Une malgache au ski!
30 janvier 2006 à 23:07 |
Odyssée
Je fais un écart dans le thème général de ce blog comme j'essaie de ne pas trop m'étendre sur mes vadrouilles hors Madagascar, mais là, une Malgache de plus vient de découvrir le ski! Je préfère généralement des escapades au chaud, mais j'ai décidé cette fois de goûter aux plaisirs (et inconvénients) des sports d'hiver.
A noter que les pistes de ski les plus proches de Madagascar se trouvent en Afrique du Sud, magnifique pays où la plage ensoleillée flirte avec les montagnes neigeuses, à quelques heures de trajet de distance.
En tout cas, nos champions suivis par Elodieriana dès le début pratiquent un sport agréable.

Vendredi, on lâche tout et c'est parti pour les Hautes-Pyrénées à la frontière de l'Espagne, où douze stations de ski laissent un large choix dans un cadre exceptionnel. Le trajet se passe sans incident, notre arrivée à Tarbes où on a rendez-vous avec des amis est accueillie par les flocons de neige. Les premières que je vois cet hiver, comme on habite une région où le ciel est bleu lorsque le reste de la France est plongé dans le froid, la neige, la pluie ou les inondations! A contrario et fort heureusement, les produits du terroir sont bons partout.
Jusque là, je connaissais uniquement la randonnée en montagne aux beaux jours, aussi, avais-je la réelle impression d'être complètement submergée par l'équipement nécessaire pour cette nouvelle activité. De la tête aux pieds, un bon bonnet, les lunettes de soleil, un tee-shirt monté d'un pull polaire et d'un blouson de ski extra molletonné, le pantalon assorti de préférence, des énormes gants, les chaussettes en laine, et de bonnes chaussures imperméables en attendant de se dandiner avec les boots. Bref, reconnaissable à 100m au moins, tout de charme, une silhouette raffinée. Heureusement que les matériaux vestimentaires actuels sont légers, autrement Tattum serait rapidement devenue Bibendum. Aucun risque...
Au réveil le samedi matin, un décor tout de blanc vêtu nous attend. Une chose est sûre: la poudreuse sera naturelle! Je me surprends de ne pas ressentir cette émotion habituelle à la vue de la neige. Peut-être parce que j'en aurai autant que j'en voudrai tout le week-end, voire même je n'en ai jamais autant vu auparavant, même en Belgique... L'alerte météo est d'ailleurs déclenchée ce week-end. Il est prévu que nous allions à la station de Luz Ardiden. C'est sans compter la circulation difficile avec cette couche de neige atteignant les 50cm par endroit et qui continue à tomber, rendant la chaussée tr-èès glissante. On a dû enfiler les chaînes des pneus très tôt, et se résoudre à rouler à 40km/h dès Lourdes. A bout de patience, on décide finalement d'atteindre une station plus proche, et plus accessible: Hautacam. Commence l'ascension, Hautacam se trouve à 1520m, c'est une petite station de type familiale, avec pour seul abri un vieux café, et où les pistes à faible pente sont idéales pour découvrir le ski.
L'après-midi, la météo s'améliore enfin et laisse place à un beau ciel bleu illuminé. "Réussir à prendre le tire-fesse, ne pas tomber ni tournoyer, commencer par une verte, attention, à gauche c'est une rouge" et c'est parti. Je suis totalement conquise. La neige est idéale, les chutes sont "moelleuses" donc moins stressantes, grands et petits défilent, entre skis et snowboards. Ces derniers me donnent envie d'essayer en tout cas, la prochaine fois peut-être.
La station ferme à 17h30. La procession du retour est beaucoup plus détendue, la chaussée a été salée.
Non mécontents de retirer tout cet équipement, on savoure une bonne douche chaude. Et après l'effort, rien de mieux qu'une bonne fondue savoyarde! J'ai appris le truc pour ne pas se tortiller toute la nuit de satiété: quelques pincées de bicarbonate dans la fondue, et le tour est joué! C'est toujours aussi chaleureux et convivial.
Dimanche, la météo est pire que la veille, les flocons plus abondants, une visibilité moindre encore. On chausse les chaînes bien avant Lourdes. Nouvelle résignation de ne pas se rendre jusqu'à Luz Ardiden, aussi, direction Cauterets. Très différent de Hautacam, plus grand, plus moderne, c'est un village à l'architecture variée où grouille du monde. Encore, on est hors vacances scolaires. J'aime beaucoup la gare, en bois. En plus d'être connu pour les sports d'hiver, il s'agit également d'une station thermale.
