûner, qui devait être offert, inclus dans le tarif. Avec une pointe certaine de déformation professionnelle, j'ai du mal à comprendre que l'agent en place ce matin-là ne soit pas en mesure d'expliquer pourquoi le service n'est pas assuré comme prévu, et qu'absolument rien ne soit proposé pour y pallier. Un détail près me diriez-vous, mais à partir du moment où je paie, que ce soit un produit ou un service, je deviens une cliente tr-ès exigeante. C'est la différence que j'entends distinguer par rapport à la démerde ou à l'improvisation ou encore à l'aventure. Il ne reste plus qu'à patienter trois bonnes heures, le temps nécessaire pour se rendre à Soanierano-Ivongo où a lieu l'embarquement. Peut-être n'aurais-je pas été contrariée d'aussi bon matin, que je n'aurais pas relevé que le car qui nous y a emmené, un taxi-brousse repeint (de l'extérieur), avec les même banquettes aussi serrées et inconfortables (mais on est bien à Madagascar, j'accorde), n'avait rien de contractuel avec l'affiche de l'agence. sur l'Océan IndienEnfin... Notons juste que le tarif préférentiel pour les habitants de Toamasina et de Sainte-Marie est très intéressant: 20 000Ar le transfert.
Direction Soanierano-Ivongo donc, au Nord du port, en passant par Foulpointe, une station balnéaire prisée par les Tananariviens, Mahambo qui me rappelle de bonnes vacances, et Fénérive-Est, vivant la sensation d'un pont flottant au passage, en attendant la reconstruction de celui-ci.
Au lieu d'embarquement, situé derrière le marché en effervescence de Soanierano-Ivongo, le chargement se fait assez rapidement. La vedette semble de construction récente, bien entretenue en tout cas. Nous nous installons à raison de trois par banquette, gilet de sauvetage obligatoire, le grand confort! Mes parents et moi naviguons pour la première fois sur l'Océan Indien, particulièrement calme en ce jour. La traversée dure 50 minutes.

Ambodifototra
Ambodifototra est le chef-lieu de l'île. Il s'agit d' un petit port installé à l'entrée d'une baie de la côte Ouest. Au sud de la bourgade, s'élève la plus ancienne église catholique malgache, datant de 1859. On y trouve les principaux services, administratifs (banques, poste...) et touristiques (agences diverses, locations).

Nord et Est
La criqueNous louerons d'ailleurs un scooter pour visiter la partie accessible vers le Nord de l'île, jusqu'à la baie de Lokintsy (Hôtel La Crique). Au-delà, la route est dans un tel état, très accidentée et rocailleuse, qu'on préfèrerait volontiers continuer par la voie marine... Une chouette balade au vent, à la rencontre de la population.
Nous nous risquerons également sur les pistes boueuses vers l'Est, toujours en scooter, suivant et observant de près le taxi qu'ont pris mes parents, selon qu'il s'enfonce beaucoup ou pas dans les nids de poule inondés, histoire d'éviter d'y patauger jusqu'aux genoux. crabe à l'entonnoirLa côte Est demeure plus sauvage, avec beaucoup moins d'infrastructures, et le lagon y est vraiment magnifique. Une journée de farniente absolu en perspective, dans un cadre de rêve, à siroter l'apéro les pieds dans l'eau, à déguster de délicieux plats de fruits de mer, et à se prélasser dans une eau aussi transparente que chaude. C'est dégueulasse, hein? C'est aussi ce que je me dis en y repensant!

ponton pour le paradis bleu vive l'apéro le lagon

L'île aux Nattes
Sainte-Marie vue de l'île aux NattesL'île aux Nattes est un ilôt exquis à une vingtaine de minutes en pirogue au Sud de Sainte-Marie. L'eau est d'une clareté saisissante et les panels de couleurs entre les eaux turquoises du lagon et le bleu intense de la haute mer qui se fracasse sur la barrière récifale sont d'une beauté fascinante.
Nous y avons essentiellement séjourné, où nous avons loué des bungalows privés. Ca fait du bien de sortir des hôtels où l'on a l'impression de vivre en sursie du pays, et de profiter maintenant d'avoir son propre rythme, d'être davantage en contact avec les habitants, et de pouvoir décider de ce que l'on va manger. L'électricité fonctionne également grâce à un groupe électrogène, toujours allumé que le soir. Nous avons le luxe de disposer d'un frigo, alimenté avec une bouteille de gaz, c'est la première fois que je vois cela.
Mais les touristes étant rares en cette saison, les vendeurs de souvenirs nous ont très rapidement repérés, et commencent leur défilé. En effet, nous faisons partie des quelques fous venus s'aventurer sur la côte Est, devant le danger et les cas (mortels pour certains) de dengue (ou chikungunya?) connus à Toamasina. Mais la preuve, en ayant pris nos précautions, moyennant trois flacons d'anti-moustiques, une boîte de spirales anti-moustique, les moustiquaires, les médicaments en prévention du paludisme, les vêtements longs en soirée, et un médicament théoriquement anti-chikungunya (si la maladie est déclarée) à base d'huile essentielle (peut-être un placebo, rassuré d'avoir un médicament à portée de main?), nous sommes toujours là, sains et saufs! Bon, la question s'est posée, "y aller ou annuler?"avec les nombreux cas de malades en mars dernier, mais je ne voulais pas tomber dans la psychose. D'ailleurs, lors des crises suite aux cas de grippe aviaire, nous avons fait partie de ceux qui ont continué à consommer du poulet: non à la psychose et à la manipulation médiatique. Pas de pure inconscience non plus, ces précautions sont de rigueur à l'année de toute manière, sans pour autant tomber dans la paranoïa.

Côté culinaire
rougets grillésLa vie dans ce pur cliché de carte postale est bien entendu on ne peut plus agréable. La météo a été avec nous, il pleut essentiellement la nuit ou à l'aube, le soleil et le ciel bleu assuré la journée. Impossible de faire la grasse matinée, tant le jour se lève tôt et la température vite agréable, atteignant tout de même les 28°C à midi. Un peu chaud pour un mois d'avril,  mais la planète se réchauffe en toute place, en tout lieu... Avant d'aller se baigner, on part acheter le poisson. On trouve du poisson-perroquet, des demoiselles, toujours présents au niveau des récifs coralliens, des rougets également, à notre plus grande joie, parfois incomprise devant l'air blasé des Saint-Mariens qui saturent de toujours manger ces mêmes poissons. 10 000Ar (environ 4€) le kilo, pesé "à la louche", soit facilement le 1.5kg. Tandis que les perroquets sont cuisinés au coco, un pur délice, encore mieux que le poulet au coco je dirai, les rougets sont grillés, en empruntant le grill de l'hôtel d'à côté.
soanambo ou fruit à painEn accompagnement, nous découvrons le soanambo ou fruit à pain tiré de l'anglais breadfruit, dont c'est justement la saison. Se rapprochant du jacquier mais de forme ronde, le fruit de l'arbre à pain possède une texture farineuse comme la pomme de terre et son goût rappelle celui de la patate douce. La récolte s'effectue tôt le matin avant la forte chaleur de la journée. Le fruit ne doit jamais tomber sur le sol. Nous le dégusterons frit, en fines lamelles. fruit à pain fritC'est meilleur que des frites, d'autant qu'il n'absorbe pas l'huile comme la pomme de terre. Délicieux et en plus, davantage diététique! Nous en avons mangé quasiment tous les jours, et même de retour à la capitale, où nous en avons trouvé au marché.
Le jardin étant bordé de cocotiers,la plage en général, on décide de préparer des bonbons coco avec la femme du gardien de la propriété. Recette illustrée à venir.
viva la THB, sur la plage encore mieux!Nous avons amené le reste des provisions, mais je suppose que faire les courses à Sainte-Marie doit revenir assez chère, bien que probablement moins qu'à Nosy-Be. Nous nous sommes juste approvisionnés en THB bien entendu, même mes parents en ont bu à chaque repas, et en fruits. Tonnum apprécie particulièrement les ramboutans, qu'on appelle letchis sinoa (chinois) à Madagascar, ou encore le chérimole ou "coeur de boeuf".
Nous avons par ailleurs commandé un punch au coco fait maison. La dame s'est vantée que les hôtels se ressourcent tous chez elle, mais elle a dû être bon commercial, car son punch n'a pas été buvable de la moindre goutte! Dans une vieille bouteille de pastis, ça sent davantage l'anis que le coco, et la proportion rhum-lait de coco, varie au fil des heures au frigo, passant de 50% d'alcool - 50% de lait à 80%-20% . Il a fini vidé. Dommage.

