Voici un sujet qui revient en ce moment dans les conversations avec mes amis de promotion. Nous avons, en grande majorité, fini nos études et sommes, ou en train, entrés dans la vie active.

Non pas que je sois un cerveau, mais je ne suis pas en fuite. Bon, elle était facile celle-là! Non, tous les Malgaches andafy (à l'étranger) ne sont pas tous des cerveaux, valable pour tous les expatriés du monde.
Plus sérieusement, rentrer ou ne pas rentrer: telle est la question! Je ne suis ni journaliste, ni économiste, ni sociologue, encore moins politicienne. Je me base ainsi sur mon expérience personnelle, ainsi que sur ce que j'ai vu et entendu.

Part 1: Etat des lieux
Pour rentrer, il faut déjà être parti!

Je ne suis pas une inconditionnelle de la France, ni d'ailleurs, et ne fais pas partie de ceux qui feraient n'importe quoi pour rester. Tout est question de choix, par rapport à ce qui me convient, en temps réel. Certaines personnes ont tout fait pour obtenir leur visa d'entrée et feront tout pour rester, qu'importe le prix moral, physique, la fierté et j'en passe. Je respecte leur choix. Tout comme certaines personnes croient dur comme fer à l'équation simpliste comme quoi la vie andafy (en Europe ou Amérique, en général les 2 premiers continents où l'on retrouve les expatriés malgaches) = réussité, prospérité assurée. Il serait intéressant que les gens se rendent compte par eux-mêmes qu'il ne suffit pas de claquer des doigts non plus. Les voan-dalana, ça demande du temps et de l'argent, et l'argent ne pousse pas sur l'autoroute, ne pend pas aux arbres, et le coq ne chante pas le matin pour la poule aux oeufs d'or. Certes et heureusement, on peut témoigner de belles réussites de malgaches venus finir leurs études en France et qui n'échangeraient pas leur situation. Dans les meilleurs des cas: chef d'entreprise prospère à 30 ans, jeune ingénieur informatique à la tête chassée (vif ou vif) payé dans les 3000 euros net par mois, à 21 ans c'est pas mal; mais ne rêvez pas, une telle proposition de salaire date de l'an 2000, ce n'est plus du tout ça aujourd'hui, loin s'en faut! A moins que vous soyez un spécialiste d'un segment de marché ou de technologie rare. Sinon, réessayez en 2100 voire en l'an 3000! Si la Terre est encore de ce monde... Il n'y a pas de secret, la réussite est proportionnelle au sens de l'effort, juste qu'il y a davantage d'opportunités de le démontrer ici.

Madagascar n'est pas le seul pays à se soucier de la fuite de ses cerveaux, qui préfèrent passer leurs vacances au tanindrazana qu'y vivre pour une meilleure chance à la réussite professionnelle et sociale, du moins en façade. Car la notion de réussite peut s'avérer plus que subjective devant certains cas...
Des scientifiques et ingénieurs français, devant la réduction du budget accordé aux recherches, ou devant les rénumérations, s'expatrient en Angleterre, aux Etats-Unis ou dans les pays nordiques, pour une meilleure reconnaissance, et toujours pour plus d'opportunités. Je partage la frustration d'être payé 1100 euros net mensuel, sortant d'une école d'ingénieurs. On gagne mieux avec un job sans rapport, et 1000 fois moins de neurones actifs, cherchez l'erreur!

Bac S en poche, la poursuite des études en France apparaît comme une suite logique de mes études secondaires. Mais j'ai du mal à rester dans les voies toutes tracées. Si la vie m'était contée... J'aurais aimé aller en Afrique du Sud, j'ai innové au Sud et au Nord de Madagascar, sans regret; j'aurais dû atterrir à Miami pour me fondre dans ma passion, et je me retrouve dans le Sud-Ouest de la France, sans regret. La vie se vit en temps réel, pas avec des si!

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à suivre:
Part 2
Part 3