Les pistes se trouvent de l'autre côté du versant, où nous emmènent les téléphériques. Les pistes y sont beaucoup plus ardues, malgré les codes couleurs... On décide avec Tonnum d'essayer autre chose: la randonnée, avec ou sans raquettes, dans un superbe décor enneigé. Après s'être renseignés auprès d'un "local", on s'engage sur un sentier à flanc de montagne, surplombant rapidement la vallée et Cauterets. Une magnifique balade de trois heures sous un temps ensoleillé, entourés de sapins, de petits torrents.
On arrive finalement à une cascade, dont le charme doit être complet aux beaux jours, mais ce bruit de l'eau me plaît toujours autant. Cependant, le risque demeure le même en montagne, l'été comme l'hiver: le changement très rapide de la météo. En à peine un quart d'heure, on se retrouve rattrapé par un brouillard, ce qui nous décide à retourner rapidement à la station.
Maintenant que j'ai découvert, il faudra me voir revenir! A dans un mois!
Chroniques de Madagascar
27 janvier 2006 à 09:25 |
Madagascar| Actualités
Post-it de rappel (ils se reconnaîtront): Ce week-end, se tiendra un forum littéraire à Antananarivo.
Pierre Maury, journaliste et critique, anime une rencontre autour de l'ouvrage paru en octobre 2005 aux éditions SEPIA : Chroniques de Madagascar.
Le journaliste présente l'ouvrage dans un article dans Les Nouvelles, repris dans Haisoratra, dont je cite:
L'ouvrage s'ouvre sur une méditation poétique, plutôt qu'une nouvelle, d'Esther Nirina. Il se ferme sur l'affolement d'une jeune Malgache débarquant aux Etats-Unis sans trouver à l'aéroport la personne qui devait l'attendre. C'est le premier texte publié de Mialy Andriamananjara. Entre les deux, les auteurs sont sagement rangés selon leur ordre d'arrivée en scène dans l'existence et toute la palette de la vie malgache, ici ou à l'étranger, est mise en scène. Une histoire de mort et d'injustice par Charlotte Rafenomanjato. La mémoire d'un lieu par Serge-Henri Rodin. La survie dans la pauvreté, comme une guérilla urbaine, par Bao Ralambomanana. Le contraste entre la modernité et la tradition à Mayotte, par David Jaomanoro. L'eau trop rare et le poids des légendes qui l'entourent, par Hery Mahavanona. La mort de la grand-mère, au premier cocorico, par Narcisse Randriamirado. Le rêve impossible d'un monde meilleur et la chute, par Jean-Claude Fota. Le kéré dans le sud et son cortège de malheurs, par Lila Ratsifandriahamanana. La déforestation et les ONG, par Johary Ravaloson. Le retour d'un mort qui ne l'était pas mais mérite de le devenir, par Railovy.
Douze auteurs malgaches donc écrivent en français sur ceux qui font Madagascar d'aujourd'hui. Ces textes, pour la plupart inédits, brefs, incisifs, attendrissants, drôles, parfois grinçants ou dramatiques, aideront le lecteur francophone à rencontrer les bourgeois des collines, l'enfant des rues, le pêcheur immigré, les villageois de la côte, les natifs des forêts. Ce recueil invite à un périple lointain par des mots connus avec une émotion qui dissipe toutes distances.
Avec la participation de Dominique Ranaivoson, qui a sélectionné et présenté les textes, et sous réserve des quatre auteurs suivants : Charlotte Rafenomanjato, Bao Ralambo, Serge-Henri Rodin, Herison Andriamihafy.
Forum littéraire, le samedi 28 janvier 2006 au CCAC, Antananarivo.
Le groupe Mikea
25 janvier 2006 à 11:28 |
Madagascar| Culture
Du même nom que le peuple nomade dans le Sud-Ouest de l'île, Mikea est également un groupe de musiciens malgaches fondé en 2001 par Théo Rakotovao. Il invente un nouveau style de musique très original: le B'n'B, pour "beko'n'blues", mêlant ainsi le Beko et le Blues.
Le beko est un élément fondamental de l’identité Antandroy (tribu du Sud-Ouest) et sommet de leur art vocal. Ces polyphonies a cappella à deux ou trois voix se chantent à
différentes occasions et ont un rôle particulier lors des funérailles. A
l’image des griots africains, les artistes mpibeko célèbrent la mémoire des personnes disparues et chante l’histoire de leurs familles. Ce gospel qui guérit les âmes, libère aussi des mauvais esprits dans sa variante appelée sabo.