L'envers du décor
vue de l'enversToujours avec la femme du gardien, nous sommes allés faire de menues courses dans le village principal. Nous longeons toute la façade Ouest où poussent les hôtels, de plus en plus nombreux mais s'efforçant de préserver le cadre, suivant des sentiers entretenus. Puis au-delà du dernier hôtel, le décor change du tout au tout. Le sentier devient boueux, où traînent des ordures par endroits. Arrivés au village, les habitants nous regardent d'un oeil presque étonné de nous voir là, les touristes ne s'aventurent-ils jamais par ici? Il est certain qu'ici, on n'est plus vraiment dans la carte postale pour touristes. On retrouve des petites cases exigües, un peu les unes sur les autres. Par-ci, par là, des étals  où l'on vend quelques fruits et légumes à la place des artisanats pour souvenirs. Plus loin, un homme titube tant bien que mal, il a très certainement abusé sur la bouteille de rhum. Dans une épicerie, une jeune femme achète de l'huile en fonction de ce que lui permet sa monnaie, et non au litre ou au demi-litre. Alors en voyant ces scènes, par moment de misère, je me demande tout d'un coup à qui profite la manne touristique en plein développement? Uniquement à ces investisseurs, tous étrangers? Certes une activité hôtelière doit générer des emplois, une cinquantaine pour les grandes infrastructures. Mais on n'a vraiment pas l'impression en se rendant ici, que cela profite à la population locale... A moins que celle-ci préfère unanimement vivre dans ces très modestes conditions, je me permets d'en douter...
On entend un grand brouhaha ainsi que de la musique à plein volume vers le fond du village. Par curiosité, nous allons voir. Il s'agit d' un bal-kermesse. Tandis que ma mère fait les provisions en oranges, deux petites filles s'approchent de nous, vêtues de leurs habits du dimanche, l'une en robe orange fluo et l'autre en robe blanche, adorables: "Bonjour!".
"Bonjour"
"Bonbons?", poursuivent-elles, tout sourire.
"On n'a pas de bonbons. Vous savez que ce n'est pas pour les dents les bonbons, ça les abîme".
Les touristes croyant faire plaisir à offrir des bonbons à des enfants ne font que contribuer à leurs caries dans des lieux où n'existe aucun dentiste. Car à raison de quelques bonbons multipliés par le nombre de touristes qui pervertissent leur rencontre, cela peut faire beaucoup de caries... Mais elles restent là, attendant poliment, toujours avec le sourire. Je prends alors une orange et Tonnum une autre, et nous les offrons aux deux petites filles. Sur le moment, j'ai cru que cela n'allait pas les intéresser, mais elles ont accepté avec joie. La lueur dans leurs yeux en témoignent, elles poussent même des exclamations de joie, et nous remercient grandement. Devant une telle scène, on avait brusquement l'impression de les avoir offert leur cadeau de Noël... Un moment très émouvant... Des oranges, j'allais dire ce ne sont "que" des oranges... Il reste encore beaucoup d'efforts à fournir afin de structurer le tourisme et ses enjeux, notamment lorsqu'on communique beaucoup en matière d'écotourisme et de développement durable, qui ne prendront leur sens, outre que purement marketing, que dans des réalisations de faits...  Elles reviennent entourées de camarades, toutes demandeuses d'oranges! Mais il a fallu mettre le hola, on ne pouvait pas donner une orange à chaque enfant du village, d'autant que l'étal entier n'aurait pas suffi.

Côté plongée
Tattum palméeLes spots de plongée sont nombreuses à Sainte-Marie. Voir tous les sites de plongée.
Mais ma passion étant contagieuse, Tonnum décide de m'accompagner, mais uniquement en snorkelling. Pas de bouteilles en club donc, uniquement avec notre équipement de masques, palmes et tuba. Nous nous sommes faits plaisir le long de la barrière de corail devant nos bungalows, au gré des marées. Le platier est assez abîmé, mais il demeure des rencontres sympathiques avec les poissons de coraux, toujours aussi colorés, dont de nombreux poissons-chirurgiens, et quelques bénitiers. Cela devient plus intéressant juste après la barrière récifale, mais pas toujours possible en fonction des marées.
J'ai ainsi achevé de prendre des couleurs, de bronzer pour les deux années à venir sans déteindre même nue dans la neige (!),  avec autant d'heures passées dans l'eau!

Le temps du retour
Air MadagascarToute bonne chose a une fin. Quelque part, ce n'est pas plus mal, on appréciera ainsi que mieux encore. Un piroguier vient nous chercher aux bungalows, à 6h du matin. Il s'appelle Leva, et son plus grand rêve, c'est d'un jour prendre l'avion pour Antananarivo, et découvrir la capitale. Il rêve tellement d'avion qu'il décide de nous raccompagner jusqu'à l'aéroport, chose qu'il fait dès qu'il peut. Je ne lui ai pas parlé de mes rêves... Peut-être les aurait-il trouvés indécents? Mais de toute manière, je ne parle jamais de mes rêves. Si c'est le cas, c'est qu'il est secondaire, soit réalisé... Et combien même j'en réaliserais de ce qui me reste, pas grand monde le saura dans mon entourage...
Le temps est orageux, le ciel très chargé mais la pluie nous épargnera pour ce dernier matin sur Sainte-Marie.
Nous achetons finalement une bouteille de punch au coco, c'est la revanche pour la première bouteille ratée, et histoire de ramener un rayon de soleil local pour ma soeur.
Un dernier coucou à Leva, qui a tout de même pris l'adresse de mes parents si un jour il réalise son rêve, ce que je lui souhaite vraiment, et l'avion s'envole survolant une dernière fois l'île aux Nattes.

Le reste du séjour se fera à Antananarivo, que l'on profite tout de même de ma ville natale, jusque-là juste traversée en vitesse.

Sur le Canal des Pangalanes

18 mai 2006 à 21:37 |  Catégorie  Odyssée

C'est la première fois que je parcours le Canal des Pangalanes en longueur. Il faut dire qu'avant ce voyage, je n'avais pas de réelle idée du mode de locomotion possible pour le découvrir, où et qui contacter, ni des tarifs. En fait, j'ignore si je l'aurais envisagé ainsi si je n'avais pas organisé ce circuit dans mon propre pays. J'y ai jusque-là pataugé, et même appris à nager au niveau d'Ambila-Lemaintso, puis plus tard à Manambato.

Manambato justement. Nous quittons la route goudronnée à Brickaville pour la piste d'environ 7km. Une piste en mauvais état, et Daddy est soulagé qu'il ne pleuve pas, autrement, il aurait été difficile voire impossible de monter une pente plutôt raide qui aurait été un véritable et dangereux toboggan en cas de piste mouillée.
L'hotel nous a préparé un bungalow juste en bord de plage, mais nous avons dû en changer: ils avaient allumé la lumière, toutes fenêtres ouvertes, un bungalow devenu le lumineux Las Vegas pour moustiques et insectes en tout genre! Le dîner nous attend également. On apprendra en fait que l'hotel fonctionne avec un groupe électrogène allumé de 18h à 22h30, et que par souci de logistique, on ne peut commander les plats qu'on veut, mais un menu est proposé à chaque repas. Soit. Une soupe en entrée par 24°C toutes lucioles clignotant, ça réchauffe! Tonnum la tente, son estomac aura moyennement apprécié.
La nuit a été courte, j'ai du mal à dormir, entre l'odeur d'enfermé dont je suis allergique, et tout un tas de bestioles apparemment habitués à occuper les lieux, ne se gênant pas pour bouger, manger et que sais-je encore. Si j'avais un sac de couchage, j'aurais été tentée de finir la nuit sur la plage! Aussi à 5h30, je suis déjà dehors, à me promener le long du lac Rasoabe. Le ciel est très chargé, orageux, mais je profite de l'accalmie, bientôt rejointe par Tonnum. Enfants à la tâcheLa plage est quasi déserte, à l'exception d'un homme qui nettoie la plage, et plus loin, une mère et ses deux enfants en train de faire la lessive et vider des tilapias, côte à côte. La dernière fois que je suis venue à Manambato, on avait campé 4 jours sur cette plage, avec le club de trekking dont j'étais membre, séjour dont je garde de chers souvenirs. Cette fois-ci, le lieu semble sans vie, toutes les maisons secondaires appartenant à des familles aisées de la capitale ou de Toamasina sont closes, et les hotels semblent vides. Enfin, à 6h du matin, ça peut paraître normal! 

