gondwanaMadagascar, 4ème plus grande île du monde. Un monde à part, elle est différente de l’Afrique pourtant proche. Des éléments géologiques renforcent l’hypothèse d’un rattachement ancien aux autres continents : Afrique, Asie, Australie, le Gondwana. En l’absence de fossiles, le mystère plane sur l’origine de la faune de Madagascar. Comment et quand a –t-elle colonisé ces terres ? Il y a très longtemps, si l’on en juge par la spécificité de cette faune. Si le matériau de départ est similaire, l’isolement géographique a fait de la nature une œuvre originale. Cela a engendré une recomposition des familles et des genres, faisant de l’île un extraordinaire foyer de créations d’espèces nouvelles, une source renouvelée de biodiversité. Un terrain de recherches privilégié pour les spécialistes du monde entier.

On a ainsi pris l’habitude de parler de richesses biologiques et d’extrême diversité de vies. Mais il ne faudrait pas oublier que Madagascar est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Sa conservation demeure un dilemne pour ses 18 millions d’habitants qui doivent trouver comme ils peuvent des moyens de subsistance.

Un peu d’histoire… Dès leur arrivée, les hommes ont dû lutter pour survivre. Avec le feu, ils ont déboisé avec une "efficacité" redoutable, pour cultiver ou pâturer les sols. Les paysages  ont dès lors changé radicalement.
lavakaL’épuisement rapide des sols cumulé à une pauvreté persistante ont enclenché une spirale infernale, encore à l’œuvre aujourd’hui. Pour tenter de s’en sortir, les Malgaches dévastent leurs ressources naturelles, en pratiquant la culture sur brûlis, appelée tavy. Après l’incendie, on plante… du riz, du maïs, etc... Mais la fertilité du sol s’épuise rapidement. Il faut recommencer l’opération un peu plus loin, deux ou trois ans plus tard. Les forêts primaires sont grignotées. Les conséquences à long terme sont catastrophiques. Crise écologique : les 9/10è des forêts primaires de l’île ont disparu.

Sur les hautes terres, les sols sont emportés suite aux déboisements. Sur les versants se creusent les lavaka, terme utilisé désormais par les géographes pour décrire un ravinement spectaculaire.

A l’heure actuelle, on ne peut que constater le déclin généralisé des effectifs, tant de la faune que de la flore. Chaque malgache, à la fois auteur et victime, doit être mobilisé. Pour beaucoup de paysans, la forêt dense paraît inépuisable, de même que la mer pour les pêcheurs.
Depuis 1991, les autorités malgaches ont engagé une politique de protection de l’environnement et ont mis en œuvre un plan d’action qui vise à réconcilier l’homme et son environnement (une première mondiale). L’objectif repose principalement sur la sensibilité des populations et l’amélioration de leurs conditions de vie quotidienne. Leitmotiv : Assurer le développement économique et social, et préserver dans le même temps les écosystèmes.

Enfin, ces actions sont plus que louables, dans le meilleur des mondes. En réalité, c'est bien plus compliqué qu'il n'y paraît. Des campagnes de sensibilisation du côté du parc national Zombiste-Vohibasia nous l'ont illustré: d'un côté de la RN7, le parc, et de l'autre côté, des terres de l'Etat mises à disposition des paysans/cultivateurs. Mais il est plus simple de cultiver sur brûlis dans le parc, que de labourer régulièrement... Le problème reste entier et complexe.