Avec ses
mélodies électriques de B'n'B donc, l'oeuvre du groupe
Mikea est un mélange détonnant plein de feeling et d'émotion.
Pas besoin d'en comprendre les paroles, en dialecte de la
tribu "Mikea", pour apprécier leur musique
envoûtante. Du neuf dans l'identité culturelle malgache.
Les Mikea vivent dans la forêt sèche entre Toliara et Morombe plus au nord. Le climat y est sec, la végétation aride, peu favorable à toute activité humaine. Les Mikea y vivent retirés de tout contact avec le monde actuel, beaucoup d'histoires se racontent sur eux à cet effet. Longtemps décrits comme des petits êtres mystérieux, ceux qui ont eu la chance de les rencontrer peuvent affirmer qu'il n'en est rien, ils ont juste choisi leur mode de vie. Ils sont aujourd'hui menacés par la déforestation notamment, et ont tendance à se sédentariser en bord de mer. Ils vivent de cueillette et de chasse. Un super carnet de route pour en savoir plus sur eux.
Ce changement du mode de vie des Mikea inspire largement le groupe qui a repris leur nom.
Mené par
leur leader, originaire du Sud, Théo Rakotovao, ils
poursuivent l'idéal d'une musique alliant traditionnel et
modernité.
Leur tout premier album intitulé
"Longo" est sorti, à se procurer d'urgence, attendu depuis longtemps par les amateurs de musique
du
monde.
Mikea, révélation nationale de l'année 2005.
Le coton de Tuléar
23 janvier 2006 à 08:54 |
Madagascar| Ressources
Difficile de trouver des infos précises sur l'histoire du Coton de Tuléar, pourtant il est bien originaire de Madagascar. Doit-il son nom à la texture cotonneuse de ses poils, corrélation faite avec les plantations de coton dans le Sud de l'île du côté de Tuléar? Ou cette race s'est-elle réellement développée à Tuléar avant de gagner le reste du pays, puis du monde? En tout cas de nos jours, je ne peux pas dire en avoir beaucoup vu dans cette ville! Ce qui est probable, de par certaines de ses caractéristiques morphologiques, c'est qu'il s'apparente aux bichons (vieille race française) qui, d'une manière ou d'une autre sont arrivés sur l'île de Madagascar et qui, en se mélangeant à d'autres chiens locaux ou importés comme lui ont abouti à l'établissement de souches de petits cotons. (source)
Les rapports des Malgaches avec les chiens diffèrent selon les régions et peuvent choquer. Les chiens errants sont nombreux, et peuvent être porteurs de la rage. Les habitants s'en méfient en leur jetant des pierres, aussi n'est-il pas rare d'en rencontrer des blessés. Dans le Nord de l'île, ils ne sont pas vraiment les bienvenus, et ceux qui ont le malheur de ne pas avoir de maître sont rejetés, maltraités. Ils peuvent servir de gardes, s'agissant souvent de bâtards faméliques. Le chien est davantage considéré comme un animal de compagnie sur les Hauts-Plateaux, et les Cotons de Tuléar y trouvent leur place, bien que tous ne soient pas racés, dans le sens standard du terme.
Quel est donc ce standard? En voici un extrait:
Aspect général: Petit chien de compagnie à poil long, de couleur blanche et de
texture cotonneuse, aux yeux ronds, foncés et à l’expression vive et intelligente.
Tête: Courte, vue de dessus : triangulaire.
Région Faciale :
Truffe : Dans le prolongement du chanfrein ; noire, la couleur marron est tolérée ; narines bien ouvertes.
Museau : Droit.
Lèvres : Fines, tendues, de la couleur de la truffe.
Yeux : Plutôt ronds, foncés, vifs, bien
écartés ; le bord des paupières est pigmenté de noir ou de marron selon
la couleur de la truffe.
Oreilles : Tombantes, triangulaires,
attachées haut sur le crâne, fines à l’extrémité ; portées accolées aux
joues, elles atteignent la commissure des lèvres. Recouvertes de poils
blancs ou avec quelques traces de couleur gris clair (mélange de poils
blancs et de poil noirs donnant un aspect gris clair) ou aubérisé
(mélange de poils blancs et de poils fauves donnant un aspect aubérisé).
Corps : Vue d’ensemble : Ligne du dessus très légèrement convexe. Chien plus long que haut.
Queue : Attachée bas, dans l’axe de la colonne vertébrale.