             Manambato - Lac Rasoabe

On décide de faire un tour dans le village, histoire d'être en contact avec les gens. On en profite pour acheter des paquets de biscuits dans une épicerie. Je réalise alors que je n'ai plus aucune idée de combien coûtent les choses actuellement, c'est très destabilisant d'autant que je n'aurais jamais cru que ça m'arriverait. Mais trois années d'absence suffisent de toute évidence... Je réalise ma maladresse de demander le prix à la mine étonnée de l'épicier, qui a mis quelques secondes pour me répondre. J'espère qu'il n'a pas gonflé le prix, question de principe. Mais ça n'a pas été le cas, on rachètera le même paquet à Toamasina au même prix.
Nous rentrons juste à temps, une bonne pluie bien drue caractéristique de la côte Est éclate. Tonnum est étonné par la force de celle-ci. Elle durera trois bonnes heures, ce qui nous laisse le temps de petit-déjeûner, bouquiner pour Tonnum et écrire un peu pour ma part, et de discuter avec le patron de l'hôtel. Celui-ci nous fait part de la difficulté de la logistique en abscence d'électricité, la flambée des carburants n'aidant pour le fonctionnement obligatoirement limité du groupe électrogène. Une navette doit se rendre à Brickaville deux fois par jour pour chercher les vivres de chaque repas. Il évoque également la difficulté de la gérance de son hôtel, étant pour lui une seconde activité, car il vit à Antananarivo. Après plusieurs expériences infructueuses, avec des nationaux et des vazaha, il doit tout gérer lui-même, ce qui n'est pas chose simple à raison de quelques jours de présence par mois. ManambatoCela s'en ressent quelque peu dans la tenue de l'hotel. Mais il est certain que devant le développement du tourisme et un marché qui va devenir de plus en plus concurrentiel, la démarche de répondre à une charte qualité de la part des hôtels semble incontournable. Moyennant encore beaucoup d'efforts et d'aménagement, selon des sens de priorités qui mériteraient probablement d'être revus. Vers 11h, le soleil revient, éclatant. J'en profite pour me baigner, Tonnum préférant continuer à lire. cet immense lac pour moi toute seule, je m'y suis sentie bien petite!

Nous quittons Manambato pour quelques jours à Akanin'ny Nofy. La vedette est ponctuelle. Nous avons de la chance, nous allons être les seuls passagers avec le conducteur et un guide, pour une dizaines de places.

Le Canal des Pangalanes
Nous quittons le lac Rasoabe et traversons le lac Rasamasay. Pour la petite histoire,
le long de la côte Est se succèdent sur près de 665 Km, une multitude de lacs et de lagunes naturelles, séparés de l'Océan Indien par une mince frange de terre (de Tamatave au Nord, à Farafangana au Sud). Des aménagements ont permis de lier ces cours d'eau entre eux, et surtout de rendre cette voie navigable aux péniches et chalands, assurant ainsi une navigation en sécurité.
Le canal des Pangalanes répond aux besoins commerciaux le long de la côte Est, avec le transport de nombreux produits grâce aux ports fluviaux aménagés dans la plupart des villes traversées. Réhabilité à la fin des années 1980, le canal est navigable sur un tronçon d'un peu plus de 430 Km, de la gare fluviale de Tamatave à celle de Mananjary.


Oreilles d'éléphant Points kilométriques : le canal est balisé par des "PK" tous les dix kilomètres.
PK 0 Tamatave
PK 60 Akanin'Ny Nofy
PK 90 Ambila Lemaitso
PK 101 Andevoranto
PK 155 Vatomandry
PK 228 Mahanoro
PK 341 Nosy Varika
PK 433 Mananjary.
Source: Madagascar, le guide.


Canal des PangalanesLe Canal des Pangalanes est un milieu unique, reliant un chapelet de lacs, de lagunes et de rivières. On est bien sur la côte Est, mais le décor est d'une autre beauté, le long de cette artère liquide aux nervures tantôt d'un vert profond, tantôt bleutées, entourée d'une végétation luxuriante. Un miroir aquatique bordé de Pandanus, de bosquets d' "oreilles d'éléphant" (Typhonodorum lindleyanum ou Alocasia macrorrhiza?), et de majestueux ravinala. Nous croisons des pirogues de pêcheurs, silencieuses comparées au boucan que fait le moteur de notre bateau, un homme chargeant du bois sur une plate toute rouillée, et des villages épars et isolés dans ce cadre.

Pêcheur Pandanus Chargement de bois

Une épave également, probablement là depuis quelques dizaines d'années.
La population vit essentiellement du commerce de produits locaux (bois, frits et légumes, charbon de bois, etc...) ainsi que de la pêche. A chaque rétrécissement de la voie, au passage d'un lac à une lagune, on peut observer des passes à poissons, faites de roseaux et en bois, en forme de V au fond desquelles se font piéger les poissons.

Epave Passe à poisson Oreilles d'éléphant

Lac AmpitabeAkanin'ny Nofy
Après une heure de trajet, nous arrivons sur le lac Ampitabe où se niche Akanin'ny Nofy, qui porte bien son nom de "nid de rêve". Notre hotel se trouve sur la presqu'île qui renferme également la réserve privée Le Palmarium. Le bateau s'amarre au niveau d'un long ponton en bois, l'accueil est sympathique, avec le cocktail de bienvenue. A peine avons-nous monté les marches qui conduisent au jardin de l'hotel que nous pouvons apercevoir un couple de Varis (Vari variegata), vautrés à proprement parler sur leur branche. Quant au jardin, il est magnifique, surtout baignant dans la lumière du jour descendant, avec diverses variétés de palmiers, au milieu des ravinala toujours, de plantes xérophytes comme les Aloe, d'orchidées, d'acacias de différents coloris. Vraiment charmant. bungalowTout comme le bungalow, la vue surplombant le lac, avec un hamac et un salon en bambou extérieur en terrasse et un intérieur clair et spacieux. On est charmé.
L'hotel fonctionne également au groupe électrogène, et les repas sont à heure fixe: le déjeûner à 12h, et le dîner à 19h, toujours avec des menus uniques. Gloups! On va faire avec, tant pis pour la flexibilité des horaires en vacances. Les affaires posées, nous partons dans la forêt située derrière l'hotel, faisant attention de ne pas sortir des sentiers balisés dans ce lieu que l'on découvre juste. C'est un avant-goût de la visite prévue en groupe.

Vari variegataLe petit-déjeûner a été à la fois surprenant et magique. Ne voulant pas rester enfermés, Tonnum et moi décidons de nous installer à une table extérieure. Nous voici bientôt approchés par un, puis deux, puis jusqu'à une dizaine de lémuriens, perchés  sur leurs branches, attendant, on le saura plus tard, leur friandise de bananes quotidien. Un lemur vari, un jeune encore fou fou, a décidé qu'il voulait jouer. Premier contact de Tonnum, avec une agréable surprise lors de la préhension des petits doigts à coussinets et une légère inquiétude vite passée lorsque le prosimien le mordille doucement. Mais il joue, pas d'inquiétude à avoir.
OrchidéeLa visite a été riche et intéressante. Le maître des lieux et non moins guide, est particulièrement fort pour dénicher la moindre minuscule grenouille dans un milieu ombragé dans lequel elle se confond parfaitement, pour imiter les cris de l'Indri-indri ainsi que du sifaka pour les attirer, ou pour expliquer la magie des plantes épiphytes (ça m'intéresse davantage), ou encore pour trouver des orchidées rares et singulières (pléonasme?). Je fais la connaissance d'un guide, Hery. Son fils de 4ans, adorable et très bavard, l'accompagne avec son groupe de visiteurs, avec qui on effectue également le tour de la réserve. A la phrase "j'ai beaucoup voyagé", je suis toujours tentée de répondre "Je m'en fous, ça ne change rien à ma vie", mais ça a été son intro pour un échange fort sympathique. Il adore son métier qu'il pratique depuis maintenant dix ans, ce qui lui a permis de faire 4 fois le tour complet de Madagascar. Le pied! Il préfère notamment travailler avec des groupes de scientifiques, mais garde de très bons souvenirs de chaque région, quelque soit le contexte. Je suis loin d'avoir fait le tour de la Grande Ile, mais j'ai apprécié échanger avec lui, sur les endroits que je connais, ce qui nous y a marqué, comment ça a évolué depuis, etc... J'ai gardé ses coordonnées, pour un projet de voyage que j'ai sur la côte Ouest cette fois de l'île. Ces personnes ont toujours de précieux conseils pratiques.
Voir l'album Faune et Flore.

Akanin'ny Nofy On peut également se baigner dans le lac, l'eau doit faire au moins 28°C! Histoire de s'amuser, on a enfilé nos masques, palmes et tuba, à nager après les quelques pauvres poissons autour du ponton. Le soir de la pleine lune, j'ai voulu l'admirer, allongée sur le ponton. J'aime beaucoup les pleines lunes, surtout au bord de l'eau ainsi. Bien que je ne pense pas faire partie de ces personnes influencées de près par les mouvements lunaires, c'est un spectacle que je ne rate jamais lorsque le cadre s'y prête. Le bruit du léger clapotis de l'eau, la lumière bleutée reflétant sur l'eau, le contraste des couleurs sombres et claires de la lune, et la quiétude ambiante... La scène idéale pour laisser libre cours à ses réflexions, et ses rêves... Dire que je suis une grande rêveuse, je le suis, mes rêves m'aident à avancer; dire qu'il faut garder les pieds sur terre, je les ai ancrés trois lieux sous terre. Et la tête dans la lune. C'est toute l'histoire de ma vie...

Un séjour bien agréable, idéal pour se ressourcer dans un cadre paisible, et on s'adapte aux horaires fixés.
Seul bémol: n'ayez pas la bonne idée de vous retrouver les seuls clients restants, car par souci d'économies probablement, les lumières peuvent être allumées avec beaucoup de retard, 1h30, et on a le temps de se repasser les idées dans le noir!
Egalement, le cafouillage par ce qu'on entend par "prix par groupe". Mathématiquement, si on est un groupe de 10, certes formé de 3 entités, mais le tout formant bien le groupe de 10, et que le prix de visite par groupe est de 10 000Ar, logiquement, cela revient à 1000Ar par personne, non? Alors j'ai dû avoir des troubles de calcul en me rendant compte que chaque entité a été facturée de 10 000Ar... Ce n'est "que" 4€, mais la transparence, maître-mot..
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Eboulement sur le Canal des PangalanesPuis de nouveau sur le Canal des Pangalanes, direction Toamasina pour un trajet de 3h. Le cadre demeure aussi unique, on croise davantage de pêcheurs, divers bateaux chargés de produits prêts à être commercialisés à Toamasina, plus de villages. Ca fait du bien, ça nous a manqué durant ces quelques jours au sein du nid. Peu avant le port fluvial, suite à un affaissement au niveau d'un barrage, le canal a été comblé par le sable. On retrouve alors les scènes telles qu'elles devaient être avant les travaux d'aménagement de 1901. Tout le monde débarque, puis on dépose toutes les marchandises au niveau de la berge, pousse l'embarcation de l'autre côté de l'éboulement, ramène le chargement, et l'on remet le tout sur le bateau. Un travail de fourmis, mais obligatoire, et personne ne rechigne. C'est aussi ça, Madagascar!

Pêcheur Village Pêcheur

Végétation Nasse à crevettes Pêcheur

Au Parc National Andasibe-Mantadia ::part 2::

16 mai 2006 à 12:26 |  Catégorie  Odyssée

Part 1
Au Parc National Mantadia

Le rendez-vous est pris avec Norbert au Buffet de la Gare, après le déjeuner, pour la suite de la visite au Parc Mantadia.
Daddy nous stresse un peu sur les délais, nous devons arriver le soir-même à Manambato avant la nuit noire. C'est le genre de planning que je n'aime pas dans les calendriers arrêtés lorsque je voyage, cela empêche de profiter au rythme naturel des visites. Il faudra donc faire avec cette contrainte. On récupère Norbert comme prévu, qui est allé se changer, en vélo. Quelques instants après être rentré dans la voiture, il nous annonce:
"Ca fera 10 000Ar pour cette visite"
"Comment ça? On a convenu 8000Ar."
"Oui mais ça c'était pour Andasibe, là c'est 10 000Ar."
"Mais on n'a pas convenu ça. Tu nous as bien entendu qu'on faisait et Analamazaotra et Mantadia quand tu as annoncé ton prix ce matin."
"Bon, je vous le fais à 8000Ar alors."
La parfaite situation pour m'énerver au possible. Il n'y a rien qui m'insupporte plus que de me faire arnaquer, de me prendre pour une poire. Ne me gênant plus pour prendre aucune pince, je demande de but en blanc à Daddy si la pratique est normale.
Celui-ci, gêné, me répond qu'il y a effectivement deux droits de guidage. Ce foutu guide s'est bien gardé de nous le dire. Il a le toupet de rajouter:
"Mais je me déplace pour vous faire la visite."
"Et puis quoi encore, c'est nous qui t'emmenons, dans notre voiture, tu ne vas pas me dire que ça t'épuise ou que tu paies en plus le carburant!"
Ca m'énerve, et quand je suis énervée, cela se voit, et se comprend. Gros moment de tension dans la voiture. J'envisage un instant de le planter là et de continuer seuls, ou de rebrousser chemin... Mais Tonnum voulait voir les cascades, et moi également à vrai dire.
circuit RianasoaNous nous arrêtons au milieu de nulle part, devant un panneau indiquant le circuit Rianasoa (litt: belle cascade). Norbert essaie de détendre l'ambiance en nous présentant tout ce qu'il trouve sur son chemin. Personnellement, je ne joue plus le jeu, je n'écoute plus ses bla-bla.
A une intersection, il nous explique que la suite du circuit prend plusieurs jours de marche si l'on prend à droite, tandis qu'il existe une piscine naturelle sur la gauche, la cascade où l'on se rend. Je ne sais pas pourquoi, je ne l'ai pas cru. En vérifiant sur le site du parc, je peux lire: boucle Rianasoa: 2 à 4h. Plusieurs jours de marche qu'il disait! Je vais rester polie...

cadre au Parc MantadiaLe parcours est très agréable, notamment en traversant les torrents dans un cadre sauvage et préservé, au milieu des fougères géantes et arborescentes, des pandanus (vakoana en malgache) , etc... J'oublie ma colère en arrivant à la fameuse cascade, davantage une piscine naturelle. La chute n'est pas grande, - sur deux niveaux de 2 ou 3m au total, ave cune partie au soleil et le reste à l'ombre de la végétation luxuriante - , contrairement à ce que j'ai pu voir à Nosy-Be, mais le charme est complet. Nous sommes seuls pour profiter exclusivement de ce site. Le bruit de la chute aidant, l'appel de l'eau n'en ait que plus fort! Ca ne traine pas. Le guide s'éclipse pour nous laisser nous changer, car les maillots sont bien prévus! L'eau est d'abord fraîche puis très vite agréable. Nous entrons doucement, faisant attention aux nombreux galets qui tapissent le fond, qui devient sablonneux sous la chute, parsemé de gros rochers sur lesquels on peut s'asseoir. Le pur plaisir de profiter de la mère Nature!