Au repos : descendant en dessous du jarret, l’extrémité étant relevée.
En mouvement : Portée « gaiement » (recourbée au-dessus du dos, la pointe dirigée vers la nuque, le garrot, le dos ou le rein)
Robe :
Poil
: C’est l’une des principales caractéristiques de la race puisque son
nom même en découle. Très doux et souple, cotonneux, jamais dur ni
rêche, le poil est dense, abondant et peut être très légèrement ondulé.
Couleur: Couleur de fond blanche. Quelques traces de couleur gris clair (mélange de poils blancs et de poils noirs) ou aubérisé (mélange de
poils blancs et de poils fauves) sont admises sur les oreilles. De
telles traces peuvent être tolérées sur les autres régions du corps,
pour autant qu’elles n’altèrent pas l’aspect général de blancheur de la
robe ; elles ne sont cependant pas recherchées.
Taille et poids : De 23 à 28 cm, ne dépassant pas les 6Kg.
Comportement / Caractère : De caractère gai, stable, très sociable avec les humains et avec ses congénères, il s’adapte parfaitement à tout style de vie. Le caractère du Coton de Tuléar est une des caractéristiques principales de la race.
Source: standard officiel du Coton de Tuléar par la Société Centrale Canine.
Sevré à partir de 3 mois, des autorisations et un carnet de vaccination à jour sont nécessaires pour en ramener de Madagascar. Mais des élevages se développent un peu partout. Je lisais l'autre jour dans un magasin spécialisé un prix de 750€ pour un Coton de Tuléar! A ce tarif, je préfère encore profiter d'eux chez moi, d'autant que je ne suis pas prête d'affronter le froid et la pluie pour qu'ils fassent leurs besoins et promenade quotidiennement!
J'ai connu mon premier chiot pour mes 3 ans. Amoureux de cette boule de poil, nous avons essayé au fur et à mesure d'assurer des croisements afin de conserver la race car de nombreuses dégénérescences existent. Aussi, si l'on n'est pas un fin connaisseur de ce chien, il convient de vérifier essentiellement: la qualité du poil, la parfaite pigmentation du museau et des yeux, et idéalement avec peu de tâches. Selon les lignées, la couleur peut disparaître, éclaircir ou demeurer. Certains mariages peuvent faire ressortir des couleurs qui n'étaient pas présentes chez les parents.
Son poil nécessite un entretien régulier: brossage, bain, et éventuellement la tonte des noeuds de poils.
Vif et intelligent, il comprend très vite ce que l’on attend de lui. Egalement affectueux, fidèle, gai, spontané, il devient un véritable compagnon très réceptif à vos humeurs (tristesse, préoccupation, éclats de rire). C'est par ailleurs un excellent partenaire de jeu de ballon en tout genre, parfois gentillement mordant, pas toujours fair-play, mais infatigable car ne déclare jamais forfait!
Selon la Société Centrale Canine, les longues promenades de détente lui sont très bénéfiques. La conception reste différente à Madagascar: on ne promène pas ses chiens dans la rue ou en plein air comme en Europe ou en Amérique. Ils vivent en appartement ou peuvent bénéficier d'un terrain ou jardin. En tandem avec des chiens de garde, ils s'avèrent efficaces dans leur genre: ils donnent l'alerte au moindre bruit suspect, puis partent se mettre à l'abri tandis que les gros chiens prennent le relai. Un bel esprit d'équipe donc!
Ce que nous réserve 2006
18 janvier 2006 à 11:45 |
Blog| Box
Lire l'article de Figaro.
Je n'ai jamais été une accro inconditionnelle de la mode, mais le style du webdesign annoncé pour 2006 me plaît. C'est en bloguant que l'on devient blogger, c'est en apprenant qu'on deviendra peut-être webdesigner!
En tout cas, lorsque je vois tout ce qu'on peut faire avec les CSS, ça me laisse rêveuse.
Le premier podcast malagasy
à 00:23 |
Blog| Communauté
Le podcasting est un moyen habituellement gratuit de diffusion de fichiers sonores ou vidéo sur Internet que l'on nomme podcasts. (définition Wiki)
Le premier podcast malgache mérite qu'on en parle! Il s'agit d'un interview par un membre actif de la blogosphère malgache harinjaka Ratozamanana, de Nathalie Tanguy, la dynamique présidente de l'association Pokanel et non moins bloggueuse. Le podcast peut être écouté sur leurs blogs respectifs.