Tattum ::pas d'agrandissement possible ;) ::  Tonnum ::pas d'agrandissement possible ;) :: la cascade - piscine naturelle

En remarque
Après s'être délesté de 16000Ar pour un service qui n'a pas du tout été à la hauteur, loin s'en faut, je discute avec Daddy. Lui est donc chauffeur-guide, il n'a pas suivi de formation mais s'est forgé sur le tas. Il connaît surtout le Sud de l'île, le long de la RN7, c'est juste son deuxième voyage à Mantadia. Il existe bien une école de formation de guides professionnels, à Antananarivo, mais il ne saura m'en dire plus.
Sur le site du Parc National d'Andasibe-Mantadia (PNAM), on peut lire qu'il existe:

  • 5 guides ANGAP
  • 27 guides de l'Association des Guides d'Andasibe (AGA) ayant des engagements auprès du PNAM
  • 13 guides privés locaux de l'Association " MITSINJO " dont 03 guides et 10 pisteurs

J'ignore si notre guide fait partie d'une de ces organisations, ou s'il nous a juste repérés et s'est auto-proclamé arnaqueur guide du jour, mais s'il est sensé être professionnel, je suis d'avis qu'il y a du recyclage à faire. Bien entendu, et ce n'est pas moi qui dirais le contraire, le tourisme doit profiter à la population locale, doit être vecteur de création d'emplois de manière durable. Mais cela doit se faire dans la transparence et dans l'intégrité. Il en va du professionalisme, de la qualité du service, soit de la satisfaction des visiteurs, clients avant tout, et donc de ce qu'ils peuvent en conclure et conseiller.

Sur le site internet toujours, que je trouve bien fourni soit dit en passant, les tarifs sont clairement définis. Mais je n'ai pas souvenir les avoir vus afficher sur place. On ne s'imagine pas toujours aller surfer avec son palm au milieu d'un parc national pour accéder à ce genre d'informations, d'où la nécessité  de ces renseignements, en évidence, sur place. Logiquement, en achetant les billets d'entrée, à défaut de brochure car pouvant aller à l'encontre de l'esprit écologique (économisons nos arbres), on doit être renseigné clairement, et présenté au guide, qui doit donc être reconnu par le parc, avec qui on va effectuer la visite. Ce qui était le cas dans d'autres parcs, comme à Isalo par exemple, mais pas cette fois-ci, devant la non-réaction de l'agent face à mon regard inquisiteur lors de l' auto-présentation...
Ce qui me laisse sur une pointe de déception, pour avoir déjà visité ce parc auparavant, avec ces visites tronquées et passables, que ce soit à Andasibe ou à Mantadia. Dommage...

Au Parc National Andasibe-Mantadia ::part 1::

15 mai 2006 à 13:19 |  Catégorie  Odyssée

La dernière fois que je suis venue à ce parc, on l'appelait encore Périnet, c'est dire que ça remonte! Ce parc regroupe la réserve d'Analamazaotra, où l'on rencontre le fameux Indri-indri, et le parc de Mantadia, plus au Nord. (les cartes arrivent, juste le temps de m'arracher un peu les cheveux!).
Notre hotel, le Feon'ala, se situe juste à la lisière du parc, la vue sur une végétation luxuriante que l'on devine à la lumière du restaurant. Nous sommes les derniers clients attendus pour la soirée. Tandis que nous descendons nos bagages, rentrent plusieurs groupes de visiteurs, pour me rendre compte qu'hormis les chauffeurs et guides, je suis la seule Malgache...
On avait entendu parler de visites nocturnes, cela pourrait être intéressant de découvrir la faune dans d'autres conditions. Renseignement pris, le parc est en fait fermé au public la nuit. Mais où effectue-t-on cette visite nocturne alors??? Muni d'une frontale, le long de la route nationale, par petits groupes, à scruter ce qui daignerait bien s'aventurer au bord avec on ne saurait quelle inconscience! Euh, c'est le genre attrape-touristes par excellence, pour rester polie, aussi allons-nous nous en abstenir, dîner tranquillement, et réserver la visite pour le lendemain...
bungalowLe bungalow est typique de la côte Est, en forme de paillotte, tout en matière végétale (la plupart du temps avec les différents éléments du ravinala), au toit pointu redescendant quasiment au sol, devant lequel se dresse justement un jeune ravinala. Il est simple mais correct. Un petit tour d'inspection, jusqu'à la salle de bains, pour vérifier toute éventuelle bête pouvant surprendre. Il m'est en effet déjà arrivé de tomber sur un scorpion à Ambila-lemaintso, ou encore un énorme scolopendre à Foulpointe. Ca fait partie de la nature, mais je préfère qu'ils restent dehos pour autant...
Le premier repas de Tonnum en dehors de chez mes parents... Ne voulant pas mettre à l'épreuve son sytème digestif afin de ne pas gâcher les premiers jours à rester cloué au bungalow, il prend soin de ne manger dans un premier temps que des aliments bien cuits. Pas de crudités, ni de viande saignante, ni de jus naturel. Personnellement, je n'y résiste pas et commande un jus de grenadelle, dont c'est justement la saison. Un pur délice du goût naturellement sucré et du fraîchement pressé. Je savoure chaque instant, tant tout ici a davantage de goût: la viande bien sûr, notamment les brochettes de zébu, les fruits, et même le riz! Tonnum n'est pas particulièrement riz, mais dans le contexte, il est prêt à en manger deux fois par jour! Tant mieux qu'il s'adapte ainsi... Bon, il y a toujours possibilité de choisir des frites ou des légumes en vapeur en accompagnement, mais il est plutôt bien parti!

Le lendemain matin, je me réveille en sursaut. J'ai l'impression d'avoir entendu quelque chose de particulier, mais je ne suis pas sûre. Peut-être suis-je encore en train de rêver ou ces cris sont-ils bien réels? Quelques secondes plus tard, ça recommence. Ce sont bel et bien des cris d'Indri! Des cris très puissants, ressemblant par moment à des plaintes, presque humains... Il semble avoir plusieurs individus, qui se répondent à tour de rôle. A un moment, des cris semblent si proches que j'ai cru qu'ils se trouvaient dans la forêt juste devant notre fenêtre, à moins de 100m de là... Ca a été la sonnerie de réveil parmi les plus originales qui m'ait été donné d'entendre!
étangIl semble avoir plu, à 8h, le ciel reste couvert mais la pluie a cessé. il fait un peu frisquet, un petit pull s'impose. En attendant le petit-déjeûner, nous découvrons le cadre à la lumière du jour. Un charmant hotel au milieu de ravinalas, dont les bungalows sont bordés de plantes comme la pervenche de Madagascar, des hibiscus, ou encore des papayers. Devant la terrasse en contrebas du restaurant, s'offre la vue d'un étang ainsi que de la forêt tropicale. J'en profite pour prendre quelques photos de cette flore encore perlée. Daddy fait réapparition uniquement après le petit-déjeûner. Tout le monde a la pêche ce matin.

papayer pervenche de Madagascar hibiscus 

A la réserve d'Analamazaotra
Direction l'accueil de l'
ANGAP pour chercher nos tickets d'entrée. Pour la première fois, je mesure la différence des droits d'entrée: 25000Ar pour Tonnum et 1000Ar pour moi pour une journée! Il est vrai que cela fait une grande différence, environ 10€ pour les étrangers et moins de 50cts d'euros pour les nationaux, mais considérant les pouvoirs d'achat, ça reste dans les normes si cet argent contribue à l'entretien des parcs nationaux et réserves. A peine avons-nous payé que nous sommes abordés par un homme qui se présente comme notre guide. D'office! Je ne l'ai même pas vu venir, lui si! Je tilte un peu comme il ne nous a pas été présenté ou choisi par l'agent de l'ANGAP, mais ce dernier ne réagit pas. Nous allons donc effectuer notre visite avec Norbert. Tarif: 8000Ar. Je n'ai même pas eu le réflexe de marchander, cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas fait, à sa grande satisfaction. Il faut savoir que ça s'est bien passé au début, mais pas bien fini. J'expliquerai pourquoi.
petit caméléonNous voici parti à la recherche des Indri-indri. Norbert nous explique que cette réserve d' 810 hectares renferme une soixantaine de groupes d'Indri, et que chaque groupe comprend un nombre variable d'individus, 3,4,6,8, selon. L'indri est le plus grand des lémuriens, également surnommé  babakoto, avec une taille pouvant atteindre 70cm, et pesant 6 à 9kg. On repère les groupes grâce à leurs cris puissants, pouvant porter sur plus de 2km, tantôt de contact, de ralliement, de garde, ou encore d'amour mais ce n'est pas la saison. Au passage, il nous montre tout ce que trouve son oeil aiguisé et habitué, car nous aurions pu prendre le même chemin et ne rien voir du tout! Il connaît les coins à grenouilles, il repère le petit caméléon pourtant dans un parfait mimétisme, ainsi que toute une présentation de la végétation, que je ne saurais retransmettre, tant la botanique m'a toujours ennuyée! Hormis admirer les belles orchidées sauvages! Mais ce n'est pas non plus la saison.
lézardNous entendons des cris au loin, et nous nous y dirigeons. Norbert marche d'un pas alerte, nous avons un peu de mal à le suivre, trahissant notre forme de juste sortis de l'hiver! Note: penser à prendre la santé de son corps en main! Nous croisons alors un groupe scolaire, accompagné par leur professeur en train de présenter l'intérêt, en tant que Malgaches, de préserver les espaces naturels tels que cette réserve. les élèves semblent très attentifs. Nous les recroiserons un peu plus tard, et j'engage la discussion avec l'un d'entre eux. Il s'exclame que je parle malgache. Mais bien sûr! Ils sont plusieurs groupes scolaires en visite ce jour-là, et viennent de lycées d'Antananarivo, que je ne connais pas, comme un lycée à Ambohipo. Je trouve l'initiative excellente, il est important que les Malgaches découvrent leur patrimoine, d'autant que ça a l'air de vraiment les intéresser... Ils ont une semaine de voyage scolaire pour rayonner dans la région, à la rencontre de la nature mais également des sites historiques.
Nous nous approchons d'un groupe d'Indris dont les cris deviennent de plus en plus proches, vers lequel convergent plusieurs groupes de visiteurs, dont les classes. Super, on va 30 autour d'un groupe, que va-t-on espérer voir?! Tonnum et moi ne sommes pas très groupes, encore moins lorsqu'il s'agit de partir à la rencontre de la nature. Nous allons nous agglutiner autour d'Indris juste habitués aux touristes, je n'en saute pas de joie. Nous prenons toutefois quelques clichés, Tonnum se régale avec son zoom, tandis que j'ai du mal à prendre autre chose que des arbres avec de petites taches blanches dessus. Note: mon prochain appareil aura un zoom optique x10 au moins, qu'importe le zoom numérique, il ne sert à rien! Les pensées de la frustration face à la grandeur de la nature, surpeuplée peut-être, mais tout de même...
Tout le monde voulant voir les Indri, les gens finissent par se piétiner et se tasser. On décide de chercher un autre groupe, davantage au calme.
"Oui mais si vous voulez qu'on en trouve après tout ce boucan, il faut sortir des sentiers balisés", fait Norbert.
"Sans problème, on préfère ça."
Et nous voici repartis en se frayant un passage, à suivre d'autres cris. Nous avons fini par en trouver un autre, composé de 6 individus, répartis par deux. Ils semblent également habitués à la présence humaine, car tout en se dandinant sur leurs arbres, ils nous regardent par moment, nous ignorent royalement, et continuent à jouer entre eux. Ils ressemblent à des oursons perchés, avec leur boule de poils. Leur tête est noire, le mâle a le ventre marron, et la femelle le ventre blanc. On devine leur poids plutôt conséquent sur les branches encore frêles des arbres qui se plient bien lorsqu'ils sautent. Le moment d'intimité est tel qu'ils finissent par uriner au-dessus de notre tête! Cela annonce le départ!

Indri-indri Indri-indri Indri-indri

A suivre: au parc Mantadia.

Sur la RN2

14 mai 2006 à 11:15 |  Catégorie  Odyssée

borne 0 de la RN2La RN2 relie Antananarivo à Toamasina. Premier arrêt prévu à Andasibe.

Lundi, alors que la semaine de travail débute pour le commun des travailleurs, Tonnum et moi nous affairons pour le grand départ. Ma famille a pris un jour de congé, ce qui sur le moment, nous donne moins l'impression d'être déconnecté de la vie active. La température, pas moins de 26°C au mois d'avril, nous met pourtant dans le bain de vacances ensoleillées.
Mais nous avons vite pris le pli du moramora: départ prévu à 13h juste après le déjeûner, départ effectif à 15h passées, le coffre de la voiture plein à craquer...
Le chapeau sur la tête et lunettes de soleil dégainées, -et après je me plains d'être prise pour une touriste-, je fais mes dernières emplettes à la pharmacie pour de la vitamine C et ma chloroquine, en prévention du paludisme (ne faites pas comme moi, écoutez votre médecin). Je demande une boîte donc, et la pharmacienne me répond qu'elle vend la chloroquine par plaquette. Euh... Va pour deux plaquettes déjà. Puis l'on se rend à la banque d'à côté pour effectuer le change. Ce jour-là, un euro (€) vaut 2536 Ariary (Ar). Avec un tel coefficient, on passe de quelques billets d'euros à plusieurs dizaines de billets d'Ariary, ça donne tout d'un coup l'impression d'être très riche! Il ne me manque plus qu'une chose: une carte SIM
Orange, son réseau couvrant la partie où l'on se rend, et que je n'ai pas eu le temps d'acheter les jours auparavant. Mais plus le temps de revenir en centre-ville, -la maison de mes parents étant excentrée-, j'en trouverai bien en route.

Ca y est, c'est le grand départ! Nous avons loué une voiture, comme nous allons effectuer une première partie de notre périple par route, et poursuivrons en vedette sur le Canal des Pangalanes. Daddy, qui conduit, et Tonnum devant, et moi donc, derrière. Nos mains cherchent machinalement la ceinture, et ô miracle, il y en a, et de fonctionnelle! Car cela faisait deux jours que je circulais dans la capitale sans ceinture, avec une sensation d'insécurité bizarre au début, mais on se réadapte très vite. Car personne ne l'attache ici, la plupart du temps, elles ont même été ôtées, et les rares gens qui le font sont pris pour des snobs! Qu'importe, nous les attachons tous les trois.
J'avais prévu de faire un détour par
Mantasoa, pour montrer à Tonnum ce coin qui me plaît particulièrement, très agréable pour y passer des week-ends. Mais Daddy nous le déconseille, car nous devons arriver à Andasibe avant la tombée de la nuit. Ce sera pour une prochaine fois.

Engagés sur la RN2, Tonnum découvre les petits villages, les maisons traditionnelles tout en briques, bordant le cadre paisible des rizières. C'est très coloré, entre les publicités flashantes peintes à même les murs des maisons, les étals de fruits et légumes, la verdure des rizières, la couleur rouge de la terre qui vaut à Madagascar le nom de l'Ile rouge...

trano gasy rizières pub Classiko

Il y a une chose qui l'interpelle tout particulièrement: les boucheries! Et ne résiste pas à ce qu'on s'arrête pour en prendre une en photos. Inutile de se questionner sur la chaîne du froid, ici la viande est exposée à l'air libre. Combien de jours ainsi? Il ne vaut mieux pas le savoir... boucherieClassiquement, les saucisses pendent en évidence, tandis que la viande hâchée et les autres morceaux sont posés à même l'étal de carreaux blancs, devenus obligatoires depuis seulement les années 90. Une excellente épreuve pour tester l'endurance de votre système digestif, mais les Malgaches vous le diront: tous ne peuvent y faire leurs emplettes, même entre Malgaches... M'enfin, c'est loin d'être l'unique raison pour laquelle bon nombre de personnes ne mangent pas régulièrement de viande ici...