Il présente notamment les activités et la conception de l'humanitaire selon Pokanel, qui je réitère, me donne une image concrète et positive des actions et causes humanitaires. Et de relever qu'il existe différentes manières de partager. Parmi les grands rendez-vous où l'on joint l'utile à l'agréable, figure le rallye culturel et pédestre, ici expliqué de vive voix.
Une chouette idée donc, le premier annonçant la suite!
Et merci pour le clin d'oeil! Petite devinette au hasard: votre fleur préférée? ;)
Tohizo fa tsara!
Ailleurs, est-ce mieux?
17 janvier 2006 à 19:02 |
Madagascar| A propos
En ce moment, je lis et entends des personnes dont les témoignages ont tendance à selon m'attrister soit à m'énerver sérieusement. Cela concerne le quotidien et les conditions de vie dans la Grande Ile. Et je me dis que ce blog parle certes de Madagascar, mais je le conçois également comme ne se contentant pas juste de relater son côté touristique.
Comment expliquer à quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds hors de Madagascar qu'ailleurs, any andafy (à l'étranger, en l'occurence en France), ce n'est pas nécessairement l'eldorado qu'ils s'imaginent? Comment raconter les choses de manière tout simplement réaliste, sans verser dans le pathétique ou le pessimisme, sans détruire les rêves de certains?
Les gens ne voient que la réalisation de leurs besoins matérialistes, mais par expérience, tout le monde n'est pas fait pour vivre heureux sinon en paix, any andafy. J'entends du point de vue caractère, notamment un grand sens de l'adaptation, de la personnalité pour ne pas se faire écraser, la débrouillardise, etc... Les repères sont différents, les valeurs également. Matérialisme = bonheur? Il faut savoir prendre du recul par rapport à une société de consommation pour ne pas tomber dans la spirale de vivre au-dessus de ses moyens et de courir après ses crédits toute sa vie. Tout ça pour en mettre plein la vue à qui veut. J'ai vu les dégâts que cela peut engendrer. Mais on apprend en tirant une leçon des erreurs des autres après tout...
Toutes les générations sont concernées, mais les jeunes rêvent davantage...
Je prends l'illustration de ma grand-mère (je parle souvent d'elle en ce moment). Elle a fini par surmonter sa hantise de l'avion et accepter l'invitation d'un de ses enfants installé depuis plusieurs années, any andafy. Elle faisait partie de ces personnes qui étaient persuadées qu'ailleurs, tout est beau, tout est propre, tout est à portée de mains, que la réussite est évidente, que les voan-dalana (cadeaux que l'on ramène à la famille et amis de retour de voyage) se cueillent au premier magasin. J'exagère à peine. On avait beau expliquer et raconter des scènes du quotidien, on se fait une meilleure idée soit même finalement. C'est ainsi qu'elle a obtenu un visa "tourisme" de 3 mois, et qu'elle a débarqué aty andafy. Il y a l'euphorie du début, tout un tas de clichés qu'on est content de découvrir de nos propres yeux. Puis s'installe la réalité du quotidien, le fait de ne pas pouvoir mettre un pied dehors sans dépenser à Paris, l'individualisme, la perversité du système, la misère sociale à certains endroits. Paris est une magnifique ville, mais ma grand-mère de nature sensible, a complètement désenchanté. Elle n'avait plus qu'une idée en tête: rentrer, avancer sa date de retour. Depuis, elle ne tient plus du tout le même discours, n'incite ni n'empêche personne de s'assurer une vie meilleure ailleurs. Oui mais voilà, ailleurs, est-ce mieux?
J'ai une révision de mes réflexions sur la fuite des cerveaux à faire. J'ai ouï de nombreuses personnes rentrer ces derniers mois. Plusieurs de mes amis de promo sont revenus au pays en 2005. De la famille installée depuis longtemps aux Etats-Unis a vendu maison, voitures, ramassé leurs économies et sont rentrés, sans qu'aucune perspective ne les attende. Le même message se répète dans les blogs (sur msn spaces) de mes cadets qui s'assurent de bons niveaux d'études dans des branches à priori porteuses, et qui n'ont qu'une idée: rentrer. Pour participer à redresser Madagascar. A défaut de dire que j'adhère puisque je suis toujours là, une chose est sûre: c'est louable.
La plupart occupe des postes intéressants et surtout utiles, au service de Malgaches en les conseillant, comme les paysans, les collectivités, les ONG, sur des filières porteuses, etc... Cependant, tout n'est pas rose non plus. La phase de réadaptation de retour au pays du moramora semble inévitable. A première vue, on note les améliorations des infrastructures routières. Trouver un emploi semble moins difficile qu'ailleurs, maintenant est-ce tout de trouver? Le pouvoir d'achat des Malgaches diminue encore.
" J'aime beaucoup mon travail, mais les fins de mois sont difficiles. Je ne peux pas continuer longtemps ainsi."
" Je travaille 12h par jour, pour quasiment de l'argent de poche."
La bonne volonté de vouloir aider son pays ne suffit pas pour vivre... Comment convaincre ces jeunes qu'ils ont fait le bon choix, que leurs motivations ajoutées les unes aux autres porteront leur fruit?
Pour quel ailleurs doit-on considérer le choix comme bon? Je me le demande...
Du coup, ils se tournent vers des postes moins utiles pour les autres Malgaches, mais qui paient mieux, dans des entreprises non malgaches dont certaines venues là pour se délocaliser. Mais il semblerait que certaines confondent délocalisation et esclavage moderne, sabrant toutes les conditions de travail d'ordre humain, régies par le Code du travail.
A suivre, car toute vérité est bonne à dire...
Work in progress
à 14:48 |
Blog| Box
La fréquence de mes posts se trouve ralentie ces derniers jours, mais cela va reprendre.
Parallèlement à l'amélioration de ce blog, qui en est environ à la moitié de son avancée, j'ai achevé de peaufiner mon photoblog de débutante. Avec un peu d'effort, on verra peut-être l'amélioration au fil des clics et du temps!
C'est la saison des cyclones - Anecdotes -
14 janvier 2006 à 10:08 |
Madagascar| A propos
En intro: Présentation du cyclone
Les lois de la nature nous imposent ainsi ses réalisations, en nous rappellant au passage, que nous ne sommes que de frêles êtres. Nous avons de plus en plus tendance à l'oublier...
Les effets du cyclone sont variables selon l'endroit de l'île où l'on se situe. A Madagascar, les cyclones arrivent le plus souvent de l'ouest ou du nord ouest, et rentrent dans les terres par la côte nord-est. Leurs trajectoires s'incurvent ensuite prenant la direction sud, ressortant sur le Canal du Mozambique lorsqu'ils possèdent suffisamment d'énergie pour traverser le pays. (source)
Ainsi, le Sud Ouest de la Grande Ile reste plus épargné. D'une manière générale, il y pleut très peu, s'apparentant à une région aride. L'ironie réside dans le fait que des nappes phréatiques y existent à une profondeur faible à moyenne.
Toujours est-il que lorsqu'il pleut dans une ville comme Toliara, que ce soit un peu ou beaucoup, le résultat s'annonce catastrophique. En effet, elle ne possède aucun réseau de canalisation. Les anciens de la voirie expliquaient cela par la faible pluviométrie, ne nécessitant pas d'infrastructures d'évacuation d'eau. Aussi, qu'il tombe un filet ou des cordes, le résultat demeure le même! Je me souviens d'une fois où il pleuvait depuis à peine un quart d'heure, queue retardataire d'un des quelques cyclones venus s'éteindre dans le canal du Mozambique par le sud. L'eau est montée très rapidement. On s'est retrouvé coincé dans la voiture, le temps du trajet pour se mettre à l'abri. En 20 minutes, il y avait une inondation, pratiquement d'un mètre d'eau (et de haut). Les bas quartiers étaient complètement submergés. On assiste à des scènes de désolation, les frêles habitations sont réduites, beaucoup de gens sinistrés... La situation met des semaines, voire des mois à certains endroits pour se rétablir. Si elle se rétablit...
Au Nord Ouest, j'ai plutôt assisté à des cyclones naissant, qui se préparaient à créer davantage de dégâts à l'Est. Aussi, lorsqu'un cyclone est annoncé, les gens organisent ce qui leur est possible.
J'habitais juste en face de la mer, un simple sentier me séparait de la plage, elle-même large d'une trentaine de mètres à marée haute. C'est très agréable par beau temps et lorsqu'on est passionnée de plongée, mais la position frontale peut s'avérer délicate en cas de danger venu de la mer. On m'a raconté qu'il était déjà arrivé que la mer s'emballe jusqu'à s'engouffrer dans la maison. Ca doit faire drôle...
Des réflexes s'acquièrent pour prévenir le pire. On vérifie toute la toiture à la recherche d'éventuelles fuites. Autrement on se retrouve facilement avec des bassines et des casseroles qui jonchent le sol! Et le faire de préférence avant que les vents ne se lèvent!