Au fur et à mesure des kilomètres sur fond de Jaojoby à plein volume, les villages et maisons se font moins nombreux. Le décor devient vert, où défilent les magnifiques rizières à perte de vue,au cas où l'on douterait encore que les Malgaches sont les plus gros mangeurs de riz.
        rizières rizières
        rizières rizières

N'ayant pas encore suffisamment récupéré de ma fatigue, je ne résiste pas à m'assoupir, bercée par la route sinueuse de la RN2, notamment en descendant les pentes abruptes de Mandraka, à 65 km d'Antananarivo, si fait que je n'en ai rien vu cette fois-là! On me réveille à la paisible bourgade de Moramanga, où se trouve un magasin Orange, où je dois donc acheter ma carte SIM. Je me suis fait avoir plein de fois, car ici, on dit "puce" et non carte SIM. Par carte, ils entendent carte de recharge, ce qu'on m'a proposé une demi-douzaine de fois! Les abonnements téléphoniques sont encore rares, car très chères, la plupart des Malgaches fonctionnent ainsi avec des recharges, allant de 2000 Ariary à 100 000 Ariary, mais la plus courante demeure celle à 5000 Ar. Ma puce me coûtera ainsi 25000Ar, dont 5000Ar de communication. J'ai dû remplir toute une fiche d'information pouvant être destinée pour les services secrets, marque de mon téléphone, situation familiale, profession et domaine d' activité compris!
"Mais ça vous sert à quoi de savoir tout cela?"
"Dans le cas où on vous volerait votre portable, en prouvant votre identité, on pourra bloquer et le téléphone, et la puce."
"Mouais... Pour une bonne étude marketing aussi", pensais-je intérieurement.
Mes 5000Ar de crédit me permettront de passer 2 ou 3 coups de fil d'à peine 5 minutes. Les communications téléphoniques sont d'une chèreté ici, c'est indécent! Le pouvoir d'achat est bien moindre qu'en France, mais ici, en remettant dans le contexte social et économique, ça coûte bien plus cher... Et l'on met tout cela sur le dos de la fibre optique qui tarde à arriver...

Dès 17h30, le soleil se couche en quelques minutes, la nuit tombe vite. Nous finissons le tronçon entre Moramanga et Andasibe dans le noir.
Il est 19h, nous arrivons à notre hotel à Andasibe.

Voyage à Madagascar en photos

13 mai 2006 à 12:27 |  Catégorie  Odyssée

Ce post est tout particulièrement dédié à ceux qui m'ont fait remarqué qu'ils suivent mon odyssée mais qui ne sont pas fans de texte. :) Les récits arrivent, mais voici donc une première série de photos.

Ce circuit d'Antananarivo vers l'Est de la Grande Ile a été riche, en paysages, à la rencontre de la population, et bien entendu en faune et flore.
Voir l'album ::nouvelle fenêtre::Départ quasi immédiat d'Antananarivo, dont on réserve la visite en fermant la boucle, direction le Parc National d'Andasibe-Mantadia. On descend les Hautes-Terres avec son défilé de magnifiques rizières prêtes pour la moisson. Les Indri-indri ont bien été au rendez-vous à Andasibe, en achevant la visite par le circuit Rianasoa, le circuit des cascades à Mantadia, à profiter de la piscine naturelle. L'Est concentre un véritable jardin d'innombrables orchidées, avec toute la magie unique de la nature dans lequel elles se trouvent, mais il faudra revenir un mois d'octobre pour les admirer en fleur. On poursuit vers l'Est en passant par Manambato au bord du lac Rasoabe, remonte le Canal des Pangalanes avec un arrêt à la réserve privée Le Palmarium dans le cadre idyllique d'Ankanin' ny Nofy, jusqu'à Toamasina (Tamatave).
Voir l'album. (en diaporama)

Voir l'album ::nouvelle fenêtre::Traversée de l'Océan Indien pour quelques jours de farniente à l'île de Sainte-Marie, baignée dans ce magnifique lagon qui la protège des courants et des requins, où je me retrouve dans mon jardin bleu, mon élément, pour ma passion de la plongée.
On y retrouve les clichés-type, les cartes postales de l'île tropicale, avec ses plages de sable blanc bordées de cocotiers à perte de vue, et cette mer turquoise chaude à s'y reposer au fond. Et pour que le cadre soit parfait, la THB, la bière locale, a bien coulé, pour accompagner les fruits de mer juste pêchés.
Voir l'album. (en diaporama)

Le tout entouré d'une faune et flore omniprésente, caractéristique de Madagascar certes, mais bien de l'Est.

Avis de participation

11 mai 2006 à 12:15 |  Catégorie  Blog| Communauté

Je préfère l'appeler "avis de participation" plutôt qu' "avis de concours" pour les raisons suivantes:
- Il n'y a pas de lot à gagner, hormis de la reconnaissance pour le retenu d'une part
- Il n'y a pas lieu de monter en défi ou en concurrence les membres de la blogosphère d'autre part, le but étant de faire appel au talent, à l'inspiration et à l'imagination de chacun(e).

De quoi s'agit-il?
odc1L'idée est venue lorsqu'en sortant ma bannière actuelle de la version 3.0 de ce blog, j'ai profité de faire un post sur le ravinala ou arbre du voyageur. Et de relever que mon blog est estampillé par ce symbole typiquement malgache, pour signifier "d'origine malgache". Il n'en est pour autant ni le logo, ni un avatar de "L'odyssée de Tattum". Je suis encore en cours d'inspiration et de conception de mon logo...
L'excellente proposition vient de Marc: celle de rallier tous les bloggers malgaches et malgachophiles d'un même signe, ou logo, distinctif, que pourront apposer ceux qui le désirent sur leur blog respectif.

Aussi, pourquoi ne pas faire appel à votre talent et savoir-faire?
On compte donc sur un maximum de participations, avec une proposition de règles qui suivent (à améliorer à volonté):
- un format redimensionnable à loisir, donc vectorisé, en .gif ou .png, sur fond transparent (je dis ça mais il faudra que j'apprenne à vectoriser!!)
- choix libre du symbole (deux maximum) (faune, flore ou autre)
- un maximum de 4 couleurs, texte (facultatif) compris
- devise libre et facultative
- un petit commentaire d'explication pour les autres

Toute participation à soumettre dans un délai d'un mois, soit jusqu'au 11 juin 2006, pour raison pratique, à mon adresse email mailtotattum(at)gmail.com .
Suivra un vote de la blogosphère. Le logo retenu, avec gloire et paillettes (non contractuel), sera ainsi présenté le 26 Juin 2006, à l'occasion de la journée de la Fête de l'Indépendance malgache. (euh, j'espère être devant un ordi à ce moment là!)

Alors, à vos tablettes, graphiques bien sûr, et bien le bonjour à votre talent! Faites tourner!

Une première à Madagascar

10 mai 2006 à 14:48 |  Catégorie  Odyssée

J'étais curieuse de voir les premières impressions de Tonnum en découvrant la Grande Ile. J'ai jusque là partagé avec lui plusieurs films sur Madagascar, abordé différentes facettes de la culture dans les grandes lignes, mais rien ne vaut en grandeur nature et l'expérience au sein même du pays.
Lorsque je parle de Madagascar à autrui, je perçois généralement si la personne peut s'y plaire, ou le contraire, si la destination de l'île rouge convient à cette personne. Car Madagascar n'est pas faite pour tout le monde. Même en voyage organisé, il faut avoir, si ce n'est le sens, une certaine fibre, de l'aventure. Personnes précieuses, maniaques, obtus, s'abstenir, économies assurées pour chacun des partis.

Mon premier conseil pour Tonnum a été le suivant: savoir être flexible, notamment s'adapter à l'inattendu, ne pas avoir peur de moduler ce qui était initialement prévu en fonction de la situation. Certes, le circuit est organisé, et on regrette même un peu d'avoir un calendrier figé, mais toujours garder cette flexibilité en tête. Sinon, pic de stress, spasmes de nervosité, sueurs froides possibles (pour les petites natures). Oubliez ça. Nous avons pu mesurer ce sens de l'adaptation spatio-temporel dès les premiers jours, puisque Tonnum et moi ne sommes pas arrivés en même temps. Les vacances ont démarré en trombe, ce qui n'est pas été la meilleure des illustrations du moramora qui attend au pays. Qu'importe.
Deuxième conseil: oublier à la frontière à 3000m d'altitude la notion de temps et de délai jusque là culturellement et subjectivement "habituelle", ainsi que tout éventuel relent d'impatience intempestive. Ici, c'est le pays du moramora (litt. doucement, lentement), et la ponctualité plutôt relative. On parle d'ailleurs de fotoan-gasy (rendez-vous à la malgache), où l'on peut prévoir jusqu'à une heure d'écart (voire plus) par rapport à l'heure prévue. Mais ça fait partie du pack forfait culturel! ;)
Troisième conseil: apprendre un minimum le malgache. Savoir dire "manao ahoana" (bonjour), "veloma" (aurevoir), "misaotra" (merci), "azafady" (excusez-moi, s'il vous plaît), ainsi que les mots courants du quotidien qui peuvent dépanner, même si on est accompagné par des Malgaches. Le premier contact avec la population, bien qu'eux s'efforcent de saluer en français, demeure toujours davantage réussi en initiant le dialogue en malgache. Je pense que c'est valable dans tous les autres pays. Tonnum s'est tant et si bien débrouillé pour ce premier bain de langue que parfois, les habitants enchainaient volontiers la conversation. Souffle de panique à bord qui déclenchait des éclats de rire de part et d'autre, mais pas d' inquiétude, je ne suis jamais trop loin. Et il faut dire que bon nombre des personnes au contact des touristes parlent un français plutôt correct, voire parfait pour certaines. Et pas que le français d'ailleurs, à Sainte-Marie, on a eu une démonstration d'anglais et d'italien par un piroguier! L'accent malgache en plus, mais cela fait partie de l'identité!
Car voilà, accompagnée par un vazaha, terme qu'il a accepté sans problème, impossible de passer pour des voyageurs, on est bel et bien fiché touristes, qu'à cela ne déplaise! Alors avec des euros, je passe le topo! En plus, ça rime!

Présentation à la famille
Je souris en abordant ce sujet, car d'une part, c'est moi qui raconte comme Tonnum n'est pas prêt de blogguer de sitôt, et d'autre part, cela m'oblige à aborder des sujets qu'en bon Malgache qui se respecte, on évite soigneusement en public. Et ce blog est bel et bien public!
Déjà, cela m'a fait très plaisir de revoir toute ma famille, du grand-oncle, ma grand-mère, oncles, tantes, cousins, cousines, leurs femmes et maris, à la petite cousine qui vient de naître. Ma grand-mère, toujours aussi prévenante, s'est excusée par avance si son français n'allait pas être parfait, mais je ne voulais pas que quiconque se plie faussement en quatre pour accueillir Tonnum. Les choses doivent se passer naturellement, sans fioriture d'aucune sorte, ni de démonstration de quelque nature. Ce fut le cas, dans une ambiance détendue, avec de bonnes impressions réciproques. Dicté par l'appartenance à une génération, bien qu' accepté de tous, Tonnum s'est davantage senti à l'aise de discuter avec mes cousins.
Je souris lorsqu'un grand-oncle, le frère aîné de ma grand-mère s'approche de moi. Je l'appelle le Patriarche. LE patriarche de la famille, qu'il aime représenter, très fier, de lui-même déjà, de son nom, de l'histoire de sa famille. Normal, je pense que nous sommes tous fiers de notre famille. Tellement fier que j'étais curieuse de connaître son opinion, pour l'avoir entendu que ses enfants ne se marieraient pas avec des Blancs... Ne jamais dire jamais... Beaucoup d'eau a coulé sous le pont, nous sommes tous déjà revenus sur certaines de nos convictions, et lui des siennes. La plupart de ses petits-enfants sont installés en France, on aurait tort d'enfermer les gens dans des communautés... Bref, bonne opinion. Bon, Tonnum aurait été habillé en casquette de travers, en baggies ras les fesses, gros tatouage sur le bras, énorme boucle en diamant zircon à l'oreille droite, à gesticuler des Yo!, et parler avec l'accent des cités... Dans pareil cas de figure, je ne jure plus de rien! Mais ce n'est pas le cas!
En parallèle, j'ai également expliqué à Tonnum, la notion de castes et des origines, en plus des ethnies qui constituent le pays, dans le cas où il en entendrait parler. Culture générale. L'avantage, c'est que la famille lui a fait fi de ces questions (il n'y avait pas lieu), posées de but en blanc ou pas, selon, une des pires épreuves de la présentation à la famille à mon sens! Ouf!

Contact avec la population
Ce côté a le plu plus à Tonnum: être au contact de la population.
A l'arrivée. Tout a commencé à l'aéroport. Il a également dû patienter avant notre arrivée. Il a largement eu le temps de se faire aborder par les innombrables chauffeurs, guides, agents de change en tout genre. Un finit même par lui tenir compagnie, à discuter de la situation et des réalités du pays, à priori avec beaucoup d'humour. Bon, il a tout de même demandé des euros, mais à la question: "Faut-il que je donne des euros pour une sympathique conversation?", j'ai répondu :"Pas à ma connaissance, enchantée, veloma."
Défini touriste! L'épreuve réside dans le fait de tirer Tonnum, rapidement et avec tact pour ne pas offenser les miens, des griffes limées de tous ceux qui l'accrochent, pour entendre débiter l'histoire du Rova de Manjakamiadana alors qu'on n'a rien demandé, ou pour se voir proposer un livre afin d' apprendre rapidement le Malagasy, ou je ne sais quel énième souvenir de Madagascar. Ca peut devenir lourd par moment.
Durant le séjour. Ceci étant, où que l'on aille, surtout hors de la capitale, les gens sont très aimables, saluent, toujours avec le sourire. Tandis que nous lançons des "Manao ahaona" ou des "Salama" pour bonjour, bien souvent, le "Bonjour" vient en premier, et de reprendre en malgache. J'ai eu le plaisir de voir Tonnum très ouvert, très à l'aise, respectueux d'autrui, engageant facilement la discussion. Je n'en ai pas non plus douté.
Les habitants nous abordent parfois pour nous indiquer les bons plans, pas nécessairement les sites hyper touristiques à visiter, mais de bons conseils de locaux.
Les enfants. Les enfants sont plus insistants: "Banzour" ou "Sali" selon. Suivi d'un "bonbon!" souvent. Mais on ne distribue pas de bonbons... Ils sont également demandeurs de poser pour des photos, sans rien exiger en échange... Les yeux alors rivés sur un objectif précis, on est souvent surpris d'être entourés soudainement par des enfants attendant poliment.
Ce qui surprend. Parmi les facettes qui l'ont quelque peu surpris, figurent l'existence de personnel de maison, ainsi que l'attitude discrète et effacée des chauffeurs et guides. Je m'explique. Contrairement à la situation dans les pays développés, où seuls les plus aisés font appel au service d'une femme de ménage, et encore souvent à temps partagé, de nombreux foyers malgaches en emploient une, à temps plein. Mes parents sont une rare exception, ils ont fait le choix de ne pas en avoir, depuis plusieurs années déjà. Par contre, y travaillent une lessiveuse-repasseuse (rares sont les machines à laver encore, le délestage faisant!), une jardinière (d'habitude un métier masculin) et un tailleur de pierre (très en vogue en ce moment dans la Grande Ile). Effectivement, ça peut surprendre, mais à Madagascar, cela n'a rien de réellement exceptionnel.
Quant aux chauffeurs et guides, les fois où ils nous accompagnaient, j'ignore si leur discrétion s'agit d'une "qualité" qu'on leur demande, ou d'une manière d'être. En tout cas, ils sont discrets dès qu'ils ne s'adressent pas à nous, bien que nous ne voulions faire aucune manière ni aucune ségrégation.
La perception des gens. J'ai été contente de ne pas avoir eu une seule fois de quelconque remarque désobligeante, du fait de notre couple mixte. Bon, il faut dire qu'avec mon style vestimentaire en vadrouille, je dois davantage être prête pour un safari immédiat que pour un show de strpi-taese, mais je salue le bon sens des habitants de ne pas avoir fait d'amalgame gratuit et réducteur. Les gens nous ont même davantage considérés comme mariés. Si vous voulez, soit, je ne vais pas non plus expliquer ma vie, bien qu'on ne donnait pas non plus l'impression d'être en plein voyage de noces! Quoique certains cadres s'y prêtaient...
Par contre, lorsque je négocie en malgache avec un de mes compatriotes, la seule vue de Tonnum fait scintiller des euros dans les yeux de mon interlocuteur, ne donnant pas toujours lieu à des discussions intéressantes. Il existe même une perversité de cette manne touristique, j'y reviendrai plus en détail...

Découverte du pays grandeur nature
Là je crois que la meilleure des illustrations demeure encore de partager nos aventures! Qu'il s'agisse des rizières, de la forêt tropicale, du cadre unique du Canal des Pangalanes, de la mer turquoise du lagon de Sainte-Marie, ou encore de ma ville natale, le dépaysement a été total, et ma foi, réussi. Et les réelles impressions résident dans les récits!

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