Par ailleurs, on enlève et range tout ce qui serait susceptible de se transformer en dangereux projectiles sous l'effet éolien. Enfin, on prépare des sacs de sable, non pas pour faire des châteaux pour passer le temps, mais que l'on place d'une part sur le toit au cas où les pans de tôles s'envolent, et d'autre part au bas des portes face à la mer, ce qui retarderait l'inondation. Puis on fait les courses, prévenants en cas de coupure d'électricité, de route, d'approvisionnement, etc...Bougies, conserves, eau, piles, rien ne manque... Une fois parés, on se blinde chez soi, et on attend que cela se passe! Mais on a eu de la chance cette fois là, le cocotier d'en face ne nous est pas tombé sur la tête, la mer ne s'est pas invitée, les plantes et les champs ont été arrosés et juste un peu fouettés.
Les Hauts-Plateaux ne sont pas épargnés. Je pense que le cyclone qui m'ait le plus marquée demeure Géralda, en 1994. L'approche était imminente, le cyclone annoncé terrible et capricieux. Un couvre-feu a même été établi, assignant par définition les gens à rester chez eux. Bureaux et écoles étaient fermés.
Elle aura fait beaucoup de dégâts, tout comme Bonita (1996), Gretelle (1997), Elita (2004)ou encore Gafilo (2004). D'autant qu'aucune norme de construction anticyclonique n’est en vigueur (toitures
renforcées, volets spéciaux, systèmes d'alimentation d'eau et d'électricité
individuels). La vétusté des bâtiments et des infrastructures les rend encore plus vulnérable.
Les cyclones sévissent le plus à l'Est, entre tragédies (morts), résignation (villes qui les subissent tous les ans) et mésaventures. C'est ainsi que les palmiers du centre-ville de Toamasina sont régulièrement fouettés voire décapités; que des hôtels se reconstruisent inlassablement tous les ans au même endroit; et plus sérieusement, que des cultures sont perdues engendrant des crises alimentaires ou économiques, que des villages sont rayés littéralement de la carte, que les sinistrés sont de plus en plus nombreux.
Photos des effets de cyclone.
Mais on ne va pas finir sur une note de désolation générale...
Je me trouvais avec toute la famille au grand complet (grand-mère, parent, oncles et tantes, cousins et cousines, lesmala donc) à Ambila-Lemaintso, situé sur la bande du Canal des Pangalanes, au sud de Toamasina. Comme chaque année, et ce depuis la tendre enfance de ma mère, nous étions là pour le Grand Fond, le rendez-vous pascal des Tananariviens sous prétexte d'une compétition de natation. On venait à peine d'arriver qu'un cyclone s'annonçait. Ma grand-mère s'inquiétait et proposait de rentrer, ne convainquant personne. Très vite, la météo déclina, le cyclone était bien là. La gaieté générale commençait à laisser place à l'angoisse. Le vent était déchaîné, désormais chacun craignait que le bungalow ne résista à autant de pression. Nous nous trouvions tous dans le "séjour" du bungalow, à moitié trano falafa (partie supérieure construite avec des feuilles de ravinala). Nos craintes s'avéraient justifiées, le coup de grâce eut lieu lorsque l'ensemble de la toiture, le bloc entier... s'envola d'un coup! On a appelé cela "un cyclone à ciel ouvert"! Il valait mieux en rire qu'en pleurer après tout...
Comme par miracle, la pluie s'est arrêtée dix minutes après, et nous avons retrouvé notre toit donc quelques mètres plus loin. Il fallait profiter de ce répit pour le remonter rapidement. La manipulation s'annonçait délicate car le ravinala sec mouillé devient particulièrement glissant. Le clou de la journée fut la chute d'un oncle monté remettre le toit, mais fort heureusement, il est tombé... sur un lit!
Ma grand-mère était hystérique, "Je vous avais dit qu'il fallait qu'on rentre", et nous, jeunes (et cons), nous amusions bien de la situation! Contre mauvaise fortune, bon coeur!
C'est la saison des cyclones - Présentation -
12 janvier 2006 à 22:03 |
Madagascar| A propos
Non pas que je veuille conjurer de mauvais sort, car bien que les îles du sud de l'Océan Indien n'en aient pas encore subi cette saison, c'est la saison des cyclones. A Madagascar, elle s'étend de mi-novembre à fin avril.
Aux yeux de ceux qui n'en ont jamais connu, les cyclones apparaissent terribles. Ils font effectivement des dégâts tous les ans, et malheureusement des morts. Je ne dirai pas qu'on finit par s'y habituer, mais on y est plus ou moins préparé, souvent davantage psychologiquement que matériellement! Tout insulaire, que l'on soit de l'île Maurice, La Réunion, Comores, Seychelles, ou Madagascar donc, a probablement des anecdotes de vécu de cyclones. Certaines sont drôles (ou à prendre avec humour à défaut d'autre chose), d'autres tragiques ou encore fatalistes!
Le terme cyclone fut utilisé pour la première fois par Piddington, de l'observatoire de Calcutta. La disposition des vents que l'on observe dans ce genre de perturbation lui avait fait choisir ce terme (du grec kulos, le cercle), qui exprimait assez bien le mouvement à tendance circulaire de ces tourbillons atmosphériques.
Qu'est ce qu'un cyclone?
Un cyclone tropical est une perturbation atmosphérique occasionnant des vents tourbillonnants et des pluies diluviennes.
Il se forme sur les océans tropicaux où il génère houle, marée et tempête.
Le cyclone se caractérise par une énorme masse nuageuse, d'un diamètre
moyen de 500 km
pouvant dépasser 1000 km - organisée en bandes spiralées qui convergent
vers un anneau central : c'est la partie la plus active du cyclone; les
pluies y sont torrentielles et les vents très violents. Au cœur de cet
anneau, se trouve l'œil, une zone d'accalmie où le vent est faible et
le ciel généralement peu nuageux.
Le cyclone est associé à une zone de basse pression atmosphérique.
Comment se forme un cyclone?
En plus d'être destructeur, le cyclone s'avère assez exigeant pour prendre forme! En effet, il faut, à l'origine, qu'une zone perturbée pré-existe : un amas nuageux ou une ligne de grains, qui est une bande nuageuse constituée de nuages orageux. Ces amas de nuages se trouvent entre les tropiques, au niveau d'une vaste zone de mauvais temps, qu'on dénomme Zone Intertropicale de Convergence ou ZIC.
Autre condition, le " carburant " du système: c'est l'eau chaude, l'océan devant avoir une température de 26°au minimum, sur au moins 50 mètres de profondeur. L'évaporation de surface de grandes quantités d'eau fournira l'énergie nécessaire pour entretenir le système de machine à vapeur qu'est une formation cyclonique. Si l'eau est trop froide, le cyclone ne peut pas se former ou, s'il était déjà formé préalablement, il s'affaiblit puis finit par perdre ses caractéristiques cycloniques tropicales.
Ce n'est pas tout: pour faire avancer le schmilbick, les vents régnant dans l'environnement du système doivent être relativement homogènes de la surface jusqu'aux sommets nuageux, au-delà de 12 à 15 km d'altitude.
Au contact des eaux chaudes, un important mouvement
ascendant d’air chaud a lieu, au niveau de la dépression. Il va fournir
l'énergie nécessaire au développement de la perturbation.
Il s'ensuit une baisse de pression atmosphérique,
un accroissement de la masse nuageuse et de la vitesse des vents. Sous
l'influence de la force de Coriolis et de la force centrifuge, un tourbillon se
forme, dont la rotation s’accélère progressivement.
Un cyclone ne se forme que s'il se situe à plus de 6 ou 7° de latitude, latitude où la force de Coriolis devient suffisante pour s'opposer à la force de pression qui agit pour combler immédiatement toute velléité de creusement dépressionnaire.
Alors c'est dire que quand il arrive, on ne peut vraiment parler ni de hasard ni de fatalité!
Tous les ans, la liste des prénoms des cyclones est dressée; et si comme moi vous vous demandez comment ils sont établis, ce site l'explique bien.
Effets directs d'un cyclone
Le cyclone présente trois dangers:
- des vents violents de 220/240km/h: qui provoquent des dégâts irréparables, détruisent les réseaux électriques et infrastructures, les habitations précaires, hachent la végétation. Les rafales peuvent atteindre les 300km/h.
- de fortes précipitations: les pluies diluviennes et intenses peuvent entraîner éboulements, glissements de terrain, inondation.
- des ondes de tempêtes : qui amènent des inondations, et
l'action des hautes vagues endommage les
installations côtières et les embarcations en mer.
Pour en savoir plus, car il reste beaucoup à dire sur les cyclones, je vous conseille cet article écrit par des professionnels de la météo réunionnais et malgaches.
A suivre: les anecdotes.













